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71_I_145

BGE 71 I 145

Bundesgericht (BGE) · 1935-08-19 · Deutsch CH
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Verwaltungs- und Disziplinarrechtspfiege.

ferung der bestellten Ware, war andern Angestellten über-

tragen. Diese waren aber offenbar überhaupt nicht ange-

halten worden, bei ihren Verrichtungen den zollrechtlichen

Reverspflichten der Beschwerdeführerin nachzuleben. An-

dernfalls wäre es nicht vorgekommen, dass Reverswaren

weitgehend entgegen Ziffer 4 des Reverses vom 19. August

1935 ohne Faktur abgegeben wurden, wie es im Betriebe

der Beschwerdeführerin bei Barverkäufen allgemein vor-

kam, und dass, soweit Fakturen ausgestellt wurden. die

amtliche Etikette der Zollverwaltung betreffend den Ver-

wendungsvorbehalt und die damit verbundenen zollrecht-

lichen Pflichten nicht beigegeben wurde. Dass die Fakturen

jeweilen den Verwendungszweck aufführten, genügte nicht.

Denn ohne die Etikette war die Bedeutung dieser Angabe

in der Faktur für den Empfänger nicht erkennbar und die

Angabe verfehlte ihre Bestimmung, den unmittelbrenn

und jeden weitern Erwerber der Ware auf die mit jeder

Änderung der Verwendungsart verbundenen zollrecht-

lichen Pflichten hinzuweisen und zu deren Erfüllung anzu-

halten. Aus den Reversen ergab sich die Pflicht der Be-

schwerdeführerin, ihre sämtlichen mit dem Handel von

Reverswaren beschäftigten Angestellten,. jedenfalls jeden

in seinem Bereich, zu den damit verbundenen zollrecht-

lichen Obliegenheiten anzuhalten und -die Erfüllung dieser

Obliegenheiten in ihrem Betriebe sicherzustellen. Die

Beschwerdeführerin hat es hieran weitgehend fehlen lassen

und kann sich schon deshalb von der Haftung für die in

ihrem Betriebe beim Verkauf ihrer Ware vorgekommenen

Zollübertretungen nicht entlasten.

IV. VERFAHREN

PROCEDURE

Vgl. Nr. 24. -

Voir n° 24.

./

I

145

A. STAATSRECHT -

DROIT PUBLIC

I. HANDELS- UND GEWERBEFREIHEIT

LIBERTE DU COMMERCE ET DE L'INDUSTRIE

Vgl. Nr. 34. -

Voir n° 34.

II. NIEDEnLASSUNGSFREIHEIT

LIBERTE D'ETABLISSEMENT

26. Ardt du 28 mal 1945 dans Ia cause Ith contre Conseil d'Etat

du eanton de Geneve.

LiberU d'etablissement. Art. 45 aI. 2 et 3 CF.

La canton qui ne retire pas l'etablissement 8. un individu pendant

de longues annees bien qu'il sache en avoir le droit 8. raison

de condamnations reit6rees de cet individu pour des delits

graves, renonce 8. se prevaJoir de ce motif. (Consid. 2.)

La privation du droit devot~ en vertu ~e l'a~. 1 ~r LF du 29 mars

1901 aur la. taxe d'exeriiphlon du servIce militarre ne permet pas

de rafuser ni de retirer l'etablissement (consid. 3).

N iederlas&ungs/reiheit. Art. 45 Abs. 2 und 3 BV.

.

Der Kanton. der einePersoh währeiI.d vielen Jahren auf semem

Gebiet duldet, obwohl er weiBs, dass er ihr wegen wiederholter

gerichtlicher Bestrafung für schwere Vergehen die Niederlassung

entziehen darf. verzichtet darauf, dieses Recht geltend zu

machen (1lll"W. 2).

..'

. _

Der Entzug des Stimmrechts nach Art. 1 des BG uOOr den MilItär-

pflichtersatz vom 29. März 1901 rechtfertigt die Verweigerung

oder den Entzug der Niederlassung nicht (Erw. 3).

Libeml di domiciUo. Art. 45 cp. 2 e 3 CF.

Il ca.ntone che, pur eBsendo consapevole di a.veme il diritto, non

revoca., per la. dw:at8: di molti ~i, il permesso di domic~lio ~

una persona. che abbla subito npetute condanne per restl graVI

10

ß.lS 71 I -- 1945

146

Staatsrecht.

rinuncia a valersi deI mt>tivo di revoca contemplato dall'art. 45

cp. 3 CF (cons. 2).

La privazione deI diritto di voto, a' sensi dell'art. 1 LF 29 marzo

1901 di complemento alla legge sulla tassa d'esenzione dal ser-

yiziomilitare, non costituisce una ragione,sufficiente per revo-

care ö rifiutare il permesso di domicilio (cons. 3).

