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71_II_176

BGE 71 II 176

Bundesgericht (BGE) · 1945-01-01 · Français CH
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176

Prozessrecht. N° 35.

voulait qu'elle s'adressat (cf. BURCKHARDT, Commentaire,

3e edit., a l'art. 110 CF p. 753). TI s'agit donc de' savoir,

dans chaque ca.s, de qui la :prestation est en realite roolamee:

du particulier ou de la Confederation. C'est ainsi qu'll a ete

juge que le Tribunal federal n'est pas competent pour

connaitre en instance uniqued'une action en liberation

de dette intentee contre la Confooeration, celle-ci ayant

dans cette action qualite de demanderesse au fond (RO

46 II 74).

En l'espece, par son action en participation a la saisie

operee contre son mari au profit de la Confooeration, la

demanderesse ne reclame pas de rette derniere une pres-

tation; elle agit contre le poursuivi, aux fins de faire

reconnaitre sa propre crea.nce et d'avoir de ce fait part a

la realisation. C'est, II est vrai, la defenderesse qui, d'abord

par son opposition a la participation, puis par ses conclu-

sions liberatoires dans le proces, resiste ou resistera a rette

demande en vertu de sa mainmise sur les biens du debi-

teur. Mais, precisement, elle le fait da.ns l'exercice de ses

droits contre ce dernier. Sa defense a l'action de la femme

n'est qu'un incident de la poursuite contre le mari. A con-

siderer la procedure da.ns son ensemble, c'est elle, la defen-

deresse, qui apparait comme partie instante au sens de

l'art. 41 litt. b OJ. C'est donc de toute fa9ün devant les

tribunaux cantonaux qua l'action en validation de la

participation devait etre portee.

Par ces moli/8, le Tribunal /6Ural prononce:

La .demande est irrecevable.

35. Arr~t de la Ire Cour civlle du 11 Juillet 1946 <!ans la cause

Ressorts S. A. c. Societe suisse des fabrfcants de ressorts.

Arbitrage. SociBti cooperative.

La clause compromissoire a un caractere procedural; sa vaIidite

doit etre jügOO en vertu du droit ca.ntonal; le recours en rEifonne

est a eet. 6gatd irrecevable (art. 43 eh. 1 er OJ; consid. 1).

Le droit federal n'empeche pas de soumettre a. un tribunal arbitraI

le litige relatif a l'expulsion d'un membre d'une sooMte eoope-

rative (art. 846 al. 3 CO; consid. 2).

Prozessrecht. N° 35.

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Sckiedsgerichtsklausel; GenosseJn8ckajt.

.

Die Schiedsgerichtsklausel hat prozessualen Charakter; Ihre

Gültigkeit beurteilt sich nach kantonalem Recht; die Berufung

ist in dieser Hinsicht unzulässig (Art. 43 Abs. 1 OG; Erw. 1).

Das Bundesrecht verbietet nicht, den Streit über den Ausschluss

eines GenossenschaftsmitgIiedes (Art. 846 Abs. 2 OR) durch

ein Schiedsgericht entscheiden zu lassen (Erw. 2).

Clausola comprmnissoria, 80cietd cooperativa.

La clausola compromissoria ha carattere pro<:e~uale; la sua.

vaIidita dev'essere giudicata sulla scorta deI diritto cantonale;

il ricorso per riforma s, a tale riguardo, irricevibile (art. 43

cp. 1 OGF; consid •. I).

:

. .

Il diritto federale nonVIeta dl sottoporre ad un trIbunale arbltrale

la lite concernente l'esclusione d'un socio d'una societB. coope-

rativa (art. 846 cp. 3 CO; eonsid. 2).

A. -

La SocieM anonyme Ressorts, a Longeau, est

membre de la SocieM suisse des fabricants de ressorts,

societe cooperative, a La Chaux-de-Fonds (SSFR), laquelle

est a son tour membre de l'Union des branches annexes de

l'horlogerie (UBAH).

Aux termes de l'art. 6 des statuts de l'UBAH, « les sta-

tuts des groupements societaires sont subordonnes a ceux

de l'Union et doivent etre Inis en harmonie avec ceux-ci ».

Les groupements affilies a l'UBAH et leurs membres

sont lies par une convention collective du 29 mars 1938.

Chaque membre reconnait par sa signature les statuts de

l'UBAH et la convention (art. 2). L'art. 19 institue un

tribunal arbitral pour « juger toutes les contestations entre

signata.ires de la convention, relativement a son interpre-

tation et a son execution, de meme qu'a l'application des

peines conventionnelles prevues a l'art. 20).

