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A. STAATSRECHTLICHE ENTSCHEIDUNGEN
DES CONTESTATIONS DE DROIT PUBLIC
Erster Abschnitt. -
Premiere section.
Bundesverfassung. -
Constitution federale.
I. Rechtsverweigerung . -
Dani de justice.
25. Am1t dtl; 19 Mai 1883 en la cause Auguste Eggeling.
A la requ~te d'Auguste Eggelillg, de Grettingen, actuelle-
meut a Beme, le presideut du tribunal de la Sarine a, sous
date du 27 Janvier 1882, prononce, par voie de mesure
provisionnelle, le sequestre des biens de la succession de
la dame Anne-Marie Eggeling, femme du requerant, decedee
ä. Fribourg, et a constitue detenteur des dits biens le Juge
de paix de Fribourg, en vertu de l'art. 960 du code dvil
fribourgeois, prevoyant l'existence d'une succession litigieuse.
Ce sequestre fut accorde ä. condition que A. Eggeling four-
nisse, dans le delai de cinq jours, le cautionnement de trois
personnes, jusqu'ä. concurrence de cinq mille francs, confor-
mement ä. l'art. 192 du code de procedure civile.
A l'audience du Tribunal de la Sarine du 9 Mars, les hoirs
de la dame Eggeling ont intente a. A. EggeIing une action en
provocation a. Ia demande.
A. Eggeling ayant souleve l'exception declinatoire, le dit
tribunall'en a deboute par jugement du 30 Mars 1882, con-
firme par arret de la Cour d'Appel du 2 Juin suivant.
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A. Staatsrechtliche Entscheidungen, I. Abschnitt. Bundesverfassung.
Le recours interjete aupres du Tribunal federal contre
,
. .
eet arret, pour violation des art. 58 et 59 de la constttution
federale, a ete ecarte le 13 Avril 1883.
Par exploit du 16 du meme mois, les hoirs Eggeling assi-
gnent A. Eggeling a l'audience du president du Tribunal de
la Sarine du 18 dit, et y ont conclu a ce qu'illeur soit donne
acte du defaut de prestation des cautionnements imposes au
sieur Eggeling, et, partant, a ce qn'il soit dit et prononce
que le sequestre, ordonne par la mesure provisionnelle du
27 Janvier 1882, est leve.
A l'audience du meme magistrat, du 24 Avril1883, l'avocat
Strecklin au nom de A. Eggeling, declare se soumettre en
,
.
principe a la requisition tendant au depot d'un cautlOnne-
ment, et requiert de son co te que le president statue sur le
delai dans lequel cette prestation devra s'effeetuer. Il de-
clare, en outre, ne revendiquer aueun droit reel sur les biens
de la succession.
Par jugement du lendemain 25 Avril,le president susmen-
tionne, considerant que la mesure du sequestre prevu a
l'art. 960 du code civil ne se justifie plus en presence de la
declaration du sieur Eggeling, a leve le sequestre par lui
impose par mesure provisionnelle du 27 Janvier 1882 sur la
suceession de la dame Anne-Marie Eggeling.
Le 26 A vril 1883, les titres et valeurs de la succession ont
ete remis par le Juge de paix de Fribourg en mains du fonde
de pouvoirs des hoirs Eggeling: en prevision toutefois de
l'eventualite d'un appel et de la revocation de l'ordonnance
presidentielle, ces valeurs furent confiees de nouveau par
l'avocat des dits hoirs au dit Juge de paix.
Le 28 A vril, A. Eggeling interjeta en effet appel de la deci-
sion en question devant le Tribunal de la Sarine.
A l'audience de ce tribunal du 1 er Mai suivant, la partie
A. Eggeling requiert le renvoi a bref delai de la comparution,
alIeguant qu'il attendait l'expedition d'une decision du juge
de Neuchitel, domicile d'Mritiers de la dame Eggeling.
Le Tribunal ayant deboute A. Eggeling de sa demande de
renvoi, l'avocat Strecklin, au nom de son client, declare re-
I. Rechtsverweigerung. No ~5.
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noncer a son appel sur la mesure provisionnelle du 27 J an-
vier 1882.
Pendant ce temps, A. Eggeling avait intente, devant le Tri-
bunal dvil de Boudry, aux hoirs Eggeling, domicilies dans
ce ressort, une action civile en restitution de 97600 marcs
soit 122000 francs, somme representant le prix des objets'
valeurs et titres appartenant au demandeur, et que sa defunt~
femme s'est appropriee sans droit.
Le 20 Avril 1883, A. Eggeling avait demande au president
du Tribunal de Boudry de prononcer, par voie de mesure
provisionnelle, le sequestre entre les mains du Juge de paix
de Fribourg des valeurs laissees par dame Eggeling.
Le 21/24 Avril 1883, le president de Boudry prononce,
conformement aces conclusions, que le sequestre impose par
le Tribunal de la Sarine sur les biens de la succession Egge-
ling est maintenu, et que les autorites fribourgeoises sont in-
vitees, sous offre de redprocite, a donner force a cette de-
cision et a pourvoir a son execution.