A. -

Le recourant, ne le 3 mai 1902, originaire du

canton de Thurgovie, a constamment refuse de faire du

service militaire. Les peines suivantes lui ont et6 infligees

par le tribunal militaire :

21 octobre 1926 : 3 mois d'emprisonnement et 5 ans

de privation des droits civiques,

130ctobre 1927 : 4 mois d'emprisonnement et 7 ans de

privation des droits civiques,

16 janvier 1929 : 6 mois d'emprisonnement et 5 ans de

privation des droits civiques.'

Exclu de l'armee et soumis a Ia taxe d'exemption du

service militaire, il a refuse de la payer, ce qui lui a valu de

nouvelles condamnations de la part du Tribunal de police

de Geneve :

26 juin 1930: 3 jours d'arrets de police,

3 decembre 1932 : 6 jours d'arrets de police et 2 ans

de privation du droit de vote,

17 juillet 1934 : 10 jours d'arrets et 1 an de privation

du droit de vote,

6 juillet 1935: 10 jours d'arret,ß de police,

23 fevrier 1939: 10 jours d'arrets de police,

3 decembre 1942: 10 jours d'arrets de pOlice et

2 ans de privation du droit de vote,

8 mai 1944 ~ 10 jours d'arrets de police et 2 ans de

privation du droit de vote.

Expulse du canton de Vaud 1e 24 ferner 1928, 1e recou-

rant s'est etabli a Geneve. Le 28 fevrier 1928, il a re9u un

permis de sejour et le 19 ferner 1929 un permis d'etablisse-

ment.

Le 11 septembre 1944, le Departement genevois de justice

et police a retire au recourant' l'etablissement en vertu

Niederlassimgsfreiheit. N° 26.

147

de 1'art. 45 al. 2 et3 CF et, par arreM du 31 janvier 1945,

le, Conseil d'Etat du canton de Geneve a maintenu cette

mesure. Le gouvernement cantonal considere qu'Ith non

seulement est prive de ses droits civiques par le jugement

penal du 8 mai 1944, mais a et6 condamne a reit6rees fois

pour des delits graves.

B. -

Ith a interjet6 au Tribunalfederal un recours de

droit public fonde sur 1es art. 45 et 4 CF et concluant a

l'annulation de 1'arreM du Departement de justice et

police et de celui du Conseil d'Etat qu,i lui a et6 communi-

que le 12 fevrier 1945. Il conteste que 1a perte du droit de

vote soit equivalente a 1a privation des droits civiques

prevue par l'art. 45 a1. 2 CF et qu'il ait eM pulli pour un

delit grave depuis son etablissement, 1a derniere condam-

nation pour refus de servir datant du 16 janvier 1929

et le permisd'etablissement du 19 fevrier de la meme

annee. Il fait en outre valoir que sa presence a et6 toIeree

depuis dix -sept ans a Geneve Oll il exerce sa profession de

psychologue et de conseiller professionnel. Il est un homme

pacifique, un membre utile de Ia societ6; pour montrer

sa volont6 de remire service, il a travaille volontairement

a Ia campagne.

Le Conseil d'Etat a concIu au rejet du recours.

OonsiiMrant en droit :

1. -

.....

2. -,-- L'art. 45, al. 3 CF pennet de retirer l'etablisse-

ment a ceux qui -ont eM pullis a reit6rees fois pour des delits

graves. La jurisprudence exige au moins deux condamna-

tions pour de pareils delits' dont 1'un au moins doitavoir

et6 commis depuis l'etablissement et apres l'autre condam-

nation (RO 69 I 166).

Le refus de payer la taxe militaire n'est pas un delit

grave. La jurisprudence ant6rieure a l'entree en vigueur

du code penal suisse etait deja constantea cet egard

-(RO 58 I 164; 62 I 72).Cette infraction est une simple

contravention puisque, a titre de peine principale, elle

148

Staatsrecht.

n'est passible que d'arr~ts de police (art. l er LF du 29 mars

1901 compIetant celle du 28 juin 1878 sur la taxe d'exemp-

tion du service milita.i:fe, ROLF nouv. serie XVIII p. 629;

art. 9 et 101 CPS; arret du Tribunal federal du 15 octobre

1942, RO 68 IV 143).

Mais le recourant a de plus ete condamne trois fois

pour refus de servir, la derniere fois en 1929 pour un refus

posterieur a. son etablissement a. Geneve (cours de repe-

tition du 13 au 25 aout 1928).11 est indifferent a. cet egard

que le 28 fevrier 1928 il n'ait obtenu qu'un permis de

sejour et que le permis d'etablissement date de fevrier

1929; c'est le fait de son installation a. Geneve qui importe.

