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77_IV_160

BGE 77 IV 160

Bundesgericht (BGE) · 1951-05-18 · Français CH
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Strafgesetzbuch. N• 35.

Opfer eine schwere Körperverletzung zufügt und sich

dadurch nach Art. 139 Zi:ff. 2 Abs. 2 des ausgezeichneten

Raubes schuldig macht.

Demnach erkennt das Bundesgericht :

Die Nichtigkeitsbeschwerde wird abgewiesen, soweit

darauf eingetreten werden kann.

35. Extrait de J'arr~t de Ja Cour de cassation penale du 18 mai

1951 dans la cause Beauverd cont e Ministere public du canton

de Vaud.

Art. 143 et 22 CP. Detit manque de 80U8traction sana deBBein d'enri-

chissement.

1. Notion de Ja soustraction (consid. 1).

2. Que faut-il entendre par dommage ? (consid. 2).

3. Y a-t-il repentir actif ? (consid. 3).

Art. 143 und 22 StGB. Vollendeter Versuch der Sachentziehung.

1. Begriff der Sachentziehung (Erw. 1).

2. Was ist unter Schaden zu verstehen? (Erw. 2).

3. Liegt tätige Reue vor ! (Erw. 3).

Art. 143 e 22 OP. Reato mancato di sottrazione senza fine di lucro.

1. Estremi della sottrazione (consid. 1).

2. Nozione del danno (consid. 2).

3. Pentimento attivo 7 (consid. 3).

A. -

En mars 1949, Beauverd a ete engage, a titre

provisoire, comme gardien aux etablissements de deten-

tion de la plaine de l'Orbe. Cet emploi ne lui convenant

pas, il l'a resigne le 2 decembre 1949 pour la fin du mois.

Le 16 decembre, il passa toute la soiree, contrairement

a la consigne, dans un cafä d'Orbe. TI regagna le penitencier

peu apres minuit en etat d'ebriete, se querella avec le

gardien qu'il aurait du remplacer et le mena9a d'un revol-

ver. Il se rendit au corps de garde, s'y empara de six

revolvers et de 48 cartouches. Muni de ces armes et de

son propre revolver, il quitta l'etablissement a bicyclette,

emportant en outre le trousseau de clefs du veilleur de

nuit et celui qui lui avait ete confie pour son usage person-

nel. Sur la route de Lausanne, il tira deux coups de feu.

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t

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Au quai d'Ouchy, il dissimUla les six revolvers au pied

d'un arbre et se rendit chez ses parents a Nyon. Exposant

a sa mere ce qu'il avait fait, il lui remit le revolver qu'il

avait encore, les cartouches et les deux trousseaux de

clefs. TI lui indiqua ou il avait cache les six autres armes.

II fut arrete le meme jour, alors qu'il s'appretait a franchir

la frontiere.

Entre-temps, sa mere avait informe le penitencier de

Bochuz, par telephone, de tout ce qua son fils lui avait

reveie. Un ouvrier de la voirie avait deja retrouve las

revolvers, de sorte que le penitencier rentra le 17 decembre

en possession des objets enleves.

B. -

Le 4 decembre 1950, le Tribunal de police cor-

rectionnelle du district d'Aubonne a inflige a Beauverd

30 jours d'emprisonnement en vertu de l'art. 143 CP.

La Cour de cassation vaudoise a maintenu ce jugement

le 15 janvier 1951. Elle admet avec les premiers juges

que, les mobiles du prevenu n'ayant pu etre determines,

l'intention de se procurer un enrichissement illegitime

n'est pas etablie. L'art. 143 CP ne vise pas seulement

le dommage materiel, mais aussi celui qui consiste, par

exemple, dans une atteinte a la securite. Or, en privant,

meme momentanement et pour une duree qu'il n'a pas

d'emblee voulue tres courte, l'etablissement de l'usage

des armes et des clefs, Beauverd a nui A sa securite. TI

lui a, au surplus, cause un prejudice materiel en tirant

deux coups de feu.

0. -

Contre cet arret, le condamne s'est pourvu en

nullite au Tribunal fäderal. Contestant avoir lese le peni-

tencier, il estime devoir etre libere.

Le Ministere public a conclu au rejet du pourvoi.

Oonsiderant en droit :

1. -

Selon l'arret attaque, Beauverd n'a pas emporte

armes, munition et clefs en vue de s'enrichir. Cette

constatation souveraine (art. 277 bis PPF) exclut le vol

(art. 137 CP) et l'abus de confiance (art. 140). Reste la

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soustraction sans dessein d'enrichissement {art. 143).

