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20_I_731

BGE 20 I 731

Bundesgericht (BGE) · 1894-01-01 · Français CH
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A. Staatsrechtliche Entscheidungen. L Abschllitt. Blmdesverfassnng.

termes de la disposition constitutionnelle susvisee, nne

mesure aussi serieuse, en elle-meme, comme dans ses conse-

quences, que celle privant un citoyen du droit d'etablis-

sement.

5° II nlsulte de ce qui precede qu'un senl delit grave est

constate a Ia charge du recourant; or comme l'etablissement

ne peut etre, conformement a l'art. 45 al. 3 pnkite, retire

qU'aux personues qui out ete punies a nmerees fois (wieder-

holt, dans Ie texte allemand), c'est a-dire deux fois au moins

pour delits graves, il s'en suit que les conditions d'application

de cette disDosition constitutiounelle ne se trouvent pas rea-

Iisees en ce' qui touche Ie recourant, et que l'arrete d'ex-

pulsion, soit Ie retrait d'etablissement pro nonce contre lui ne

saurait sub sister. C'est en vain, enfin, que pour justifier l'ar-

rete prefectoral, l'Etat. de Fribourg veut tirer argument du

fait que Ie recourant, en date dn 26 Janvier 1894 deja, aurait

declare par ecrit consentir, ensuite de la demande d'expulsion

emanee du Conseil communal, a ne plus fixer son domicile a

Romont, et s'engager a quitter cette Iocalite Ie 5 Fevrier

suivant. Le droit d'etablissement appal'ait en effet comme un

droit constitutionnel essentiel et primordial, au benefice du-

quel un citoyen ne saurait vaIabIement renoncer.

Par ces motifs

Le Tribunal federal

prononce:

Le recours est admis, et l'arrete pris par Ie prefet du

District de la Glane, Ie 3 Avril 1894, renvoyant Ie sieur

Richner du territoire de la commune de Romont et lui reti-

rant son permis de sejour, est declare nul et de nul effet.

lIl. Niedcr!assllug und Aufenthait. N° 113.

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113. Arret dlt 11 Octob1'e 1894 dalls la cause Haldemann.

Par arrete du 8 :Mars 1894, Ie tIepartement de Justice et

Police du canton de Geneve a expulse tiu territoire genevois

Ie sieur Louis Haldemann, ne en 1864 a Machilly (Haute-

Savoie), bourgeois d'Eggiwyl (Berne), ensnite de diverses

con damnations par lui subies pour coups et blessures.

Haldemann a, en effet, ete condamne soit par Ia Cour cor-

rectionnelle, soit par Ie tribunal de police:

Le 15 Fevrier 1888 a 10 francs d'amende pour bataille;

Le 27 Mars 1890 a 24 heures de prison pour bataille;

Le 28 Decembre 1890 a 8 jours de prison pour coups et

blessures;

Le 29 Avril 1891 a 5 jours de prison pour coups et bles-

sures;

Le 11 Janvier 1892 a 15 jours de prison pour coups et

blessures;

Le 23 Janvier 1894 a 6 mois de prison pour coups et bles-

sures.

Par requete du 25 Mai 1894, Haldemann s'est adresse au

Conseil d'Etat dn canton de Geneve, concluant a ce qn'il Ini

plaise rapporter et met,tre a neant Ie predit arrete d'expul-

sion, et lui faire delivrer un permis de sejour regulier.

Par arrete du 1er Juin 1894 Ie Conseil d'Etat a maintenu

et confirme purement et simplement l'arrete en question.

