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Strafrecht.
in die Talstraißseausfahren wollte. Dieser durfte sein
Manöver, das,für einige Sekunden den Längsverkehr -
und das ist der normale -
auf der Talstrasse vollständig
sperrte, nur ausführen, nachdem er sich überzeugt hatte,
dass kein anderes Fahrzeug in dieser oder jener Richtung
herannahte, und musste dabei so langsam fahren, dass er
jeden Moment auf der Stelle stoppen konnte. Falls ihm
die parkierten Autos die Sicht auf die Strasse versperrten,
musste er eventuell die Hilfe einer Drittperson in Anspruch
nehmen, die die Ausfahrt von der Strasse aus dirigierte,
wie man dies bei Garagen häufig sieht. Nicht Reichstein
musste, wie die_Vorinstanz ausführt, sich sagen, dass sein
Fahrzeug andern in die Fahrbahn tretenden Strassenbe-
nützern bezw. die Garage verlassenden Autos nicht genü-
gend sichtbar sei. Es -ist nicht am Fahrzeugführer, sein
Kommen auf der Strasse anzukündigen, sondern an dem-
jenigen, der aus verdeckter Stellung die Strasse betreten
will, sich umzuschauen (BGE 61 I 438 f.). Dass in casu
der ausfahrende Wüthrich diese seine Vorsichtspflicht
gröblich missachtet hat, geht aus seiner eigenen Aussage
laut Polizeirapport hervor, wonach er, als er mit seinem
Wagen auf dem Trottoir stand, das Auto des Beschwerde-
führers in 25 m Entfernung ziemlich rasch herankommen
sah und t rot z dem noch über die Strasse fuhr. Mit
der Vorinstanz dem Beschwerdeführer zumuten, an dieser
Stelle darauf gefasst zu sein, .dass 15m vor ihm hin-
ter den parkierenden Autos hervor ein Wagen sich quer
in die Strasse schiebe, und mit Rücksicht -auf diese l\fög-
lichkeit mit weniger als 25 km Geschwindigkeit zu fahren,
hiesse den Gedanken des Art. 25 überspannen.
Die Beanstandung der festgestellten Geschwindigkeit
von 35-40 km lässt sich nur mit dem Hinweis auf den -
-für das Bundesgericht verbindlich festgestellten -
man-
gelhaften Wirkungsgrad der Bremsen am Wagen des Be-
schwerdeführers rechtfertigen. Wegen Fahrens mit unge-
nügenden Bremsen, -als Tatbestand für sich, kann nur be-
straft werden, wenn die Bremsen den Anfo:r:derungen ge-
mäss Art. 12 lit. b MFV nicht genügen. Einer weniger
Motorfahrzeug- und Fahrradverkehr. No 64.
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weitgehenden Mangelhaftigkeit derselben kann jedoch bei
der Beurteilung der jeweils zulässigen Geschwindigkeit
Rechnung getragen werden. Jeder Führer eines Motor-
fahrzeugs muss bei der Bemessung der ihm -
im ffinblick
auf die geforderte Beherrschung -
erlaubten Geschwindig-
keit und bei der Anpassung derselben an die gegebenen
Strassen- und Verkehrsverhältnisse (Art. 25) von den
technischen Gegebenheiten seines Fahrzeuges ausgehen,
also z. B. zum voraus dem Umstand Rechnung tragen,
dass er mit ungenügenden Bremsen bei gegebener Ge-
schwindigkeit eine längere Anhaltestrecke braucht. Wenn
daher im vorliegenden Falle die Vorinstanz, ohne zugleich
eine Übertretung des Art. 37 in Verbindung mit Art. 12
MFV geltend zu machen, die Geschwindigkeit von 35-40
km als in Ansehung des Zustandes der Bremsen für den
fraglichen Abschnitt der Talstrasse übersetzt bezeichnet,
so kann im angefochtenen Urteil eine Verletzung des
Art. 25 -MFG nicht erblickt werden.
Demnach erkennt der Kassationshof:
Die Nichtigkeitsbeschwerde wird abgewiesen.
64. Arr et da la Cour da cassation penale du 19 decembre 1938
dans l'affaire Kull c. Tribunal da police de Boudry
at Oour de cassation penala du canton da Neuchä.tal.
Oirculation routiere. Art. 14 LA. -
Le maitre conducteur ne
repond penalement que de sa propre faute, non de celle de
l'eleve conducteur qu'il accompagne.
