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26_I_227

BGE 26 I 227

Bundesgericht (BGE) · 1900-01-01 · Français CH
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226

A. Staatsrechtliche Entscheidungen. III. Abschnitt. Internat. Konventionen.

flagten für bie

~ro3efjfoften \Sid)erl)eit

~u reiften, befreit finb,

tft ol)ne n>eitere~ fIal' unb \1)il'b roebel' t)om l}Mul'~6ef{agtett nod)

t)om ~e3irf~gerid)t ßofingen beftritten. :tlagegen n>irb geItenb ge~

mad)t, Me SWiget· be3n>. il)l' ~m\)alt I)ätten fid) aUf biefe Über~

einlunft berufen foUcn, unb roeH

bie~ nid)t gefd)el)en fei, fei ba~

@erid)t bered)tigt, ja

\,)er~fnd)tet geroefen, ben § 390 litt. a

ßiff. 1. bel' aal'g. lIi\,)H\)l'oaefjol'bnung aul' ~(nn>enbung 3u bringen.

:tliefe ~uffaffung ift irrig. :tlurd) bie @ingel)ung ber emäl)nten

Übereinfunft l)at bie 6d)n>ei3 eine internationale merWid)tung

übernommen, n>eld)e f0\1)ol)[ bie eibgenöffifd)en a15 bie tanttmaren

~el)örben, bie bie Übereinfunft an3un>enoen in bie 2age fommen,

Mn ~mte~ n>egen 3u beobad)ten l)a6en. @~ n>urbe babul'd) 3roin~

genbe~

öffentIid)e~ med)t gefd)affen, bul'd)

ba~ entgegenftel)enbe

mol'fd)tiften oer fantonalen @efe~e aufgel)oben n>orben finb. m:u~

6eiben

@efic6t~~unften burfte bie morfd)l'ift

be~ § 390 litt. a

ßiff. 1 be~ aarg. lIi\,)H\)r03effe~ auf ben t)orHegenben ~aU nid)t

QngelUenbet n>etben, tl'o~bem e~ t)on llägetifd)er \Seite unter[Qffen

\uorben roar, Qut bie med)t~queUe aufmerffatn 3u mad)en, burd)

\ueld)e bte

~eftimmung in geroiffem Umfange a6rogiert

roor~

ben tft.

:tlemnad) I)at ba~ ~unbe~gerid)t

edannt:

:tler mefur~)tlit'b für begränbet erflärt unb bemgemäfj bel'

angefod)tene @ntfd)eib

be~

~e3il'f~gel'id)t~ t)on ßofingen \,)om

7. g;ebrual' 1900 aufgel)oben.

B. STRAFRECHTSPFLEGE

ADMINISTRATION DE LA JUSTICE PENALE

Bundesgesetz vom 12. April 1894,

betr. Ergänzung des Bundesgesetzes über

das Bundesstrafrecht.

Loi federale du 12 avril 1894 completant le code

penal federal.

42. Arret du 29 mai 1900 dans la cause

Ministere public federal contre Bm'toni, H'igerio et Held.

But de Ia loi fM. susvisee; definition du deUt anarchiste, art. ~

1. e.; eonditions de l'applieabilite de eet artieIe. -

Ineompe-

tenee de Ja cour penale pour statuer sur l'art. M C. pen. fed.

(delit eontre le droH des gens, art. 107 OJF).

I. -

Le 22 decembre 1899, le Departement de Justice et

Police du canton de Geneve adressait au Procureur general

de la Confederation quelques exemplaires d'une brochure en

langue italienne portant le titre:

« Biblioteca socialista-anarchica. N° 1.

» Alm,anacco socialista-anarchico

» per l'anno 1900.

» Prezzo 20 centesimi.

» Berna

J Carlo Frigerio, Editore, Druckereiweg 3.

» Londoll, International Printing house.

» Tiratura 2500 copie. »

228

ß. Strafrechtspflege.