C'est contre cet an'ete confirmatif, ainsi que sur l'arrete

du departement susmentionne, que Haldemann recourt au

Tribunal federal conc1uant a ce qu'il lui plaise casser et

annnier Ie dit arrete et Ie mettre a neant. A l'appui de cette

conclusion, Ie recourant fait valoir en substance ce qui suit:

Des l'age de six ans Ie recourant vint avec sa mere habiter

Geneve; quelques annees plus tard cette derniere retourna

en France, confiant son fils a une tante, qui habitait egale-

ment Geneve. Vel's 1886 i1 obtint un permis d'etablissement

sous N° 32791, et il habita la ville de Geneve jusqu'a son

mariage en Juin 1892; c'est alors qu'il s'etablit a Vernier, et

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A. SLaaLsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung.

qu'il obtint un nouveau permis (l'habiter cette localite; sa

femme a toujours habite Vernier, oU. ses parents possMent

une petite propriete. Haldemann gagnant largemel1t sa vie et

celle de sa famille, et n'etant pas prive de ses droits civiques

par un jugement penal, il y a lieu seulement d'examiner si,

conformement a l'art. 45, al. 3 de la Constitution federale,

l'expulsion du recourant peut etre autorisee par Ie motif qu'il

aurait ete pUl1i a reiterees fois pour delits graves. Or, les

peines qui ont frappe Ie sieur Haldemann sont to utes de

minime importance. En ce qui concerne celle it 6 mois de

prison, a propos de laquelle un recours en grace a ete

adresse au Grand Conseil, ce recours a ete favorablement

accueilli par la Commission de grace, qui a estime que l'ex-

pulsion du recourant n'Mait pas justifiee. Une condanmation

a moins d'une annee de prison pour coups et blessures n'en-

traine pas, d'ailleurs. la privation des droits civiques. Les

effets de la grace accordee par Ie Grand Conseil ne peuvent

etre annules par une simple me sure de police. Enfin, depuis

sa sortie de prison, Haldemann s'est conduit d'une maniere

exemplaire.

Dans sa reponse, I'Etat de Geneve conclut au rejet du

recours. n estime que la gravite d'un delit est appreciee sui-

vant de nombreuses circonstances; qu'un delit peut etl'e

grave en lui-meme, qu'il peut l'etre par les circonstances qui

l'accompagnent, et enfin, par la situation du delinquant ou de

la victime. Or, dans l'espece les delits commis par Halde-

mann revetent un caractere tout special de gravite en raison

de sa conduite generale et de la frequence de ces delits; il

s'agit d'un homme violent, dangereux et absolument incorri-

gible; c'etait bien l'opinion de la Cour correctionnelle, qui l'a

expulse judiciairement. Si on ne peut considerer comme

grave un delit relevant du tribunal de police, il n'en est pas

de meme des delits qui sont dans la competence de la Cour

correctionnelle. La Commission de grace a diminue la peine

de Haldemann, non point par indulgence, mais parce qu'elle

a cm que l'expulsion etait iIlegaIe; or, cette Commission n'a

pas a apprecier la legalite des jugements des tribunaux.

III. Niedel"la:;sullg und Aufenlhalt. NQ 113.

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n resulte d'un rapport de la police de surete de Geneve,

que Ie Conseil d'Etat a joint a sa reponse, que Haldemann a

laisse de tres mauvais souvenirs aux Paquis, oU. il a ete eleve;

que son caractere est mechant, querelleur et emporte; qu'il

a frappe plusieurs personnes, meme ses patrons, a diiferentes

reprises, et qu'il a mordu Ie proprietaire d'une bicyclette,

dont il s'etait empare sans permission dans Ie courant de

l'annee 1888; qu'il a donne egalement a diverses autres· per-

sonnes des coups de couteau et de canne plombee. Halde-

mann est redoute de tous ses collegues pour sa canaillerie;

lorsqu'il est en col ere ou qu'il abu, il se fait une arme de

tout ce qui lui tombe sous la main; il est, en outre, un bra-

connieI' incorrigible, qui a ete declare maintes fois en contra-

vention. A Vernier, Haldemann a egalement une t1'es mau-

vaise reputation; il y est fort redoute ..

