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GIäubigergemeinschaft bei Anleibensobligationen. N° 51.
B. GläDbigergemeinschaft bei AnleihensohJigaLionen.
Communautd des crdanciers dans les emprunts par obligations.
URTEILE DER ZIVILABTEILUNGEN
ARR:mTS DES SECTIONS CIVlLES
51. Arrit c1e la IIe Seotion civile du ~ jaillet 1936
dans Ja causa Soci6te imm,bUiere {(~& Oitadine I)
contra 'lüokiger.
Ordonnance federale du 20 fevrier 1918 BUr la communaute des
creanciers dans les emprunts par obligations.
Action en annulation des decisions de l'assembIee (art. 22).
Sauf stipulation expresse contmire, la designation d'un manda-
taire commun des obligataires et du debiteur dans les condi-
tions de l'emprunt ne prive pas les obligataires du droit d'agir
individuellement contre le debiteur (consid. I).
Ni l'introduction d'une poursuite ni le fait que l'emprunt se trouve
echu n'empoohent le debiteur de recourir a. la procedure insti-
tuee par l'ordonnance (consid. 2).
Les principes poses par le Tribunal federru en matiere de reorga.-
nisation financiere d'entreprises de chemins de fer sont ega.-
lement applicables a. la reorganisation d'autrell entreprises.
Rappel de ces principes (consid. 3).
Le recours aux tribunaux pour faire annuler les decisions de
l'assemblee est ouvert contre toute violation de l'ordonnance
et non pas seulement quand -l'assembIee a fait un usage arbi-
tmire de ses pouvoirs (consid. 3).
Reduction du capital-actions de la societe debitrice (consid. 4).
La stipulation d'un interet variable doit etre precis6e par la fixa-
tion d'un taux maximum et completee eventuellement par-
une clause prevoyant la cumulation des interets (consid. 5).
Une decision qui viole la regle de l'art. 4000 (egalite des crean-
ciers faisant partie de la communaute) est annulable (consid. 7).
La prorogation du terme de remboursement d'un emprunt est
limitOO a. dix ans de la date de l'assembIee. Elle doit se justifier
GlänhigsrgemeinRdlaft bei Anl"ihensuhligationen. ::\" 51.
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par la Hituation financiere du debiteur et repondre a. l'interet
commun des creanciers. Fardeau de la preuve (consirl. 9).
Pour la designation d'un representant de la communaute, il Huffit
d'un vote reunissant un nombre d'obligataircs representant la
majorite absolue du ca,pital en circulation (consid. 10).
Le jugement qui prononce l'annulation des decisions de l'assemblee
vaut non seulement a l'egarrl du demandeur, mais a. l'encontre
de tous les creanciers faisant partie clo la communaute
(consid. 12).
Vel'Ordnung vom 20. J:t'ebruar 1918 betreffend die Gläubigergemein-
schaft bei Anleihensobligationen (GGV).
Gerichtliche Klage auf Aufhebung von Beschlüssen der Gläubiger-
versammlung (Art. 22).
Durch die Bezeichnung eines gemeinsamen Vertreters der Obliga-
tionäre und des Schuldners werden, vorbehältlieh einer aus-
drücklichen gegenteiligen Bestimmung, die Obligationäre nicht
des Rechtes beraubt, einzeln gegen den Schuldner vorzugehen
(Erw. 1).
Weder die Anhebung einer Betreibung noch die bereit;; eingetretene
Fälligkeit des Anleihens stehen entgegen, dass der Schuldner
das in der GGV geordnete Verfahren einschlägt (Erw. 2).
Die vom Bundesgericht anlässlich der Sanierung von .Eisenbahn-
unternehmungen nach der GGV aufgestellten Grundsätze sind
gleichfalls bei der Sanierung andersartiger Unternehmungen
anwendbar. Zusammenfassung dieser Grund'lätze (Erw. 3).
Die gerichtliche Klage auf Aufhebung von Beschlüssen der Gläu-
bigerversammlung ist gegen jede Verletzung der GGV gegeben,
nicht nur wenn die Versammlung von ihren Befugnissen einen
willkürlichen Gebrauch gemacht hat (Erw. 3).
Herabsetzung des Grundkapitals der schuldnerischen Aktiengesell-
schaft (Erw. 4).
Die Einführung eines variabeln Zinsfusses muss durch die Fest-
setzung eines Maximalzinsfusse8 bestimmt und gegebenenfalls
durch eine Klausel über die Kumulation des Zinses ergänzt
werden (Erw. 5).
Ein Beschluss der Gläubigerversammlung, der Art. 4 GGV ver-
letzt, wonach alle Obligationäre gleichmässig behandelt werden
müssen, ist anfechtbar (Erw. 7).
Die Hinausschiebung der Rückzahlung eines Anleihens ist auf
10 Jahre vom Tage der Versammlung an begrenzt. Sie soll
durch die finanzielle Lage des Schuldners gerechtfertigt sein
und dem gemeinsamen Interesse der Obligationäre entsprechen.
Beweislast (Erw. 9).
Zur Bezeichnung eines Vertreters der Obligationäre genügt die
absolute Mehrheit des im Umlauf befuldlichen Kapita18
(Erw. 10).
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Gläubigergemeinschaft bei AnIeihe~obljgationen. N0 51.
Das einen B*hluss der Gläubigerversammlung aufhebende
gerichtliche Urteil gilt nicht nur gegenüber dem Kläger, son-
dern gegenüper allen zur Gemeinschaft gehörenden Gläubigem
(Erw. 12).
Ordinanza deI 20 febbraio UHS sulla comunione dei creditori
nei prestiti per obbligazioni (Ord. CC).
