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I, :
I,
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A. Staatsrechtliche Entscheidungen. H. Abschnitt. Bundesgesetze.
funenten oie ~ntfaffung ertgetrt roeroen. Illn feiner ~j1id)t, für
oie l.lergangene Bei! oie smUitärpj1id)terfa~fteuer au beaa9fen, rotr))
buburd), roie geiagt, nid)t~ geünbert, wogegen afferbtngi$ mögrtd)
tft, ba~ oie t9atfiid)rtd)e IReaHfirung bieier q5flid)t auf eld)roterig~
feiten ftoflen fönnte. :nic~ tft aber natüdtd) red)tHd) l.loUftiinoig
uner9coUd) unb eiS mag
übrigen~ bemerft werben, bas fofd)e
(0d)roierigfeiten rocfentnd) etnfad) bie Sfonfequena
be~),)on bel'
fd)aff9aufenfd)en @cmetnbemit bem ~ürgened)te getriebenen ~anbe(i$
bJiiren, bie ~ofge bcr lSerfd)ad)erung bei$ ~ürgened)te$ an 3e~
manben, ber offenbar nid)t gewillt roar, in :t9at unb m5a9r9cit
oie IRed)te unb ~j1id)ten einc$ fd)roeiaerifd)en ~ürgeri$ aUi$auüoen
unb auf fid) au ne9men.
:nemnad) 9at ba$ ~unbe§gerid)t
erfannt:
:nie ~efd)werbe i1>lrb a(§ begrnnbet ertriirt unb ei$ roirb bem;::
nad) bie ffi:egierung bC$
Sfanton~ eld)aff9aufcn eingelaben, Me
~ntlaffung be~ IRerurrenten
alt~ bem Sfanton$;:: unb @emeinbe~
bürgened)te aU$3uhmd)en.
III. Fabrik- und Handelsmarken.
Marques de fabrique.
71. Ar/'et dtt 18 Juiltet 1890 dans let cause .Halis.
Sous date du 13 Mars 1890 la Chambre d'instruction du
canton de Geneve a ordonne, en conformite de l'art. 188 du
code d'instruction penale, que sieur Hippolyte Malis fftt ren-
voye devant la justice correctionnelle, siegeant avec le
concours du jury, pour y etre juge comme prevenu :
» 1
0 D'avoir posterieurement au 2 Juillet 1889, a Geneve,
:t dolosivement contrefait la marque de fabrique Bock & Cie
» de la maison Henry Clay et Bock & Cie, marque enregis-
')} tree au bureau federaI pour les marques de fabrique a
III. Fabrik- und Handelsmarken. N° 71.
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» Berne, le 27 Juin 1889, dont l'enregistrement a ete pubIi6
» dans la fi'e'uille suisse du cornrnerce le 2 Juillet 1889,-
» infraction soit delit prevu et puni par les articles 18, let. a,
» 19, 20, 22 de la loi feclerale du 19 Decembre 1879 concer-
» nant la protection des marques de fabrique et de com-
» merce;
» 2° D'avoir, posterieurement au 2 Juillet 1889, a Geneve,
» dolosivement vendu, mis en vente ou en circuIation des
» cigares en caissons revetus de la marque de fablique Bock
" & Ci" de la mais on Henry Clay et Bock & Cie, marque
» enregistree, ... sachant que cette marque etait contrefaite,
» -
infraction soit delit prevu et puni par les art. 18, let. d,
» 19,20,22 de la predite loi federale;
» 3° D'avoir, posterieurement au 26 Octobre 1889, a Ge-
» neve, dolosivement contrefait la marque de fabrique « La
» Flor de Henry Clay, » de la maison Henry Clay et Bock
» & Cie, marque enregistree au bureau federal pour les mar-
» ques de fabrique a Berne, le 21 Octobre 1889, et dont
» l'enregistrement a ete publie dans la Feuille officiellC'
» suisse du, cornrnerce le 26 Octobre 1889, -
infraction soit
» deIit prevu et puni par les art. 18, let. a, 19, 20, 22 de la
» loi federale precitee;
