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16_I_567

BGE 16 I 567

Bundesgericht (BGE) · 1890-01-01 · Français CH
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I"

566

B. Civilrechtspflege.

in ffi:ebe ftcgenben Ueoereinfommen§

nid)t gefd)loifcn werben

rönne. ?Befonbere

~9atfad)en jobann, au§ wefd)en eine @enel;~

migung

be~ Be9au:pteten Uebereinfommen§ burd) bie >illittwe

'lneUi forgen würbe, jinb nid)t feftgeftent; inßoefonbere 1ft ntd)t

erfid)tlid), baB bie >illittwe I))(eilt bei

~ußfteUung ber Mm ?Be~

nagten angefü9rten 'lntet9ainßquittung ton bem

be9au:pte±en

Uebereinlommen .\tenntnifi ge9aOt 9aoe. ':Danad) fte9t benn reft

baB baß),lom ?Benagten be9au:ptete Uetiminfommen über bie

mauer ber iUUetge iebenfaU§ nid)t in einer für bie .\träger tJer~

oinbftd)en ~eife ift abgefd)foffen worben.

~ruf ber anbern 6ette

tft benn aUerbing§ (md) niu)t erwiefcn, baj3 ber .?BeUagte in ben

fd)riftUd)en !!5ertrag Mm 13. !)lotJember 1886 eingetreten fei 1mb

\lIfo beften ?Befthnmungen über bie ':Dauer ber 'lnietge unb bie

srünbigungßfriften maj3getienb feien.

~mein bie .\träger waren au

srünbigung beß !!5ertrage§ in ber

~eife wie gefd)e9cn

nid)tß~

beftoweniger bered)tigt. ':Da eine),lertiinbUd)e @inigung ber \l5ar~

teien über bie ':Dauer ber I))ctetge im einen ober anbern 6inne

ntd)t nad)gewtefen tft, fo liegt nun eoen ber ~aU tor, baf3 Ne

\l5arteien eine gitftige !!5ereinbarung über eine beftimmte ':Dauer

be$ !!5ertrage§ nto)t getroffen 9ci6en unb eß fommen bager bie

.?Bejttmmungen beß @efe~e§ ütier bie .\tünbtgung tJon 'lniet9~ ober

\l5ad)ttJer9ärtntffen, bie auf untieftimmte Bett eingegangen jinb,

3ur ~ml.lenbung (~rt. 289, 290, 309 O.~ffi:.). ~a, cß 9ätte fid)

fragen fönnen, ob nid)t, wegen l))(angeIß ber

>illiUen$ütieretn~

ftimmung über einen wefentHd)en \l5unft (b!e I))ciet93cit), ein bi~

refteß 'lniet9ter9iHtniu awifd)en ben 'l5Ctdeien üoer9au:pt nid)t 3u

6tanbe gefommen fei unb bie .\tfäger tom .?BeffCtgten arfo 09ne

weiter$ baß !!5erlaffen ber l))aet9fad)e l)ätten terIangen fönnen.

~Uein auf biefen 6tanbpunft 9aben fid) bie \l5arteien nid)t ge~

ftent j fie finb),lieIme9r betberfeit$ i)a),l.on außgegangen, bau ein

'lniet9l.ledrag jebenfaU~ tiefte9c. ':Diefer fann bann aoer, wie be~

merft, lla eine anbm >illiUen$einigung ber \l5arteien ntd)t nad)ge~

wiefen ift, nur aIß ein auf untieftimmte Bett aogefd)loffener be~

:QanbeIt werben. ?Bei biefer 6ad)lage oebarr e$ einer Unterfud)ung

ber

~rage, .ob ba§ tJom ?BeUagten M;au:ptete Ueberetnfommen

nid)t,md) wegen mangelnber ~orm un),lerbinbUd) ware, nid)t.

@benf.o ift flar, baf3 ba$ ?BunbeGgerid)t bem ffi:efurrenten nid)t,

1II. Obligationenrecht. N° 82.

