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442 Proz8ssr~ht. N° 77.
77. Extrait ae l'mit de la Ire Seetion eivile du 14 septembre 1918 dans la cause Börmann contre Lugrin & Oie. Art. 58 OJF. COllCOUl'S (l'actions. Jugement cantonalmettant definitivement hors de cause l'un des codefendeurs. - Re- courS en reforme. - RecevabiIite. Le 24 decembre 1915 W. Hörmann a ete victime d'un accident : Il rentrait a l'atelier de son patron en tratnant une charrette, lorsque, soudain, celle-ci fut touchee par derriere par uu automobile appartenant a Lugrin & ~te a Geneve et que conduisait leur chauffeur Albert Bocqum. Projete d'abord a terre puis contre un arbre, Hörman~ fut atteint d'une fracture du crane et de contusions multIples aux jambes. - . Par expioits des 16 novembre et 6 decembre 1916, 11 a assigne Lugrin & oe, d'une part, et Bocquin, d'autre part, devant le Tribunal de Ire instance du canton de Geneve en paiement de la somme de 35000 fr. Le 12 janvier 1917, le Tribunal a joint les deux causes et, par jugement du 7 decembre 1917, il a deboute le demandeur de toutes ses conclusions. _ Sur appel de Hörmann, la Cour de- justice civile du canton de Geneve a rendu le 22 mars 19181'arret suivant : Deboute Hörmann de ses conclusions contre Lugrin & oe, met ceux-ci hors de cause. Dit fondee eu principe l'action d'Hörmanll contre Bocquin. . Renvoie la cause aux premiers juges pour statuer sur - !'indemnite reclamee par Hömlanll. Le demandeur a recouru en reforme au Tribunal f~Iera] contre rarret de la Cour de justice civile, en tantseulemellt qu'il amis hors de cause Lugrin & Oe. Considerant en droit:" Recevabilite du recours. On peut se demander si l'al'ret attaque constitue uu jugement au fond au sens de l'art. 58 Prozessreeht. N° 77. 448 OJF. Eu effet, le proces dans son ensemble n'est pas ter- mine .. La timt de justice civile a reconnu enprincipe Ja responsabilite de run des codefendeurs ct a renvoye la cause au Tribunal de Ire instance pour statuer BUr" les consequences de cette responsabilite. D'autre part, let; codefendeurs etant actionnes concurremment, leurs in- terets dans le litige sont en etroite connexite. Dans un arret du 12 juillet 1911 (DelJegney c. Epoux Spiro ei Privat; RO 37 II p. 390) le Tribunal federal a juge que, deux codefendeurs etant actionnes dans un seul CI meme pro ces, mais en vertu de rapportsde droit differents, un jugement cantonal qui statue definitivement sur run de ces rapports constitue un jugement au fond au sens de rart. 58 OJF. En raisonnant a contrario on pourrait admettre que, dans l'hypothese d'un concours d'action8 appartenant au meme domaine du droit - en l'espece ä celui de la responsabilite extra-contractuelle, art. 41 et suiv. CO - le recours en reforme n'est recevable qu'une fois le proces termine dans son ensemble. Mais cette solu- tion doit etre ecartee. Les defendeurs Lugrin & Oe ont ete mis definitivement hors de cause par 1a Cour de justiC€ civile. Ils sont devenus etrangers ä l'instruction du proces devant la juridiction genevoise. En ce qui les concerne, l'arret attaque apparait comme un jugemcnt au fond, qui disjoint de nouveau les deux actions concurrentes, sepa- rees au debut puis liees en co urs d'instance. Il ne s'agit pas en effet d'une action unique et indhisible, ni d'une soli- darite parfaite, mais d'un concours d'actions dont chacune aurait pu suivre sa voie separement (cf. RO 38 II p. 622). Les parties pourraient aussi convenir de suspendre l'une des actions, par exemple celle dirigee contre le chauffeur, jusqu'a solution definitive du proces intente ä ses em- ployeurs, et dans ce cas, le Tribunal federal devrait entrer en matiere sur le recours forme contre le jugement qui met ceux-ci hors de cause. D'autre part, si le Tribunal federal declare le present recours irrecevable parce que prematl\re, Lugrin & Cie pourront se voir, a une epoque- 444 Prozessrecht. N° 78. indeterminee, l'objet d'un recours en reforme ä l'issue, d'un proces auquel Hs ne SOllt plus partie et dans lequel 'leur situation pourra avoir ete cOlnpromise par Bocquin sans qu'ils aient eu les mo yens de se defendre contre ce risque. Il y a donc in interet certain ä ce que le Tribunal federal tranche en retat actuel de Ia procedure Ia question de Ja responsabilite de Lugrin & Oe. Du reste,dans rarret du 14 juillet 1904, rendu en Ia cause Rosenbaum c. Fischer et consorts (RO 30 11 p. 433 et suiv.) semblable ä la pre- sente espece, le Tribunal federal a dejä considere comme constituant un jugement au fond, susceptible de faire l'objet d'un recours en reforme, une decision cantonale, en tant qu'elle avait vide definitivement le litige en ce qui concernait run des codefendeurs. Cette jUrlsprudence doit etre confinnee. - Par tous ces motifs il ya lieu d'entrer eu matiere sUt' le recours .....