Slatuant sur ces faits et considerant en droit:

10 QueUe que soit l'importance qu'il faut ou non attribuer

aUK rapports des agents de la police genevoise, ils ne sau-

raient en tout cas etre consideres comme emportant la preuve

de la gravite, dans Ie sens de l'art. 45 de la Constitution

federale, des delits pour lesquels Ie recourant a ete condamne

a reiterees fois, soit a I' amende, soit a la prison.

Les coups et blessures, et batteries, delits qui ont motive

les dites condamnations, peuvent revetir, selon les circoIls-

tances, un caractere de gravite tres different, et il y a lieu, a

cet egaI'd, de les apprecier dans chaque cas particulier.

20 Or, s'il faut conceder que, d'une maniere generale, de

simples contraventions de ces chefs, rentrant dans la compe-

tence des tribunaux de police, ne constituent pas des delits

graves dans Ie sens de Ia disposition constitutionneHe SU8-

visee, il n'en est pas de meme Iorsque les actes en question

ont fait l'objet d'une repression par les tribunaux correction-

nels. D'ailleurs, et a supposer meme que la condamnation du

recourant a 6 mois de prison doive seule etre consideree

isoIement comme grave dans Ie sens susindique, il est incon-

testable que toutes les autres infractions commises parle

sieur Haldemann, alors meme qu'elles ne comporteraient pas

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A. Staatsrechlliche Entscheidungen. l. Abschllltt. Bundesverfassung.

la meme gravite, empruntent au fait meme de leur frequence

un caractere particulierement serieux, de nature ales faire

rentrer sous la notion exigee par Part. 45 precite. Les faits

nombreux qui ont determine les condamnations repetees du

sieur Hahlemann sont l'indice evident du caractere violent et

dangereux du recourant, et les circonstances que la paix et

l'ordre publics se trouvent constamment menaces par l'even-

tualite de la repetition des actes delictueux dont il s'agit, est

un motif d'une portee certainement suffisante, si on Ie rap-

proche de to utes les peines prononcees contre Ie recourant.

pour justifier l'arrete d'expuision contre lequel it s'eleve. El~

presence de la multiplicite et de la nature des infractions

dont il s'agit, il est indeniable que la decision dont est recoul'S

n'a pas ete prise en violation de l'art. 45, al. 3 de la Consti-

tution federale.

Par ces motifs,

Le Tribunal federal

prononce:

Le recours est ecarte.

114. Urt eit i,)0 m 25. Dtt06er 1894 in 6 ac9 e n

I!Uc9cn6er gcr.

A. urtebrtc9 %tfd}cu6crger, i,)on ®umi.§mafb,)l)urbe bom

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meinberat bon @roa ~ :.vietmt)(, mo

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aUft, i eft, unterm

17. ill?:ai 1894 au.§ gCllCll1nter @emeinbe aU.§gemiefen. 0:r rerur~

rierte t,iegegen an ben 1R.egierung.§r,tt be.§ stanton.§ £udern, Iuef~

cger jeboc9 untenn 15. Juni 1894 ben 1R.efur.§ a(.§ un6cgritnbet

a6mie.§, unb 31uar

geftu~t aUf bie 0:rll)iigungen, bau

naa)

~ht. 46

18.~5n. bie iniebedaffung bemienigen entaogen)l)erbcll

fonnc, bel' lucgen fc911.lCrCn 5nergct,cn.§ miebert,oit geric9tlt~ oejtntft

luorDen fei, unb

ba~ iJlefurrent im stanton %targau bn Jal)re

1892 luegen .iBetruge~ au 18 Wconaten Bud)tt,au.§ berut'teift un!>

gemii~ amtlict;,en 18efd)einigungen QUc9 in ben .ffantonen -'Sent

unb 2uaern gerid}tHdj tiefhctft \uurbe.

m. Nieder/assul1;j nnd Aufellthalt. No 114.

