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3_I_396

BGE 3 I 396

Bundesgericht (BGE) · 1877-01-01 · Français CH
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B. Civilrechtspflege.

68. Arret du 19 mai 1877, dans la cattse Bemdt.

Par jugement du Tribunal civil de Geneve en date da

30 mai 1874, Catherine Berndt nee Schuler a obtenu, sur sa

demande, sa separation de corps pour un temps illimite,

d'avec son mari Frederic Berndt, ensuite de sevices et in-

jures graves commis par ce dernier a son egard.

Par e.xploit date du 8 juin 1876, Berndt a intente a sa

femme une action en divorce devant le meme Tribunal, se

fondant sur ce que la separation de corps prononcee entre

eux ayant dun~ deux annees et ne pouvant, a teneur des

dispositions de la loi federale sur l'etat civil et le mariage du

24 Decembre 1874, plus exceder ce terme, il y avait li eu de

prononcer le divorce de pie in droit, puisqu'aucune reconci-

liation n'etait survenue entre les epoux.

Par jugement du 9 Septembre 1876, le Tribunal civil de-

bouta le demandeur de ses conclusions.

Berndt s'Mant pourvu en appel contre ce jugemel1t, la Cour

de Justice civile de Geneve l'a confirme par am~t du 5 Fevrier

1877.

C'est contre cet arret que Berndt a recouru, le 28 Mars

ecoute, aupres du Tribunal federal: il estime que la disposi-

tion transitoire de l'article 63 de la lai federale donne ouver-

ture a une action en divorce au profit de chacun des deux

epoux; qu'en tous cas il y aurait li eu de faire application a

l'espece de l'article 47 de la loi federale susvisee, puisque la

separation de corps a dure plus de deux ans entre les epoux,

el que taute reconciliation entre eux est impossible; que

I'interpretation donnee a la predite loi, et notamment a ses

articIes 45, 46, 47 et 63 par rarret dont est recours, aurait

pour effet de contraindre Berndt a demeurer taute sa vie en-

chaine a la separation de corps definitive, ce en contradic-

ti on manifeste avec les principes d'une loi qui a voulu pros-

crire cette institution. Le recourant conclut a ce· qu'il plaise

,

~

au Tribunal federal reformer et meHre a neant l'arret rendu

par la Cour de Justice civile de Geneve le 5 Fevrier dernier,

ainsi que le jugement rendu en premiere instance par le

IH. Civilstand und Ehe. N° 68.

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Tribunal civil de Geneve le 9 Septembre 1876 -

et ad-

juger a Frederic Berndt ses conclusions tendant a ce que son

divorce d'avec dame Berndt nee Schuler, soit prononce et

inscrit sur les registres de l'etat eivil de la ville de Geneve.

Par memoire en date du 30 Avril 1877, Catberine Berndt

tout en declarant qu'elle est prete a faire cesser la separation

par une reconciliation complete, conclut a ce qu'il plaise au

Tribunal federal debouter le reeourant de toutes ses con-

clusions.

Statttant sur ces faits et considerant en droit:

1" L'article 63 de la loi federale sur I'etat civil et le ma-

riage statue a titre de disposition transitoire que les separa-

tions de corps definitives ou temporaires prononcees avant

I'entree en vigueur de 1a dite loi, pourront donner lieu a une

action. en divorce, si les causes sur lesquelles eil es sont basees

peuvent, d'apres cette loi elle-meme, motiver le divorce.

La question a resoudre est done de savoir si, aux termes

de cet article, le recourant est fonde aujourd'hui ademander

son divorce d'avec sa femme Catherine, nee Schuler.

20 La separation de corps des epoux Berndt ayant ete pro-

noncee anterieurement au '1 er Janvier ! 876, il ne reste plus

qu'a determiner si les causes sur lesquelles elle est basee

peuvent, d'apres la loi de 1874, motiver le divorce.

3° Cette separation ayant ete prononcee pour injures

graves et sevices commis par Berndt sur la person ne de sa

femme, cause motivant le divorce a teneur de l'article 46

litt. b de la loi federale precitee, elle peut donner lieu a

une aclion en divorce aux termes de l'article 63 ci-haut re-

produit.

