opencaselaw.ch

39_II_490

BGE 39 II 490

Bundesgericht (BGE) · 1913-01-01 · Français CH
Source Original Export Word PDF BibTeX RIS
Volltext (verifizierbarer Originaltext)

490

Oberste Zivilgerichtsinstanz. -

'1. ~Iateriellrechtliche Entscheidungen

tung beß ~eUagten, bie ~raeugung Oeß Jtinbeß ~Il~e au einer .Bett

j'tattgefunben, ba er no~ ni~tmit ber ArIägenn gei~l~tU~ »er~

f~rte, unerwiefen fet -

unb wenn in ienem Urteile ferner er~

fIlirt wirb, ber ~efragte ~be eß

"bur~lluß ni~t einmal wa~r"

fdJeinIidJ gema~t, baU bie jtlligerin weitern @ef~(e~t߻er~r ~flogli 1

fo tft baß ~unbeßgeri~t an bie ~ierin liegenben tlltfli~n~en tjeft"

fteUungcn ge6unben. marw aber ergibt fi~ o~ne roeitereß bie

Il{~weifung ber ~inrebe IlUß ~rt. 314 ~bf. 2 unb bamit au~ ber

uorliegenben ~erufung.

memna~ ~at baß ~unbeßgeri~t

erhnnt:

mie ~erufung luirb abgewiefen unh baß angefo~tene Urteil bc%

ftlitigt.

88. Amt da 1a IIe Section civüe du 1 er octobre 1913

dans la GatbSe Anastasie et Marie Igger, dem. et rec., coutr".

Grossrieder, der. et int.

Action an paterniw. 1. Le ces n'est pas applicable ä la question

de savoir quelle est la valeur d'un aveu judieiaire emanant d'un

mineur. 2. Il n'y a « inconduite» au sens de rart. 315 ces que

. lorsque celle-ci est teIle qu"il en resulte la probabilite abstraite

de rapports sexuels avec d'autras ~ommewque le defendeur.

Le 4 mars 1912 est nee ä. Alterswil Marie Egger, filIe

illegitime de Anastasie Egger. Celle-ci a designe eomme

pere de l'enfant Aloys Grossrieder, ne le 20 mars 1895,

ehez les beaux-parents duquel elle avait ete en service du

1er avril 1911 jusqu'ä. 180 fin da juillet.Fondee sur I'art. 317

ces elle lui a ouvert action en paiement de 250 fr.; comme

tuteur de l'enfant, le pe re de la demanderesse a conclu au

paiement d'une pension de 200 fr. par an jusqu'a l'äge de

18 ans.

Apres avoir conteste tout d'abord avoir eu des relations

sexuelles avec Anastasie Egger, Grossrieder 80 avoue, lors

de sa comparution personnelle du 12 novembre 1912, qu'i1

en avait eu une fois alors qu'elle etait en service chez ses

2. Familienrecht. N0 88.

491

parents. n a d'ailleurs concIu a liMration, an invoquant l'in-

conduite de la demanderesse al'epoque de la eoneeption.

Le Tribunal de premiere instance a eondamue Grossrieder

au paiement d'une somme da 150 fr. a Auastasie Egger et a.

contribuer aux frais d'entretien et d'edueation de l'enfant pu

le paiement d'uue pension de 80 fr. pendant les quatre pre-

mU~res annees et de 150 fr. pendant les quatorze annees sui.,.

vantes.

Ensuite d'appel du defendeur, la Cour d'appel a, par arr~t

du 22 avril 1913, ecarte en entier les eonelusions de la de-

mande, en vertu de l'art. 315 CCS.

Anastasie Egger et le tuteur de sa fille ont forme en temps

utile aupres du Tribunal federal un reeours en reforme eon-

tre cet arr~t en reprenant en entier les conclusions de leur

demande.

Les representants des parties ont renonce ä. plaider.