735

B. @egen biefen 0:ntfd)eib erWirte 'lUd)enoerger ben ftaat.§red)t~

Hcgen 1R.efur.§ an

ba~ 18unbe~geric9t, [nbem er %tufl)eoung

ge~

nannten 0:ntfcgeibc.§ oeantragte. Bur 18cgrunbung fUl)rt er an:

%trL 45 18.~5n. 6eatet,e fic9 mtr aUf trtmineUe 5nerget,en; megett

folc9cr fei aoer 1R.efurrent nic9t 6effraft morben. Uoert,au:pt ieten

fetne 5nerget,elt \,)on ben 18ct,orben nic9t a(.§ fc9mer 6eaeic9net

morben, inbcm

ftet~

ill?:t(bemng~grunbe \.lorlagen; tm stanton

%tCtrgau fob ann fet cr, obn)ot,f \.lor6eftraft, 6egnabigt morben,)l)~

6ei einem fc9nmen, mit 5noroebac9t 6egangenen 5nerget,en nic9t

i,)orgefommen miire. :.vcr @emcinbemt \.lon

@roB~:.viet\ul)r t,iitte

Ci,)entucU, ba bemfel6en bte fragHd)en 5nergct,en 6efannt luaren,

il)m ntc9t bie l!fu.§luei.§lc9riften aoncf)mcn foUen, u. f. m.

C. :.ver 1R.cgierung.§mt be.§ stanton.§ £uaem 6eantrQgt ~{6\1)ek

lung be.§ 1R.efurfe.§, inbem er au.§ful)rt: @emiit %trt. 45 18.~5n.

tonne bie 91teberlajfung

bemjenigen

\.)ermeigert ober entaogcn

mcrben, bel' ftc9 infolge

eine~ ftrafgeric9Hicgen UrteiW nic9t 1m

18efi~c bel' MrgcrIic9cn ~l)ren unb 1R.cc9te 6efinbet. Bcun fei me~

tuncnt unterm 24.,3uni 1892 \.lom iBc3irf~geric9te 1R.t,etnfeIbett

luegen

iBetruge~ au 18 illconaten

3udltt,au~ftmfc berurteilt

unb bieie£l

~rfenntni£l \.lom aargauifcgen D6ergeric9te 6eftittigt

morben. 91ac9bem bann 1R.efurrent 31Uei :.vritteiIe feiner ®trllfe

aogejefiw, fet

er tm %tuguft 1893 auf 'illol){l,)ert,aHen l)in

6ebingt cntfaffen morben.

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be.§

aargauifd)cn

®tr\'[fgefe~e~ fei nun ble 5nerurteUultg 3U einer BUd)tt,aU0fblfe

l)on 1R.ec9t.§megen mit bem 5nerIuft bel' 6iirgedidlCn

~t,rell aUf

£eoen.§aeit i,)er6unben. ~ine 1R.ct,aoHitatiolt fonne aUerbing~ erfof~

gett, boc9 bilrfe eln 6eauglicge.§ ®efuc9 erft brei Jat,re lllld)

erfolgter 6ebingter ~reHaffung geiteUt merben, unb fei biefe ~rift

in casu noc9 nic9t tlerfhic9cn. %tlc9cnilcrger t,aoe fic9 alfo aur

Belt ber %tu.§\ueifung tnfolge eine.§ ftrafgeric9tHc9en Urteile.§ nic9t

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~eft~e ber 6urgerIicgell

~Rec9te unb 0:t,ren 6efunbell. :Daau

fomme aoer noc9, ba~ berfelue, uuser tm stanton %targau, QUc9

nod) anbermeitig miebert,oft 6efhaft 11.lorben lei, fo

\.lon ben

~(ffifen be.§ III. oernifcgen @efc91tlOreltenbC3irfe~, !.lom ®tattt,aUer~

antt ®ilIifau luegen Ubertretung be~ 5neroot.§ oetreffenb 2otterie,

lucgen 5nerget,en.§ gegen bie 6ittHc9teit, 1C. 0:nbUc9 fonne mlllt

QU~ \.lerfc9iebencn Umftemben fc9fiej3en, ba~ £0 mit ber 1R.calitiH