Azione in annuIIamento delle deliberazioni dell'assemblea (an. 22).
La nomina di un rappresentante comune dei creditori edel debitore
non esclude, in mancanza di una espressa stipulazione con-
traria, il diritto deI singolo creditore a procedere contro il
debitore (cons. 1).
'
Il debitore puo ricorrere alla procedura istituita dall'ordinanza
&nche se e stata promossa es~uzione 0 se il prestito e giB.
seaduto (cons. 2).
I principi posti dal TF in materia di riorganizzazione finanziaria
di imprese ferroviarie sOno applicabili &nche alla riorganizza-
zione di imprese di altro genere. Richiamo di questi principi
(cons. 3).
Le deliberazioni dell'assemblea possonoessere impugnate davanti
ai tribunali non solo qualora' l'assemblea abbia fatto un uso
arbitrario dei poteri conferitile ma &nche per qualsiasi
violazione dell'ordinanza stessa (cons. 3).
Riduzione deI capitale azionario della societA debitrice (cons. 4).
La stipulazione di un tasso variabile di interesse va completata
fissando un interesse massimo e introducendo una clausola
sulla' cUmulazione degli interessi (cons. 5).
Ogni deliberazione contraria alla norma dell'art. 4 Ord. CC(paritA
di diritti dei creditori componenti la comunione) e annullabile
(cons. 7).
Il rimborso di un prestito non puo essere rimandato oltre 10 anni
dalla data di riunione dell'assemblea. La proroga deve essere
giustificata dalla situazione ~nziaria deI debitore e rispondere
all'interesse comune dei creditori. Chi deve fomire la prova
(cons. 9).
Per Ia nomina di un rappresentante della comunione basta la
maggioranza assoluta deI capitale in circolazione (cons.l0).
L'annullamento delle deliberazioni dell'assemblea vale nei coruronti
dell'attore come nei confronti di tutti glialtri creditori compo-
nenti Iacomunione (cons. 12).
A, -
La Societe immobiliere « La Citadine S. A.»
(dtSsignee ci-dessous en abrege: la Citadine) 'est proprie-
taire, a la rue de la ROtisserie a Geneve; d'un terrain
surJequel elle a fait OOifier une grande construction com-
prenant des magasins, des bureaux et des appartements.
G1iiubigergemeinschaft bei Anleihensobligationen. No 51.
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L'immeuble a ete greve au profit de la Caisse hypothecaire
de Geneve, tout d'abord d'une hypotheque en leI' rang
pour la somme de 1 136000 fr., puis d'une seconde hypo-
theque du montant de 170000 fr., egalement en l er rang,
mais concurremment avec deux autres immeubles voisins
appartenant aux SociettSs « Le Pignon» et {(Centre C I),
En 1930, la Caisse hypothecaire ayant demande le
remboursement des prets, la Citadine a obtenu de Ia.
Confederation suisse une avance de 888000 fr. en garantie
de laquelle la Confooeration fut substituee aux droits de
la Caisse hypothecaire. La difference en· capital et interets,
s'eIevant a 99 892 fr. 95, fut avancee ala Citadine par les
. SociettSs « Le Pignon », « Centre C», « La Cour» et « La
Cle ». Cette avance ne beneficiait d'aucune garantie hypo-
thecaire ...
Precooemment, soit le 13 avril1926, peu apres la consti-
tution de la premiere hypotheque creee en faveur de Ia.
Caisse hypothecaire, la Citadine avait contracte un em-
prunt hypothecaire en deuxieme rang du montant de
245000 fr., divise en 200 obligations de 1000 fr. et 300
de 150 fr., toutes au· porteur. L'inreret etait fixe a 5 %,
payable les 5 janvier et 5 j1iillet de chaque annee. Sur les
titres figurent notamment les clauses suivantes :
« Le remboursement des obligations aura lieu le 5 jan-
vier 1955 ou immematement en cas de retard de 20 jours
dans le service des interets et, dans ce cas, les interets
seraient de pleiD. droit porttSs au 6 % comme clause penale ...
Les porteurs n'ont pas le droit de poursuivre Ia. sociere
emettrice pour defaut de payement d'interets pendant
une periode de 6 ans des le 5 juillet 1926 et de reclamer
l'application de la clause finale, les interets non paytSs
etant cumulatifs et exigibles a la fin de ladite periode
de 6 ans. Toutes notifications a faire au poi'teur du present
titre seront valablement efiectuees a la Calorie S.A.,
societe anonyme etablieaGeneve, et chez MM. de<Morsier
et .. Weibel, societe en nom collectif etablie a Geneve,
lesquels ont ete dtSsigntSs comme mandataires des porteurs
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Gläubigergemeinschaft bei Anleihermobligationen. No 61.
des obligation~ et de 10. debitrice avec les pouvoirs les
plus etendus, notamment ceux de consentir toutes cessions
de rang, toutes reductions du gage et de 10. creance et de
recevoir tous avis et notifications. })
La Citadine n'a pas paye les interets des six premieres
annees. En juillet 1932, elle 0. r6duit son capital-actions
de 28 000 fr. a 7000 fr., puis 1'0. porte a nouveau a 78 250 fr.
par 10. creation de 1423 actions nouvelles de 50 fr. qui
furent remises aux obligataires en payement des interets
au 5 juillet 1932.
Les interets au 5 janvier 1933 (coupon N° 13) n'ont pas
etC payes.
