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62_II_228

BGE 62 II 228

Bundesgericht (BGE) · 1936-01-01 · Français CH
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Prozessreeht. No 61),

somme SUpene1U'e aux 5100 fr. reconnus par la defen-

deresse. La que~tion du bien-fonde de la demande recon-

ventionnelle n'y. est pas abordee et, bien que l'arret ne le

precise pas, il allait de soi qu'elle demeurait reservee

jusqu'au jugement du Tribunal de premiere instance

devant lequel elle etait encore pendante.

Mais la question change completement de face lorsque,

comme en l'espece, la partie des conclusions qui avait ete

reservee a fait l'objet d'un nouveau jugement devenu

definitif, faute de recours ou d'appel au tribunal superieur.

Des ce moment l'arret sur les points tranches en premier

lieu perd son caract.ere de decision partielle, puisqu'H se

trouve statuer sur les seUles conclusions encore litigieuses.

Il prend donc le caractere d'un jugement au fond suscep-

tible d'etre defere au Tribunal federal.

Quant au delai de recours, il est logique de le faire partir,

en pareil cas, du jour qui suit le tenne fixe par la legislatlon

cantonale pour l'appel ou le recours contre le second juge-

ment du tribunal inferieur, sous reserve toutefois du caa

-

precisement realise en l'espece -

OU la decision du

Tribunal de seconde instance n'aurait pas et6 communiquee

au recourant dans les fonnes prevues par l'art. 65 OJF

avant l'expiration de ce delai. Dans cette hypothese, en

efiet, le delai de recours en refonne ne peut evidemment

courir qu'a partir de cette oommunication.

60. Arret de 1& Ire Section civile du 17 novembre 1936

dans la cause Bachm&nn & Oie contre Zbinden et consorts.

L'art. 29 LF BUr le travail dans 100 fabriquoo, qui visa a simplifier

at accelerer la procooure, n'est pas applicable 'aux conditionS

de recevabiliM d'un recours a une juridiction cantonale; ces

conditions sont determmees par la procedure cantonale. En

revanche, Ia procooure doit etre gratuite a tous 100 degras de

juridiction que le litige peut parcourir (art. 29 in OOe).

A.. -

Les recourants ont congedie au mois de janvier

1936 las intimes, leura ouvriers, qui etaient au chömage.

Prozessrecht. No 6Q.

229

La 11 fevrier Zbinden et huit consorts ont actionne leurs

anciens patrons en paiement de six jours de salaire en

conformite de l'art. 26 de la loi federale sur le travail dans

las fabriques. Les defendeUTI! ont conclu a liberation des

fins de la demande, mais le President du Tribunal du

district du Val de Travers l'a admise par jugement du

27 fevrier. Les defendeurs se sont pourvus en cassation

civile. Par arret du 16 mars, communique le 18, le Tribunal

cantonal neuchatelois a declare le pourvoi irrecevable par

le motif qu'une expedition du jugement attaque n'etait pas

jointe a l'acte de recours (art. 396, al. 3 CPC neuch.), et

il a condamne les recourants aux frais (9 fr. 90).

B. -

Bachmann & Oie ont fonne le 26 mars un recours

de droit public aupres du Tribunal federal. Ils concluent

a l'annulation de l'arret du Tribunal cantonal, au rejet de

la demande de Zbinden et consorts et au remboursement

des frais payes.

Les recourants reconnaissent avoir ornis de joindre a leur

pourvoi le jugement attaque, mais ils estiment que le

grefie aurait du les rendre attentifs a leur oubli. On ne

saurait leur opposer les prescriptions rigoureuses de la

procedure cantonale, car la contestation de droit civil

(contrat de travail) relevait de la loi federale sur le travail

dans les fabriques qui institue a l'art. 29 une procedure

d'office toute speciale, a laquelle le juge aurait du se tenir

aussi bien en premiere instance qu'en instance de cassa-

tion. En appliquant la procedure cantonale au lieu de la

procedure de la loi federale, la Cour a viole le principe de

l'egalite et a agi arbitrairement (art. 4 Const. fed.). La

condamnation aux frais est contraire au principe de la

gratuit6 de la procedure (art. 29, al. 5 LFF) et a la force

derogatoire du droit federal.