78. Auszug aus dem OrteU der II. ZivUabteUung vom SO. Oktober 1918 i. S. Birseck'sche Produktions- und ltonsumgenossenschaft gegen Xorporation ~er Lehen- und Gewerbsinteressenten am St. Albanteich. Art. 57 OG. Liegt eine Verletzung von Bundeszivilrecht vor, wenn in einer nach kantonalem Recht zu beurteilendeR Streitigkeit eine Verletzung von Art. 2 ZGB geltend ge- macht wird? Die vorliegende Korporationsstreitigkeit war nach kantonalem Recht zu beurteilen (Art. 59 ZGB) und dif Vor- instanz hat. gestützt auf dieses, die Klage zugesprochen. Die Beklagte hat gegen dieses Urteil rechtzeitig und formrichtig die Berufung an das Bundesgericht ergriffen mit dem Antrag auf Abweisung der Klage ; sie macht eine Verletzung von Art. 2 ZGB geltend. Das Bundesgericht ist auf die Berufung nicht einge- treten, Prozessrecht. No 78. 445 in Erwägung: Die Berufungsklägerin kann die Zuständigkeit des Bundesgerichts auch nicht dadurch begründen, dass sie behauptet, das angeföchtene Urteil verletzte Art. 2 ZGB, also eine Vorschrift des Bundeszivilrechts. Art. 2 ZGB ist nicht ein selbständiger Rechtssatz, der ein bestimmtes Rechtsverhältnis regelt, sondern bloss eine Rechtsan- wendnngsnorm, die bei allen Rechtsverhältnissen zu beachten ist, die sich nach eidgenössischem Privatrecht richten. Somit kann aber eine Verletzung der 1;tundes- rechtlichen Vorschrift von Art. 2 ZGB nur geltend ge- macht werden, wenn auch das streitige Rechtsverhältnis selbst nach eidgenössischem Recht zu beurteilen ist. Wollh: das Bundesgericht auf Bernfungen eintreten, die nur eine Wlrichtige Anwendung von Art. 2 ZGB rügen, so wäre die Folge davon die, dass die Streitigkeiten kantonalen Rechtes, hinsichtlich deren die übrigen Berufungsvoraus- setzungen vorhanden sind, an das .Bundesgericht weiter- gezogen werden könnten, was aber offenbar vom Gesetze nicht gewollt ist. Das bundesgerichtliche Urteil wäre in, solchen Fällen übrigens auch ohne Sanktion; denn das Bundesgericht dürfte, wenn es eine Verletzung von Art. 2 ZGB als gegeben erachtet, nicht selbst entscheiden, sondern es müsste die Sache an die Vorinstanz zurück- weisen, damit sie - wiederum nach kantonalem Recht - neu entscheide. Es stünde aber nichts entgegen, dass die kantonale Instanz ihr früheres Urteil bestätigen würde mit der Begründung, dass nach dem massgebenden kanto- nalen Recht nicht anders entschieden werden könne, als sie es getan. Das Bundesgericht seinerseits wäre nicht in der Lage, auf eine neue Berufung hin, hiegegen einzu- schreiten, weil es die Anwendung des kantonalen Rechtes durch das kantonale Gericht nicht zu überprüfen hat.