Ainsi que le releve la Cour vaudoise, ont ete soustraits,

au sens de cette disposition, non seulement les objets

dont le recoura:nt s'est empare au corps de garde, mais

aussi ceux qui lui avaient ete confies pour les besoins du

service et qu'il a emportes (RO 72 IV 61).

2. -

Cette soustraction a-t-elle cause un dommage a

l'ayant droit ? Elle a certes compromis la securite du

penitencier. Mais cela ne suffit pas. L'art. 143 CP reprime

uD. delit contre le patrimoine. n figure dans la categorie

des « infractions contre la propriete », qui forment la

premiere subdivision du titre deuxieme des dispositions

speciales. Le terme « dommage » designe donc une atteinte

a la propriete et non pas n'import~ quel desavantage.

En jugeant que l'art. 143 CP protegeait tous les droits

et interets de la victime, meme ceux qui ne sont pas

appreciables en argent, la Cour vaudoise en a demesure-

ment elargi Ie champ d'application. Son interpretation

devrait au moins s'appuyer sur le texte legal ou, a la

rigueur, sur sa genese. Tel n'est pas le cas. Par dommage

(Schaden, danno), on entend d'ordinaire, a defaut de

specification, un prejudice material. Quant aux travaux

preparatoires, ils montrent que le legislateur, n'admettant

pas que la soustraction sans dessein d'enrichissement füt

punie comme un vol, a voulu non pas etendre la protection

penale en dehors de la sphere des interets pecuniaires,

mais au contraire l'affaiblir, dans ces limites memes, en

prevoyant un chatiment moins severe et en subordonnant

Ja poursuite a une plainte (Proces-verbal de la II0 com-

mission d'experts, vol. VII p. 315). La mention d'un

dominage parmi les elements constitutifs du delit, afin

d'eliminer les bagatelles, n'y change rien. La Cour de

ceans a d'ailleurs toujours considere que l'art. 143 CP

Visait uniquement un prejudice material (RO. 70 IV 132

ss.; 73 IV 40 consid. 2).

Beauverd a incontestablement cause un tel pr6judice

au penitencier en tirant deux coups de feu sur la route

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Strafgesetzbuch. No 35.

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de Lausanne. Si c'etait Ia le seul dommage entrant en

consideration, l'application de l'art. 143 al. 2 CP s'impo-

serait, car, vu la valeur des cartouches, on aurait a:ffaire

a un cas typique ((de tres peu de gravite ».

Quant aux autres cartouches, aux revolvers et aux clefs,

ils ont ete restitues le jour meme a leur proprietaire. La

privation momentanoo d'un objet ne constitue pas en soi

le dommage requis par l'art. 143. Sinon ce dernier element

n'aurait pas ete mentionne expressement a cöte de la

soustraction. Les juridictions vaudoises ne signalent aucun

fait (achat de nouvelles armes, commande de clefs) d'oit

l'on pourrait infärer que l'etablissement de Bochuz a ete

effectivement lese dans son patrimoine pour avoir du

se passer des objets en question pendant la journoo du

17 decembre 1949. II s'ensuit que, en ce qui les concerne,

le delit reprime par l'art. 143 CP n'a pas ete consomme.

3. -

Le recourant n'en a pas moins poursuivi jusqu'au

bout son activite coupable. Seules l'intervention de sa

mere, qui a telephone au penitencier, et la decouverte des

revolvers par un ouvrier de la voirie ont prevenu le dom-

mage. TI s'ensuit que, du point de vue objectif, on est

en presence d'un delit manqQ.e de soustraction sans dessein

d'enrichissement (art. 143 et 22 CP).

Relevant que les debats n'ont pas etabli avec certitude

que l'inculpe avait demande a sa mere d'avertir le peni-

tencier, le Tribunal de police l'a fait beneficier du doute.

Cette appreciation des preuves, sur laquelle l'arret can-

tonal ne revient pas, lie le Tribunal fäderal (art. 277 bis

PPF). Suppose que Beauverd ait d'abord songe a priver

durablement le penitencier des armes et des clefs sous-

traites, elle obligerait a admettre que, de son propre

mouvement, il a contribue a empecher le resultat de se

produire et que c'est par consequent l'art. 22 al. 2 CP

qui s'applique. En revanche, la question du repentir actif

ne se poserait pas si le recourant avait eu d'embloo l'inten-

tion de faire en sorte que l'etablissement recouvre sous

peu les o bjets en question.

IM

Strafgesetzbuch. No 36.

4.

(La juridiction cantonale n'ayant pas recherche

si le prevenu avait eu l'intention, fftt-ce sous la forme

du dol eventuel, de causer un prejudice au penitencier,

, la cause doit lui etre renvoyee pour qu'elle elucide ce

point.)