» 4° D'avoir, posterieurement au 26 Octobre 1889, a Ge-
» neve, dolosivement vendu, mis en vente ou en circuIation
» des cigares en caissons revetus de la marque de fabrique
» sus-indiquee « La Flor de Henry Clay, » etc., -
infraction
» soit delit prevu et puni par les art. 18, let. d, 19, 20, 22
» de la loi federale preciMe. »
Par memoire du 21 Mars 1890, sieur Malis a declare re-
courir contre cette ordonnance pour violation de droits qui
lui sont garantis par la loi federale qu'elle invoque et de-
mande : « Plaise au Tribunal federal la mettre a neant, de-
» bouter tout contestant de toutes conclusions contraires et
» le condamner aux depens.» A l'appui de cette concIusion,
il fait notamment valoir ce qui suit :
I. En ce qui conccrne la rnat'qu,e de Bock & aB. L'action
penale pour soi-disant contrefa~on ou usurpation de marque·
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A. Staatsrechtliche Entscheidungen. 11. Abschnitt. Bundesgesetze.
ne peut ~tre exercee que sur la plainte de Ia partie lesee
(loi federale, art. 20); or cette marque a ete enregistree
comme propriete de Bock & Cie, fabricants a la Havane (lle
de Cuba); donc une action penale pour usurpation de marque
n'aurait pu etre exercee que sur plainte de Bock & Cie. Mais
tel n'est point le cas dans l'espece, car aucune plainte n'a
etedeposee par Bock & Cie, aucune transmission de cette
marque a qui que ce soit n'a jamais ete ni enregistree1 ni
publiee. En effet, la mais on Bock & Cie n'existe plus et la 80-
dete Henry Clay et Bock & Oe, seule plaignante, n'a pas ac-
quis la propriete de la marque Bock & Cie, ni l'entreprise
dont cette marque sert a distinguer les produits; en tout
cas, elle n'a jamais justifie de cette double transmission (loi
federale, art. 9 et 16; reglement d'execution, art. 12), comme
elle ne l'a jamais fait enregistrer ni publier a son profit (loi
federale, art. 9 et 16). En consequence, toute action penale
pour usurpation de la marque Bock & Cie exercee de la part
de la 80ciete Henri Clay et Bock & Cie OU sur la plainte de
cette derniere constitue une violation des droits garantis au
recourant par la loi federale sur les marques de fabrique.
TI. Pour ce qui concerne la marque « La Flor de Hem'y
Clay. » TI n'y a usurpation de marque qu'autant qu'il y a
« marque.» TI n'y a «marque» dans le sens legal du mot
qu'autant qu'elle existe en conformite et sous la protection
de la loi. Tel n'est point le cas; donc il n'y a jamais eu dans
l'espece usurpation de marque. Aux termes de l'art. 12 de la
loi federale, l'enregistrement d'une marque a lieu aux risques
et perils du requerant. En outre, l'enregistrement d'une
marque emanant d'industriels et commer<.<ants etablis hors de
Suisse n'est autorise qu'autant :
10 Que ces industriels sont etablis dans un Etat avec lequel
la 8uisse a une convention de reciprocite (loi federale, art. 7;
reglement d'execution, art. 4);
2° Que ces industriels fournissent au surplus la preuve
-officielle que leur marque est suffisamment protegee au lieu
de leur etablissement (ibid.) Or, d'une pm'!, les pretendues
marques invoquees sont, selon leur enregistrement, des mar-
III Fabrik- und Handelsmarken N° 71.
