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64_I_359

BGE 64 I 359

Bundesgericht (BGE) · 1938-01-01 · Deutsch CH
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Strafrecht.

in die Talstraißseausfahren wollte. Dieser durfte sein

Manöver, das,für einige Sekunden den Längsverkehr -

und das ist der normale -

auf der Talstrasse vollständig

sperrte, nur ausführen, nachdem er sich überzeugt hatte,

dass kein anderes Fahrzeug in dieser oder jener Richtung

herannahte, und musste dabei so langsam fahren, dass er

jeden Moment auf der Stelle stoppen konnte. Falls ihm

die parkierten Autos die Sicht auf die Strasse versperrten,

musste er eventuell die Hilfe einer Drittperson in Anspruch

nehmen, die die Ausfahrt von der Strasse aus dirigierte,

wie man dies bei Garagen häufig sieht. Nicht Reichstein

musste, wie die_Vorinstanz ausführt, sich sagen, dass sein

Fahrzeug andern in die Fahrbahn tretenden Strassenbe-

nützern bezw. die Garage verlassenden Autos nicht genü-

gend sichtbar sei. Es -ist nicht am Fahrzeugführer, sein

Kommen auf der Strasse anzukündigen, sondern an dem-

jenigen, der aus verdeckter Stellung die Strasse betreten

will, sich umzuschauen (BGE 61 I 438 f.). Dass in casu

der ausfahrende Wüthrich diese seine Vorsichtspflicht

gröblich missachtet hat, geht aus seiner eigenen Aussage

laut Polizeirapport hervor, wonach er, als er mit seinem

Wagen auf dem Trottoir stand, das Auto des Beschwerde-

führers in 25 m Entfernung ziemlich rasch herankommen

sah und t rot z dem noch über die Strasse fuhr. Mit

der Vorinstanz dem Beschwerdeführer zumuten, an dieser

Stelle darauf gefasst zu sein, .dass 15m vor ihm hin-

ter den parkierenden Autos hervor ein Wagen sich quer

in die Strasse schiebe, und mit Rücksicht -auf diese l\fög-

lichkeit mit weniger als 25 km Geschwindigkeit zu fahren,

hiesse den Gedanken des Art. 25 überspannen.

Die Beanstandung der festgestellten Geschwindigkeit

von 35-40 km lässt sich nur mit dem Hinweis auf den -

-für das Bundesgericht verbindlich festgestellten -

man-

gelhaften Wirkungsgrad der Bremsen am Wagen des Be-

schwerdeführers rechtfertigen. Wegen Fahrens mit unge-

nügenden Bremsen, -als Tatbestand für sich, kann nur be-

straft werden, wenn die Bremsen den Anfo:r:derungen ge-

mäss Art. 12 lit. b MFV nicht genügen. Einer weniger

Motorfahrzeug- und Fahrradverkehr. No 64.

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weitgehenden Mangelhaftigkeit derselben kann jedoch bei

der Beurteilung der jeweils zulässigen Geschwindigkeit

Rechnung getragen werden. Jeder Führer eines Motor-

fahrzeugs muss bei der Bemessung der ihm -

im ffinblick

auf die geforderte Beherrschung -

erlaubten Geschwindig-

keit und bei der Anpassung derselben an die gegebenen

Strassen- und Verkehrsverhältnisse (Art. 25) von den

technischen Gegebenheiten seines Fahrzeuges ausgehen,

also z. B. zum voraus dem Umstand Rechnung tragen,

dass er mit ungenügenden Bremsen bei gegebener Ge-

schwindigkeit eine längere Anhaltestrecke braucht. Wenn

daher im vorliegenden Falle die Vorinstanz, ohne zugleich

eine Übertretung des Art. 37 in Verbindung mit Art. 12

MFV geltend zu machen, die Geschwindigkeit von 35-40

km als in Ansehung des Zustandes der Bremsen für den

fraglichen Abschnitt der Talstrasse übersetzt bezeichnet,

so kann im angefochtenen Urteil eine Verletzung des

Art. 25 -MFG nicht erblickt werden.

Demnach erkennt der Kassationshof:

Die Nichtigkeitsbeschwerde wird abgewiesen.

64. Arr et da la Cour da cassation penale du 19 decembre 1938

dans l'affaire Kull c. Tribunal da police de Boudry

at Oour de cassation penala du canton da Neuchä.tal.

Oirculation routiere. Art. 14 LA. -

Le maitre conducteur ne

repond penalement que de sa propre faute, non de celle de

l'eleve conducteur qu'il accompagne.

