opencaselaw.ch

24_I_137

BGE 24 I 137

Bundesgericht (BGE) · 1898-01-01 · Français CH
Source Original Export Word PDF BibTeX RIS
Volltext (verifizierbarer Originaltext)

136

Entscheidungeu der Schuldbetreibungs-

unb fomi! fd)on formell bieie 1!3erfügung nid)t al~ eine stollofa.

HOlt betrad)tet werben tönnte, tft trar, bas

au~ ber 'lRaife nur

bie ?ßro3ef)foften gebedt werben bürTen, nid)t aber aud) stoften,

bie nad) a:rIebigung

be~ ?ßroaeffc$, in bem baran fid) anfd)Ue.

senben ~efd)ltlerbeberfa9ren betreffenb bie 1!3erteHung, erltlad)fen finb.

4. m:ad)bem bte stoftenforberung oer

~rau Dr. ~runner in

bem ?ßro3effe, ben fie

It{~ 5Wigertn gefü9rt 9ltt, burd) l}'Cid)t:=

(tnfed)tung be~ stoUofation$p(ane~ ober burd) gertd)tnd)e$ UrteH

feftgefe~t fein ltlirb, ltltrb fonad) bie 1!3erteilung in ber [Seife

bor fid) au gegen 9ltoen, bas tlerfeThen bie bon 'lXloi~ Q5ad)mann

erftrittene :Dibibenbe

oi~ 3um metrag i9rer

~ot'berultg bon

1109

~r. 67

@:t~. plus jene

~ro3esfoften neoft "aUf&rrtgem

SDei'ot3in~ borab 3U3ultleifen finb.

:Demnad) 9at bie C5d)ulboetreibung~. ltnb stonfur~fammer

erlannt:

1. :Der 1Refut'$ ltlirb tnjofem für begrünbet edl&rt, aI$ aU$

ber bom Q5etreibung$amt Eiem:pad) (tm 31. 'lRllt 1897 aU$ge.

fertigten ~rufftellung in ber 'lXnweifung für ~rau Dr. Q5runner

ber ?ßoften 2 ?ßroaesMten im ~ro3effe Ilnoi~ $ad)mcmn, stf&.

ger~, contra ~rau Dr. mrunner, mef(agte, mit 226 ~r. 75 @:t~.

au~gefd)ieben unb bie 1!3erfügung betreffenb ben .8in~ unb bie

nad) ber

~eftfe~ung bel' 'lXbbofatennote erltlad)fenen lstoften ge.

ftrid)en ll.1irb.

2. Jm [seitem wirb ben IJMurrenten

ar~ 1Red)t~nad)fo(ger

be~ 'lXnton mad)mann . eine neue stfagefrift aur 'lXnfed)tung ber

'lXnltleifung be~ ?ßl.lften~ 3, ?ßrl.l3eßtoften im ~rl.laeffe

~r(lu Dr.

Q5runner, .!trägerin, contra

'lXloi~ mad)mann, bon 3ufammen

347 ~r., bom :tage ber 'lRitteHung be~ ml.ltibierten

a:nifd)etbe~

an gered)net, eröffnet.

und Konkurskammer. No 22.

137:

22. Arret du 15 janvier 1898} dans la cause Betrix.

Saisie de salaire.

Delai de la requisition de vente, art. 116 et 121 LP.

Saisie provisoire 'I

1. -

Sur requisition de Henri Panchaud, cnlancier de

Jules Fayet, employe postal a Nyon, l'office des poursuites.

de Nyon adeeide, le 14 mars 1896, qu'une retenue mensuelle

de 15 fr. serait operee, aupres de l'administration des postes,

sur le traitement du debiteur. Ce traitement etant toutefois

deja greve d'une saisie anterieure jusqu'au 30 novembre 1896,

l'office estima que ce semit a partir de cette date seulement

que la saisie requise par Panchaud pourrait deployer ses

effets. TI fixa en consequence le terme de participation a

cette saisie au 30 deeembre 1896.

II. -

Des lors, l'office des poursuites de Nyon a fait pal'-

ticiper a la dite saisie Ollze autl'es cl'eanciers de Fayet, qui

presenterent des requisitions de saisie successives aux dates

suivantes: 2 et 23 juin, 7 et 14 juiIlet, 8 septembre, 30 oc-

tobre, 4 et 21 novembre, 4, 15 et 17 decembre 1896. Parmi

ces creanciers se trouvait Ernest Betrix, a Nyon, dont la

requisition fut reQue le 4 decembre.

L'office porta la retenue mensuelle a 20 fr.

III. -

Fayet etant alle remplir, a partir du 1 er novembre·

1896, les fonctions de facteur postal a Geneve, un cinquieme

de sa paie mensuelle, la quelle etait de 125 fr., fut saisi, le

7 janvier 1897, par l'office des poursuites de Geneve sur

requisition d'un nouveau creaneier, Felix Pirolet, a Clarens.