36. Urteil des Kassationshofes vom 10. Juli 1951 i. S. Schaufel-

berger gegen Staatsanwaltschaft des Kantons Zürich.

1 • .Art. 166 StGB, Art. 957. OR. Durch bloases Aufbewahren von

Unterlagen und Belegen wird die Pflicht zur Führung von

Geschäftsbüchern nicht erfüllt.

2. Art. 165 Ziff. 1 StGB. Schon eine einzige gewagte Spekulation

kann den Tatbestand des leichtsinnigen Konkurses oder V er-

mögensverfalles erfüllen.

1. .Art. 166 OP et 957 00. Pour satisfaire a l'obligation de tenir

une comptabilite, il ne suffit pas de conserver des pieces justi-

ficatives.

2 • .Art. 165 eh. 1 OP. Une seule speculation hasardee peut suffire.

1. .Art. 166 OP e art. 957 00. Per sodisfare all'obbligo di tenere

una contabilita non ba.sta conservare i documenti giustificativi.

2 • .Art. 165 cifra 1 CP. Una sola speculazione avventata puo

bastare.

A. -

Erich Schaufelberger wurde vom Obergericht des

Kantons Zürich am l. Dezember 1950 der Unterla~sung

der Buchführung (Art. 166 StGB) und des leichtsinnigen

Konkurses (Art. 165 StGB) schuldig erklärt und zu einer

bedingt vollziehbaren Gefängnisstrafe von zwei Monaten

verurteilt. Das Gericht warf ihm vor, er habe als unbe-

schränkt haftender Gesellschafter der Kommanditgesell-

schaft E. Schaufelberger & Co., iiber die am 11. Mai 1949

der Konkurs eröffnet wurde, vom Juni 1948 bis Ende

März 1949 bewusst und gewollt keine Geschäftsbücher

geführt, damit der missliche Vermögensstand der Gesell-

schaft nicht ersehen werden könne. Ferner habe er im

April/Mai 1947 in gewagter Spekulation auf Kredit für

mindestens Fr. 25,000.- bis 30,000.- Zellwolle gekauft,

obschon er sich habe sagen miissen, dass der schweizeri-

sche Markt in absehbarer Zeit wieder mit reiner \Volle

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Strafgesetzbuch. No 36.

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und Baumwolle beliefert werde. Er habe die gekaufte

Ware nachher mit 50 bis 60% Verlust abstossen müssen.

Durch den Ankauf der Ware habe er seine Zahlungs-

unfähigkeit herbeigeführt.

B. -

Schaufelberger führt· gegen das Urteil Nichtig-

keitsbeschwerde nach Art. 268 ff. BStP mit dem Antrag,

es sei aufzuheben und die Sache sei zu neuer Entscheidung

an das Obergericht zurückzuweisen.

Er macht geltend, die Verurteilung wegen Unter-

lassung der Buchführung verletze Art. 166 StGB, weil das

Obergericht annehme, es sei unerheblich, ob er die Belege

für die Buchhaltung aufbewahrt habe, und zwar so, dass

ein Sachverständiger die Buchhaltung auf Grund der

Belege ohne Schwierigkeit hätte nachführen können. Im

übrigen sei fraglich, ob im Hinblick auf die Beschlagnahme

der Buchhaltung durch die Behörden und mit Rücksicht

darauf, da8s die Uhrengeschäfte des Beschwerdeführers

nichts mit seinem Textilunternehmen zu tun hatten,

überhaupt ein Verschleierungsvorsatz nachgewiesen sei.

Zur Verurteilung wegen leichtsinnigen Konkurses sodann

genüge eine einzelne Handlung des Täters nicht. Das Ge-

setz verlange nicht eine Spekulation, sondern· Spekula-

tionen. Nötig sei eine verwerfliche Tendenz des Schuldners.

C. -

Die Staatsanwaltschaft des Kantons Zürich be-

antragt, die Beschwerde sei abzuweisen.

D. -

Schaufelberger hat das Urteil des Obergerichts

auch mit der kantonalen Nichtigkeitsbeschwerde ange-

fochten. Sie ist vomKassationsgericht des Kantons Zürich

am 17. Mai 1951 abgewiesen worden.

Der Kassationshof zieht in Erwägung :

1. -

Wer verpflichtet ist, seine Firma in das Handels-

register eintragen zu lassen, ist gehalten, diejenigen Bücher

ordnungsgemäss zu führen, die nach Art und Umfang

seines Geschäftes nötig sind, um die Vermögenslage des

.Geschäftes und die mit dem Geschäftsbetriebe zusammen-