Le 30 janvier eut lieu chez MM. Naef, regisseurs, une
assemblee de porteurs des obligations de l'emprunt en
deuxieme rang (a laquelle Ernest Fluckiger n'a pas assiste)
a 10. suite de laquelle fut signe par les representants des
obligataires et par MM. LecIerc et Barro, en qualite d'ad-
ministrateurs, un prooos-verbal contenant en rtSsume:
a) constatation que 10. tresorerie ne permettait pas de
payer le coupon echu le 3 janvier 1933,
b) decision de suspendre le payement des interets des
obligations, MM. Naef etant toutefois autorises excep-
tionnellement a payer a Me Dupont, avocat, en evitation
de poursuites, le coupon echu sur 20 obligations de 1000 fr.,
c) decision de surseoir au payement des interets 4 %
des creances des societes ~mobilieres « La CIe»,
« La
Cour», « Centre C » et « Le Pignon }),
d) dtScision imposant au conseil de convoquer une
nouvelle assemblee des obligataires pour leur soumettre
les propositions qu'il aura arretees en vue de 10. reorgani-
sation financiere de 10. societC, en sauvegardant les interets
des obligataires.
En fait, le dient de Me Dupont, porteur des 20 obliga-.
tions dont parle le pro ces-verbal, avait deja etC paye
par MM. Naef, non pas, comme on pourrait l'inferer de
10. lettre de ce dernier, du 24 janvier 1933, sous forme
Gläubigergemeinschaft bei AnleihellSObligationen. N0 IB.
d'une avance effectuee par ceux-ci a 10. Citadine, mais
bien pour le compte de celle-ci.
D'autre part, suivant un rapport etabli par M. Delea-
mont, de Calorie S. A., l'un des mandataires des obliga-
taires, et adresse par ce dernier a M. Weibel, autre man-
dataire, rapport qui resumait les tractations intervenues
entre eux et le conseil d'administration de 10. Citadine,
l'assemblee du 30 janvier avait etC precedee d'une premiere
reunion tenue le 19 janvier et au cours de laquelle ces
messieurs, en examinant le bilan de 1932, avaient deja
attire l'attention du oonseil sur un preievement de
8761 fr. 60 en faveur de MM. Naef, ainsi que sur Ie paye-
ment, par 4804 fr., des interets dus aux sooietes « La
eIe», « Le Pignon», ({ Le Centre» et « La Cour», et
signale que ce dernier payement n'aurait du se faire
qu'apres payement des inoorets sur les obligations. Il
resulte en outre de ce meme rapport qu'a l'assemblee
du 30 janvier, le conseil avait reconnu que ({ Iegalement »
le payement des inoorets sur les obligations aurait du se
faire avant le payement d'interets aux susdites societes
et avant le remboursement des avances de MM. Naef.
B. -
Par lettre du 16 mars 1933, Me Dupont, avocat,
deolarantagir au nom d'un de ses clients porteur d'un
capital de 20350 fr. d'obligations de l'emprunt 5 % en
second rang, et se prevalant du non-payement du coupon
du 5 janvier 1933, 0. somme la Citadine de payer 10. susdite
somme plus les interets calcules au 6 %. Une copie de
cette lettre fut adressee le meme jour aux representants
des obligataires.
Le 18 mars, l'avocat de la Citadine 0. repondu que la
SocietC etait en voie da reorganisation, qu'une assemblee
des obligataires allait etre convoquee pour se prononcer
sur des projets auxquels une forte majorite avait donne
son accord et qu'en l'etat, il ne pouvait qua repousser
la damande.
Les 18 et 19 avril, parurent dans la Feuille oflicialle
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Gläubigergemeinscbaft bei AnleiherWobIigationen. N° 51.
suisse du commerce des avis signes du conseil d'adminis-
tration de la· Citadine convoquant les obligataires de
l'emprunt 5 % de 1926 dans le sens de l'ordonnance
federale du 20 fevrier 1918 sur la communaute des crean-
ciers dans les emprliIlts par obligations (000) a une
assembl6e fix6e au 5 mai 1933, a 15 heures, dans les
bureaux de MY. Noof.
L'ordre du jour etait le suivant:
« 1. Expose de la situation.
» 2. Modification des conditions de l'emprunt, savoir :
» a) Modification du taux de l'interet, qui deviendra
variable et qui dependra du resultat de l'exploitation
de Ja sociew;
» b) Modification du terme de remboursement de l'em ..
prunt, en ce sens que le tirage au sort d'obligations a
rembourser, prevu dans l'acte constitutif de l'emprunt,
sera supprime et sera remplace par un autre tirage au
sort d'obligations qui seront remboursees chaque fois que
les disponibilites de la sociere le permettront;
» c) Modification du rang hypothecaire de la garantie
de l'emprunt en ce sens qu'il sera croo un capital d'obli-
gations hypothecaires d'un montant de 99800 fr. -
destine a payer les dettes de la sociere -
capital hypo-
thecaire qui reposera en concours et au meme rang hypo-
th6caire que l'emprunt hypothecaire du 13 avril 1926;
11 d) Maintien de l'echeance du 5janvier 1955;
» e) Remise totale des inrerets echus sur les obligations
le 5 janvier 1933;
» les decisions sur les points a) et b) devant avoir une
durre de 10 ans;
» f) Nomination ou confirmation de deux representants
des porleurs des obligations de l'emprunt.
» 3. Votation sur ces propositions. »
Le 27 avril 1933, le conseil de Fluckiger a confirme Ba
mise en demeure du 16 mars. TI pretendait que Ja convo-
cationa l'assembl6e du 5 mai ne pouvait priver son client
du droit de reclamer le remboursement de ses obligations,
Gläubigergemewehaft bei Anleihensobligationen. No 51.