Le refus de servir est un delit grave parce qu'il est

dirige contre I'armee, un des fondements de l'Etat, et qu'il

porte ainsi atteinte a. la securite publique (amts non

publies Maillard c. Geneve du 19 novembre 1937 et Pemet

c. Geneve du 6 mai 1938).

La condition de punitions reiterees pour delits graves

est donc rea.lisee, et le retrait de l'etablissement serait

inattaquable si le canton de Geneve n'avait pas renonce

8. se prevaloir de ces condamnations. Cette renonciation

resulte de l'ensemble des circonstances. Le fait d'avoir

accorde le permis d'etablissement au recourant et d'avoir

toIere sa presence pendant seize ans al()rs que les autorites

genevoises ne pouvaient ignorer les condamnations subies

par lui ne Ieur permet plus d'invoquer l'art. 45 801. 3

(RO 53 I 202). 11 est en tout cas certain que le Conseil

d'Etat a eu connaissance du casier judiciaire du recourant

au plus tard le 11 juillet 1930, date d'un arrete autorisant

le renouvellement d'un passeport d'Ith et rappelant son

passe.

3. -

Le Conseil d'Etat fait aussi valoir que, d'apres

10. jurisprudence, 10. privation du droit de vote equivaut

8. celle des droits civiques visee 8. l'art. 450.1. 2 CF et que

l'autorite ne perd pas son droit d'invoquer ce motif du

retrait de l'etablissement lorsqu'elle n'en usa pas pendant

un certain temps (RO 56 I 152; 59 I 203; 53 I 203).

Niederlassungsfreiheit. N0 26.

149

11 est exact que, d'apres la jurisprudence citee, l'auto-

rite ca.ntonale est fondee a. decider, meme apres une assez

longue tolerance, qu'en raison d'un fait nouveau impu-

table a. l'interesse, elle l'expulse en vertu de l'art. 45 0.1. 2

(privation des droits civiques), et il est exact aussi que,

s'agissant de la privation du droit de vote pour non-paie-

ment de 180 taxe militaire (art. l er LF citee de 1901),

l'arret RO 59 I 202 et sv. (le texte complet du conside-

rant 2 qui ne figure pas au RO est publie dans le JdT vol. I

1934 p. 251) assimile cette perte a. la privation des droits

civiques comme les amts pr6cedents l'avaient fait pour

une loi genevoise et une loi valaisanne sur les votations

et elections (RO 56 I 151 et 152).

Quoi qu'il en soit de cette jurisprudence en ce qui con-

cerne la legislation cantonale citee, on ne peut la main"

tenir pour l'application de 180 loi federale de 1901.

Le seul fait de la privation du droit de vote ne justifie

pas de fa\lOn absolue et sans autre examen le retrait de

l'etablissement. Ainsi que le Tribunal faderal l'a releve

dans son arret du 2 juin 1933 en la causa Hanselmann

c. St-Gall (RO 59 163 et sv., notamment 67), il faut consi-

derer {(le sens et le but » de l'art. 45 al. 2 exigeant que 180

perte des droits civiques soit la consequence d'un juge-

ment peDal. Cela signifie, dit le Tribunal federal, que 180

condamnation doit avoir eM prononcee en vue d,'infliger

au delinquant une peine edictee comme sanction d'un

delitproprement dit et determine (aussi bien, hormis le

cas de la banqueroute prevu a. l'art. 16 ch. 3 de la loi

electorale genevoise et dont le TribunaLfederal n'a pas eu

a. s'occuper jusqu'ici, cet article ainsi que l'art. 5 de la loi

electorale valaisanne visent des delits tels que le vol,

l'escroquerie, le faux, les delits de mreurs). Cette interpre-

tation trouve un appui dans l'art. 45 a1. 3 qui ne permet

de retirer l'etablissement qu'aux personnes punies plusieurs

fois pour des delits graves. On aboutirait, observe avecrai-

son l'arret, a. une inegalite trop grande et nullement justi-

fiee si, pour l'application de l'art. 45 0.1. 2, on n'exigeait

150

Staatsrecht.

pas qu,e 181 punition par 181 privation des droits ClVlques

soit liee a 181 commission d'un delit caracterise· «(es wäre

ei1le zu grosse und d~ch nichts gerechtfertigte Ungleich-

heit, wenn im Falle von Art. 45 Abs. 2 nicht auch verlangt

würde, dass die Bestrafung mit dem Entzug der bürger-

lichen Rechte mindestens an ein eigentliches bestimmtes

Vergehen sich anknüpfen muss »).