Staluant sur ces {aUs et considerant en droit:

1. -

Ainsi que le Tribunal fMeral l'a decide en principe,

lorsqu'elle n'est pas aecompagnee de conclusions relatives a

I'etat civil de l'enfant, l'action en paternite tendant au paie-

ment d'une iudemuite ala mere et d'une pension a l'enfant

est une action purement peeuuiaire. Pour que le recours au

Tribunal federal soit recevable, il faut par consequent que la

valeur des prestations pecuniaires en discussion devant 180

derniere instance cantonale atteigne 2000 fr. En: l'espece ce

requisit est realise. D'autre part, 180 valeur Iitigieuse est inf6-

rieure a. 4000 fr., mais -

tout en estimant a tort que cette

formalite n'etait pas indispensable -les demanderesses ayant

joint 8. leur deelaration un memoire motivant leur reeours

(art. 67 dernier al. OJF), ceIui-ci est recevabie.

2. -

L'instance eantonale 80 eonstate en fait que, entre le

300me et Ie 180me jour avant Ia naissance da l'enfant, Ie da-

fendeur a cohabite avec Anastasie Egger. La preuve de ee

mit lui a ete fournie par l'aveu de Grossrieder. C'est avec

raison que 180 Cour d'appel 80 estime que l'art. 19 CCS ne

s'opposait pas a ce qu'elle ünt compte de eet aveu bien qu'il

emanat d'un mineur: Ia question de savoir si le juge peut

49'J

uberste Zivilgerichtsillstanz, -

I. Mater." .. foohtliche Entscheidungen.

interroger un mineur et si ses d6clarations peuvent faire

preuve contre lui est une pure question de procedure canto-

nale que l'art. 19 laisse intacte. L'instance cantonale ayant

juge d'autre part qu'elle pouvait, d'apres le droit fribourgeois,

prendre en consideration l'aveu du mineur Grossrieder le

Tribunal federal ne saurait revoir sa decision sur ce point. Il

doit done tenir pour constant que, pendant la periode eriti-

que, le defendeur a eu des relations avec Ia recoul'ante.

Malgre la presomption de paternite ainsi etablie la Cour

d'appel a ecarte la demande par le motif que Ia m~re vivait

dans l'inconduite a l'epoque de Ja conception (art, 315 CCS).

A l'appui de cette maniere de voir elle a expose que Ana~­

t,asie Egger recherchait volontiers la frequentation des hom-

mes et que sa conduite a eM reprehensible

Co a l'egard d'un

tout jeune homme dont elle n'aurait du ni toIerer ni provo-

quer les relations charnelles avec elle »,

Cette decision se fonde -sur une interpretation erronee de

I'art. 315. Ainsi que le Tribunal federal a deja eu l'occasion

~e l~ poser en pri?cipe (aff. K. c. B. : Praxis 1I n° 104 *)~

I actIOn en patermte ne peut ~tre ecartee ä. raison de

l'inconduitede Ia mere que Iorsque cette inconduite est de

teIle nature qu'elle pourrait rendre incertaine Ia paternite du

defendeur. Il n'est, il est vrai, pas necessaire que cette incer-

titude existe dans le cas concret, il surftt que l'inconduite

Boit teIle qu'il en resulte Ia probabilite abstraite de rapports

sexuels avec d'autres hommes que le defendeur; p. ex. I'ac-

~ion en patemite intentee par une prostituee devra ~tre ecar-

~e, sans qu'illui soit permis d~ tenter de prouver que c'est

bien Ie defendeur qui est le pere da l'enfant. Mais an I'espece

les faits relevespar l'instance cantonale ne sont pas suffi-

s!1nts pour qu'on puisse regarder comme probable' que Gross-

rieder n'a pas ete seul II avoir des rapports avec la deman-

,deresse Tou.t d'abord en ce qui concerne Ia difference d'age

~ntreAnastasie Egger et Grossrieder, ondoit convenir qu'en

se .pr~tant a des relations sexuelles avec un jeune homme

~e de moins de 17 ans la demanderesse a fait preuve d'une

* RO 39 Up. tlJ, c. :1.

