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62_III_145

BGE 62 III 145

Bundesgericht (BGE) ·III · 1936-10-05 · Deutsch CH
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Sachverhalt

Le 5 mai 1936, la Caisse hypothecaire de Geneve

adepose a l'office des poursuites de cette ville une requi-

sition de poursuite contre la succession non partagee de

AS 62 III -

1936

10

Itll

Schuldbetreibungs. und KonlIDrsrecllt. No 44.

feu Dame Henri Romieux nee Maria-Catherine BOB, prise

en la personne de M. Maurice Herren, liquidateur, solidai-

rement avec Henri Romieux pris tant personnellement que

comme chef de la communaute ayant existe entre lui et

feu son epouse nee Bos.

La poursuite se fondait sur deux obligations hypotM-

caires echues de 100000 et 25 000 fr. grevant en deuxieme

rang la parcelle 2317, feuille 12 de la commune de Carouge,

qui jusqu'au deces de Dame Romieux-Bos appartenait a

la communaute existant entre elle et son mari.

Dame Romieux 6tait deOOdee le 18 aont 1928 et le 18 de-

cembre 1929, le Tribunal de premiere instance de Geneve

avait ordonne la liquidation officielle de sa succession. Cette

liquidation n'est pas encore terminee. Le 17 aont 1936, M.

Jean Novel a remplace M. Herren en qualite de liquidateur.

Le 6 mai 1936, I'office des poursuites a avise la Caisse

hypotMcaire que sa requisition etait rejetee, en invoquant

a l'appui de sa decision le fait que la succession etait encore

en liquidation officielle et que toutes poursuites etaient

suspendues pendant la duree de la liquidation.

La Caisse hypotMcaire aporte plainte contre cette deci-

sion en soutenant en resume que la liquidation officielle ne

l'empechait pas de faire realiser l'immeuble qui appartenait

a la communaute Romieux-Bos et non a la succession de

Dame Romieux, avec cette reserve toutefois qu'en cas de

decouvert la continuation de la poursuite contre la succes-

sion de Dame Romieux serait impossible.

L'officea concluau rejet de la plainte en contestant que

l'art. 89 a1. lORI invoque par la Caisse hypotMcaire fnt

applicable en l'espilce et en s'en tenant au principe que

toute poursuite est exclue contra une succession en etat de

liquidation officielle.

Par decision du 15 aont 1936, l'Autorite de surveillance

des offices des poursuite et de faillite du Canton de Geneve

a admis la plainte et invite l'office a donner suite a la

requisition de la Caisse hypotMcaire.

En sa qualite de liquidateur de la succession, Jean Novel

Schuldbetreibungs. und Konlrursreeht. N0 U.

147

a recouru au Tribunal federal contra la decision de l'Auto-

rite de surveillance, dont il demande la reforme dans le

sens du rejet de la requisition.

Oonsiderant en droit :

Le principe suivant lequel il ne peut y avoir de pour-

suites individuelles des creanciers successoraux relative-

ment aux biens composant la succession lorsque celle-ci

est soumise a la liquidation officielle (sous reserve des

dettes contractees par le liquidateur pour les besoins de

l'administration) decoule de l'art. 206 LP et de l'analogie

qui existe entre la liquidation officielle d'une succession et

. la liquidation d'un patrimoine ensuite de faillite (RO

47 ITI p. 11 in fine).

Mais, de meme que, en cas de faillite, on en est venu a

reconnaitre la necessite d'apporter une exception a cette

regle pour les poursuites qui, bien qu'interessant le failli, en

qualite de debiteur personneI, tendent cependant a la

realisation de biens qui ne font pas partie de la masse, soit

parce que le failli ne possede aucun droit sur eux (cf.

JAEGER, art. 206 note 2, art. 198 note 1 et les arrets cites,

et, depuis l'entree en vigueur de l'ordonnance sur la rea-

lisation des immeubles, l'art. 89 al. 1 de celle-ci), soit

encore parce qu'il n'y est interesse qu'en qualite de copro-

prietaira (RO 49 IIT p. 249) -

et en serait-il ainsi a plus

forte raison s'il s'agissait d'une part de communaure -,

de meme doit-on, par identite de motifs, faire les memes

reserves en matiere de successions soumisesa liquidation

officielle. Les raisons qui commandent cette exception en

cas de faillite la justifient, en effet, egalement en cas de

liquidation officielle d'ooe succession, a savoir le fait que

le bien que la poursuite tend a faire realiser n'est pas sou-

mis au pouvoir de disposition du liquidateur et ne peut etre

realise que par la voie de la poursuite en realisation de

gage.