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echues ensuite du non-payement du coupon au 5 janvier
1933, et contestait que la 8Oci6t,C fftt dans une situation
qui justifiat les sacrifices demandes aux obligataires.
Le 5 mai 1933, a 10 h. 45 m., Fluckiger a fait notifier
a Ja Citadine un commandement de payer (poursuite
ordinaire) pour les sommes suivantes :
a) 20850 fr., montant du capital des obligations;
b) 625fr. 50,montan~ducouponimpayeau5janvier 1933.
La societ6 a fait opposition.
Le meme jour eut lieu l'assembl6e des porteurs d'obli-
gations de l'emprunt.
Suivant le proces-verbal de l'assembl6e, tenu par Me de
. Bude, notaire a Geneve, sept obligataires etaient pr6sents,
qui reunissaient entre eux 192 obligations de mille francs
et 265 obligations de cent cinquante francs.
Lee propositions du conseil d'administration ont ere
accept6es par six obligataires representant 210900 fr.,
contre un obligataire representant un capital de 20 850 fr.
M. Bernard Naef fut designe comme second representant
des obligataires, lasoci6re anonyme Calorie 6tant conflr-
mee dans ses fonctions de premier representant.
Emest Fluckiger etait repr6sent6 a l'assemblee par
M. Paillard, qui declara faire « toutes r6serves et protes-
tations ».
Les d6cisions de I'assemblee ont ere publiees dans la
Feuille officielle suisse du commerce du 12 mai 1933.
O. -
Par exploit du 22 juin 1933, Emest Fluckiger
a assign6 Ja Citadine pour demander au Tribunal :
I. de condamner la Citadine a lui payer avec inwrets
a 6 % des le 5 janvier 1933 :
a) 20 850 fr., montant des obligations detenues par lui,
b) 625 fr. 50, inwrets echus a 6 % au 5 janvier 1933
sur lesdites obligations,
2. d'annuler les decisions prises par l'assemblee des
obligataires du 5 mai 1933, dans la mesure 00. elles modi-
fient les clauses de l'emprunt hypothecaire 5 % du
13 avril 1926.
.
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GJäubigergemeinscbaft bei ADleioonBobIigationen. N0 51.
La Citadine;a conclu au deboutement du demandeur.
Par jugement du 17 mai 1934, le Tribunal de premiere
instance de Gßneve a deboute Fluckiger de toutes ses
conclusions et l'a condamne aux depens.
Sur appel de Fluckiger, la Cour de Justice civile de
Geneve, reformant le jugement du Tribunal de premiere
instance, a :
a) declar6 nulles et de nul effet, en ce qui concerne
Fluckiger, les decisions prises par l'assemblee du 5 mai
1933;
b) condamne la Citadine a payer a. Fluckiger, avec
interets de droit : I. la somme de 625 fr. 50 representant
les interets au 6 % echus a la date du 5 janvier 1933
sur les obligations detenues par lui et portant les nume-
ros I, 2, 18 a 27, 9 a 92, de 1000 fr. chacune, et les nume-
ros 216, 220 a 222, 429 a 462, de 150 fr. chacune, et 2. la
somme de 20850 fr., montant des susdites obligations,
avec inrerets au 6 % des le 5 mai 1933.
c) prononce a concurrence de ces sommes la mainlevee
de l'opposition au commandement de payer notifie le
5 mai 1933,
d) condamne la Citadine a tous les depens de premiere
instance et d'appel,
e) deboure les parties de toutes autres ou contraires
conclusions.
Par acte du 26 fevrier 1936, la Citadine a recouru en
reforme en concluant ace qu'll plaise au Tribunal federal:
principalement, debouter le demandeur de toutes ses
pretentions; subsidiairement, debouter le demandeur de
ses demandes en payement et en mainlevee d'opposition;
plus subsidiairement, renvoyer la cause aux premiers juges ...
Fluckiger a conclu au rejet du recours et a la confirma-
tion de l'arret.
Oonsiderant en droit :
I. -
Contrairement a ce que soutient 1a recourante, le
demandeur avait qualite non seulement pour conclure
Gläubigergemeinscbaft bei -AnIeibensobligationen. N° 61.
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a l'annulation des decisions prises par l'assemblee du
5 mai 1933, mais aussi pour poursuivre le remboursement
du capital de ses obligations et le payement des coupons
echus le 5 janvier 1933. Les conditions de l'emprunt ont
bien, il est vrai, institue Calorie S. A. et MM. de Morsier
et Weibel comme « mandataires» des porteurs d'obliga-
tions et de la debitrice; elles n'ont pas cependant pour
autant prive les obligataires de la faculte d'exercer indi-
viduellement leurs droits contre la Citadine. Une teIle
limitation des droits de l'obligataire eut necessire, pour
etre valable, une stipulation formelle en ce sens. Or ni
les conditions de l'emprunt, ni les mentions figurant sur
les titres ne contiennent rien de semblable, et 1'0n doit
en conclure que les obligataires peuvent agir contre la
sociere aussi bien que les « mandataires ».