ques emanees d'un pays avec lequel la 8uisse n'a aucune
convention de reciprocite, l'ile de Cuba etant un territoire,
colonie ou possession d'outre-mer, qui ne beneficie pas des
traites que l'Espagne a signes ou auxquels cette derniere a
accede. (V oir les art. 8 et 10 du traite de commerce entre la
Suisse et l'Espagne du 14 Mars 1883.) D'mtl1'e part, les plai-
gllants n'ont jamais fourni la preuve officielle que leur pre-
tendue marque est suffisamment protegee au lieu de leur eta-
blissement. En consequence, ces pn3tendues marques sont
inexistantes au point de vue legal et juridique, et toute action
penale quelconque, basee sur ces marques, est irrecevable et
mal fondee. En se retranchant deniere le fait materiel de
l'enregistrement de la marque et en se refusant a examiner
son im3gularite et invalidite, la Chambre d'instruction a
consacre une violation des droits garantis aux tiers par la loi
federale sur les marques de fabrique.
Le president du Tribunal federal ayant ecarte le 22 Mars
1890 une requete du recourant en suspension de l'execution
de l'ordonnance sus-rapportee de la Chambre d'instruction
cantonale, par arret du 26 meme mois la Cour de iustice
correctionnelle de Geneve, -
vu le verdict affirmatif du Jury
sur les quatre chefs de prevention reteuus par la Chambre
d'instruction, ainsi que les art. 18, let.. a et d, 19,20,22 de
la loi fec!erale plusieurs fois repetee et les art. 411 et 412 du
code genevois d'instruction penale, -
a condamne sieur Malis
a la peine de quinze jours d'emprisonnement, a 2000 fr. d'a-
mende, a payer avec interets de droit aux parties civiles la
somme de 5800 fr. a titre de dommages·interets pour n3para-
tion du prejudice qu'il leur a cause depuis l'enregistrement
de leurs marques en Suisse. Elle a, en outre, ordonne la
confiscation des objets saisis a compte ou a concurrence des
dommages-interets et de l'amende, la destruction des mar-
ques illicites, des emballages ou enveloppes munis de teIles
marques, ainsi que des instruments et ustensiles specialement
destines a la contrefa<.<on, la publication de son arret. dans
trois journaux du canton de Geneve, dans trois du canton de
Vaud et dans trois de la Suisse, etc.
XVI -
1890
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504
AStaatsrechtliche Entscbeidungen. If. Abschnitt. Bundesgesetze.
Contre eet aITI~t sieur MaIis a dereehef declare par office
du lendemain 27 Mars et « sans prejudice a son recours
» contre l'ordonnance de 1a Chambre d'instruction elu
» 13 Mars 1890, dans lequel il persiste » recourir au Tri-
bunal federal et en demande l'annulation par les memes mo-
tifs deja enonces. TI ajoute: 10 que la Societe Bock & Cie
n'existe plus, que la Societe Henry Clay et Bock & Cie est
une personne juridique completement differente et distincte
de la precedentei 20 qu'il denie de la maniere la plus absolue
tout fait dolosif de contrefa~on ou de vente.
Dans leure reponses des 1 er et 5 avril derniers, les par-
ties civiles savoir la societe Henry Clay and Bock & Cie, en
tant que de besoin Bock & Cie, soit Gustave Bock a la
Havane, ont conelu : au principal : plaise au Tribunal federal
declarer le recours irrecevable, tout ce qui concerne la pour-
suite penale etant reste dans le domaine cantonal; subsidiaire-
ment, au rejet du recours comme non fonde en droit.
TIs fondent cette derniere conclusion sur les considerations
ci-apres :
A. La loi federale invoquee ne garantit qu'un droit, celui
de la protection a toutes les marques de fabrique qui sont
acceptees par le Departement federal du commerce, soit le
bureau fec!eral de la propriete intellectuelle et sont enregis-
trees par lui. Elle ne garantit pas et ne saurait garantir des
droits a ceux qui contrefont ces marques. Malis, qui reconnait
avoir contrefait les marques Bock & Cie et la Flor de Henry
Clay, ne peut se pretendre garanti dans ses droits de contre-
facteur par la loi qui a justement pour but unique de pro-
teger les marques de fabrique contre la contrefa<;on. TI n'y a
eu, du reste, aucune violation de la loi. Les marques susindi-
quees ont ete enregistrees par le Departement federal du
commerce sur le vu des pie ces qu'il exige pour tous les enre-
gistrements et apres avoir constate que ces pie ces etaient
suffisantes. La Societe Henry Clay and Bock & Cie, dont le
le directeur-gerant qui a fait les deux enregistrements est
M. Jules Bock, proprietaire de la marque Bock & Cie, a si-
gnale le fait des contrefa<;ons Malls au procureur-general d e
I11. Fabrik- und Handelsmarken. N° 71.