Or, en l'espece, il n'est pas contesteque l'immeuble qui

sert de garantie aux creances de la C3.isse hypothecaire

148

Schuldbetreibungs- und Konk~cht. N0 45_

ne eonstituait pas la propriete exclusive de Dame Romieux-

Bos, mais appartenait a la eommunaute formee entre elle

et son mari. n ne fait done pas partie de la succession qui

ne comprend en realite qu'une part de sa valeur, corres-

pondant aux droits que Dame Romieux-Bos possooait

dans la communaute_ On ne voit donc pas ce qui empe-

eherait la Caisse hypothecaire de faire procooer a la reali-

sation de l'immeuble, quitte a ce que, si la vente produit

une somme superieure au montant de ses ereances, l'exce-

dent soit remis en mains du liquidateur en proportion des

droits qui eompetaient a la defunte.

La Ckambre des Poursuites et des Faillites 'JYf'ononce :

Le recours est rejeM.

Erwägungen (1 Absätze)

E. 10 Itll

Schuldbetreibungs. und KonlIDrsrecllt. No 44.

feu Dame Henri Romieux nee Maria-Catherine BOB, prise

en la personne de M. Maurice Herren, liquidateur, solidai-

rement avec Henri Romieux pris tant personnellement que

comme chef de la communaute ayant existe entre lui et

feu son epouse nee Bos.

La poursuite se fondait sur deux obligations hypotM-

caires echues de 100000 et 25 000 fr. grevant en deuxieme

rang la parcelle 2317, feuille 12 de la commune de Carouge,

qui jusqu'au deces de Dame Romieux-Bos appartenait a

la communaute existant entre elle et son mari.

Dame Romieux 6tait deOOdee le 18 aont 1928 et le 18 de-

cembre 1929, le Tribunal de premiere instance de Geneve

avait ordonne la liquidation officielle de sa succession. Cette

liquidation n'est pas encore terminee. Le 17 aont 1936, M.

Jean Novel a remplace M. Herren en qualite de liquidateur.

Le 6 mai 1936, I'office des poursuites a avise la Caisse

hypotMcaire que sa requisition etait rejetee, en invoquant

a l'appui de sa decision le fait que la succession etait encore

en liquidation officielle et que toutes poursuites etaient

suspendues pendant la duree de la liquidation.

La Caisse hypotMcaire aporte plainte contre cette deci-

sion en soutenant en resume que la liquidation officielle ne

l'empechait pas de faire realiser l'immeuble qui appartenait

a la communaute Romieux-Bos et non a la succession de

Dame Romieux, avec cette reserve toutefois qu'en cas de

decouvert la continuation de la poursuite contre la succes-

sion de Dame Romieux serait impossible.

L'officea concluau rejet de la plainte en contestant que

l'art. 89 a1. lORI invoque par la Caisse hypotMcaire fnt

applicable en l'espilce et en s'en tenant au principe que

toute poursuite est exclue contra une succession en etat de

liquidation officielle.

Par decision du 15 aont 1936, l'Autorite de surveillance

des offices des poursuite et de faillite du Canton de Geneve

a admis la plainte et invite l'office a donner suite a la

requisition de la Caisse hypotMcaire.

En sa qualite de liquidateur de la succession, Jean Novel

Schuldbetreibungs. und Konlrursreeht. N0 U.

147

a recouru au Tribunal federal contra la decision de l'Auto-

rite de surveillance, dont il demande la reforme dans le

sens du rejet de la requisition.

Oonsiderant en droit :

Le principe suivant lequel il ne peut y avoir de pour-

suites individuelles des creanciers successoraux relative-

ment aux biens composant la succession lorsque celle-ci

est soumise a la liquidation officielle (sous reserve des

dettes contractees par le liquidateur pour les besoins de

l'administration) decoule de l'art. 206 LP et de l'analogie

qui existe entre la liquidation officielle d'une succession et

. la liquidation d'un patrimoine ensuite de faillite (RO

47 ITI p. 11 in fine).

Mais, de meme que, en cas de faillite, on en est venu a

reconnaitre la necessite d'apporter une exception a cette

regle pour les poursuites qui, bien qu'interessant le failli, en

qualite de debiteur personneI, tendent cependant a la

realisation de biens qui ne font pas partie de la masse, soit

parce que le failli ne possede aucun droit sur eux (cf.