2. -
C'est a tort egalement que le demandeur, dans
ses ecritures de premiere instance et d'appel, et 1a defen-
deresse, dans sa declaration de recours, ont cru pouvoir
seinder les conclusions de la demande, selon qu'elles
tendaient a l'annulation des d6cisions de l'assemblee des
obligataires ou ades prestations pecuniaires, c'est-a-dire
au remboursement du capital des obligations et au paye-
ment des inrerets echus sur lesdites. Le demandeur a
tenre de justifier ces dernieres conclusions independam-
ment des motifs d'annulabilit6 des decisions de l'assemblee,
en invoquant un droit pretendument irrevocable qu'il
aurait acquis du fait du non-payement du coupon du
5 janvier 1933 dans le d61ai fixe dans la convention et
du fait aussi qu'il a requis le payement de ce qui lui etait
du avant que l'assemblee ne prit sa decision. Cette these
n'est 6videmment pas fondee. Ni l'echeance du capital
ni la poursuite n'empechaient la d6bitrice de recourir
a la procedure instituee par l'ordonnance. L'article 16 OCC
prevoit la faculte, pour le debiteur, d'obtenir une pro-
rogation d'echeance aussi bien pour un emprunt echu
que pour un emprunt non encore echu, et la remise des
interets peut s'appliquer tant aux interets echus qu'aux
AB 62 III -
1936
12
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GIäubigergemeinscbaft bei Anleihensobligationen. No 51.
interets a echom. Rien ne s'opposait par consequent a ce
que la debitrice. obtint un sursis· pour le remboursement
du capital de l'emprunt et la remise du coupon au 5 janvier
1933. Quant a l'argument tire de la poursuite, comme
l'a d6ja releve la Cour de Justice, il equivaudrait, si l'on
devait l'admettre, a rendre ~mpossible toute reorganisa-
tion fhianciere dans le cadre de l'ordonnance. Celle-ci
est d'ailleurs fond6e sur le principe de l'egalite de traite-
ment des creanciers dont les droits sont egaux, et la
these des demandeurs irait directement a l'encontre de
cette regle (cf. art. 2 amte federal 5 avril 1935).
Il va de soi, en revanche, qu'on ne saurait, comme l'a
fait le Tribunal de premiere instance, argumenter du fait
que l'assembl6e a vote la remise de l'interet au 5 janvier
1933 pour soutenir que.la condition a laquelle etait su-
bordonn6e l'echeance du capital, a savoir le non-payement
de cet inMret dans les 20 jours suivants, devait etre tenue
pour non realis6e, et qu'ainsi le. capital lui-meme n'est
pas devenu exigible. Cette argumentation est evidemment
erron6e. Au moment on l'assembl6e a ete appel6e a se
prononcer sur la remise de l'interet, l'exigibilite du capital
etait un fait acquis, et il ne dependait pas plus des crean-
ciers que de la debitrice de faire qu'il ne le fut pas. Tout
ce que l'assembl6e pouvait faire, c'etait de renoncer a se
prevaloir du non-payement du coupon, et d'accorder a
la d6bitrice un nouveau terme de remboursement pour
le capital. ür, c'est a quoi jus~ment tendait la proposition
de « maintenir 1'6cheance du 5 janvier 1955 I), qui aurait
pu sam doute etre redig6e d'une f8.90n plus explicite,
mais qui doit evidemment etre interpr6t6e comme une
demande de prorogation du terme de remboursement
dans le sens de l'article 16 eh. 6 de l'ordonnance modifi6e
par l'amM du Conseil federal du 20 septembre 1920.
A ce sujet, il restera simplement a examiner si ce d6lai
ne depassait pas les previsions de l'ordonnance.
TI rtSsulte ainsi de ce qui precede que, en presence des
moyens invoques par le demandeur, le bien-fonde des
GIäubigergemeinscbaft bei' Anleihensobligationen. No 61.
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'conclusions tendant au remboursement du capital des
obligations appartenant au demandeur et au payement
des interets de ce capital echus le 5 janvier 1933 dependait
exelusivement du merite des conclusions visant l'annu-
lation de decisions de l'assemblee. Si ces dernieres sont
fondees, en tant du moins qu'elles visent les decisions .
relatives au « maintien de l'echeance du 5 janvier 1955»
et a la remise de l'inMret au 5 janvier 1933, il en resulterait
sans autre que les premieres le sont aussi...
3. -
Au fond, c'est avec raison que la Cour de Justice
a juge applicables en l'espece les principes poses par la
jurisprudence federale en matiere de reorganisation d'en-
treprises de chemin de fer. Qu'il s'agisse d'une societe
exploitant une entreprise de chemin de fer ou de naviga-
tion ou d'une societ6 ayant une autre activite, mais
egalement recevable a recourir a la proc6dure de reorgani-
sation financiere prevue par l'ordonnance federale du
20 fevrier 1918, il est en effet des conditions qui tiennent
a la nature meme de cette procedure et qui doivent des
lors etre respect6es dans tous les cas. Ainsi en est-il du
point de savoir si teIle mesure proposOO par le debiteur
se justifie par la situation critique de ce dernier et si elle
est propre a sauvegarder les interets communs des crean-
ciers. n en est de meme encore de la regle selon laquelle,
si le debiteur est une societe anonyme, les actionnaires
doivent supporter une part des sacrifices necessit6s par
la reorganisation en reduisant le capital-actions, et enfin
du principe en vertu duquel les creanciers qui ont des
droits egaux sont traites sur le meme pied, et, a l'inverse,
si certains creanciers b6neficient d'une situation privi-
Iegi6e, du fait des garanties qu'ils possedent, le projet de
reorganisation doit tenir compte de. cette situation. Aussi
bien l'article 4 dispose-t-il sous une forme generale que les
decisions de l'assembl6e doivent avoir les memes effets
a l'egard de tous les creanciers qui font partie de la com-
munaute a moins d'un consentement expres du ou des
creancier~ quiseraient traites plus defavorablement, d'on
180
Gläubigergemeinschaft bei Anleibensobligationen. No 51.
il suit que si un creancier faisant partie de la communaute
est traite plus favorablement que les autres, ce point
doit egalement. faire l'objet d'une decision expresse de la
majorite.