567

'l,}!e er ebentueU oeantragt 9at, eine roeitm ~rift ~u ~äumung

bel' I))ctet9fad)e oewiUigen fann.

':Demnad) 9at baß . ~unbeßgerid)t

erfannt:

:tJie >illeiteraie9ung beG ?BeUagten wirb a{~ unbegrfrnbet abge~

wiefen unb eß 9at bemnad) in allen :tgetren bei bem angefod)tenen

Udgeife be;3

Obergel'id)te~ beß .\tantonß ?BafeUanbfd)aft bom

20. ~uni 1890 fein ?Bewenben.

82. An'et dans la cause Strudel contre Banque federale.

Par lettre du 27 Fewier 1889, le recourant -

qui se trou-

vait en relations suivies d'affaires avec la Banque federale et

y avait un compte ouvert -

ecrivait a cet etablissement :

« Veuillez faire acheter pour mon compte a la Bomse de

» Paris:

» 25 actions metaux au cours de 350-360;

» 25 actions metaux au cours de 330-340;

» valeur en liquidation au 15 Mars, suivant les circons-

tanc es.

Par lettre du lendemain, la Banque federale aceusait re-

ception de eet ordre et tout en annonliant l'avoir transmis a

Paris, elle ajoutait :

« Nous croyons toujours que eette affaire des euivres finira

» par une debacle, eeei pour votre gouverne, aussi notons-

» nous vos ordres ci-dessus au eours le plus bas que vous

» indiquez. »

L'ordre d'aehat donne par Strudel a ete effectivement

transmis le 28 Fevrier par la Banque federale a son corres-

pondant de Paris, M. A. Montandon, agent de change.

Le lendemain 1 er Mars, vers 3 heures apres midi, la Ban-

que federale reeevait un telegramme de M. Montandon an-

nonl/ant l'achat de 25 metaux a 335 au 15 Mars. La banque

en avisa Strudel, par telephone, Iui conseillant d'annuler le

XVI -

1890

37

568

B. Civilrechtspflege.

second ordre en note, soit celuiAe 25 metaux a 330. Strudel

demanda par telephone si l'on etait a temps pour annuler

par telegramme l'ordre pour la Bourse du meme jour, a quoi

le directeur Aigroz repondit qu'il etait trop tard et qu'll

ecrirait par le bon courrier pour la Bourse du lendemain.

Strudel s'etant declare d'accord pour cette annulation, la

Banque ecrivit aussitöt a son correspondant a Paris pour

annuleI' l'ordre et sa lettre fut mise le meme jour ä la poste

avant 4 heures apres midi.

Le lendemain, samedi 2 Mars, la Banque adressait a Stru-

del un premier memorandum suivant: « N ous vous confir-

» mons l'avis donne hier de l'achat de 25 actions metaux a

» 335 au 15 Mars. Le decompte suivra en temps voulu. Tout

» autre ordre d'achat est supprimJf selon votre avis. »

Le meme jour aux environs de 3 heures apres midi, la

Banque re<;ut un nouveau telegramme de M. Montandon au-

llon<;ant que le second achat de 25 metaux etait execute.

Strudel en fut avise par telephone, le directeur Aigroz di-

sant: « Je suis tres etonne de cet achat, ma lettre renfer-

» mant votre contre-ordre ayant ete mise hier a la poste a

» temps pour le bon courrier.» Strudel demanda des expli-

cations au sujet du retard de l'avis a Paris contremandant

l'ordre d'achat et le directeur repondit qu'il ferait des rech er-

ches en ecrivant a l'agent.

Le meme jour 2 Mars, la Banque a adresse aStrudel un

second memorandum ainsi con<;u :

« Nous avons bien donne l'ordre hier a Paris d'annuler

» votre second ordre d'achat de 25 actions metaux. NouS'

» avons mis notre lettre a la poste a temps ponr le bon cour-

» rier et nous recevons quand meme l'avis d'achat de 25

» actions metaux a 310 environ, soit au premier cours, an

» 1 er Mars. N ous devons en conclure que notre lettre aura

» subi un retard en route et nous vous prions de prendre note

» de cet achat, s. v. p.