JAEGER, art. 206 note 2, art. 198 note 1 et les arrets cites,

et, depuis l'entree en vigueur de l'ordonnance sur la rea-

lisation des immeubles, l'art. 89 al. 1 de celle-ci), soit

encore parce qu'il n'y est interesse qu'en qualite de copro-

prietaira (RO 49 IIT p. 249) -

et en serait-il ainsi a plus

forte raison s'il s'agissait d'une part de communaure -,

de meme doit-on, par identite de motifs, faire les memes

reserves en matiere de successions soumisesa liquidation

officielle. Les raisons qui commandent cette exception en

cas de faillite la justifient, en effet, egalement en cas de

liquidation officielle d'ooe succession, a savoir le fait que

le bien que la poursuite tend a faire realiser n'est pas sou-

mis au pouvoir de disposition du liquidateur et ne peut etre

realise que par la voie de la poursuite en realisation de

gage.

Or, en l'espece, il n'est pas contesteque l'immeuble qui

sert de garantie aux creances de la C3.isse hypothecaire

148

Schuldbetreibungs- und Konk~cht. N0 45_

ne eonstituait pas la propriete exclusive de Dame Romieux-

Bos, mais appartenait a la eommunaute formee entre elle

et son mari. n ne fait done pas partie de la succession qui

ne comprend en realite qu'une part de sa valeur, corres-

pondant aux droits que Dame Romieux-Bos possooait

dans la communaute_ On ne voit donc pas ce qui empe-

eherait la Caisse hypothecaire de faire procooer a la reali-

sation de l'immeuble, quitte a ce que, si la vente produit

une somme superieure au montant de ses ereances, l'exce-

dent soit remis en mains du liquidateur en proportion des

droits qui eompetaient a la defunte.

La Ckambre des Poursuites et des Faillites 'JYf'ononce :

Le recours est rejeM.

Volltext (verifizierbarer Originaltext)

44. Arret du 5 octobre 1936 dans la cause Nove1-

Le principe suivant lequel il ne peut y avoir des pour8Uites indivi-

duelles des creanciers successoraux durant Ja liquidation otficieUe

ne s'applique pas au cas Oll Ja poursuite tend a. Ja realisation

de biens qui ne font pas partie da la masse successorale, mais

sur Iesquels Ja succession comme teIle ne possede qu'un droit.

de coproprieM ou une part de communautB. Art. 49 et 206 LP

et 89 aI. lORI.

Der Grundsatz, dass eine Erbschaft während der Dauer der

amtlichen Liquidation nicht von einzelnen Gläubigern betrieben

werden kann, hindert nicht die Durchführung einer Betreibung

auf Verwartung· von Vermögen, an dem der Erbschaft nur

Miteigentum oder AnteiIsrechte zustehen. Art. 49 und 206

SchKG und Art. 89 Aba. 1 VZG.

La norma secondo cui una successione non puo essere escussa.

dai singoli creditori durante la liquidazione d'officio, non si

applica al caso in cui l'esecuzione tende alla reallzzazione di

beni non compresi nelJa massa ereditaria, au cui la successione

come tale non ha ehe un diritto di comproprieta. 0 un diritto

in comunione. Art. 49 e 206 LEF e art. 89 cp. 1 RFF.

A. -

Le 5 mai 1936, la Caisse hypothecaire de Geneve

adepose a l'office des poursuites de cette ville une requi-

sition de poursuite contre la succession non partagee de

AS 62 III -

1936

10

Itll

Schuldbetreibungs. und KonlIDrsrecllt. No 44.

feu Dame Henri Romieux nee Maria-Catherine BOB, prise

en la personne de M. Maurice Herren, liquidateur, solidai-

rement avec Henri Romieux pris tant personnellement que

comme chef de la communaute ayant existe entre lui et

feu son epouse nee Bos.

La poursuite se fondait sur deux obligations hypotM-

caires echues de 100000 et 25 000 fr. grevant en deuxieme

rang la parcelle 2317, feuille 12 de la commune de Carouge,

qui jusqu'au deces de Dame Romieux-Bos appartenait a

la communaute existant entre elle et son mari.