C'est donc avec raison que la Cour de Justice a rejete
la these du Tribunal de pre~iere instance selon la quelle
le juge· saisi d'une demande d'annulation des decisions
de l'assembIee des creanciers doit se borner a rechercher
si celle-ci a fait un usage arbitrairede ses pouvoirs. Comme
dit justement l'arret attaque, le recours aux tribunaux
n'est pas limite aux seuls cas d'arbitraire; il est ouvert
toutes les fois que les decisions sont contraires aux prin-
cipes poses par l'ordonnance.
4. -
Il est constant qu'en l'espece, le projet de reorga-
nisation propose par la Citadine a ses obligataires ne
comportait aucune reduction du capital-actions. Mais,
comme l'a deja releve la Cour de Justice, cette cITconstance
n'est pas de nature, en l'espe ce, a justifier l'annulation
des decisions de l'assemblee, car il est constant que la
Citadine avait deja reuuit son capital au mois de juillet
1932, soit moins d'un an avant l'assemblee, en le ramenant
de 28 000 a 7000 fr., et que la difference entre cette somme
et celle de 78250 fr. a laquelle il fut eleve a nouveau se
composait d'actions qui avaient ete remises aux obliga-
taires en payement d'interets echus. Une nouvelle reduc-
tion du capital-actions aurait. done eonstitue un sacrifiee
de plus a la charge des obligataires, et il est comprehen-
sible que la Citadine ne l'ait pas demande.
Il y a donc lieu de rechercher si les decisions de l'assem-
bIee fepondent aux autres conditions posOOs par l'ordon-
nance federale; Cette question pouvant etre tranchee
differemment selon la decision dont il s'agit, il importe
par consequent, contrairement a ce qu'a fait la Cour de
Justice, de les reprendre une a une.
5. -
La premiere proposition soumise a l'assembIee
avait trait au remplacement pendant dix ans de l'interet
conventionnel par un interet variable, dependant du
,)
Gläubigergemeinschaft bei Anleihensobligationen. N° 51.
181
resultat de l'exploitation (proposition a). En Boi-meme,
cette mesure etait parfaitement licite, encore qu'il eut
fallu, d'une part, la preeiser, en indiquant le maximum
du taux auquel les obligataires pourraient pretendre,
et, d'autre part, etant donnee la duree de cette stipulation,
la compIeter par une clause prevoyant la cumulation des
interets, de maniere a assurer aux obligataires la possi-
billte de compenser la perte resultant d'un exercice defici-
taire avec l'exceuent des annees subsequentes.
La question de savoir si cette mesure repondait a
l'interet commun des obligataires est plus delicate a
trancher.
(Le Tribunal examine cette question et la
tranche par l'affirmative.)
6. -
(Examen de la decision relative aux conditions
de l'amortissement de l'emprunt (decision b).
7. -
Decision relative a la remise des interets echus
le 5 janvier 1933 (decision e).
Il n'est pas conteste que la proposition faite par le
conseil d 'administration de la Citadine aux obligataires
de faire remise du montant des coupons du 5 janvier 1933
a suivi de peu le payement du meme coupon a l'un des
obligataires, cIient de Me Dupont. En adoptant la propo-
sition du conseil, la majorite de l'assemUee a donc pris
une deci.sion qui violait manifestement la regle posee a
l'article 4 OCC, selon laftuelle les creanciers faisant partie
de la communaute doivent etre traites sur le meme pied.
En vain la Citadine objecte-t-elle qu'en ne satisfaisant
pas a l'exigence de l'obligataire en question, elle s'expo-
sait a devoir rembourser immediatement le capital de
l'emprunt. Elle avait le moyen d'eviter cette consequence
en convoquant aussiMt l'assemblee. Peu importe egale-
ment le consentement qu'elle pretend avoir obtenu des
obligataires et du representant de ceux-ci a l'assembIee
du 30 janvier 1933. Independamment de la question de
la reguIarite de la convocation et de la constitution de
cette assemblee, encore eut-il faUu, comme on l'a dit
ci-dessus, pour valider ce payement, qu'il eut eM approuve
182
Gläubigergemeinschaft bei Anleihensobligationen. No 51.
par tous ceux: parmi les obligataires qui se trouvaient
traites moins favorablement. Or il manquait en tout eas
l'adhesion du demandeur. Le fait que la proposition a
l'e9u l'adhesion d'un des « mandataires» est indifferent,
car ce dernier n'avait evidemment pas le droit de sous-
crire a une mesure qui favori~it un ereaneier au detriment
des atitres.
La meme observation s'impose au sujet de la decision
prise le 5 mai 1933. Cette decision doit par eonsequent
etre tenue pour nulle en raison de ce motif deja. On
pourrait donc se dispenser de reehercher si elle se justifiait
en fait. Mais il convient de relever que cette condition
n'etait pas realisee non plus. Le debiteur qui se sert de
ses disponibilites pour payer des creanciers chirographaires
n'est evidemment pas recevable a invoquer le caraerere
critique desa situation pour demander a ceux de ses
creaneiers qui sont au Mnefiee d'une garantie hypothe-
caire de lui faire remise desinterets qui lui sont dus:
Or, an l'espece, il est constant que les interets dus sur Jes
avances des quatre societes « La OIe », « Le Pignon »,
« Centre C» et « La Cour» ne beneficiaient d'aucune
garantie reelle. Peu importe que l'avanee eut servi a
degager en partie l'immeuble de la societe. Le pret avait
ete . consenti sans aucune garantie et ne pouvait donc
etre rembourse qu'apres 1es obligations qui venaient en
second rang. C'est d'ailleurs ce que la Citadine a elle-
meme reconnu dans son projet de reorganisation, en
demandant a l'assemb1ee des obligataires de consentir
a conferer aux societes une hypotheque de meme rang
que la leur.
