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73_IV_216

BGE 73 IV 216

Bundesgericht (BGE) · 1947-01-01 · Français CH
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Strafgesetzbuch. No 56.

56. Extrait de l'arr~t de la Com· de cassation plmale du 31 oetohre

1947 dans la cause Lugrin contrc lfinistere pnblie du eanton

de Vand.

L'art. 24 OP vise aussi l'instigation au second degre.

.Art. 24 StGB gilt auch für die Anstiftung im zweiten Grade.

.Art. 24 OP val~ anche per l'istigazione in secondo grado.

A. -

Antisemite passionne et partisan ardent du

regime national-socialiste, Lugrin, ancien pasteur et

joumaliste, s'etait assure en divers lieux du canton de

Vaud, pour faire sa propagande, le concours de petits

groupements extremistes. L'un d'eux, a. Payeme, ou

militaient notamm.ent Joss, Vallotton, Max et Robert

Marmier, avait pour chef Ischy, lui-meme subordonne a

Lugrin, dont il recevait ordres et consignes. Apres lui

avoir declare, a plusieurs reprises, qu'il faudrait deporter

ou exterminer tous les Juifs et qu'il faudrait un jour en

faire disparaitre un pour frapper un grand coup et e:ffrayer

les autres, Lugrin lui montra, en mars 1942, une lettre

de menaces qu'il avait re9Ue, ajoutant que c'en etait

assez et qu'il fallait passer aux actes. Comptant fermement

qu'Ischy suivrait ses instructions, il lui fit comprendre

que c'etait le moment d'executer leur projet de supprimer

un Juif.

Ischy consentit. Il prit conta.ct avec Joss, Vallotton et

les freres Marriiier, obtint d'eux qu'ils se chargent de

tuer tril Juif et arreta. avec .eux le plan de l'execution.

B. ::=:.. Le 16 avril 1942, Vallotton, Joss et les freres

Mar:rni<;r assassinerent Arthur Bloch dans les circonsta.nces

que decrit le jugement rendu le 20 fävrier 1943 par le

Tribunal criminel de Payerne.

Peu apres, Ischy donna a Lugrin 100 fr. voles dans le

portefeuille de la victime. Lugrin les accepta, bien qu'il

en conniit la. provenance.

Le 3 mai 1942, il prit la fuite et, passant clandestinement

la frontiere, se refugia en France.

Strafgesetzbuoh. N° 56.

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0. -- Par jugement du 20 fävrier 1943, que la Cour

de cassation vautloise a maintenu le 7 avril 1943, le Tribunal

criminel du district de Payerne a condamne Ischy a la

reclusion a. vie pour instigation a l'assassinat.

D. -

Considerant que Lugrin n'avait ni connu ni voulu

les circonstances de l'assassinat, le meme tribunal l'a

declare coupable, le 5 juin 1947, d'instigation au meurtre,

ainsi que de recel et de passage clandestin de la frontiere.

11 lui a infilge vingt ans de reclusion et dix ans de privation

des droits civiques.

Sur recours du condamne, la Cour de cassation vaudoise

a maintenu ce jugement, le 7 juillet 1947.

E. -Lugrin s'est pourvu en nullite au Tribunal föderal.

Oonsiderant en droit:

1. -

... Lugrin, avec raison, ne soutient pas que les

premiers juges auraient, a propos du rapport de causalite,

meconnu la notion de l'instigation au sens de l'art. 24

CP. Sans doute cette ctispositioii ne s'appliquerait-elle pas

s'il avait simplement dit a Ischy, d'une fa9on abstraite et

theorique, qu'il faudrait exterminer tous les Juifs ou,

du moins, en faire disparaitre un pour efirayer les autres.

L'art. 24 suppose que l'instigateur decide autrui a com-

mettre un crime ou un delit concret. C'est oo qu~ Lugrin

a. fait en declarant a Ischy qu'il fallait passet ittx actes

et que le moment etait venu de realiser leuf prßjet de

supprimer un Juif. Peu importe qu'il n'ait pas desigrie

lui-meme la victime ni prt3cise les details de l'execution.

2. -

Le recourant cofiteste, en outre, que l'art. 24 CP

permette de punir tine ihstigation au deuxieme degre.

a) Ischy ayant ete condamne comme instigateur, il

s'agit, en effet, de sM"oir si celui qui decide autrui a faire

commettre une inft'aictfon pa.r un tiers tombe sous le

coup de l'art. 24 al. 1 OP.

Cette disposition vise celui qui intentionnellement a

decide autrui a commettre un crime ou un delit, pourvu

que l'infraction ait ete commise. L'art. 9 CP, de SOU cöte,

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Strafgesetzbuch. No 57.

repute crime toute infraction passible de la reclusion.

