opencaselaw.ch

52_II_330

BGE 52 II 330

Bundesgericht (BGE) · 1926-10-14 · Français CH
Source Original Export Word PDF BibTeX RIS
Volltext (verifizierbarer Originaltext)

330

Famllienrecht. N° 53.

53. Extrait de l'arret de la. lIe Seetion civite

du 14 octobre 1926 dans Ia cause Chtrix-Nisot contre Cherix.

Obligation d'entretien du mari (160 al. 2 CeS).

.

L'obligation du mari de pourvoir a l'entretien de sa femme

et de ses enfants retroagit au jour de l'introduction. par les

. beneficiaires. d'une reclamation devant l'autorite comp~­

teute, mais non au-dela.

Risume des laUs:

Les epoux Cherix.-Nisot ont contracte mariage en

1919 et adopte le regime de la separation de biens.

Ils se sont separes en 1920. Au mois de mars 1924.

dame Cherix a ouvert action en divorce. sans reclamer

d'autre prestation pecuniaire qu'une pension pour l'en-

fant. Sur ce point les parties ont conclu un arrangement

amiabie. que le Tribunal a ratifie, Ie 2 juin 1924, en pro-

nonc;ant Ie divorce.

Le 20 novembre 1924, dame Nisot a assigne son

ex-mari en paiement de 31,754 fr. beiges, a titre de rem-

boursement de depenses engagees pour son entretien,

au cours de la separation de fait. La seconde instance

cantonale a rejete Ia demande, en considerant que dame

Nisot a renonce a toute pretention contre son mari.

L'interessee a recouru en reforme au Tribunal federal.

CQnsidirant· en droit :

L'obligation incombant au mari de pourvoir a l'entre-

tien de sa femme et des enfants (article 160, alinea 2

CCS), constitue une obligation derivant du droit de fa-

mille, tout comme l'obligation alimentaire des parents

de sang en ligne ascendante et descendante, et entre

freres et sreurs. Cette obligation a pour but la protection

et le maintien de la famille. A l'obligation du mari

correspond, pour Ia fernrne, Ie droit de demander les

subsides necessaires a son entretien et de recourir, le

cas echeant, aux moyens d'execution prevus par les

Familienrecht. No 53.

331

art. 169, 170 al. 3, et 171 du Code civil. Les prestations

du mari sont, en principe, fournies eu nature. Lorsque

le juge condamne l'epoux ades prestations en argent,

ou invite les debiteurs du mari a payer en mains de la

femme, il change le mode d'execution de l'obligation.

Cette modification a lieu, soit parce que les prestations

en nature ne sont pas possibles -

par exemple en cas

de separation -, soit parce que, en fait, elles ne peuvent

~tre assurees d'une fac;on satisfaisante. Mais l'obligation

d'entretien du mari est toujours cn correIation avec

les besoins de la creanciere. Si, en cas d'inexecution

de la part du mari, Ia femme neglige de reclamer l'exe-

cution conformement a Ia loi, l'obligation ne disparait

pas, tant que les besoins de Ia creanciere subsistent

et l'on peut, par consequent, en requerir l'execution.

Par contre, Ia femme qui renonce, a un moment donne,

aux moyens legaux d'execution forcee et qui assure

seule son entretien, ne saurait, ulterieurement, reclamer

la valeur en argent des prestations qui ne lui ont pas

ete faites et qu'elles n'a point reclamees. Cette solution

logique a ete consacree expressement par le Code al-

lemand qui, au § 1613, prevoit que I'ayant droit a l'en-

tretien ne peut demander, pour Ie passe, l'execution

forcee ou des dommages-interets qu'a partir de la mise

en demeure du debiteur ou des Ia date a Iaquelle Ia de-

mande d'entretien a ete portee devant l'autorite. Ce

principe, prevu pour les obligations d'entretien en ge-

neral, est applicable, notamment, a l'obligation du

mari (cf. STAUDINGER, 5, b, ad § 1613). 11 decoule 10-

giquement de la nature de l'obligation

alimentaire~

dont le but est de satisfaire des besoins existants et qUl

ne constitue pas, normalement, une pretention pecu-

niaire (cf. expose des motifs du Code civil allemand,

vol. 4, p. 705). Les principes a la base du droit civil

federal conduisent au meme resultat: il convient d'ad-

mettre l'effet retroactif de l'obligation jusqu'i\ Ia date

de l'introduction d'une demande devant l'autorite

332

FamiHenrecht. N° 54.