» P. S. La tendance sur les cuivres est de plus en plus

» mauvaise. »

°Le dit jour, 2 Mars, la Banque a demande des explications

IIlo Obligationenrecbt. No 82.

569

a Montandon en le priant de soigner l'enveloppe de la lettre

qui avait bien 13M mise a la poste pour le bon courrier. Le

4 Mars Montandon a repondu :

« Je vous confirme ma lettre du 2 courant croisee avec les

» deux vötres des 1 er et 2 courant qui me sont arrivees: la

» prerniere dimanche et la seconde ce matin. Vous devez bien

» comprendre que si votre lettre du 1 er courant m'etait

» arrivee en temps utile, c'est-a-dire samedi matin, j'aurais

» annule comme vous me le disiez, votre second ordre d'achat

» de 25 metaux que j'ai du effectuer, me trouvant par le

» fait sans contreordre de votre part. En presence du con-

» tenu de votre lettre du 2 courant, je vous ai tout de suite

» tele graphie ce matin a 10 heures et demie; «Lettre

» 1 er Mars annulant ordre metaux arrivee dimanche, » ce

» que je vous confirme. »

Le lundi, 4 Mars, vers les 11 heures du matin, le recou-

rant se trouvant au bureau du directeur Aigroz, celui-ci lui

donna lecture de la lettre demandant des explications au cor-

respondant de Paris et promit de lui communiquer la reponse

aussitöt qu'il l'aurait re<;ue. Dans cette meme entrevue, il

l'engagea a revendre a prime les 50 actions metaux dont il

etait acheteur, le cours a prime etant sensiblement plus eleve

que le ferme, et Strudel en effet donna l'ordre d'en revendre

« 25 a 350, 20 au 15 et 25 a 400, 20 au 31 Mars, ordres va-

lables jusqu'au 15 Mars. » eet ordre a ete transmis a Paris,

mais les cours de la Bourse n'ont pas permis son execution.

Le meme lundi, 4 Mars, les actions metaux ont cote au

je,. Mars 280, le samedi suivant 9 Mars au premier cours "180

pour clöturer a 100 et sont tombees des 10rs a 20 francs, Ia

societe etant en liquidation.

Par lettre du 9 Mars 1889, le recourant ecrivit a la Ban-

que federale: « A vez-vous re<;u une reponse de votre cor-

» respondant de Palis au sujet des 25 actions metaux dont

»j'avais contremande l'achat a temps? Dans la negative,

» veuillez je vous prie prendre note que je me reserve de me

» mettre au benefice de mon contre-ordre et prendre vos

« reserves vis-a-vis de votre correspondant. »

!

I

570

B. Civilrechtspflege.

Cette lettre a ete apportee par un messager a la Banque

federale le samedi 9 Mars apres 6 heures du soir, les bureaux

etant deja fermes au public. Le 11 Mars, la Banque repondit

en expliquant que le retard du contre-ordl"e s'etait produit a

la poste et ajoutant : « Il aurait ete plus sur sans doute de

» telegraphier encore pour annuler l'ordre, mais nous ne tele-

»graphions expressement que sur la demande de nos

» clients. »

Par lettre du 12 Mars, Strudel a declare positivement se

refuser a accepter l'achat du 2 Mars de 25 metaux en alle-

guant que le client ne connait que la pel'sonne a laquelle il

donne ses ordres et non le tiers auxquels ces derniers sont

transmis et que l'envoi de son contre-ordre aurait du avoir

lieu par lettre chargee ou par telegramme.

En date du 19 Mars 1889, la Banque adressa au recou-

rant le compte relatif a l'achat litigieux, l'etablissant comme

suit:

Achat du 2 Mars en liquidation au 15 Mars,

25 actions metaux a 305 .

Fr. 7625 -

Commission et courtage 1/4 Ofo 12 500 fr.»