L'art. 9 des statutsde i'UBAH constate l'autonoInie des

groupements de fabricants pour l'admission et la sortie

de leurs membres, sous oortaines feserves. Ainsi, en vertu

de l'art. 91ettre f, {(doivent etre exclues des groupements,

les entreprises qui font, 011 dont l'un des chefs fait d'autres

a:ffaires POl1va.nt entrer en opposition d'inMrets avec ceux

do~t l'U nion a la sau,vegarde ou qui contreviennent deUbe-

re:tileht 3fQX reglements, dec:isions, conventions ou aux

inesures d.~cretees par l'Union». Selon le dernier alinea

dudit article, ((les contestations relatives a l'application

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Prozessrecht. N° 35.

du present article ou a l'entree ou a la sortie des membres

des groupements ne ressortissent pas aux tribunaux ordi-

naires et sont soumises au tribunal arbitral institue par la

convention collective des branches annexes de l'horlogerie ».

L'art. 19 ch. lO des statuts de la SocieM suisse des fabri-

cants de ressorts permet al'assembIee generale de pronon-

oor l'axclusion de la socü~M.

Le 8 mai 1943, Ressorts S. A. a signe une declaration

intitulee « carte da signature » ainsi conc;ue :

«La mais on soussignee, Ressorts S. A., membre da

la societe suisse des fabricants de ressorts, apres en

avoir pris connaissanoo, signe par le present acte :

10 la convention colleotive de l'industrie horlogere

suisse du ler avrill941 et'20 les statuts et reglements

du, susdit groupement et de l'UBAH. Elle les signe en

toutes leurs clauses, y compris les clauses penales et

compromissoires. Elle reconnait expressement ces

dernieres comme valables pour toutes les conventions

et oonventions annexes, ainsi que statuts, convention

collective, reglements de l'UBAH et de son groupe-

ment, existants a ce jour ou qui entreront en vigueur

pendant cette duree, comme pour toutes les disposi-

tions de ces textes teIles qu'elles existent a ce jour

ou seront modifiees pendant ootte duree. »

B. -

Le 4 avril 1944, Ressorts S. A, a eM avisee que le

comiM de la SSFR proposerait son exclusion a l'assemblee

generale extraordinaire du 29 avril1944. Malgre son oppo-

sition, l'interessee fut exclue de la socieM et informee de

cette decision le 3 mai 1944.

Ressorts S. A. a demande le 7 juillet 1944 au Tribunal

cantoIUl;1 neuchatelois d'annuler ootte mesure. Elle la taxe

d'arbitraire et conclut a sa reintegration comme membra

de la SSFR, ainsi qu'au payement d'une indemnite de

1000 francs.

La defenderesse a decline la competence du Tribunal

cantonal, la demanderesse devant saisir du litige le tri-

Prozessrecht. N0 35.

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bunal arbitral prevu par les art. 18 et sv. de la convention

du 29 mars 1938.

La demanderesse a conclu au rejet du declinatoire, en

soutenant que l'art. 846 al. 3 CO etait d'ordre publio et

que;·d'apres la theorie institutionnelle de la sooiete, le juge

prevu par cette disposition legale ne pouvait etre que le

juge ordinaire, a l'exclusion du juge arbitral, ce dernier

juge ne pou,vant en tout cas pas oonnaltre de la reclama-

tion d'une indemnite.

Par jugement du 3 avril 1945, le tribunal s'est declare

incompetent pour statuer sur la demande et a renvoye

la demanderesse a agir devant le tribunal arbitral prevu

par la convention du 29 mars 1938.

G. -

Contre ce jugement, la demanderesse a interjete

aupres du Tribunal federal un recours de droit publie pour

violation de l'art. 58 CF et un reeours en reforme tendant

au rejet du declinatoire de la defenderesse.

Gonsiderant en droit :

1. -

Le Tribunal cantonal a juge que le compromis

arbitral contenu a l'art. 18 de la convention du 29 mars

1938 etait opposable par la defenderesse ala demanderesse

dans le present proces porte devant la juridietion ordi-

naire; et, par consequent, il a deoline sa eompetenoe pour

connaltre du litige.

Suivant la jurisprudence du Tribunal federal, la elause

eompromissoire a un caracrere proeedural et sa validite

doit etre jugee en vertu du droit cantonal (RO 41 II 538;

59 II 187; 60 II 59; 67 II 148 consid. 2), 00 qui exclut le

recours en reforme, d'apres la nouvelle organisation judi-

ciaire comme d'apres l'anoienne, puisque le reoours n'est

recevable que pour violation du droit federal (art. 43 al. 1

OJ nouv., art. 57 al. 1 OJ ano.).