8. -
Si 1a remise du coupon echu 1e 5 janvier 1933
etait une mesure qua ne justifiait pas 1a situation de la
soci6te, 1a proposition de modifier le rang de l'hypotheque
des obligataires au profit des quatre soci6res, autreinent
dit l'octroi a celles-ci d'une hypotheque venant au meme
rang que celledont Mn6ficiaient les obligataires (dooision c),
ne se justifiait pas davantage. On ne voit pas comment
Gläubigergemeinscbaft ber Anleihensobligationen. N° 51.
IM
'Une pareille mesure pouvait, se10n les termes de l'art. 2
oeo, etre susceptible de « sauvegarder les interets com-
muns des creanciers». Elle 6quivalait en realite a une
reduction considerable de la garantie dont ils Mneficiaient
et cela sans qu'on put la justifier par la necessite ...
9. -
En demandanta l'assemb1ee deconsentir au
« maintien de l'echeance du 5 jam ier 1955» (decision d),
la· Citadine entendait sans doute demeurer au Mnefice
du terme prevu dans les conditions de I'emprunt. Cepen-
dant, comme la dette 6tait devenue exigible ensuite de
non-payement du coupon du 5 janvier 1933 dans les
vingt jours a compter de l'echeance .dudi~, to~t ce qu'~ll~
pouvait obtenir, c'est une prorogatIOn d echeance. Amsl
qu'on l'a deja dit, cette mesure rentrait dans le cadre des
previsions de l'ordonnance (art. 16 ch. 6), mais sa duree
depassait la limite autorisee, qui est de dix ans a compter
du jour de la decision de l'assemblee. Serait-elle meme
jusiifiee quant au fond qu'il y aurait lieu, par consequent,
d'en reduire la portee au 5 mai 1943.
En ce qui concerne la question de fond, la Cour de
Justicea cru pouvoir la considerer comme tranchee
implicitement par la solution donnee a la question de la
vaJidite de la decision relative a la remise du coupon du
5 janvier 1933. On ne saurait se ranger a cette ~rgumen
tation : le fait que la Citadine aurait pu payer ledlt coupon
ne prouve pas encore qu'elle n'etait pas fondee ademander
une prorogation du terme de remboursement de ~'e~pr~~.
11 reste done a rechereher si cette mesure etalt Justlfiee
par la· situation financiere de la debitrice et si elle repon-
dait a l'interet commun des creanciers.
. LaCitadine a pretendu que quand bien meme l'immeuble
avait ere Wrte a 1 292675 fr. dans l'inventaire et le bil~.
leprix qu'on en aurait retire en cas de realisation n'a~alt
guere d6passe 650 000 fr. Il est evidemment ~posslble
de supputer le prix auquel l'immeuble se serrut "endu,
mais, eu egard aux conditions du. marche a }'ep?~ue en
question, il est vraisemblable eIl tout cas qu il p eut pas
184
Glänbigergemeinsehaft bei Anleibellsobligationen. No 51.
pennis de couvtir entierement le montant des deux hypo-
theques (8880QO et 240500 fr.). Sous reserve du cas Oll
la Citadine aurait pu satisfaire a une demande de rem-
boursement de I'emprunt, soit aumoyen de ses disponibi-
litCs, soit en se faisant avancer la somme necessaire par
un tiers, on peut donc tenir pour constant que la realisa-
tion de I'immeuble, loin de mieux assurer les interets des
obligataires, leur aurait cause un prejudice notable. La
premiere de ces hypotheses est evidemment exclue' il
est incontestC en effet que la Citadine ne disposait pas des
capitaux suffisants pour rembourser le capital de l'em-
prunt. Quant a la seconde, on doit, en l'etat de l'instruc-
tion, la considerer egalement comme non realisee. Il est
vrai que la recourante n'a pas meme pretendu qu'elle a
essaye de se procurer les fonds voulus et qu'elle n'y est
pas parvenue, mais on ne saurait lui en faire un grief.
Aux tennes de l'article 22 de l'ordonnance, c'est au
creancier qui entend demander l'annulation d'une deeision
de l'assemblee des creanciers a faire la preuve des faits
susceptibles de fonder sa pretention, et suivant ce prin-
cipe, conforme d'ailleurs aux regles generales sur le fardeau
de la preuve, c'etait en l'espece au demandeur a prouver
que la Citadine eut pu, si elle l'avait voulu, satisfaire a ses
obligations. Or, si large qu'on se montre dans l'apprecia-
tion de cette preuve, il faut convenir en l'espece qu'il n'a
meme pas rendu vraisemblable que la Citadine aurait pu
obtenir le cremt necessaire pour rembourser le montant
de l'emprunt. Atout le moins peut-on presumer par
consequent qu'elle se serait trouvee dans une situation
des plus critiques si elle s'etait vue dans la necessitC de
rembourser cet emprunt le 25 janvier 1933. Si elle ne
s'est pas mise en quete d'argent nouveau, c'est en r6alitC
parce qu'elle comptait que les obligataires consentiraient
a la prorogation de l'echeance. Or, on ne saurait dire que
la situation critique Oll elle s'est trouvee au moment de
l'assemblee ait etC amenee par sa faute, car ce n'etait
assurement pas chose ais6e que de trouver a l'epoque
Gläubigergemeinschaft bei' AnleiheIlSobligationen. No 51.