31 25

Telegrammes et lettres

»3 75

Change sur Paris a 100 35 .

»26 70

Tota,l au debit de Strudel (val. au 15 Mars) Fr. 7686 70

et elle lui en demanda le paiement en justice par exploit du

26 Mars.

Par jugement du 1 er A. vril 1890, la Cour civile du canton

de Vaud faisant application des art. 430 et suivants du code

federal des obligations, a admis les conclusions de cet exploit.

Elle s'est principalement appuyee aux considerations ci-

apres:

Agissant en son propre nom, mais comme mandataire de

Strudel, la Banque federale a bien acquis pour le compte de

ce dernier les 25 actions metaux qui lui avaient ete com-

mandees. (C. O. 396.) Pour degager sa responsabilite elle

doit donc etablir qu'elle a bien execute le contre-ordre que

lui avait donne Strudel pour le non achat des 25 actions me-

III. Obligationenrecht. N° 82.

571

taux, celui pretendant pour se liberer de l'action actuelle que

la Banque a commis nne faute en ne telegraphiant pas a son

correspondant de Paris, mais en se bornant a I'envoi cl'une

simple lettre arrivee trop tard a destination.

Or il resulte des faits de la cause que l'usage constant de

la Banque federale en matiere de transmission d'ordres de

bourse est l'emploi de la lettre simple a l'exclusion de la leUre

chargee ou du telegramme qui ne sont employes que sur de-

mande expresse du client, que l'expertise ecrite ainsi que

l'audition des experts ont etabli que rusage sur la place de

Lausanne est de telegraphier si l'ordre est donne assez a

temps dans la matinee pour l'ouverture de la Bonrse de Paris

qui a lien a midi et d'ecrire une simple lettre si I'ordre est

donne plus tard dans la journee de maniere a ce que la

lettre parvienne a Paris ponr la Bonrse du lendemain; que

l'ordre et le contre-ordre n'etant pas d'une importance plus

grande I'un qne I'autre, on ne saurait faire de distinction entre

eux: que du reste les experts se sont servis des termes ge-

neraux « ordres de Bourse, » d'on l'on doit conclnre que la

pratique ne distingue pas entre l'ordre et le contre-ordre;

que Strudel n'a donne son contre-ordre d'achat a la Banque

qu'entre 3 et 4 heures de l'apres-midi dans la journee du 1 er

Mars 1890; que pour se conformer aux usages, la Banque a

ecrit aussitöt II son correspondant a Paris pour annuler l'ordre

qu'll ce moment-la Strudel aurait du donner l'ordre formel

de telegraphier s'il avait estime que l'envoi d'une simple let-

tre n'etait pas suffisant; que dans ces circonstances, la Ban-

que n'etait pas dans l'obligation de telegraphier et qu'ayant

mis la lettre a la poste a I'heure voulue pour le bon courrier,

c'est-a-dire l'express de Paris, elle a execute loyalement et

fidelement le mandat qui lui etait confie; que d'autre part le

2 Mars, Strudel n'a pas refuse categoriquement l'achat en

question, mais il est reste dans l'expectation jusqu'au 9 Mars,

d'on l'on cloit inferer qu'il a accepte le dit achat malgre le

contre-ordre qu'il avait donne; qu'au surplus le 4 Mars, il a

fait acte de proprietaire de prise de possession en donnant a

la Banque l'ordre de vendre a prime Ies dites actions a un

.,.i/!'

I' •

572

B. Civilrechtspflege.

pri..\: superieur a celui d'achat et que par consequent il ne sau-

rait soutenir aujourd'hui n'avoir pas ete dument acquereur

le 2 Mars de ces titres dont il disposait ainsi le 4 Mars.

Contre ce jugement Ch. Strudel a declare recourir, le 18

.Avril dernier, au Tribunal federal et reprendre tous les

mo yens et conclusions par lui formuIes en premiere instance;

moyens et conclusions qu'il a maintenus et developpes aussi

a l'audience de ce jour.

La Banque intimee, de son cote, a conclu au maintien pur

et simple du jugement attaque.