Condamne a la reclusion a vie, Ischy a donc commis un

crime au sens des art.· 9 et 24 CP. Aussi est-ce a juste

titre que le recourant a ete puni comme instigateur.

On pourrait etre tente d'objecter que le mot « crime »,

a l'art. 24, ne designe que l'infraction principale. Mais

rien, dans cette hypothese, ne permet de -s~pposer que

le 16gislateur ait . entendu exclure l'instigation indirecte.

L'art. 24 ne dit pas : « Celui qui aura intentionnellement

et directement decide autrui. .. ». TI n'y a aucune raison

de l'interpreter en ce sens. La loi punit l'instigateur a

!'egal de l'auteur parce que, sans lui, l'infraction principale

n'eut vraisemblablement pas ete commise. Des lors, il

serait incoherent de sevir contre l'instigateur direct, mais

non contre celui qui l'a decide et qui est, en realite, la

cause initiale de l'infraction principale. Sa participation

n'est pas moins coupable parce que l'instigue, au lieu

d'agir lui-meme, s'est servi d'un tiers.

b) TI ressort d'ailleurs du jugement du 20 fevrier l 943

qu'Ischy a joue un röle de premier plan dans l'assassinat

de Bloch et qu'il etait pret a tout faire pour que l'infraction

füt consommee. Des lors, vu la conception subjective de

Ja participation dont s'inspire le Code penal suisse (cf.

RO 70 IV l 02, 69 IV 97), il doit ~tre considere comme ayant

ete non l'instigateur' mais le coauteur de (Je crime. n

s'ensuit que, meme si l'opinion du recourant etait fondee,

l'application de l'art. 24 CP aurait ete justifiee.

57. Auszug aus dem Urteil des Kassationshofes vom 14.

November 1947 i. S. Böni und Konsorten gegen Metzler.

Art. 27 Ziff. 1 StGB: Verfasser im Sinne dieser Bestimmung

ist nicht nur, wer einen Zeitungsartikel aufsetzt, sondern auch,

wer ihn als eigene Meinungsäusserung der Presse zur Ver-

öffentlichung übergibt oder sich in anderer Weise als Verfasser

ausgibt und die Verantwortung dafür übernimmt.

Art. 27 eh. 1 OP : L'auteur de l'OOrit, au sens de cette disposition,

n'est pas seulement celui qui redige un article de journal, mais

Strafgesetzbuch. N° 57.

219

aus.<:ii celui qui le transmet a la presse, pour la pub~ica~ion,

oommo etant l'expression de sa propre pensee, ou qm, d une

autre maniere, se fait passer pour l'auteur de l'oorit et en prend

la responsabilite.

Art. 27, cifra 1 OP. L'autore del_lo sm:itto, a'sens_i di qu~sta; dispo-

sizione non e solamente chi red1ge un articolo dt g10rnale,

ma an~he chi lo tra.<:imette alla stampa come espressione del

suo pensiero affinche sia pubblicato, o fJhi, in altro modo, si

fä. passare q:.iale autore dello scritto e ne assume la responsa-

bilita.

Aus dem Tatbestand:

Mitte Oktober 1944 veröffentlichten mehrere ostschwei-

zerische Zeitungen einen Artikel, der als Einsendung

(Mitteilung) des Direktoriums der Grossloge Alpina be-

zeichnet war und sich mit Heinrich Metzler, einem Gegner

der himaurerei, befasste. Metzler fühlte sich in seiner

Ehre verletzt und erhob beim Bezirksgericht St. Gallen

Strafklage gegen J. Böni, E. Waldburger, J. J~ Bühler,

H. Hä.berlin und H. Bessler, die fünf Mitglieder des Direk-

toriums der Grossloge Alpina.

Anfangs Januar 1945 veröffentlichte die « Alpina », das

Organ der schweizerischen Freimaurerlogen, unter der

Überschrift «Heinrich Metzler und die Nazi» eine mit

W. B. unterzeichnete Einsendung. Metzler wandte sich

am 8. Januar und, als er keine Antwort erhielt, am 20.

Februar nochmals an die Redaktion der << Alpina » mit

dem Ersuchen um Bekanntgabe des Verfassers. Am 28.

März l 945 teilte ihm das Advokaturbureau Johannes Huber

in St. Gallen mit, dass das Direktorium der Grossloge

Alpina die Verantwortung für den in der Januar-Nummer

der « Alpina 11 erschienenen Artikel << Heinrich Metzler und

die Nazi » übernehme. Darauf reichte Metzler beim Bezirks-

gericht St. Gallen gegen die oben genannten fünf Beklag-

ten eine zweite Ehrverletzungsklage ein.

Die Beklagten bestritten bei beiden Klagen die Passiv-

legitimation, da sie nicht Verfasser der eingeklagten Arti-

kel seien doch erklärte das Kantonsgericht St. Gallen

diesen Efnwand in Übereinstimmung mit dem Bezirks-