La seeonde page de Ia couverture porte un expose des eou-

ditions que doit remplir un almanach socialiste·anarchiste;

cet expose est sigue: q; les compilateurs. »

A la quatrieme page de Ia eouvertul'e, il est explique que

les initiateurs de la Bibliotheque socialiste-anarehiste eroient

eombler une Iaeune au moyen de eette publication. Ces expli-

cations sont suivies de l'indication que les versements, com-

mandes et eommunications doivent etre adresses a Carlo

Frigerio, Druckereiweg 3, a Berne, ainsi que de l'annonce de

diverses publications prochaines.

La broehure renferme, outre un calendrier, une serie d'ar-

ticles d'origine diverse, dont le premier est intituIe: « Contro

Ia monarehia. -

Appello a tutti gli uomini di progresso. »

Ce titre, est-il dit, est eelui d'un opuseule largement n3pandu

en ItaHe dans le but de propager !'idee de l'union de tous les

partis antimonarehiques pour s'insurger contre la monarchie,

sans renoncer aux principes que ehaque parti professe et

sans aueun preJudiee a ce que ehacun croira devoir faire apres

Ia chute de la monarchie.

L'opuseule en question existe, en effet, et porte le titre

exterieur de dans son entier, mais de l'article « Contro la monar-

chia :1> contenu dans le dit almanach, et plus particulierement

du passage dejä. reproduit, commenljant par les mots -

« bi-

sogna dunque colpire di consenso » -

et finissant par les

mois « decisi a farla finita snl serio. :1> C'est specialement la

phrase -

« bisogna ai fucili a tiro rapido ed ai cannoni,

oppore bombe, mine, incendii » -

qne le Ministere public

eonsidere comme impliquant une incitation a eommettre des

delits eontre les personnes ou les proprietes, dans l'intention

de repandre la terreur dans la population et d'ebranler la

surete pnblique.

C'est encore et uniquement le dit article et le passage sus-

indique qui sont releves dans l'acte d'aeeusation adresse le

12 mars 1900 a la Cour penale du Tribunal federal par le

representant du Ministere public.

C'est done uniquement eet article et specialement le pas-

sage inerimine qui sont soumis a l'appreeiation de la Cour,

qui n'a des lors a s'oeeuper ni des autres articles eontenns

dans l'almanaeh, qui au surplus ne renferment evidemment

pas les elements d'un delit, ni d'un autre ecrit, intituIe « Al

popolo, :1> saisi chez un nomme Motta, a Lausanne, au eours

de l'iustrnction preliminaire, et dont le representant du Mi-

nistere publie a fait etat, dans son requisitoire, contre l'ac-

euse Frigerio en alleguant qu'il eu sflrait l'auteur.

2. -

L'article 4 de la loi federale du 12 avril 1894 est

ainsi eon/iu:

« Celui qui, dans l'intention de repandre la terreur dans

la population ou d'ebranler la surete publique, ineite a com-

mettre des delits eontre les personnes ou les proprietes, ou

I

:Ergänzung des Bundesgesetzes über das Bundesstrafrecht. N° 42.

233

donne des instructions en vue de leur perpetration, sera puni

d'un emprisonnement de six mois 01;. de la recIusion. :1>

Sa genese, le message du Conseil federal qui accompagnait

le depot du projet de la loi et la diseussion qui a eu lieu au

sein des Chambres federales demontrent d'une maniere irre-

futable qlle, bien qu'elle ne le decIare pas expressement, la

loi du 12 avril 1894 etait destinee a combler une lacune de

la legislation penale eantonale et federale en edictant des

dispositions contre certaines categories de delits anarchistes

,que la legislation en vigueur ne permettait pas de reprimer.

C'est done d'un delit anarchiste que les prevenus sont

;3,ccuses. Le fait que, d'apres leur declaration expresse, Hs

,sont anarchistes et que l'almanach contenant l'ecrit incrimine

est une publication anarchiste ne suffit pas pour faire consi-

derer la publication de cet ecrit comme un delit anarchiste,

lors meme que son earactere delietueux serait admis. Pour

justifier cette eonclusion, il faut etablir encore que eette

publication presente les elements speciaux qui caraeterisent

~e delit.

La loi du 12 avril 1894 n'en donne pas de definitiou et

n'indique pas ses elements earacteristiques; sa notion decoule

toutefois de la notion meme de l'anarchisme.