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Geneve, lequel- estimant qu'il y avait lieu a poursuite, 130ur
arriver a la repression penale, -
a requis une information.
Malis n'a recouru ni contre cette decision du procureur-ge-
neral ni contre les ordonnances subsequentes du juge infor-
ll1ateur; il n'est donc plus recevable a un tel recours, les de-
lais etant expires. Tout a d'ailleurs procede conformement a
la loi federale sur les marques de fabrique et a la poursuite
penale genevoise et Malls n'est absolument pas fonde quant
a l'argument base sur le § 1 er de l'article 59 de la loi du
27 Juin 1874.
B. L'argument que le recourant cherche a tirer ensuite du
traite conclu entre la Suisse et l'Espagne le 14 Mars 1883
(art. 10) est sans valeur devant les termes de la convention
internationale pour la propriete industrielle conclue a Paris
le 20 Mars 1883 et surtout vis-a-vis de son art. 6. En effet, la
Societe Henry Clay and Bock & Cie est une Societe anglaise
ayant son siege a Londres, et la Grande-Bretagne a adMre a
la convention internationale le 6 Juin 1884; de plus, Gustave
Bock est de nationalite allemande, et l'Allemagne et la Suisse
s'aceordent reciproquement la protection des marques de fa-
brique de leurs ressortissants. Il est a noter que d'apres les
art. 5 de la 10i federale de 1879 et 8 de la convention inter-
nationale les marques de fabrique deposees doivent etre pro-
tegees egalement comme raisons de commerce. Le Depar-
tement federal du commerce est, sauf recours a l'autorite
administrative superieure, souverain pour statuer si une
marque de fabrique et de commerce a et8 regulierement (le-
posee et cloit etre enregistree, c'est-a-dire protegee par Ia
loi; 01' le Departement a constate qu'iJ etait satisfait aux
prescriptions, art. 7, auxquelles sont soumises les marques
etrangeres, puisqu'il a autorise les enregistrements et leur
publication qu'il devait refuser sans cela, et les tribunaux
cantonaux charges d'appliquer la loi selon leur procedure
se trouvent par consequent devant une deeision parfaitement
precise du pouvoir federal, a laquelle ils doivent se soumettre.
Au demeurant, si Malis pretend que l'enregistrement des
marques Bock & Cie est irregulier, c'est contre la decision
506
A. Staatsrechtliche Entscheidungen. II. Abschnitt. Bnndesgesetze.
du Departement prenomme qu'il doit recourir et c'est en re-
gard d'elle qu'il aurait du faire ordonner la radiation des
marques deposees. (Art. 23 cit.) Sans valeur est enfin la
conclusion qu'il eherehe a tirer du fait que « Bock & Cie
n'existe plus, » attendu que le proprietaire d'une marque de
fabrique et d'une raison dont l'em'egistrement a ete accepte
et auquel la protection de la loi a ete accordee peut toujours
faire valoir de la maniere la plus large et par tous les moyens
possibles ses droits a la protection contre la contrefagon,
tant que la marque n'est pas radiee ou que la cloture des
droits constitues par l'enregistrement n'excMe pas quinze
ans. (Art. 8 eit.)