La Federation des ouvriers du bois et batiment de la

Suisse a conclu au rejet du recours.

O. -

La Section de droit public du Tribunal federal

a transmis le dossier a la Ire Section civile, par le motif que

le pourvoi se caract6risait comme un recours de droit civil

230

Prozessrecht. N° 60.

selon l'art. 87, ~o 1 OJ. La Ire Seetion eivile s'est ralliee a

cette interpretation et les recourants l'ont egalement

admise.

Gonsidirant en droit :

1. -

Aux termes de l'art. 87, n° 1 OJ,le recours de droit

civil est recevable dans les eauses civiles jugees en derniere

instance eantonalelet non susceptibles d'un reeours en

reforme, « lorsque le jugement a eM rendu en applieation

de lois eantonales... alors que le droit federal etait seul

applieable» a l'avis du reeourant.

Ces conditions sont reunies en l'espece. TI s'aglt d'un

arret de derniere instance, non sujet au reeours en reforme

(art. 590), et il s'agit d'une cause eivile. A eet egard, le fait

que la Cour de cassation a deelare le pourvoi lrreeevable

par un motif de proeedure est indifferent, car c'est la nature

de la contestation au fond qui est determinante poUr la

reeevabilit6 du reeours de droit civil (RO 51 I. p. 279;

5611 p. 322 et la jurisprudenee citee). Or le rapport liti-

gieux est bien regi par le droit eivil, puisque l'action des

intimes est fondee sur le contrat de travail et tend au

paiement de six jours de saIaire. En outre les recourants

pretendent que le juge a applique a tort le droit eantonal

au lieu du droit federal.

Le recours est par eonsequent recevable.

2. -

(Sans int6ret).

3. -

Les reeourants ne c~itiquent pas la portee donnre

par la Cour de eassation a l'art. 396, a1. 3 CPC~neuch.; ils

ne eontestent pas non plus que leur pourvoi pouvait etre

deelare irrecevable en vertu de cette disposition legale si

elle etait applicable; ils se bornent a dire que le « forma-

lisme eantonal», qu'ils ne traitent d'ailleurs pas d'arbi-

traire, devait « s'effacer» devant l'art. 29 de la loi federale.

Il s'agit done uniquement de savoir si, eomme les

reeourants le pretendent, le droit federal aurait du etre

applique a la question de la recevabilite du pourvoi en

eassation.

Prozessreeht. No 60.

231

Aux termes de l'art. 29 LF :

« Les contestations de droit civil resultant du eontrat de

travail sont tranehees par le juge eompetent.

» Les cantons designent las autorites judiciaires ehargees

de connaitre de ces eauses.

» Le jugement est rendu apres· une procedure orale et

aceeIeree. 11 est interdit aux parties de se faire representer

par des mandataires de profession, a moins de cireonstances

personnelles partieulieres.

» Le juge procede d'office a toutes les enquetes necessai-

res pour etablir les faits pertinents; il n'est pas lie par les

o:ffres de preuve des parties. TI apprecie librement leB

preuves.

» La procedure est gratuite.

» Le juge peut punir d'une amende le plaideur temeraire

et mettre a sa charge tout ou partie des frais. »

TI ressort de ces dispositions que le legislateur federal a

oonfie a la juridiction cantonale le soin de trancher lesdites

contestations et a pose certaines regles generales destin6es

a simplifier et a aecelerer la procedure. TI institue le

systeme de la direction du proces par le juge qui fait

d'office administrer les preuves (Offizialmaxime) et qui a

toute liberte pour les apprecier. Mais le Iegislateur n'a pas

eM plus loin, il s'en est remis pour le reste a la procedure et

a l'organisation judiciaire cantonales. L'art. 29 LF vise

d'ailleurs manifestement la procedure de preIniere instance;

la loi ne renferme aucune indication pour l'institution et

la reglementation d'une voie de recours. Les cantons

seraient done !ibres de n'en pas prevoir. Aussi bien la

legislation neuchateloise ne renferme pas de dispositions

speciales pour un pourvoi particulier en matiere d'appli-

cation de la loi federale sur le travail dans les fabriquea.