IV. -

L'office des poursuites de Nyon estima que la saisie

opereß par lui au profit de Panchaud et consorts ne serait

eteinte que le 1 er decembre 1897, vu qu'elle n'avait com-

mence a deployer ses effets que depuis le 1 er decembre 1896.

L'office de Geneve ayant demande que les retenues faites a

partir du 14 mars 1897 lui fussent versees au profit de-

Pirolet, l'office de Nyon refusa d'operer ce versement.

138

Entscheidungen der Schuldbetreibungs-

V. -

Pirolet porta p1ainte eontre l'offiee de Nyon aupres

de l'Autorite inferieure de surveillance et conclut a ce que

les retenues operees des 1e 14 mars 1897 lui fussent attri-

buees.

L'office de Nyon preavisa pour le rejet du reeours en se

fondant sur 1'argumentation suivante: La peremption de

1'art. 116 LP. ne court pas a l'egard d'une saisie de salaire

qui ne peut deployer ses effets par le fait qu'il existe une

saisie anterieure sur ce salaire. L'art. 118 LP. statue en effet

que les delais prevus a l'art. 116 ne courent pas a l'egard

d'une saisie provisoire. Or une saisie de salaire qui n'est

qu'eventuelle et qui ne peut pas deployer ses effets est evi-

demment une saisie provisoire a laquelle l'art. 118 LP. doit

etre applique par analogie. Si, au surplus, 1e prepose avait

fait courir 1e delai de peremption du jour de l'execution, les

douze saisies requises dans l'espeee auraient forme six series

et les ereanciers saisissants ne toucheraient pas autant qu'ils

obtiennent si le delai de peremption et de participation court

du jour ou la saisie peut deployer ses effets, soit du 1 er de-

cembre 1896.

L'Autorite inferieure de surveillance ecarta le recours:

Le refus du prepose aux poursuites de Nyon estfonde, la,

saisie de Pirolet ne pouvant etre consideree que comme pro-

visoire et les delais de l'art. 116 LP. ne lui etant pas appli-

cables.

VI. -

Pirolet ayant toutefois repris ses conclusions

devant l'A_utorite superieure de surveillance, ceHe-ci les

admit.

Appliquant par analogie les art. 116 et 121 LP., l'Auto-

rite superieure de surveillance sanctionna le principe que les

salaires non aequis pouvaient etre saisis pour la duree d'une

annee. Mais la duree d'une saisie de salaires, poursuivait

I' Autorite vaudoise, ne pouvant exceder une annee, quelles

-que soient les circonstanees dans lesquelles elle est prati-

-quee, eette duree ne saurait etre prolongee pour la raison

qu'une precedente saisie empechait, pour un certain temps,

Ja realisation du salaire 8aisi. Il faut au contraire admettre

und Konkurskammer. N0 22.

139

que, dans ce cas, le ereaneier ne peut percevoir que ce qui

devient disponible pendant la duree annale de la saisie, tout

en ayant la faculte de poursuivre derechef apres l'echeance

du delai. Il ne saurait s'agir en l'espece de la saisie provi-

soire de l'art. 118 LP., puisque la saisie de salaire ne com-

porte pas la vente prevue au dit article. Au surplus, le

systeme adopte par l'office de Nyon presenterait de serieux

inconvenients pratiques. Il admet a participer a la premiere

saisie des creanciers qui ont presente leurs requisitions long-

temps apres le delai de I'art. 110 LP.

VII. -

La decision de l'Autorite vaudoise de surveillance

a ete deferee au Tribunal federal par Betrix qui, ainsi qu'il a

ete dit, avait ete admis par l'office de Nyon a participer a la

saisie du 14 mars 1896.

Betrix conclut a la reforme de la decision de l'Autorite

superieure et au maintien des procedes de l'offiee de Nyon.

Le prononee de l'Autorite superieure, dit le recourant,

est base essentiellement sur la consideration qu'en etendant

1e delai de participation jusqu'au 30e jour a partir du moment

ou la saisie deploie ses effets, l'office de Nyon a trop facilite

la partieipation des creanciers. 01' e'est precisement lä.

l'avantage de la solution adoptee par l'office de Nyon. En

facilitant ainsi les participations, le prepose fait toucher aux

-creanciers, au prorata de leurs creances, une annee de salaire.