competente, attendu que, d'une part, le debiteur ne

doit pas profiter d'une contestation indlle de sa dette

et que, d'autre part, le creancier de l'obligation ali-

mentaire exprime clairement, par l'introduction de la

demande, sa volonte de recevoir des prestations des ce

moment. En revanche,

le creancier de l'obligation

d'entretien qui n'a pas agi en temps et lieu ne peut

demander ulterieurement une compensation pecuniaire

pour l'entretien auquel il avait droit mais qu'il n'a

point reclame. Ainsi l'action de la recourante doit ~tre

ecartee.

Le Tribunal federal prononce:

Le recours est rejete et le jugement cantonal confirme.

54. Urteil d.er Ir. Zivilabteilung vom 4. November 1926

i. S. Schaffer gegen Mind.er.

Vaterschaftsklage:

ZG!3 Art. 308: Zulässigkeit der n ach t r ä g 1 ich e n

Ä n der u n g der K] a g e a n t r ä g e (auf Zuspre-

chung mit Standesfolge statt auf Unterhaltsbeitrag oder

umgekehrt) nach Ablauf eines Jahres seit der Geburt

wenn die Klage rechtzeitig angebracht worden war:

(Erw. 1.)

ZGB Art. 323 (318) : Begriff des Verbrechens als

Voraussetzung der Zusprechung mit Standesfolge (bezw.

der Genugtuung). (Erw. 3.)

A. -

Am 10. August 1923 erklärte das Amtsgericht

Laupen den am 22. Juli 1905 geborenen Beklagten

schuldig « der Unsittlichkeit mit jungen Leuten, be-

gangen im zweiten Halbjahr 1922 gegenüber der -

am

17. August 1907 geborenen -

Rosa Minder ... zu wieder-

holten Malen ». und verurteilte es ihn zu drei Monaten

Korrektionshaus, unter Gewährung des bedingten Straf-

erlasses. Am 9. September 1923 gebar Rosa Minder ein

Kind Ernst. Mutter und Kind stellten am 26. August

FamlIienrecht. N0 54.

833

1924 beim Richteramt Laupen das Gesuch, sie und

c Walter Schaffer .•. geboren 22. Juli 1905 ... » zum

Zweck des Aussöhnungsversuches auf den 19. September

1924, vormittags 10 Uhr, in die Zivilaudienz zu laden.

Dabei brachten sie folgendes Rechtsbegehren an :

« Der Beklagte sei als Vater des von der Rosa Minder

am 9. September 1923... geborenen ausserehelichen

Kindes Ernst Minder zu erklären und demgemäss zu

verurteilen :

I. gegenüber dem Kinde Ernst Minder zu einem

angemessenen Unterhaltungsgelde ...

H. gegenüber der Kindsmutter :

a) zu den Entbindungskosten;

b) zu einem Unterhaltsgelde für vier Wochen vor

und vier Wochen nach der Geburt;

c) zu einer angemessenen Genugtuungssumme. »

, In der am 13. Oktober 1924 eingereichten Klageschrift

wiederholten die Kläger die für den Aussöhnungsversuch

gestellten Rechtsbegehren sozusagen wörtlich und fügten

sie bei:

« 2. eventuell, es sei das Kind Ernst Minder dem

Walter Schaffer mit Standesfolgen zuzusprechen»;

diesen Antrag erhoben sie in der Folge zum Hauptantrag.

Das Amtsgericht Laupen sprach die Klage zu, und zwar

u. a. den letzteren Antrag. Da jedoch die Ladung zum

Aussöhnungsversuch und die Klageschrift dem noch

nicht mündigen Beklagten persönlich zugestellt worden

waren, wies auf Appellation des Beklagten hin der

Appellationshof des Kantons Bern am 4. Juni 1925 die

Klage zurück ...

Gegen dieses Urteil legten die Kläger die Berufung

an das Bundesgericht ein. Das Bundesgericht hob am

11. November 1925 das angefochtene Urteil auf und wies

die Sache zurück, in der Meinung, dass es bei der durch

jenes Urteil erfolgten Aufhebung des erstinstanzlichen

Urteils sein Bewenden habe. Davon ausgehend, dass

dem Beklagten die Prozessfähigkeit für den auf Zu-