Statuant su'r ces faits et considerant en droit:

1

0 La question qui domine tout le litige est celle de savoil'

si Strudel etait tenu d'accepter l'execution du second ordre

d'achat des 25 actions metaux qu'il avait donne par sa lettre

du 29 Fevrier 1889. Strudelle conteste en se basant entre

,

autres, sur ce que cette execution n'aurait pas ete « bonne et

fidele. » La Banque federale, par contre, l'affirme, en disant

qu'elle n'avait d'autre obligation, d'apres ses propres usages

et d'apres ceux de Ia place de Lausanne, que celle de trans-

mettre atemps, par lettre simple, l'ammlation du dit ordre a

son correspondant de Paris.

Fonde sur les declarations ecrites et verbales des experts,

la Cour cantonale a reconnu qu'ayant mis sa lettre du 1 er Mars

1889 a la poste a l'heure voulue pour le bon courrier, c'est-a-

dire l'express de Paris, la Banque federale a execute loyale-

ment et fidelement le mandat qui Iui etait confie, et il ne sau-

rait etre soutenu avec fondement que cette reponse de sa

part implique une erreur de droit, savoir une fausse applica-

tion de la loi au cas dont il s'agit.

2

0 TI est avant tout certain que les relations d'affaires qui

ont existe entre parties doivent etre reglees d'apres les prin-

cipes poses aux art. 430 et suivants du code federal des obli-

gations qui regissent le contrat de commission, puisque la

Banque ~ederale s'etait chargee d'operer, sous son propre

nom, maIS pour le compte de Strudel, l'achat de titres moyen-

nant un droit de commission ou provision.

L'art. 431 ibidem statue cependant que « les regles du

III. Obligationenrecht. N° 82.

573

mandat sont applicables au contrat de commlsslOn» et il

n'est pas douteux ni conteste que ces memes regles valent

tout aussi bien pour l'annulation soit revocation du mandat

que pour son execution (art. 402 ibid.) .

30 D'apres l'art. 396 C. O. « le mandataire est responsable

» envers le mandant de la bonne et fideleexecution du man-

» dat dont il est investi. » 01' il appert de ce qui a ete relate

plus haut dans l'expose des faits que Strudel ayant demande

a la Banque federale, l'apres-midi du 1er Mars, si l'on etait en-

core a temps pour annuleI' I' ordre pour la Bourse du meme

jour, ainsi que la Banque le lui conseillait, le directeur .Aigroz

lui repondit que c'etait trop tard, mais qu'il ecrirait par le

bon courrier pour la Bourse du lendemain, et qu'en recevant

cette reponse, Strudel n'a fait aucune objection, ni formule

aucune demande au sujet de la maniere en laquelle son contre-

ordre devait etre transmis au correspondant de la Banque a

Paris.

Dans ces conditions, si le juge n'est pas autorise a voir

sans autre dans le silence du recourant IDle acceptation pure

et simple du mode de proceder de l'intimee, il peut et doit

cependant admettre que la Banque federale doit etre consi-

deree comme dechargee de toute responsabilite, en regard

de l'art 396 precite, du moment qu'elle prouve qu'elle a pris

toutes les precautions requises par les vsages en pareille

matiere. TI est clair, en effet, qu'a moins d'usages contraires

elle n'etait tenue (Fen prendre d'extraordinaires ou d'excep-

tionnelles (teIle que la transmission du contre-ordre par tele-

gramme) que sur la demande expresse du client.

Or les experts entendus au cours de la procedure ont de-

dare que d'apres les usages de la place de Lausanne, les

ordres pour la Bourse de Paris qui sont donnes depuis midi

sont transmis par lettre simple pourvu qu'on soit assure d'e-

tre a temps pour le depart du ('ourrier, et la Cour cantonale

a reconnu comme etant prouve en fait que la Banque federale

a effectivement observe ces usages dans le cas particulier.