Par office du 2 A vril 1890, le pro eure ur-general de Geneve
se joint, en substauce, aux conclusions des parties defende-
resses au recours. Il soutient que ce dernier est irrecevable
soit en tant que recours de droit penal, parce qu'il ne rentl'e
dans aneun des cas prevus par les art. 32 a 55 de la loi sur
l'organisation judieiaire federale, soit en tant que recours de
droit public, parce qne sieur Malis ne peut pretendre en sa
qualite de contrefacteur a la garantie d'aneun des droits ga-
rantis aux particuliers par la constitution ou la Iegislation
federale et les marques dont il s'agit ont du reste ete regu-
lierement deposees, enregistrees et pubIiees, d'autre part, le
traite de commerce de 1883 entre la Suisse et l'Espagne
n'a pas ete viole. En effet, loin de meconnaitre un droit ga-
ranti par le traite a une maison espagnole, les jugements
dont est reeours ont accorde a une maison de commeree
etrangere le traitement de Ia nation la plus favorisee. Au sur-
plus, l'art. 10 du traite garantit aux Suisses les memes avan-
tages que ceux qui sont accOl'des aux ressortissants de la
nation Ia plus favorisee et l'art. 7 de Ia loi federale de 1879
garantit aux maisons de commerce etrangeres les memes pro-
tections qu'aux maisons suisses, pourvu qu'il yait reciprocite.
Snr nouvelle requete du reeourant et par mesure provision-
nelle du 3 A vril dernier, le president du Tribunal federal a
ordonne la suspension de l'anet attaque de la Cour de jus-
tiee eorreetionnelle jusqu'a prononee du Tribunal federal sur
III. Fabrik- und Handelsmarken. N° 71.
~ 507
le recours. De son eote, le president de la Cour de cassation
de Geneve a repondu sous date du 13 Juin a un office y re·
latif du juge delegue a l'instruction du reeours « qu'il n'a pas
» l'intention de faire statuer sur le pourvoi fait devant dite
) Cour par Malis le 28 Mars dernier avant que le Tribunal
» fedelal n'ait prononce. »
Statua,nt S'ur ces faits et considemnt en dToit :
10 Les pal'ties defenderesses au reeours opposent preli-
minairement a ce dernier deux fins de non-recevoir qui
consistent a dire; d'une part, que la poursuite penale etaut
demeuree exclusivement dans le domaine cantonal, le Tri-
bunal federal n'a pas qualite pour revoir l'ordonnance et
l'arret dont il s'agit et, d'autre part, que sieur Malis aurait
dil recourir, -
dans les delais, - a l'autorite cantonale supe-
rieure de la deeision du procureur-general requerant infor-
mation sur les contrefagons denoncees. Ces exeeptions ne
sont point fondees. Ainsi que le Tribunal federaIl'a deja de-
clare a plusieurs reprises (voir entre autres les arrets des
11 Fevrier, 3 Juin et 29 Decembre 1876, 26 Octobre 1883 et
26 Juin 1885; Rec. off., TI, p. 118,196 et 509; IX, p. 474 ss.;
XI, p. 136), le recours de droit public peut etre forme contre
des jugements eantonaux de l'ordre penal aussi, pourvu qu'il
ait a sa base la violation soit d'un droit garanti par la consti-
tution, la legislation federales ou la constitution cantonale, soit
d'un traite avec l'etranger (art. 59, let. a et b de la loi sur
l'organisation judiciaire federale), ce qui est precisement le
cas dans l'espece. Le recourant allegue en effet une violation
et de la loi federale concernant la pl'otection des marques
de fabrique et de commerce du 19 Decembre 1879 et du
traite de commerce entre la Suisse et I'Espagne du 14 Mars
1883.
Quant a l'autre exception, il va bien sans dire que le fait
d'avoir omis de recourir, au cantonal, contre la decision sus-
indiquee du procureur-general ne pouvait, a lui tout seul,
priver sieur Malis du droit de conclure a liberation de la
plainte devant le juge penal par le motif que la loi federale
qu'on Iui reprochait d'avoir enfreint n'etait pas applicable aux
I
i.