:!. Familienreeht. N0 88,

legerete coupable et que sa conduite est au moins aussi re-

~rehe~sible que celle du defendeur. Mais d'apres le CCS -

a la difference de certaines legislations cantonaIes -

Ia faute

qu'elle a ainsi commise ne constitue pas en eIle-m6IDe une

cause de decheance de ses droits. On ne pourrait en tenir

compte qu'll titre d'indice d'nne depravation morale laissant

supposer que la demanderesse a dti avoir II la m~me epoque

des relations avec d'autres hommes. Mais le seul fait qu'elle

n'a pas resiste ä. un jeune homme moins age qu'elle da 5 on

6 ans n'autorise certainement pas cette induction. 11 ponrrait a

la rigueur en etre autrement s'il etait prouve que c'est elle qui

a recherche, provoque et, ainsi que Je pretend Grossrieder

.

'

presque lmpose les relations qu'il a eues avec elle. Toute.

fois, en <lehors de la circonstance, en elle-m6me insuffisante,

de la dift'erence d'age, l'instance cantonale n'a constate au-

cun fait qui permette de le supposer. Et au contraire les

temoins entendus ont declare qua c'etait Grossrieder qui fai-

sait Ia cour ä. la dem anderes se et qui la poursuivait de ses

assiduites. Dans ces conditions on ne peut attribuer a la dif-

ference d'age constatee la. valeur d'une preuve de l'inconduite

de la mere, au sellS de l'art. 315. Et cette preuve ne resulte

pas davantage des autres faits releves dans l'arr~t attaque.

Le fait qu'elle a assiste a une ou denx reprises ä. des veil-

lees ne doit evidemment pas ~tre pris en consideration puis-

qu'eUe y a assiste an compagnie du defendeur. Et quant aux

relations qu'elle aurait eues avec le nomm~ Crotti, s'il est

vrai qu'un des temoins a declare en avoir entendn parler, il

a ajoute que c'etait Ia un bruit dont il ne se rappelait m~me

pas Ia provenance; les seuls faits positifs qui aient ete rap-

portes -

c'est-a-dire que Crotti a accompagne Anastasie

Egger ä. Ia benichon et qu'll deux reprises il lui a fait visite

_ ne sont certainement pas suffisants pour qu'on puisse par-

Ier d'inconduite, alors qu'en outre Ia demanderesse a expli-

que, sans ~tre contredite, que ces deux visites avaient eu lieu

en presence de la familIe de Grossrieder.

L'instance cantonale a donc commis une erreur de droit en

regardant la presomption de paternite du defendeur comme

494

Oberste Zivilgerichtsinstanz. -

I. Materiellrechtliche Entscheidnngen,

renversee par des faits qni justifient peut-6tre un blllme a.

l'adresse de la demanderesse, mais qui ne sont pas tels qu'on

puisse tenir pour probable qu'a l'epoque de Ia conception elle

a eu des relations avee d'autres hommes que Grossrieder. La

uemande doit doue ~tre deelaree fondee en prineipe. En ce

qui coneerne Ia fixation du montant de l'indemnite et de la

pension qui doivent ~tre mises a la charge du defendeur, il

n'est pas necessaire' de renvoyer la cause a la Cour canto-

nale qui ne s'est pas eneore prononcee sur ce point. Les

sommes allouees par la premiere instance sont en effet si

modiques qu'eUes ne sauraient eneore6tre abaissees et, d'au-

tre part, elles ne sont pas susceptibles d'augmentation eomme

le demandent les recourantes, car ceIles-ci n'ont pas appeIe

de ce jugement qui represente par consequent le maximum

de ce qui peut leur ~tre -8ceorda .