L'anarchisme, comme son nom l'indique, vise a la suppres-

:sion de toute autorite et de tout gouvernement. Son but est

Ia destruetion de l'ordre social actuel et de l'Etat, quelle que

:soit la forme politique da son organisation. La notion du

delit anarchiste eomprend ainsi tous les actes delictueux ins-

pires par l'idee anarehiste et tendant a sa realisation. Ce qui

le caracterise n'est pas la nature du droit lese, mais son

mobile, qui est la haine de l'organisation sociale actuelle, et

son but, qui est la destruetion de ceHe-ci.

L'art. 4 de la loi federale vise a reprimer l'incitation a

>commettre des delits anarchistes, c'est-a-dire l'incitation a la

propagande par le fait consideree comme un delit en soi,

10rs meme qu'elle ne serait pas suivie d'effet.

Poul' qu'il soit applicable, il faut, d'apres la teneur

expresse de la loi, que l'incitation a commettre des deUts

XXVI, L -

1900

16

234

B. Strafrechtspflege.

contre les personnes ou les proprietes soit caracterisee et

determinee par l'intention de repandre la terreur dans la

population et d'ebranler la securite publique. Ces effets ne

doivent pas etre simplement le resultat de la perpetration du

delit visant a Ia lesion d'un droit determine, ils doivent etre

le but immediat du deIit lui-meme.

C'est precisement en cela que consiste I'essence du delit

anarchiste constituant Ia propagande par Ie fait, qui ne visa

pas a la violation d'un droit determine, mais a Ia terrorisation

et a l'ebranlement de la societe tout entiere, et ponr lequel

la violation delictneuse d'un droit n'est que le moyen pour

obtenir ces resultats et pour amoindrir dans la population la

confiance dans l'organisation soeiale actnelle.

A la lnmiere de ces prineipes, on ne saurait voir dans.

l'ecrit incrimine les elements du deUt prevu par l'art. 4: de la

loi federale du 12 avril 1894.

L'article « Contro la monarchia » est un appel adresse al1X

differents partis anticonstitutionnels italiens en vue de Ies

unir dans un but commun, Ia preparation de Ia revolution

ponr renvers er Ia monarchie.

Prevoyant que les conditions poIitiques et economiques de

l'Italie amimeraient bientöt de nouveaux conflits sanglants

entre le peuple et Ie gouvernement, Ies anteurs de l'appel

invitent Ies adherents des partis anarchiste, socialiste et

republicain a s'organiser et a se preparer pour sortir victo-

rieux de Ia lutte et amener Ia chute de la monarchie.

n s'agit, en consequence, d'un appel adresse non a quel-

ques individus, mais a de grandes fractions du peuple italien,

organisees en partis, pour les determiner a prendre les me-

sures necessaires pour etre a meme de proliter de r occasion

d'un conflit qui ne tardera pas a eclater> pour renverser la

forme actuelle du gouvernement par Ia revolution.

II peut deja litre douteux si un appel de cette nature,

adresse par des anarchistes ades partis politiques entierst

peut etre considere comme une incitation a commettre UD

delit de droit commun. Eu tout cas, il ne saurait s'agir d'un

delit contre les personnes ou les proprietes, mais d'un deIit

Ergänzung des Bundesgesetzes über das Bundesstrafrecht. No 42.

235

contre l'ordre constitutionnel d'un Etat, dont ]a perpetration

peut ou doit meme entrainer des atteintes aux personnes ou

aux proprietes sans qu'elles soient directement voulues.

n saurait encore moins etre question d'incitation a com-

mettre un delit anarchiste ou un acte de propagande par le

fait. Le concours, expressement invoque, des partis soeialiste

et republicain, suffit pour l'exclure et pour demontrer que

l'appel vise simplement a preparer et organiser un delit poli-

tique consistant dans le renversement d'une forme determinee

de gouvernement sans s'occuper de ce qu'il arriverait apres,

seul but sur lequel les adMrents de partis si differents pou-

vaient s'entendre pour une action commune.