Le 14 amI, vers 18 h. 15, une automobile circulait sur
la route cantonale de St-Aubin -a NeuchateI. -La volant
etait tenu par l'eIeve conducteur Georges Hugli qui avait
a sa droite le maUre conducteur Albert KulI. Le vehicule
roulait reglementairement. A la h,auteur du moulin de la
Beroche, Claudine Baltensberger deboucha a bicyclette
d'un chemin lateral sur la gauche, traversa la route et vint
se jeter contre l'automobile. Elle expira quelques minutes-
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St.rafrecht..
plus tard. Hug~ perdit la maitrise de.la macmne. Kull
s'empara du frein a main et reussit a arreter 1a voiture
35 m. apres l'e4droit de 1a collision.
Le Tribunal de police de Boudry condamna 1e 8 septem-
bre 1938 Kull a 10 fr. d'amende en vertu des art. 14, 25
et 58 LA. Le prevenu n'a, en verite, commis aucune faute
personnelle, et j} a fait tout ce qui etait a son pouvoir pour
remOOier a celle de son eleve. Mais, aux termes de l'art. 14
LA et de l'arret ATF 63 I p. 254, « l'infraction commise
par l'eleve conducteur retombe automatiquement et par
cascade sur celui qui l'accompagne I).
La Cour de cassation penale du Canton de Neuchatel
a maintenu ce jugement par arret du 12 octobre 1938. Elle
estime que les premiers juges ont applique l'art. 14 LA
« dans 1e seul sens que,pris en 1ui-meme, il presente, bien
que ce sens deconcerte tous ceux qui demeurent imbuS
des principes traditionnels de la responsabiliM penale I).
Suivant certains auteurs, il est vrai, l'art. 14 presumerait
la faute du maitre conducteur et permettrait a ce1ui-ci de
se liberer en detruisant la presomption, mais cette inter-
pretation parait artificielle.
Le pourvoi de KulI tend a l'annulation de l'arret can-
tonal et du jugement du Tribunal de police. La Cour de
cassation neuchateloise d6clare qu'elle n'a « aucun desir
de voir cet arret maintenu», et le Procureur general du
Canton conclut a l'admission du pourvoi.
Oonsiderant en droit:
L'interpretation de la Cour cantonale trouve, a la veriM,
un appui dans 1a redaction peu satisfaisante de l'art. 14,
al. 1 er LA dont le texte allemand et l'italien pris a la lettre
semb1e1}.t en effet substituer la responsabiliM du maitre
a celle de l'eleve conducteur «(,die Verantwortlichkeit als
Führer», « la responsabilita deI condncente »), tandis que
1e texte fran9ais parle plus genera1ement de Ia ({ respon-
sabilite legale ».
Mais cette interpretation litterale implique .la negation
de 1a regle fondamentale du droit penal qui ne permet de
Motorfahrzeug. und Fahrradverkehr. No 64.
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punir que celui qui a commis personnellement une faute.
Et cette faute ne se presume pas; elle doit etre etablie de
maniere positive a la charge de l'inculp6.
Comme le Procureur general neuchatelois le fait remar-
quer avec raison, rien, dans les travaux preparatoires de
Ja loi ni dans les deliberations des Chambres, ne permet
de supposer que le Iegislateur ait reellement voulu se
departir de ces principes essentiels du droit penal et
instituer une sorte de responsabiliM par cascade ou une
presomption de faute. Aussi bien l'art. 65 al. 3 LA renvoie
a la premiere partie du code penal federal du 4 ferner 1853,
et a l'alinea premier: il etend la repression uniquement en
ce sens que les contraventions sont punissables meme si
elles n'ont eM commises que par simple negligence. TI faut
donc que la personne poursuivie penalement ait au moins
commis une pareille faute. L'art. 72 LA abroge, a 1a veriM,
toutes les « dispositions contraires du droit federal et
cantonal », mais cette abrogation n'atteint pas les dispo-
sitions memes de la loi, notamment pas son art. 65, dont
les principes generaux sont applicables a moins que sur
un point special la loi n'y deroge expressement. Ce n'est
pas le cas de l'art. 14.
L'arret 63 I p. 254 ne vient point a l'appui d'une autre
interpretation; il declare simplement que l'eleve conduc-
teur n'encourt pas en principe les p6nalites edictees par le
code routier, seulle maitre conducteur pouvant etre rendu
responsable s'il neglige de faire observer les regles de
circulation qu'il est seul a connaitre.
ür, en l'espece, il est au contraire etabli que le recourant
n'a commis aucune faute personnelle et qu'il a fait tout ce
qui lui incombait pour remedier au manque de sang-froid
de son eleve. La condamnation du recourant est des lors
injustifi6e et doit etre annul6e.
Par ces moti/8, le Tribunal/6leral
admet le recours et libere Albert Kull de toute peine et
de tous frais.