Par ces motifs,

le Tlibunal faderal

prononce:

La reeours est admis et I'arr~t attaque est reforme en ce

sens que:

a) Grossrieder est condamne a payer a Auastasie Egger

une indemnite de 150 fr.;

b) 11 est condamne a eontribuer a l'entretien de l'enfant

Marle Egger par le paiement d'une pension, payable par

semestre et d'avance, de 80 fr. par an pendant les quatre

premieres annees et 150 fr. p~r an pendant les quatorze an-

naes snivantes.

2. ~'amilienrecbt. r;o 89,

495

89. ltntU _er II . .JiuUdttUUUlJ votu 2. f)ftto6tt 1913

in \E1'l(9en ~riut, .?Bell. u . .?BerA~l., gegen ~dtJer,

.stl. u. .?Ber." \Befi.

Vatel'schaftsktage einer in d<ff Schweiz domizilim'teli Auslände1"in

gegen einen ebenfalls in der Schweiz domizilierten .4uslände1'. An-

wendbares Recht (Erw.2). -

Gegenstand del' Vatel'schaftsklage:

liicltt «Fest.~tellung de?'

Vater,~chaft)), sondern (TOn deI" Klage auf

Zusprechll.ng des Kindes mit Standesfolge abgesehen) nUt' Vpl"mögens-

leistungen. Streitwerlberechnung dementsprechend (Erw. 3), -

An-

lo/'derungen an den nach Art. 314 Abs. 1 der Klägm~in obliegenden

Bewei.~ (Erw. 4). -

Anforde1'ungen an den nach A,·t. 314 Abs. 2

dem BIIklagten obliegenden- Beweis (El'W. 5).

A. -

~ie .stlägerin war wä~renb ~ \Eommerß 1910 tu ~I'lfe(

,tlß

~ienftmäb(gen angeftellt. \Eie

~fu(9te \lon bort I'lUß öfterß

i~ren in ßmgentl)l'll wo~nenben ~ruber unb lernte !'tUf biefe ~eife

ben ~etlagten fennen, bel' in bel' $oraelll'lnfl'lml 2mtgentl)al I'lIß

:J:lrel)er in \Etellung war. .stur3 \lor

~eil)nl'l(9ten 1910 trl'lt bie

.;tlägerin bei bem lliegenf(9aftßl'lgenten,3. U. Bulliger in .?Bern

;\Iß jJaußl)älterin in ~ienft. ~ort ma(9te il)r ber ~efll'lßte öfterß

:Sefu(ge,

wo~i es na(9 bel' ~arfteUnug ber .stlägerin wieberl)olt

(1e~tmalß I'lm 24.,3uli 1911), na(9 berienigen bes

~eflagten

aweimal

(Ie~tmaIß am 2.,3ulli 1911) 3um gefd)le(9tlid)en mer"

fel)r fam. ~m 13. IDhti 1912 gebar bie .stlägertll einen .stnaben,

meld)er unter bem ~amen,3ol)ann ~Ifreb .?Belger in baß .Bi\lU"

ftl'ln~regifter eingetr\lgen wurbe. ~Iß ben mater biefeß .stinbeß be ..

~eid)net bie .stlägerin ben .?Betlagten, tl)äl)renb ber .?Befragte

a) beftrettet, in bel' fritifd)en .8ett (18. 3uH biß 15. ino:

uember 1911) überl)auVt nod) mit ber .stl/igeriu gefd)led)tlid) \ler"

fel)rt au l)aben, unb

b) bel) a u V t e t, bie .rerägerin l)abe in bel' lritifd)en .Beit mit

il)rem ~ienftl)errn .8 u II i ger gefd)le(9tIi(gen medel)r ge:pf{ogen, -

maß bie Sflägerin il)rerfeitß beftreitet.

B. -

~urd) Urteil l)om 20. 3uni 1913 l)l'lt bel' ~:PVeUl'ltionß"

~of beß Sfantonß \Bern über bl'tß me(9ißbegel)ren ber SU/igerin:

lI~er .?Beflagte fei 3u \lerurteUen:

f/1. ~er ~l)arlotte \Berger für bte ~often i9m: imuerel)eli(9elt

15 39 11 -

HlI3

3',

<,