Par requete du 1 er Mai 1883 au Tribunal cantonal, A. Egge-
ling a reclame l'execution de cette ordonnance dans le canton
de Fribourg, en vertu de l'art. 61 de la Constitution federale .,
le requerant joint a sa demande une dec1aration du Departe-
ment de Justice du canton de Neuchatel, portant que les
mesures pl'ovisionnelles ordonnees par le president du Tribu-
nal de Boudry sont executoires immediatement, a teneur des
art. 113 et 116 du code de procedure civlle l1euchatelois.
Par exploit du meme jour, notifie le 2 Mai a 81/ 2 heures du
matin, le president du Tribunal cantonal de Fribourg signifie
au Juge de paix de Fribourg de ne pas se dessaisir des biens
de la succession de dame Eggeling, jusqu'a ce qu'll ait ete
statue par le Tribunal cantonal sur la demande d'exequatur
du jugement sur mesure provisionnelle rendu par le president
du Tribunal de Boudry.
Ensuite de reclamation de la part des hoirs Eggeling, le
president du Tribunal cantonal de Fribourg, par exploit du
2 mai, revoque la defense, soit l'avis notifie le matin au Juge
de paix, et ce par les motifs ci-apres :
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A. Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung.
Le president du Tribunal de Boudry s'est permis de main-
tenir un sequestre, prononce par l'autorite fribourgeoise, sans
s'inquieter des conditions auxquelles ce sequestre etait sou-
lllis. TI ne peut pas meme etre question de lllaintenir provi-
soirement ce sequestre puisque A. Eggeling a passe expedient
sur son appeL En outre, Ia defense intimee par l'exploit
du 1 er Mai constitue une mesure provisionnelle que le pre-
sident du Tribunal cantonal n'avait pas competence pour
signer. Enfin, le dessaisissement du .fuge de paix a deja eu
lieu le 26 Avril 1883, en vertu de l'ordonnance, non suscep-
tible d'appel, dn president de la Sarine levant le sequestre.
A la suite de cette revocation, le Juge de paix relllit, le
2 Mai au soir, les valeurs de Ia succession aux hoirs Egge-
ling : ensuite d'invitation du president du Tribunal cantonal;
ces valeurs furent toutefois deposees de nouveau en mains
tierces, jusqn'a notification du jugement du Tribunal federal
sur le present recours.
Le recourant Eggeling s'eieve contre Ia decision du presi-
dent du Tribunal cantonal de Fribourg en date du 2 Mai; il
conclut a ce qu'il plaise au Tribunal federal en ordonner la
nullite, pour deni de justice et pour violation de I'art. 61 de
la constitution federale.
Cette revocation, par le president susvise, de sa defense
de Ia veille, a lieu sans que le representant du sieur Eggeling
ait et6 entendu, ce qni, dans les circonstances speciales da
cette cause, a l'egard d'heritiers disparus, absents du pays,
ou sans fortune, constitue un deni de justice.
Dans leur reponse, les hoirs Eggeling concluent a ce qu'il
ne soit pas entre en matiere sur le recours, et que, dans tous
les cas, il soit declare mal fonde et que toute ordonnance de
lllaintien en l'etat soit refusee au recourant.
En effet, deja le 26 Avril, Ie Juge de paix s'est dessaisie
des valeurs, et, le 2 Mai, il n'a ete procede qu'a Ia regularisa-
tion de cette remise par l'etablissement d'un inventaire. Le
maintien du slatu quo irait en outre a l'encontre d'une deci-
sion definitive reconnue competente par chacune des parties
a savoir par ceUe qui a prononce la levee du sequestre.
I. Rechtsverweigerung No 25.
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Lors de Ia signature de l'exploit-defense du 1er Mai la re-
ligion du president du Tribunal cantonal avait ete su~prise .
ce magistrat n'avait aucune competence pour ordonner un~
~areille ~esure provisi?nnelle. D'ailleurs la partie A. Egge-
hug a retIre du greffe I ordonnance de mesure provisionnelle
dont elle demande l'exequatur: dans cette situation le recours
est sans objet.
'
Le president de Boudry a ordonne le sequestre meme de
Ia ~art des biens appartenant a celui des hoirs Eggeling qui
habIte Ie canton de Vaud: on ne saurait des 10rs accorder
aucune efficacite a une pareille ordonnance.
Par decision du 13 Mai 1883, le president du Tribunal
f~der~l ~, .e~ ap?Ii~ation de l'art. 63 de Ia loi sur l'organisa-
bon Judiclalre, lllvite Ie president du Tribunal cantonal de
Fribourg a prendre les mesures necessaires pour maintenir
l~ depot en m~ins tierces des valeurs de Ia succession Egge-
llllg, teIles qu elles se trouvaient le 2 Mai 1883 au matin en
mains du Juge de paix, et cela jusqu'apres I'arret du Tribunal
federal sur le recours de A. Eggeling.