Le reeours n'est recevable qu'en vertu des regles generales

regissant la oassation civile. Et ces regles sont manifeste-

ment des regles de droit eantonal. L'art. 29 LF n'entre pas

en consideration pour la recevabiliM du recours en cassa-

tion.

232

Versichel'ungsvertrag. N° 61.

Le seul point discutable est la condamnation aux frais.

L'art. 29, a1., 5, statue la gratuite de « la procedure))

(le dernier alinea ne permet de condamner aux frais que

le plaideur temeraire, hypothese qui n'est pas realisee).

Cette disposition est d'ordre public et imperative pour

tous les degres de juridiction que Ia litige peut parcourir.

TI y a donc lieu d'ordonner le remboursement des 9 fr. 90

qua les recourants ont payes.

Par ces moti/s, le Tribunal /IiUral

rejette le recours avec cette reserve que les recourants ont

droit au remboursement des 9 fr. 90 de frais payes par eux.

IV. VERSICHERUNGSVERTRAG

CONTRAT D'ASSURANCE

61. Sentenza. aa ottobre 1936 della. n Sezione civile

naIla causa Union Suisse contro Riva..

Se in tm contratto d'assicnrazione le parti si sono accordate per

fsr valutare in modo definitivo da. periti l'eventuale valore

di risarcimento delIa cosa assicurata, il giudice pub scostarsi

dalls. valutazione di costoro e sostituirle il proprio libero

apprezzamento circa l'entitä. deI danno solo se la valutazione

peritale e manifestamente erronea 0 parziale.

A. -

Con polizza deI 2 dicembre 1930 Enrico Riva

proprietario d'un'autorimessa a Lugano, assicurava pe;

la somma di fr. 7000 contro irischi dell'incendio presso

Ja Compagnia « Union Suisse)) una automobile marca

Sumbeam, modello 1920, della forza di 23 HP.

L'art. 33 delle condizioni generali deI contratto pres-

.crive:

« L'importo dei danno subito dev'essere provato dallo

stipulante. La somma assicurata non costituisce alcuna

Versicherungsvertrag. No 61.

233

prova na per l'esistenza ne pel valore delle cose

assicurate al momento deI sinistro.))

L'art. 34 dispone:

« Se le parti non possono intendersi circa I'importo dei

danno accaduto questo dev'essere valutato definitiva-

mente da periti. Ogni parte designa un perito e ne

comunica il norne aIl'altra per iscritto ..... Prima

di entrare in funzione, i due periti ne designano, per

il caso in cui non cadessero d'accordo, un terzo come

soprarbitro, il quale -

entro i limiti delle valutazioni

fatte da entrambi decide definitivamente sui punti

rimasti controversi ... " Le spese deI soprarbitro sono

sopportate per meta da entramoo le parti.»

B. .,- Il 28 dicembre 1930 l'automobile assicurata,

guidata da certo Bianchi impiegato deI Riva, fu completa-

mente distrutta da un incendio sviluppatosi mentre

percorreva la strada Fra Seeven e Lowerz.

Non avendo potuto intendersi circa l'ammontare dei

valore di risarcimento della macchina bruciata, le parti

designarono, in conformita dell'art. 34 summenzionato,

dei periti per valutario : il Riva nomino il sig. Hermann

Schicker a Seeven e I'Union Suisse, I'ing. Jeanmaire a

Ginevra, i quali a loro volta designarono il sig. Riesen

a Berna quale superperito per il caso in cui non cadessero

d'accordo.

I due periti scelti dalle parti non giunsero a conclusioni

concordi: 10 Schicker stimo il valore dell'automobile a

fr. 2000 prima dell'incendio e a zero dopo, mentre il

Jeanmaire 10 valuto in franchi UOO prima einfr. 50

dopo il sinistro. Il superperito Riesen fu quindi chiamato

a pronunciarsi e 10 fece con una relazione motivata del-

l'undici febbraio 1931 fissando il valore dell'automobile

in fr. UOO prima dell'incendio einfr. 50 dopo.

O. -

Con petizione 19 dicembre 1932 Enrico Riva

conveniva in giudizio l'Union Suisse domandandole il

pagamento di fr. 7000, valore assicurato dell'automobile

distrutta, coll'interesse al 5 % dal 28 dicembre 1930, e