Or, comme on 1'81 releve au considerant 2, le non-paiement

de 181 taxe d'exemption du service militaire non seulement

n'est pas un delit grave, mais n'est meme pas un delit.

C'est une contravention qui -

n'etait l'art. l er non abroge

de 181 loi speciale -"- ne pourrait pas, selon l'art 103 CPS,

avoir pour sanction une privation, meme partielle, des

droits civiques. La discussion de 181 loi par les Chambres

federales montre aussi que, dans le cadre de 181 loi de 1901,

il n'y 81 pas lieu d'attribuer a 181 perte du droit de vote une

portee teIle qu'elle justifierait le retrait da 181 liberte d'eta-

blissement garantie par 181 Constitution federale. Tandis

que le Conseil National, etablissant un parallele entre

l'obligation de payer 181 taxe et l'obligation de servir,

proposa 181 privation des droits civiques, le Conseil des

Etats, insistant sur le caractere fiscal de 181 taxe militaire

et voyant dans 181 loi discutee une simple loi d'impöt,

se pronon~ pour 181 privation du seul droit de vote. Cette

opinion prevalut puisque le Conseil National adhera le

23 mars 1901, au texte du Conseil des Etats (BuH. stenogr.

C. des E. 1899 p. 527 /28 et 532/33; C. N. 1900 p. 706

et sv., 1901 p. 52 et 53).

L'etablissement ne pouvant, des lors, etre ratire au re-

courant ni en vertu du deuxieme alinea ni en vertu du

troisieme alinea de l'art. 45 CF, ramM attaque doit etre

annuIe.

Par ces motijs, le Tribunal j6Ural

admet le recours et aunule l'arreM attaque.

Doppelbesteuerung. N° 27.

151

111. DOPPELBESTEUERUNG

DOUBLE IMPOSITION

27. Arr~t du 28 mai 1945 dans la cause Boillat-Japy contre

D~partement des finanees et contributions du eanton de Geneve.

Double impOBition intercantonale. Seiour 8aisonnier.

1. Il y a lieu d'assimiler au sejour d'un contribuable hors de son

canton de domicile dans une maison qui Iui appartient ou

appartient a. un membre de Ba famille et dans laquelle il tient

un menage independant, le sejour dans une maison on. un appar-

tement pris a bail Oll le locataire vit dans ses meubIes, a cöndi-

tion que le contrat ait eM concIu a. long terme ou qu'il ait en

fait eM renouveIe pendant pIusieurs annees (consid. 2).

2. Dans un cas comme dans I'autre, le sejour est constitutü d'un

domicile fiseal secondaire lorsqu'il est de plus de 90 jours par

annee (consid. 3).

I nterlcantonale Doppelbesteuerung. Saisonaufenthalt.

1. Der Steuerpflichtige, der sich ausserhalb des Wohnsitzkantons

in einer mit eigenen Möbeln ausgestatteten Mietwohnung auf-

hält, ist gleich zu behandeln wie derjenige, der ausserhalb des

Wohnsitzkantons ein eigenes oder einem Familienglied gehö-

rendes Haus bewohnt, sofern der Mietvertrag auf lange Zeit

abgeschlossen und während mehreren Jahren erneuert worden

ist (Erw. 2).

2. In beiden Fällen begründet der Aufenthalt ausserhaJb des

Wohnsitzkantons ein sekundäres Steuerd,omizil, wenn er jähr~

lich mehr als 90 Tage dauert (Erw. 3).

Doppia impoaizione mtercantonale. Soggiorno Btagionale.

1. Alla persona ehe soggiorna al di fuori deI cantone di dolnieilio.

in una easa di aua proprieta. 0 appartenente 80 un membro delIa

Bua famigIia, nelIa quale tiene un' economia domestica indipen-

dente, e da equiparare, agli effetti fiscali, 180 persona ehe dimora

temporaneamente in una casa 0 in un appartamento (ehe ha

locato e ammobiliato eon mobili propri) al di fuori deI cantone

di domieilio, sempre ehe il contratto di locazione sio. stato eon-

cluso a Iunga scadenza 0, perehe ripetutamente rinnovato. per-

duri da parecchi anni (consid. 2).

.

2. In entrambi i eo.si, il soggiorno fuori deI cantone di domieilio,

180 cui durata eeeeda i 90 giorni annui, viene 0. eostituire un

domieilio fiscale secondario (consid. 3).

A. -

Dame Louise Boillat-Japy est'la veuve d'Edouard

Boillat, decede le 17 octobre 1941. Celui-ci possedait a.

Reconvilier (canton de Beme) une propriete dans laquelle

il passait une partie de l'annee avec sa familIe. Durant