Statuant sur ces faits et considerant en droit :
1 () L'ordonnance du president du Tribunal de Boudry du
21/24 Avril 1883, malgre Ia redaction da son dispositif pa-
raissant maintenir le sequestre prononce Ie 27 Janvier 1882
par ~e tribunal de Ia Sarine sur les biens composant Ia suc-
ces.slOn. de la dame, Eggeling, n'a point en realite cette portee,
malS bIen celle d un prononce sur mesures provisionnelles
requises au regard du Iitige introduit devant Ie Tribunal de
Boudry, et des lors independant du sequestre anterieur im-
pose en,:ertu de l'art. 960 du code civil de Fribourg, dans Ia
conte station alors pendante devant les tribunaux de ce can-
ton. Le texte et 1es motifs de cette ordonnance constatent
expressement que le sequestre prononce par le president
neuchätelois a trait a «: un litige dont est regulierement nanti
le Tribunal du district de Boudry ...
TI est en outre inexact de pretendre, comme le font les
opposants au recours, que l'avocat Stoocklin en retirant
du greffe cantonal l'ordonnance du president de Boudry,
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A. Staatsrechtliche Entscheidungen. 1. Abschnitt. Bundesverfassung.
a par ce fait renonce a Ia demande d'exequatur de cette 01'-
donnace, par lui requise Ie 1 er Mai au soir, et mis a neant
l'avis donne le meme jour par le president du Tribunal can-
tonal et notifie le 2 Mai a 8 1/ 2 heures du matin au Juge de
paix de Fribourg pour qu'il ait a ne pas se dessaisir des
biens de Ia succession Eggeling: l'expedition de Ia dite 01'-
donnance n'a, en effet, ete retiree momentanement que pour
etre produite devant le Tribunal de ceans, comme piece a
l'appui du recours, et elle a ete reintegree au greffe cantonal
le 14 courant.
2° Le recourant voit dans Ia revocation de cette defense,
faite par le president du Tribunal cantonal par exploit du
me me jour 2 Mai, un deni de justice, ainsi qu'une atteinte a
l'art. 61 de la constitution federale, statuant que les juge-
ments civils definitifs rendus dans un canton sont executoires
dans toute la Suisse.
Sans examiner actuellement la question, pendante devallt
les tribunaux fribourgeois, de savoir si le prononce du presi-
dent du Tribunal de Boudry peut etre envisage comme un
jugement civil definitif dans le sens de I'art. 61 precite, il est
evident que, pendant cette litispendance, il ne doit etre pris
dans l'espece aucune me sure, ni to16re aucun procede dont Ia
consequence pourrait etre de rendre illusoires ou impossibles
les effets de l'exequatur du jugement prononce par le presi-
dent de Boudry, et de porter ainsi un prejudice irreparable
aux droits eventuels de la partie qu'il a reqnis.
01' il faut reconnaitre que la revocation faite par le presi-
dent du Tribunal cantonal de l'avis sigue de la veille, revo-
cation abandonnant aux hoirs de la dame Eggeling les valeurs
de la succession, pourrait avoir pour effet d'öter a. l'execution
du jugement rendu par le president de Boudry toute impor-
tance pratique.
Le maintien de cette decision revocatoire equivaudrait a
rendre, sans aucun motif valable, illusoire d'avance l'exe-
quatur en litige. A ce point de vue, la dite decision emporte
un deni de justice et ne saurait subsister.
30 En revanche, le Tribunal federal n'a point a se pro-
H. Doppelbesteuerung. N° 26.
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non cer maintenant sur Ia question de savoir s'il y a lieu ä.
accorder ou non l'exequatur reclame. Pour le cas Oll les au-
torites judiciaires fribourgeoises le refuseraient, le Tribunal
de ceans aurait, le cas ecMant, a examiner jusqu'ä. quel point
un pareil refus est compatible avec le prescrit de l'art. 61
de la constitution federale.
Par ces motifs,
Le Tribunal federal
prononce:
Le reeours est declare fonde. En consequence, Ia decision,
datee du 2 Mai 1883, par laquelle le president du Tribunal
cantonal de Fribourg leve Ia defense qu'il avait intimee Ia
veille au Juge de paix de Fribourg de se dessaisir des biens
de Ia succession de Anne-Marie Eggeling, est nulle et de nul
effet. Le president du Tribunal cantonal du canton de Fri-
bourg est charge de veiller au maintien du statu quo jusqu'a-
pres Ia decision a intervenir sur Ia demande d'exequatur.
11. Doppelbesteuerung. -
Double imposition.
26. Arret du 6 Avril 1883 en la cause Aunant
cont1"e Etat de Vaud.
Eugene Aunant, citoyen vaudois, a ete domicilie jusqu'en
1881 a Lausanne, Oll il payait Ies impöts cantonaux et com-
munaux. En decembre 1881, il declara ä. Ia municipalite de
Lausanne qu'il transferait son domicile a Nice; ce transfert
eut lieu des le 13 du dit mois. A partir de cette date, E.
Aunant prit a bail un appartement de 6000 fr. a Nice, Oll, a
teneur de reftus produits, il paye des contributions directes.
E. Aunant possMe a Lausanne une mais on meub16e dont
les meubles ont e16 transportes en partie ä. Nice dans le eou-
rant de 1882.
Vers la fin de Juin 1882, E. Aunant est venu faire un sejour
de cent quarante jours a Lausanne et y a pris un permis df1