Le Tribunal federal ne saurait,revoir l'interpretation de

la olause compromissoire par le juge cantonal, oar l'inter-

pretation d'un contrat relevant du droit cantonal ne peut

violer le droit federal. La recourante s'adresse done a une

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Prozessrecht. N0 35.

juridiction incompetente lorsqu'elle demande au Tribunal

federal de dire que le Tribunal cantonal neuchatelois a

faussement interprete l'art. 9 des statuts de l'UBAH dans

ce s~ns qu,'ll soumet au tribunal arbitralles contestations

entre un membre exclu d'un groupement de l'Union et

son groupement.

Aussi bien la recourante a-t-e11e eu raison de ne pas

reprendre devant Ie Tribunal federal son argumentation

consistant a denier a11, tribunal arbitral la competence

pour statuer sur la reclamation d'une indemnite en raison

de l'exclusion taxee d'arbitraire. La valeur de ce moyen

depend egalement de I'interpretation de la clause compro-

missoire et rentre ainsi dans le domaine procedural.

2. -

La recourante se place en revanche sur le terrain

du droit federal en pretendant- que l'art. 846 al. 3 CO

exclut la voie arbitraie. S'll en etait ainsi, Ia juridiction

cantonale aurait meconnu un principe du droit federal

et le recours en reforme serait recevable (art. 43 al. 2 OJ).

Mais le grief de Ia recourante n'est pas fonde. Sans

doute, selon l'art. 846 a1. 3 CO, « l'associe exclu a la faculte

d'en appeler au juge dans le delai de trois mois ». On trouve

toutefois dans la Iegislation federale nombre de dispositions

conferant au « juge » une competence qui peut sans con-

teste etre reconnue aussi a un 011, plusieurs arbitres:

art. 538, 672 al. 2, 706 a1. 2, 717 al. 2 ce, art. 2 a1. 2, 43,

44,46 a1. 2,47,49 a1. 2. 50 al. 2. 52 a1. 2 etc. CO, 83 al. 2 LP.

La Tribunal federall'a releve dans un arret recent (RO 69

II 119), suivant lequelle pouvoir d'exclure pour de justes

motifs un associe de la societe en nom collectif peut etre

attribue a un tribunal arbitral bien que l'art. 577 CO

parle du « juge ».

Quant a l'art. 846 a1. 3 CO, ce qui importe, c'est de savoir

si, vu la nature et 1es effets de l'exclusion, il faut admettre

que le Iegislateur a voulu reserver au juge ordinaire

l'examen de cette mesure, en cas de contestation.

Il n'en serait ainsi que s'il s'agissait d'un litige portant

sur un droit auquel le titulaire ne peut renonoer ou au

ProZ6ssrecht. N° 35.

181

sujet duq11,el il ne peut passer une transaction extraju-

diciaire, car si cette facu1te existe, elle implique celle da

soumettre la contestation de ce droit ({ au, jugement d'un

tiers qui lui parait digne de confianca » (RO 69 II 121).

L'associe d'une socieM cooperative ne saurait sans doute

renoncer valablement par avance a la faculte ({ d'en

appeler au juge » contre son exclusion, mais une fois excIu

il peut s'inc1iner devant cette mesure ou renoncer a l'atta-

quer, en passant une transaction extrajudiciaire qui lui

assure d'autres avantages. TI l11,i est donc loisible de con-

sentir a soumettre Ie cas a un 011, plusieurs arbitres; et si

le compromis est admissible, la clause compromissoire,

soit 1a renonciation anticipee a11, juge ordinaire en faveur

d'unou plusieurs arbitres, l'est aussi, la nature du droit de

contester l'exclusion ne changeant pas selon que la renon-

ciation est anMrieure ou posMrieure a l'exclusion e11e-

meme.

La recourante se prevaut de la theorie « institutionnelle »

qui seule serait applicable, d'apres elle, a la socieM ooope-

rative, teIle que la regle le CO revise : il n'y aurait, dans

cette societe, ni volonte contractuelle, ni parties; il n'y

aurait que la vo10nte sociale d'nne personne juridique et

des societaires. On peut se dispenser de resoudre la ques-

tion de doctrlne ainsi soulevee; car, meme si l'on admettait

la theorie institutionnelle, il n'en resterait pas moins que

1a societe cooperative, personne morale, d'une part, et

ses societaires, personnes physiques, d'autre part, peuvent

s'engager valablement a soumettre a la juridiotion arbi-

trale tous les differends ou les differends d'nne certaine

na~ure qui pourront surgir entre e11,x. La dause compro-

missoire ne suppose pas, en d'autres termes, l'existenoe d'un

autre rapport contractuel entre ceux qui la signent. L'ac-

ceptation de la clause arbitrale par la recourante resulte

indiscutablement de la signature qu'elle a apposee 1e 8 mai

1943 sur la ({ carte de signature ».