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508
A. Staatsrechtliche Entscheiuungen. lI. Abschnitt. Bundesgesetze.
violations mises a sa charge. Le present recours n'est d'ail-
leurs pas dirige contre dite decision du procureur-general
mais contre l'ordonnance de renvoi de la Chambre d'instruc~
tion et l'arret de condamnation de la Cour de justice correc-
tionnelle.
2
0 Le Tribunal federal devant donc se nantir du recours
il y aurait lieu d'examiner tout d'abord la question de savok
s'il peut etre rettu dans les conditions du cas particulier.
c'est-a-dire lorsqu'il s'agit d'un jugement penal rendu contrai~
rem~nt aux dispositions de la loi federale concernant la pro-
tectlOn des marques de fabrique . .Mais cette question a, elle
aussi, deja ete resolue par la pratique constante cle la Cour
dans le sens affirmatif, et il suffira par consequent de se re-
ferer iei purement et simplement aux principes developpes
dans les precedents arrets sur la matiere, notamment dans
celui du 26 Octobre 1883 en la cause Schärer & Cie. (Bec. off.,
IX, p. 474 ss.)
3
0 Le recourant croit voit avant tout dans l'arret qu'il at-
taque une violation de l'art. 7 de la loi feMrale precitee,
d'apres lequel « ne sont autoristls a faire enregistrer des
» marques etrangeres que les industriels et les commerQants
» etablis dans des Etats qui accordent aux Suisses la reci-
» procite de traitement, pourvu que ces industriels et com-
» men;ants fournissent en outre la preuve que leurs marques
» sont suffisamment protegees au lieu de leur etablissement. »
TI pretend que la premiere de ces conditions ne se verifie
point en l'espece, attendu que rlle de Cuba, et partant la
Havanne, n'est pas un territoire compris dans le nombre de
ceux qui beneficient de la Convention internationale pour la
propriete industrielle du 20 .Mars 1883. Cette objection ne
saurait toutefois etre admise en presence des declarations
categoriques faites a ce sujet, sur requete du juO'e deIegue a
:'instruction du re co urs, par le bureau federal de la propriete
mtellectuelle et par le bureau international de l'Union de la
propriete industrielle, a Berne. II appert en effet de ces de-
clarations,. en date des 12, 17 et 18 Juin derniers, que « les
» possesslOns espagnoles de CubaJ de Puerto Rico et des
III. Fabrik- und Handelsmarken. No 7.1.
509
» Philippines sont considerees comme faisant partie de 1'U-
'> mon, par le seul fait de l'accession de la Metropole, a la
'> suite d'une declaration faite dans ce sens par un des deIe-
:» gues espagnols a la Conference de Rome, dans la seance
» consacree a l'approbation des proces-verbaux qui a eu lieu
» 1e 12 .Mai 1886. » (Voir proces-verbaux de la Conference
de Rome, p. 178.)
II en est de meme de l'autre objection tiree de ce que 1e
juge cantonal n'aurait pas exige des p1aignants la preuve offi-
delle que « leurs marques sont suffisamment protegees au
~ lieu de leur etablissement, » mais se serait contente d'alle-
guer que « 1e bureau federal de 1a propriete intellectuelle a
» procede a l'enregistrement de ces marques. » Le- fait lui-
meme de l'enregistrement opere suffit, a la verite, pour de-
montrer qu'il a eM satisfait a la condition susvisee de l'art. 7,
leg. eit., au moins jusqu'a preuve du contraire, laquelle preuve
n'a pas ete fournie en l'espeee.
TI ne saurait donc etre pretendu avec fondement que 1es
prineipes poses a l'art. 7, N° 2, de la loi federale du 19 De-
-eembre 1879, aient ete vioIes par l'arret dont ~st recours.