Ces constatations Hant le Tribunal federal aux termes de

l'art. 30 al. 4 de la loi sur l'organisation judiciaire feclerale,

I,

574

B. Civilreehlspflege.

il s'ensuit qu'aucune faute ne peut etre reprochee en 1'es-

pece a la Banque federaIe et partant qu'il y a lieu d'admettre

avec le juge cantonaI que cette derniere a bien execute le

mandat dont elle avait ete investie en conformite de l'art.

396 susinvoque du Code fMeraI des obligations.

4° Etant donnee cette solution de la premiere question

souIevee par le present litige, il est evident que de par l'art.

399 C. O. le recourant est a considerer comme etant devenu

le 2 Mars 1889 acquereur et proprietaire des titres litigieux,

que par consequent la demande contre lui formulee de ce chef

par la Banque federale est bien fondee et qu'il n'y a pas lieu

de s'arreter aux autres questions qui ont surgi en cours du

proces et des plaidoiries de ce jour, notamment a celles con-

cernant l'acceptationsubsequente de l'achat des actions par

Strudel et la responsabilite de la Banque pour les faits et

onlissions de son correspondant de Paris. (C. O. 397.)

Quant a cette derniere, il importe et suffit d'ailleurs de

faire remarquer qu'elle n'a forme l'objet d'aucune discussion

devant l'instance cantonale, la partie defenderesse n'ayant al-

Iegue ni demande a prouver qu'il y ait eu faute quelconque a

la charge de Montandon.

Par ces motifs.

Le Tribunal fMeral

prononce:

Le recours est ecarte et le jugement rendu le 1 er avril

1890 par la Cour civile du canton de Vaud est maintenu tant

au fond que sur les depens.

III. Obligationenreeht. No 83.

83. Arret dtt .5 Jttillet 1890 dans la cause Niedergang

contre Klenk et consorts.

575

Charles-Auguste KIenk, de Neuveville (canton de Berne),

instructeur de TI- classe des troupes d'administration, qui

avait habite Geneve depuis le 19 Jauvier 1882, y mourut su-

bitement le 10 Mars 1888, laissant une veuve, nee Charlotte

:M:ermillod, et un enfant mineur, Paul-Albert~

Le 5 Septembre suivant, Elise Niedergang, domiciliee depuis

le t er Septembre 1885 a Winterthour, Oll elle paye les impots a

raison de 70000 fr. de fortune et 10000 fr. de revenu, agis-

sant en vertu d'une ordonnance du president du tribunal civil

de Geneve, a pratique une saisie-am~t en mains de la Banque

de Geneve au prejudice de Ja veuve Klenk, tant en son nom

personnef qu'en sa qualite de tutrice de son enfant lnineur,

et ce a concurrence de la somme de 20000 fr., qu'elle pre-

tend avoir remise en 1886 et 1887 au sieur KIenk a titre de

depot et que celui-ci a deposee, sous son propre nom, a la

Banque de Geneve precitee. Ensuite et par exploit du meme

jour, elle a conclu contre veuve KIenk et la Banque de Ge-

neve a ce qu'il plut au Tribunal civil de ce canton : «valider

) en la forme la dite saisie-arret; dire qu'elle sera convertie

1> en saisie executoire definitive; ordonner a la tierce-saisie

» de faire et affirmer conformement a la loi, la declaration

» des objets, sommes ou valeurs qu'elle peut avoir ou devoir,

» aura ou devra, appartenant a quelque titre que ce soit, a

» la debitrice saisie; lui ordonner de s'en vider les mains en

» celles de la saisissante, a concurrence, sinon a acompte, de

» la somme de 20000 fr., et tous les legitimes accessoires. »

En meme temps et par exploit du 10 Septembre 1888,

Charles Buxcel, a Geneve, qui avait egalement pratique

co.ntre dame KIenk une saisie-arret pour le montant de 920

francs 70 cent., a conclu devant le Tribunal prenomme a sa

validation dans les termes ~ui viennent d'etre enonces.

A l'audience du 2 Octobre suivant, les deux causes ont e16