Au contraire, selon la theorie de l'Autorite superieure, Ia

saisie Fayet donnerait lieu a la formation de six series de

-creanciers dont quelques-unes deploieraient leurs effets pen-

dant 21 et 24 jours. Si, au lieu de faire participer les 12

creanciers a la m~me serie, l'office de Nyon avait ouvert six

series, la sixieme aurait deploye ses effets jusqu'au 17 de-

cembre 1897. La situation du creancier Pirolet n'en serait

done pas ehangee, et la proeedure aurait ete tres onereuse

pour le debiteur. Enfin, on ne saurait admettre que la

peremption courre a I'egard d'une saisie qui, comme celle

des creanciers de la sixieme serie, ne depIoiera ses effets

que plus de 11 mois apres son execution.

VIII. -

Dans sa reponse au recours de Betrix, Pirolet

140

Entscheidungen der Schuldbetreibungs-

concIut a confirmation du prononce de l'Autorite vaudoise de

sUrveillance. A l'appui de ses conclusions, il fait notamment

observer que, si le recours etait admis, Ia saisie serait pres-

crite le 7 fevrier 1898 et qu'il ne recevrait ainsi que les rete-

nues de deux mois.

Statuant sur ces faits et considerant en droit :

1. -

La jurisprudence des Autorites federales de surveil-

lance, se fondant sur les art. 116 et 121 LP., a pose en

principe que les salaires non encore acquis par le debiteur

peuvent etre saisis par avance pour une duree d'une annee

au plus des Ia saisie ou, en cas de participation de plusieurs

creanciers, des la derniere requisition de saisie (v. notam-

ment l'arret du Tribnnal federal du 9 decembre 1897, dans

Ia cause SeyIaz, consid. 2; de meme, la decision rendue le

8 mai 1894 par Ie Conseil federal sur le recours de Ia

Banque cantonale vaudoise: Archives de la pmtrsuite, III,

56).

Dans l'espece actuelle, la saisie du 14 mars 1896, a Ia-

quelle le recourant a participe, a porte sur un salaire qui

devait etre, jusqu'au 30 novembre de la meme annee, l'objet

de retenues au profit d'uu creancier auterieur. Bien que la

saisie eilt ete ordonnee le 14 mars 1896, elle ne pouvait done

devenir effective et aboutir ades preievements qu'ä. partir du

1 er decembre 1896.

2. -

La premiere question que souleve le recours actuel

est celle de savoir si Ie delai d'une annee, pendant lequella

saisie du 14 mars 1896 pouvait durer, doit courir des le

14 mars 1896, comme Fa declare l'Autorite superieure de

surveillance, ou des le 1 er decembre 1896, comme l'ont

estime I'office des poursuites de Nyou et l'Autorite infe-

rieure.

L'office considere que la saisie du 14 mars 1896 n'est pas

devenue effective avant le 1er decembre suivant, qu'elle a eu

jusqu'alors le caractere d'une saisie provisoire, que l'art. 118

LP. Iui est par conseqnent applicable par analogie et que,

partant, les delais de l'art. 116 LP. ne saurait courir a son

egard.

und Konkurskammer. No 22.

141

Ce point de vue ne saurait toutefois etre admis.

La saisie provisoire visee par l'art. 118 est uniquement Ia

saisie que, apres mainIevee provisoire, Ie creancier peut,

passe le delai de paiement, requerir en vertu de l'art. 83. La

loi federale sur Ia poursuite ne connait aucune autre saisie

provisoire. 01' Ia saisie de l'art. 83 ne presente aucune ana-

logie essentielle avec Ia saisie qui a ete ordonnee Ie 14 mars

1896 sur un salaire deja retenu.

La saisie visee par l'art. 83 est requise en vertu d'une

creance contestee et se fonde sur un droit dont l'existence

me me est douteuse. La saisie ordonnee Ie 14 mars 1896

supposait, au contraire, une dette liquide, un droit dont

l'exercice seul etait en suspens. C'est donc a tort que l'office

-et, apn3s lui, l'Autorite inferieure out cru pouvoir appliquer

a Ia saisie du 14 mars 1896 Ia disposition de l'art. 118.

L'Autorite superieure a admis a bon droit que le delai d'une

annee durant Iequel Ia saisie du 14 mars 1896 pouvait durer

devait courir des le jour meme de l'ordonnance de saisie.

3. -

Cette premiere question resolue, il y a lieu de se

demander si l'Autorite vandoise de surveillance a sainement

applique Ia loi en attribuant a Pirolet les retenues operees

des Ie 14 mars 1897.

01' il n'apparait pas que, sur ce point, le prononce cantonal

puisse etre maintenu.

Il est vrai que Ie systeme d'apres lequel les creanciers

qui presenterent leurs requisitions de saisie du 2 juin 1896

au 17 decembre 1896 ont ete admis a participer a la saisie

du 14 mars 1896 heurte Ia disposition de l'art. 110 LP.