Le 14 amI, vers 18 h. 15, une automobile circulait sur

la route cantonale de St-Aubin -a NeuchateI. -La volant

etait tenu par l'eIeve conducteur Georges Hugli qui avait

a sa droite le maUre conducteur Albert KulI. Le vehicule

roulait reglementairement. A la h,auteur du moulin de la

Beroche, Claudine Baltensberger deboucha a bicyclette

d'un chemin lateral sur la gauche, traversa la route et vint

se jeter contre l'automobile. Elle expira quelques minutes-

36u

St.rafrecht..

plus tard. Hug~ perdit la maitrise de.la macmne. Kull

s'empara du frein a main et reussit a arreter 1a voiture

35 m. apres l'e4droit de 1a collision.

Le Tribunal de police de Boudry condamna 1e 8 septem-

bre 1938 Kull a 10 fr. d'amende en vertu des art. 14, 25

et 58 LA. Le prevenu n'a, en verite, commis aucune faute

personnelle, et j} a fait tout ce qui etait a son pouvoir pour

remOOier a celle de son eleve. Mais, aux termes de l'art. 14

LA et de l'arret ATF 63 I p. 254, « l'infraction commise

par l'eleve conducteur retombe automatiquement et par

cascade sur celui qui l'accompagne I).

La Cour de cassation penale du Canton de Neuchatel

a maintenu ce jugement par arret du 12 octobre 1938. Elle

estime que les premiers juges ont applique l'art. 14 LA

« dans 1e seul sens que,pris en 1ui-meme, il presente, bien

que ce sens deconcerte tous ceux qui demeurent imbuS

des principes traditionnels de la responsabiliM penale I).

Suivant certains auteurs, il est vrai, l'art. 14 presumerait

la faute du maitre conducteur et permettrait a ce1ui-ci de

se liberer en detruisant la presomption, mais cette inter-

pretation parait artificielle.

Le pourvoi de KulI tend a l'annulation de l'arret can-

tonal et du jugement du Tribunal de police. La Cour de

cassation neuchateloise d6clare qu'elle n'a « aucun desir

de voir cet arret maintenu», et le Procureur general du

Canton conclut a l'admission du pourvoi.

Oonsiderant en droit:

L'interpretation de la Cour cantonale trouve, a la veriM,

un appui dans 1a redaction peu satisfaisante de l'art. 14,

al. 1 er LA dont le texte allemand et l'italien pris a la lettre

semb1e1}.t en effet substituer la responsabiliM du maitre

a celle de l'eleve conducteur «(,die Verantwortlichkeit als

Führer», « la responsabilita deI condncente »), tandis que

1e texte fran9ais parle plus genera1ement de Ia ({ respon-

sabilite legale ».

Mais cette interpretation litterale implique .la negation

de 1a regle fondamentale du droit penal qui ne permet de

Motorfahrzeug. und Fahrradverkehr. No 64.

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punir que celui qui a commis personnellement une faute.

Et cette faute ne se presume pas; elle doit etre etablie de

maniere positive a la charge de l'inculp6.

Comme le Procureur general neuchatelois le fait remar-

quer avec raison, rien, dans les travaux preparatoires de

Ja loi ni dans les deliberations des Chambres, ne permet

de supposer que le Iegislateur ait reellement voulu se

departir de ces principes essentiels du droit penal et

instituer une sorte de responsabiliM par cascade ou une

presomption de faute. Aussi bien l'art. 65 al. 3 LA renvoie

a la premiere partie du code penal federal du 4 ferner 1853,

et a l'alinea premier: il etend la repression uniquement en

ce sens que les contraventions sont punissables meme si

elles n'ont eM commises que par simple negligence. TI faut

donc que la personne poursuivie penalement ait au moins

commis une pareille faute. L'art. 72 LA abroge, a 1a veriM,

toutes les « dispositions contraires du droit federal et

cantonal », mais cette abrogation n'atteint pas les dispo-

sitions memes de la loi, notamment pas son art. 65, dont

les principes generaux sont applicables a moins que sur

un point special la loi n'y deroge expressement. Ce n'est

pas le cas de l'art. 14.

L'arret 63 I p. 254 ne vient point a l'appui d'une autre

interpretation; il declare simplement que l'eleve conduc-

teur n'encourt pas en principe les p6nalites edictees par le

code routier, seulle maitre conducteur pouvant etre rendu

responsable s'il neglige de faire observer les regles de

circulation qu'il est seul a connaitre.

ür, en l'espece, il est au contraire etabli que le recourant

n'a commis aucune faute personnelle et qu'il a fait tout ce

qui lui incombait pour remedier au manque de sang-froid

de son eleve. La condamnation du recourant est des lors

injustifi6e et doit etre annul6e.

Par ces moti/8, le Tribunal/6leral

admet le recours et libere Albert Kull de toute peine et

de tous frais.