La reoourante se plaint que le Tribunal arbitral prevu

par la convention du 29 mars 1938 na lui donne pas les

182

Prozessrooht. N° 36.

garanties voulues d'impartialiM. S'il en etait ainsi, elle

aurait pu invoquer la nulliM de la clause compromissoire,

soit; en se fondant sur' des dispositions expresses du droit

cantonal, soit en se prevalant d'une application par ana-

logie de l'art. 20 CO (cf. RO 41 II 539). Mais le droit federal

serait en ce cas applique a titre de droit cantonal suppIetif

et sa violation ne rendrait pas le recours en reforme

recevable, tout au plus le recours de droit public pour

arbitraire (art. 4 CF), question dont la Cour civile n'a pas

a connaitre. De meme, le recours de droit public est la

voiea suivre pour faire valoir le moyen tire de la violation

de l'art. 58 CF et aussi pour s'opposer a l'execution de la

senten ce arbitrale dans un autre canton (art. 81 a1. 2 LP

et RO 57 I 205, 61 I 279 et 67 I 214).

Il appartiendra a la Chambre de droit public de se

prononcer sur le bien-fonde du recours qui lui a et8 adresse

contre le jugement du Tribunal cantonal neuchatelois.

Vu l'art. 60 a1. 1 lettre a et a1. 2 OJ,

Par ces m.otifs, le Triburw,l federal

rejette le recours en tant qu'il est recevable.

36 Extrait de l'arr~t de la Ire Cour civile du 22 aoiit 1945

da~s la cause Amann & Cie S. A. cont're Blaufriesveem A.-G.

Organisation judiciaire. Calcul de la valeur litigieuse. Art. 46 et sv.

Organi8ationsgesetz. Streitwertberechnung. Art. 46 ff.

Art. 46 e seg. OGF. Calcolo deI valore litigioso.

D'apres la jurisprudence du Tribunal federal, les valeurs

de deux ou de plusieurs reclamations reunies dans une

meme instance en vertu du principe de la jonction des

causes ne s'additionnent pas devant la juridiction de

reforme lorsque ces reclamations ne sont pas connexes,

mais reposent sur des causes juridiques differentes et que

Prozessrecht. N0 37.

183

celles d'entre elles qui sont portees devant le Tribunal

federal n'atteignent pas a elles seules le montant· de

4000 fr. (RO 35 II 711, 61 II 194, 65 Ir 48). Il n'y a aucun

motif de s'ecarter de cett~ jurisprudence sous le regime de

la nouvelle organisation judiciaire qui n'a pas modifie sur

ce . point la maniere de calculer la valeur litigieuse.

37.

Arr~t de la He Cour civile du 4' mai 1M3 dans la cause

Barbier et Hirschy contre Klaye.

Recours en re/orme, art. 48 OJ.

IrrecevabiliM d'un recours en reforme interjeM contre un juge.

ment rendu par un tribunal qui n'est pas le tribunal supreme

du canton et qui, d'autre part, n'a pas statu.e comme juridiction

de recours (president d'un tribunal de district du canton de

N eucMteI).

Berufung, Art. 48 OG.

Unzulässigkeit der Berufung gegen das Urteil eines Gerichtes,

das nicht das höchste Gericht des Kantons ist und nicht als

Rekursinstanz geurteilt hat (Präsident eines neuenburgischen

Bezirksgerichtes).

Ricorso per rijorma, art. 48 OGF.

Irricevibilita d'un ricorso per riforma contro una sentenza pro-

nunciata da un tribunale che non eiltribunale supremo deI

Cantone enon ha deI resto statuito quale giurisdizione di ricorso

(Presidente d'un tribunale di distretto deI Cantone di Neu-

cMtel).

La succession d'Henri-Adolphe Barbier, qui s'est ouverte

le l er avril1943 et qui a et8 accept8e par las trois filles du

defunt, comprend un immeuble taxe 52045 Ir. L'une des

heritieres, . Dame Klaye, a ouvert action aux deux autres,

Dlle Barbier et Dame Hirschy, devant le Tribunal du

districtde Boudry, en concluant a ce que l'immeuble lui

fUt attribue a sa valeur de rendement: Les defenderesses

ont concIu a liberation et reconventionnellement a ce que

l'immeuble ffit attribue a l'une d'elles, Dlle Barbier.

Par jugement du 17 fevrier 1945, le Tribunal de Boudry

a admisles conclusions de la demande.