Mais aucun des creanciers participants n'ayant recouru en

temps utile contre Ia formation d'une teIle serie, cette der-

niere est passee en force et ne peut plus etre modifiee au-

jourd'hui.

Toutefois cette serie irreguliere ne saurait, bien que defi-

nitive, donner au creancier Pirolet plus de droits qu'il n'en

aurait eu si Ies creanciers qui ont requis Ia saisie du 2 juin

1896 au 17 decembre 1896 eussent ete groupes reguliere-

ment en plusieurs series. Dans une formation reguliere des

142

Entscheidungen der Schuldbetreibungs-

series, la derniere serie eut compris les creanciers dont les

requisitions de saisie furent reQues les 4, 15, et 17 decembre

1896. Les salaires a futur pouvant, en cas de participation

de plusieurs creanciers, etre saisis pour une annee des la

derniere requisition de saisie (voir consid. 1 ci-dessus), cette

derniere serie aurait pu pretendre a ce que le salaire du debi-

teur lui fut attribue jusqu'au 16 decembre 1897. Le creancier

Betrix, dont la requisition de saisie a ete reQue le 4 decembre

1896 et qui eut fait partie de la derniere serie, est donc

certainement fonde ademander que les retenues operees

jusqu'au 30 novembre 1897 par l'office de Nyon soient sous-

traites a Pirolet.

Par ces motifs,

La Chambre des poursuites et des faHlites

prononce:

Le recours est declare fonde dans le sens des conside-

rants.

23. Arret du 25 janvier 1898,

dans la cause Office des pottrsttites d'Entremont et Luisier.

Art. 85 LP.; competence des Autorites de surveillance

ou des tribunaux '!

I. -

Sur requisition de Seraphin Luisier, represente par

l'avocat Evequoz, de Sion, l'office des poursuites d'Entremont

notifia un commandement de payer (poursuite N° 3226) a

Maurice-Damien Pellouchoud, a Villettes, ponr le montant de

200 fr., avec interet au 5 0/0 des le 30 mars 1890. La date

de ce commandement de payer ne peut etre precisee.

Le 10 juin 1897, le debiteur expedia a Evequoz par mandat

postalla somme de 120 fr.

Ayant reQu, le 5 juiUet suivant, l'avis de saisie (poursuite

N° 3226), Pellouchoud envoya en outre a l'office le montant

de 160 fr.

U. -

Le 12 juillet 1897, l'office d'Entremont adressa a

und Konkurskammer. No 23.

Pellouchoud, sur requisition d'Evequoz, un autre commande-

ment de payer (poursuite N° 3316) pour 261 fr. 25 c. et

accessoires, montant du sur une liste de frais;

Par mandat postal du 19 juillet, Pellouchoud fit parvenir

a l'office la somme de 192 fr. 90 c.

. III. -

Le 21 juillet 1897, l'office donna au debiteur quit-

tance pour les deux poursuites Nos 3226 et 3316.

IV. -

Evequoz avait avise l'office, en date du 14 juillet

1897, qu'il avait reQu de Pellouchoud la somme susmen-

tionnee de 120 fr., mais qu'il l'avait imputee sur la poursuite

N° 3316. Par lettre du 21 juillet 1897, Evequoz constata que

le prepose, faisant erreur dans le calcul des interets pour la

poursuite N° 3226, n'avait porte en compte que 2 fr. 75 c.

d'interet au lieu de 72 fr. 50 c. Evequoz concluait que Pel-·

louchoud se trouvait redevable de 69 fr. 75 c. sur la poursuite

N° 3226.

V. -

Par avis de saisie du 30 juillet 1897, l'office·

reclama a Pellouchoud cette somme et les frais, soit au total

72 fr., sur Ia pOUrsuite N° 3226. La saisie eut lieu le 4 aout

suivant.

VI. -

Pellouchoud ayant porte plainte contre ces pro-

cedes de l'office aupres de l'Autorite inferieure de surveil-

Iance, cette Autorite le debouta et statua que la saisie du'

4 aout suivrait son cours pour Ie solde du.

VII. -

Le debiteur renouvela sa plainte aupres de l'Au-

torite superieure de surveillance et conclut a ce que toutes~

les mesures prises par l'office d'Entremont dans la poursuite--

N° 3226 a partir du 7 juillet 1897, fussent annuIees.

A l'appui de ses concIusions, Pellouchoud soutenait que la

poursuite en question avait ete liquidee a la date du 7 juillet

par le paiement pour solde de 160 fr.

vm. -

Par decision du 29 decembre 1897, l'Autorite-

superieure de surveillance declara le recours fonde, annula

le prononce de l'Autorite inferieure, ainsi que tous les actes

intervenus dans la poursuite N° 3226 a partir du 7 juillet 1897

et mit les frais de ces actes a la charge de l'office et du.

creancier poursuivant.