185
un preteur dispose a avancer de l'argent sur un immeuble
sis a Geniwe, dont le revenu ne depassait pas 70 000 fr.
et qui etait deja greve en premier rang a concurrence de
880000 fr. C'est done a tort que la Cour a considere
eomme injustifiee la decision de I'assemblee de proroger
l'eooeance de l'emprunt. Il resulte de ce qui precede que
cette decision pouvait se justifier par la situation difficile
Oll se trouvait la societC, qui eut etß incapable de satisfaire
a la demande de remboursement du capital, et que, dans
ces conditions, elle representait bien pour les obligataires
une solution plus avantageuse qu'une realisation forcee
de l'immeuble. Comme on l'a dit, seule la duree de la
prorogation pouvait prater a critique.
10. -
C'est a tort que la Cour de Justice a annu16 la
decision par laquelle l'assemblee des obligataires a designe
M. Bernard Naef comme second « representant» des
obligataires et confirme Calorie S. A. dans les fonctions
qu'elle rempIissait jusqu'alors. D'une part, cette decision
n'avait pas etC attaquee par le demandeur et, d'autre
part, il est clair qu'a la difference des decisions prevues
a l'art. 16 000, sa validite ne dependait pas de l'observa-
tion des conditions posees aux art. 2 et 4 OCC. Il suffisait
qu'eHe ralliat la majorite absolue du capital de l'emprunt.
11. -
Il ressort de ce qui precede que la demande etait
fondee en tant qu'elle visait la decision relative a la
remise du coupon du 5 janvier 1933, la decision relative
a l'extension de l'hypotheque en 2e rang aux quatre
societCs et la decision relative a la prorogation de l'echeance
de l'emprunt, dans la mesure du moins Oll cette echeance
etait reportee au dela du 5 mai 1945.
L'annulation de la premiere entraine, comme on l'a
dit, l'admission des conclusions en payement de la somme
de 625 fr. representant le montant des interets des obli-
gations du demandeur a l'echeance du 5 janvier 1933.
12. -
Il reste a fixer la portee du prononce d'annulation
des decisions c), d) et e).
La Cour de Justice civile a estime que cette annulation
186
Glii.umgergemeinschaft bei Anleihensobligationen. N° 51.
ne produisait ~'effets qu'a l'egard du demandeur seule-
ment, ce qui aurait pour consequence que les decisions
resteraient opposables 11. tous les autres obligataires. Du
point de vue pratique deja, ce resultat n'est pas admissible.
Comme il n'y a aucune raison d'attribuer au jugement
des effet-s differents selon l~ decision dont il s'agit, il
suffit de songer au cas OU le jugement declare nulle, par
exemple, une decision modifiant le rang de la garantie
hypothecaire d'un emprunt par obligations, pour qu'appa-
raisse aussitöt l'impossibilite d'une teIle solution. On ne
peut pas concevoir, en effet, qu'un obligataire conserve
le benefice du rang primitif de l'emprunt alors que les
autres se verraient primer par de nouveaux creanciers.
De deux choses l'une, par consequent: ou bien le deman-
deur ayant echoue dans son action, doit se soumettre 11. la
decision de la majorite, ou bien, si la decision est annulee,
cette annulation vaut 11. l'egard de tous les obligataires.
Aussi bien le röle du juge consiste-t-il en pareil cas
11. rechercher non pas si tel ou tel obligataire en particulier
se trouve valablement engage envers le debiteur, mais si
une volonte commune a pu valablement se former, car
l'assentiment des obligataires qui n'ont pas attaque la
decision n'a pas d'effet seulement en ce qui les concerne;
il constitue un element necessaire 11. la formation d'une
volonti collective. On doit donc le considerer comme etant
donne sous la condition sous-entendue que cette volonte
prenne corps et reponde aux exigences de la loi. TI serait
donc inadmissible que le debiteur puisse tenir pour per-
sonnellement lie l'obligataire qui a donne son adhesion
a ses propositions, tandis que celui qui aurait obtenu
l'annulation de la decison pourrait la considerer comme
nulle et non avenue. L'action prevue a l'art. 22 oeo a
d'ailleurs moins pour but de sauvegarder les inrerets
personnels du demandeur que les inrerets de la collectivire.
Cela ressort notamment de l'art. 21 al. 2, qui prescrit
que les jugements pronon9ant l'annUlation des decisions
de l'assemblee doivent etre presentes au registre . du
Glii.ubigergemeinscbaft ber Anleihensobligationen. No 51.
187
'commerce, car cette communication n'aurait aucun sens
si le jugement ne devait avoir d'effets qu'envers le
demandeur.
11 suit de 111. qu'il y a lieu de rectifier l'arret attaque
en ce sens que les decisions c), d) et e) sont annulees non
seulement 11. l'egard du demandeur, mais 11. l'egard de
tous les crnanciers faisant partie de la communaure.
Le Tribunal ffkIeral, admettant partiellemem le recOttTs
et reformant l'mr& attaque,
prononce:
I. a) La decision de l'assemblee des creanciers relative
11. « la modification du rang hypothecaire de la garantie
de l'emprunt » (decision c) est annulee;
b) la decision relative 11. la remise totale des interets
echus sur les obligations le 5 janvier 1933 (decision e)
estannulee;
c) la decision relative au « maintien de l'echeance du
5 janvier 1955 » (decision d) est annulee en tant qu'elle
prorogerait l'echeance au dela du 5 mai 1943.
II. La Sociere immobiliere « La Citadine» est condam-
nee 11. payer 11. Emest Fluckiger, avec inrerets de droit,
la somme de 625 fr. 50, l'opposition faite par la so eiere
defenderesse au commandement de payer dans Ia pour-
suite N° 89 134 etant levee a concurrence.
III. Toutes autres et plus amples conclusions de la
demande sont rejetees.