L'ineitation a se servil' de bombes, mines et incendies ne

suffit pas pour modifier cet etat de choses et pour lui donner

le caractere d'une incitation a commettre un delit anarchiste.

Ces moyens sont sans doute de nature a porter de graves

atteintes aux personnes et aux proprieMs, et leur usage peut

incontestablement determiner Ia terreur et ebranler Ia secu-

rite publique. Mais ce n'est pas dans ce but que Ieur emploi

est conseille; c'est pour opposer une resistance victorieuse

a l'armee reguliere, pour lutter avantageusement contre les

fusils a tir rapide et les canons dont elle dis pose, pour assu-

rer eniin le triomphe final de Ia revolution et faeiliter ainsi Ia

consommation du delit politique et non pour terroriser.

Ces moyens sont sans doute, au moins dans une certaine

mesure, contraires au droit des gens meme en matiere de

guerre> et correspondent assez exactement aux procedes

anarchistes dans la propagande par le fait. Mais dans l'es-

pece iI est a remarquer' que les atteintes aux personnes et

aux proprietes, Ia terreur et l'ebranlement de Ia surete

publique n'auraient guere ete moindres meme si les auteurs

de l'appel se fussent bornes:' conseiIler d'opposer les fusHs

aux fusHs et les canons aux canons, ou I'usage d'autres

moyens de guerre sans Iesquels la revolution n'est guere ou

difiicilement concevable.

3. -

Les faits releves par l'accusation ne tombant ainsi

pas sous le coup de Ia disposition de l'art. 4 de la Ioi fede-

236

B. Strafrechtsptlege.

rale du 12 avril 1894, il n'y a pas lieu d'examiner s'ils ne

preseutent !las les elements constitutifs du delit prevu par

l'art. 41 c. pen. fed., car 10rs meme qu'll en serait ainsi la

O

'

.

d

'

our n auralt pas e competence pour en connaitre, ce delit

etant place par l'art. 107 OJF. dans la competence des

assises federales.

Il y a, par contre, lieu de remarquer que la teneur de l'ar-

ticle incrimine etait incontestablement de nature a justitier

l'ouv~rture d'un proces et, par consequent, il n'y a pas lieu

de faIre usage de la faeulte aeeordee par l'art. 122 Proc. pen.

fed. pour accorder aux accuses une indemnite.

Par ces motifs,

La Oour, a l'unanimite des voix,

prononce:

1 Les accuses Luigi Bertoni, Oarlo Frigerio et Emile Held

sont acquittes.

11. -

.....

IU. Il n'est pas alloue d'indemnite aux accuses.

IV. Les frais de l'instruction et du proces sont mis ä la

charge de la Oonfederation.

C. Entscheidungen der Schuldbetreibungs-

und Konkurskammer.

Artets de la Chambre des poursuites

et des faillites.

1I

43. Arret du 4 mai 1900, dans la cause Fontannaz.

Saisie. -

Principe de la specialite.

I. A la requete de veuve A. Fontannaz, a Lausanne, qui

poursuit son fils, Oharles Fontannaz, a Vevey, pour une

creance de 5000 fr., l'office des poursuites de Vevey a saisi,

le 9 novembre 1899, le salaire du poursuivi comme employe

de chemin de fer, sous forme d'une retenue de 15 fr. par

mois a partir de la saisie.

Le [) janvier 1900, Marie Fontannaz-Brun, femme divorcee

de Ch. Fontannaz, a req uis a son tour Ja saisie contre celui-

ci en vertu d'une creallce pour pension alimelltaire de 30 fr.

par mois, allouee a elle et a son enfant par jugement du

20 septembre 1899.

Le 8 janvier, l'office a ex~cute la saisie en imposant une

retenue de 15 fr. par mois sur je salaire du debiteur des le

moment ou la saisie du 9 novembre 1899 serait eteinte. Marie

Fontannaz ayant ensuite requis la saisie pour deux autres

soldes de mensualite restant a payer sur la pension, l'office

a admis, sous date du 10 janvier, soit du 15 fevrier 1900,

ces deux poursuites a participer a Ia dite saisie du 8 janvier.