Dame Romieux 6tait deOOdee le 18 aont 1928 et le 18 de-

cembre 1929, le Tribunal de premiere instance de Geneve

avait ordonne la liquidation officielle de sa succession. Cette

liquidation n'est pas encore terminee. Le 17 aont 1936, M.

Jean Novel a remplace M. Herren en qualite de liquidateur.

Le 6 mai 1936, I'office des poursuites a avise la Caisse

hypotMcaire que sa requisition etait rejetee, en invoquant

a l'appui de sa decision le fait que la succession etait encore

en liquidation officielle et que toutes poursuites etaient

suspendues pendant la duree de la liquidation.

La Caisse hypotMcaire aporte plainte contre cette deci-

sion en soutenant en resume que la liquidation officielle ne

l'empechait pas de faire realiser l'immeuble qui appartenait

a la communaute Romieux-Bos et non a la succession de

Dame Romieux, avec cette reserve toutefois qu'en cas de

decouvert la continuation de la poursuite contre la succes-

sion de Dame Romieux serait impossible.

L'officea concluau rejet de la plainte en contestant que

l'art. 89 a1. lORI invoque par la Caisse hypotMcaire fnt

applicable en l'espilce et en s'en tenant au principe que

toute poursuite est exclue contra une succession en etat de

liquidation officielle.

Par decision du 15 aont 1936, l'Autorite de surveillance

des offices des poursuite et de faillite du Canton de Geneve

a admis la plainte et invite l'office a donner suite a la

requisition de la Caisse hypotMcaire.

En sa qualite de liquidateur de la succession, Jean Novel

Schuldbetreibungs. und Konlrursreeht. N0 U.

147

a recouru au Tribunal federal contra la decision de l'Auto-

rite de surveillance, dont il demande la reforme dans le

sens du rejet de la requisition.

Oonsiderant en droit :

Le principe suivant lequel il ne peut y avoir de pour-

suites individuelles des creanciers successoraux relative-

ment aux biens composant la succession lorsque celle-ci

est soumise a la liquidation officielle (sous reserve des

dettes contractees par le liquidateur pour les besoins de

l'administration) decoule de l'art. 206 LP et de l'analogie

qui existe entre la liquidation officielle d'une succession et

. la liquidation d'un patrimoine ensuite de faillite (RO

47 ITI p. 11 in fine).

Mais, de meme que, en cas de faillite, on en est venu a

reconnaitre la necessite d'apporter une exception a cette

regle pour les poursuites qui, bien qu'interessant le failli, en

qualite de debiteur personneI, tendent cependant a la

realisation de biens qui ne font pas partie de la masse, soit

parce que le failli ne possede aucun droit sur eux (cf.

JAEGER, art. 206 note 2, art. 198 note 1 et les arrets cites,

et, depuis l'entree en vigueur de l'ordonnance sur la rea-

lisation des immeubles, l'art. 89 al. 1 de celle-ci), soit

encore parce qu'il n'y est interesse qu'en qualite de copro-

prietaira (RO 49 IIT p. 249) -

et en serait-il ainsi a plus

forte raison s'il s'agissait d'une part de communaure -,

de meme doit-on, par identite de motifs, faire les memes

reserves en matiere de successions soumisesa liquidation

officielle. Les raisons qui commandent cette exception en

cas de faillite la justifient, en effet, egalement en cas de

liquidation officielle d'ooe succession, a savoir le fait que

le bien que la poursuite tend a faire realiser n'est pas sou-

mis au pouvoir de disposition du liquidateur et ne peut etre

realise que par la voie de la poursuite en realisation de

gage.

Or, en l'espece, il n'est pas contesteque l'immeuble qui

sert de garantie aux creances de la C3.isse hypothecaire

148

Schuldbetreibungs- und Konk~cht. N0 45_

ne eonstituait pas la propriete exclusive de Dame Romieux-

Bos, mais appartenait a la eommunaute formee entre elle

et son mari. n ne fait done pas partie de la succession qui

ne comprend en realite qu'une part de sa valeur, corres-

pondant aux droits que Dame Romieux-Bos possooait

dans la communaute_ On ne voit donc pas ce qui empe-

eherait la Caisse hypothecaire de faire procooer a la reali-

sation de l'immeuble, quitte a ce que, si la vente produit

une somme superieure au montant de ses ereances, l'exce-

dent soit remis en mains du liquidateur en proportion des

droits qui eompetaient a la defunte.

La Ckambre des Poursuites et des Faillites 'JYf'ononce :

Le recours est rejeM.