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39_II_202

BGE 39 II 202

Bundesgericht (BGE) · 1913-01-01 · Français CH
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20'l

A. Oberste Zivilget"ichtsillstallz. -

I. Materiellrechtliche Entscheiuunge..:.

. 3. Sachenrecht. -

Des droits reels.

39. Arrit da la lIe saction c1vlla du 17 avril1913

dans la; cause ChaJ.ut, def. et ree., contre Schieas, dem. et inl.

Il n'y a pas abus da droit au sens de rart. 2 CCS dans 1e fait de

s'opposer a l'exploitation d'una indnstrie intardite par racte

constitutif da la servitude, aiors m~mtl que jusqu'ici 1e propl"ie..

taira du fonds dominant n'aurait pas eM g~ne dans sa jouis-

sauce par l'exploitation de eette industrie. L'interpretation du

eontenu d'une servitude constituee sous l'empire du droit can-

tonal ne doit pas se faire a Ia lumü~re du ces.

Le 11 avril 1905 Chalut a achete une parcelle de terrain

provenant d'un immeuble dont, lors da son morcellement

opere le 3 septembre1901, chaque parcelle avait ete grevoo

de deux servitudes consista.nt en ce que: 10 il ne pourra 6tre

etabli aucun cafe, restaurant, brasserie, maison de sante,

il.ucun atelier, usine ou chantier, etc.; 20 que le terrain vendu

est destine a la creation d'une villa.

Le 9 avril 1908, dame Schiess-Devertu a achete une par-

celle detacMe du m6me domaine et .au benefice des servi-

todes indiquees ci-dessus.

Le 17 mai 1911 elle a ouvel't action a. Chalut en concluant

a ce qu'il lui soit fait defense de donner habitation dans son

immeuble a plus d'un menage sous peine de 50 fr. de dom-

mages-inter6ts par jour de retard et a ce qu'il soit condamne

envers elle a une indemnite Je 1000 fr.

Le defendeur a coneIn a liberation. 11 expose qu'il n'a pas

contrevenu a Ia servitude dite «de villa ~, que son immeuble,

quoique habite par plus d'un menage, est bieu une villa, que .

par son inaction Ia demanderesse a tacitement renonce au

droit qu'elle invoque aujourd'hui, qu'enfin elle doit ~tre de-

boutee de ses conclusions en vertu de l'art. 2 CCS, car elle

ne justitie d'aucun inter~t respectable.

Le Tribuual de ·premiere instance, tout en admettant que

1e defendeur a contrevenu a la servitude, a debout6 Ia dem an-

3. Sachenrecht. N0 39.

tieresse de ses conciusions en application de l'art. 2 CCS. La

Cour de Justice civile a reforme ce jugement, en reeonnais-

sant que Ia demanderesse n'a fait qu'exercer un droit au res-

pect duquel elle avait un interH evident. Elle a en eonse-.

quenc~ imparti.ft Chal?t un delai de six mois pour amenager

sa malson en vIlla et I a condamlle, en vertu entre autres de

l'art. 109 loi proc. civ. a 300 fr. de dommages-iuterets comme

sanction de la contravention a Ia servitude et parce' que par

sa resistance injustifiee iI amis Ia demanderesse dans l'obli-

gation de plaider.

Chalut a. forme en temps utiIe aupres du Tribunal federal

un recours en reforme contre eet arret. 11 conclut ä. ce qu'il

p]aise au Tribunal fMeral dire que l'arret a fait une fausse

interpretation du mot villa, que le dMendeur n'a commis

aucune infraction ä. la servitude. que e'est a tort que la Cour

a refuse da faire application de l'art. 2 CCS, debouter en

eonsequence dame Schiess de toutes ses conclusions.

Stalurwt sW' ces faits cl c(Jllsidüallf en droil:

Le Tribunal federal est incontestablement competent dans

Ia me sure Oll il s'agit de savoir si l'action iutentee par Ia

demanderesse constitue l'abus manifeste d'un droit, au sens

de l'art. 2 CCS. Par contre est soumise ä. l'application exclu-

sive du droit cantonal la question de savoir en quoi cousiste

Ja servitude invoquee, ce qu'on doit entendre par « villa »,

si la maison du defendeur est une villa, etc. Sur ce point il

suftit de se referer aux arrets recents par les'luels le Tribu-

nal federal a pose en principe que l'interpretation des actes

constitutifs d'une servitude creee avant le 1 er janvier 1912

releve uniquement du droit cantonal sous l'empire duquel ces

actes ont ete passes (voir arr~ts du 23 octobre 1912, Feuer-

lein c. Meyer*, du 4 decembre 1912, Wäckerling et con-

sorts c. Immobiliengenossenschaft pro Domo, et du 5 fe-

\Tier 1913 **, Rhätische Bahn c. Egger). Or tous les actes

qui peuvent presenter de l'interet en l'espece -

aussi bien

Facte constitutif de la servitude que les actes d'aehat eIes

" HO;lS 11 1'. 7~;i1. -

ergebeu.

mon piefer @nnadjtigung madjten bie ?Befhlgten ®ebraudj, unb eß

~at iufolgebeffeu ber .reliiger jene ~rbeiten nidjt l>ollenbet.

~m 1. ~ai 1912 fteUte ber .reläger beim,8il>ilgeridjtß:priiji.

beuten b~ @efudj um ?Bewilligung ber \)otlliufigen @iutrClgung

eiueS

18au~nbttlederl>fanbredjteß im ?Betrage \)OU 10,000

~r.

(gleid) !lem für bie

au~gefü~rten ~rßeiten augeblidj gefdjulbeten

?ffierno~u \)on 20,000 ~r., abaügUdj 6eaa~lter 10,000 lJr.). ~a

iebod) eiu \)om,8il>ilgerldjtß:präftbeuten mit ber S~ung ber aU$~

gef~rteu m:rbeiten 6eCluftragter @;r:perte biefen m:rbeiten einen ~ert

!;)OU nur 13,550 ~r. ßeimafJ, uettlilligte her q3rliftbeut -

unter

m:nfei1ung einer .relagftift -

bie \)orliiufige @intra.gung nur fih