4° L'articIe 46 n'accorde toutefois cette action qu'a celui

des epoux qui ades griefs fond es a faire valoir. Il serait, en

effet, contraire aux principes du droH d'autoriser, en appli-

cation de l'articIe 63 ci-dessus, l'epoux reconnu coupable a

alleguer ses propres torts pour trans former en divorce, contre

la volonte de l'autre conjoint, une separation de corps due

exclusivement a ses actes reprehensibles.,Une interpretation

differente irait directement a l'encontre de la regle univer-

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B. Civilrechtspfiege.

sellement admise que nul ne peut tirer argument de sa pro-

pre faute pour en ben efici er, et se trouverait d'ai~leurs en

eontradiction avec la jurisprudence constante du TrIbunal fe-

deral en eette matiere.

ny a done li eu d'admettre que l'epoux non-eoupable peut

seul dans un des eas enumeres a l'article 46 ci-dessus, user

du droit d'action prevu a l'article 63 deja eite.

50 Le Tribunal ferleral n'a point, en revanche, a aborder

aetuellement la question de savoir si, -

pour le eas Oll dame

Berndt se refuserait a faire usage de son dit droit d'action,

ou a reprendre la vie eommune, -

le mari ne pourrait pas

etre autorise, alors, ademander le divorce. Le present ar1'et

n'a pas, en effet, a resoudre une question qui ne se pose

point en l'etat.

Par ees motifs:

Le Tribunal federal,

prononce:

Le recours est ecarte comme mal fonde.

IV. Civilstreitigkeiten zwischen Privaten als

Klägern und dem Bunde als Beklagten.

Dift'erends de droit civil entre des particuliers

comme demandeurs et la Confederation comme

defenderesse.

69. Am?t du 4 Mai 1877, dans la cause Jaeger

conlre la Confederation suisse.

Nicolas Jaeger remplissait en '1871, les fonctions de fac-

teur postala Fribourg et etait charge, en eette qualite, spe-

cialement du service de la gare de cette ville : il devaitJ en

particulier, transporter a l'aide d'un fourgon a bras, les lettres

et paquets des le bureau de Fribourg aux bureaux ambulants

des trains, et recevoir egalement de ces derniers les objets de

poste et de messagerie adestination de cette ville.

IV. Civilstreitigkeiten zwischen Privaten und dem Bunde. N° 69.

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Le 16 Octobre 187'1, entre onze heures et midi, au moment

DU le train express parti de Berne doit eroiser en gare de Fri-

bourg eelui arrivant de Lausanne, Jaeger etait occupe a faire

le service de ce dernier train, lequel, arrive le premier dans

la dite gare, et stationnant sur la voie la plus eloignee du bäti-

ment, devait aussi repartir le premier: l'express de Berne ne

tarda pas a entrer en gare a son tour et vint s'arreter, eomme

d'habitude, sur la voie la plus rapproehee du dit bätiment,

entre le pali er et le train arrive de Lausanne. Jaeger qui

n'avait pas termine le service de ce train, voulut se häter,

en traversant le train de Berne, de remettre ses derniers pa-

quets a l'ambulant de Lausanne. Au moment meme Oll Jaeger,

les deux mains embarrassees, allait franchir dans ce but la

plate-forme d'un wagon et venait de poser les pieds sur celle-

ci, la machine imprima au train, sans avertissement ni coup

de sifflet prealable, un mouvement de recul soudain bien que

peu considerable; un des effets de eette secousse fut de faire

perdre l'equilibre a Jaeger, et de le faire butter de la tete,

avec une certaine violence, contre une des colonnes en bois

soutenant la marquise soit toiture du palier : Jaeger s'af-

faissa aussitüt, fort pale, sur le sol, sans perdre toutefois con-

naissanee, et put reprendre son service au bout de quelques

instants; il le continua jusqu'au 30 Octobre, non sans s'etre

plaint a diverses reprises, pendant ce laps de temps, de sai-

gnements de nez et de vives douleurs de t&te et d'oreilles : le

d0ctem Python, a Fribourg, soigna Jaeger a son domicile des

le 30 Octobre au 16 Novembre, et attribua d'abord tous les

symptomes morbides du patient a une fievre typhoi"de, epi-

demie regnant alors dans cette ville; l'etat du malade empi-

rant, il fut transporte a l'höpitalle ditjour, 16 Novembre, et

il y expira dix jours apres, soit le 26 dit. Les registres de eet

etablissement contiennent, relativement a l'admission de

Jaeger, les indieations suivantes : Contusion a l'oeeiput, epis-

taxis (saignements de nez), commotion du eerveau et fievre

typholde.

La veuve Jaeger s'adressa, aussitüt apres le deees, au PrMet

du District de la Sarine, dans le but de faire ouvrir une en-