40 Le recourant invoque ensuite le second alinea de l'ar-
ticle 20 de dite loi pour en inferer qu'a teneur de cette dis-
position le juge cantonal n'aurait pas du s'occuper de l'action
penale exercee pour la marque Bock & Cie par la Societe
Henry Clay and Bock & Oe, celle-ei ne pouvant etre consi-
deree comme la partie Iesee par la contrefaQon d'une marque
qui a ete enregistree comme la propriete de· Bock & Oe
seuls et qui ne lui a jamais ete transmise en conformite de la
loi. A cet egard, il y a lieu de constater -
en fait -
que la
Societe Henry Clay and Bock & Cie adepose sa plainte
contre Malis pour contrefaQon des deux marques « Bock &
Cie» et «La Flor de Henry Clay,» que le representant de
Bock & Cie a declare en justice avoir reellement transmis la
premiere de ces marques a elite Societe et que le juge can-
tonal a prononce condamnation au profit de celle-ci, laconsi-
derant effectivement comme la proprietaire des deux marques
et partant comme partie plaignante pour toutes les deux. TI
11
1'\
; i
11
510
A. Staatsrechtliche Entscheidungen. H. Abschnitt. Bundesgesetze.
s'ensuit -
en droit -
que, loin de meconnaitre la condition
requise par la disposition legale sus-enoncee, le juge cantonal
l'a expressement envisagee comme remplie en regard de la
plainte portee contre Malis par la SocieM Henry Clay and
Bock & Oe. L'appel ä. cette disposition de la part du recou-
rant n'a par consequent pas sa raison d'etre dans le cas par-
ticulier.
Quant a savoir si la Cour de justice a bien ou mal iuge en
fait, c'est la une question qui ne concerne pas le Tribunal
federal siegeant comme Cour de droit public et appeIe
comme tel a examiner uniquement si la loi federale dont il
s'agit a ou n'a pas ete respectee. (Voir hl-dessus les arrets
des 14 Fevrier et 25 Avril 1890 en les causes Eichenberaer
'"
et Hunzicker contre Lütscher & Cie, Vaissier contre Buchmann
& Cie, ainsi que celui deja cite du 26 Octobre 1883; Rec. off.,
IX, p. 477, const 7.)
50 Le recours s'appuie enfin aux art. 9 et 16 de la loi fede-
rale de 1879, aux termes desquels «la transmission d'une
}) marque n'a d'effet, a l'egard des tiers, qu'apn3s l'enregis-
» trement et la publication de l'acte qui la constate » et « le
» bureau federal procedera, sur le vu d'une piece authen-
» tique, aux modifications resultant de la transmission pour
» l'enregistrement.» Cette deI'niere disposition ne sanctiou-
nant qu'une formalite a observer par le bureau federal }Jour
les marques de fabrique n'interesse aucunement les questions
juridiques soulevees par le recours. La premiere par contre
.
'
,
qUl concerne le droit a la marque et a sa protection et qui
s'applique sans conteste, en vertu de l'art. 2 de la Conven-
tion .inte.rnat~onale du 20 !fars 1883, aux marques etrangeres
aUSSl qm dOIvent etre protegees en Suisse, est tres impor-
tante pour la solution de ces memes questions.
. Le recourant pretend, en effet, qu'il n'y a pas ete satis-
falt, parce qu'il n'y a jamais eu d'inscription de la marque
Bock & Cie comme ayant ete transmise a la Societe Henry
~lay and;Sock & Cie. Sous ce rapport, il est constant que
1 acte certifiant la transmission necessaire pour etendre a la
marque Bock & Cie le droit a la protection et l'action pe-
HI. Fabrik- und Handelsmarken. NQ 71.
511
nale appartenant a dite Societe, n'a pas ete mis sous les yeux
du juge cantonal. TI n'aurait, au demeurant, pas meme pu
l'etre, puisqu'il resulte des renseignements officiels fournis a
la Cour de ceans qu'une inscription formelle de la transmis-
sion n'a effectivement pas eu lieu.
01' il est vrai qu'un re co urs de droit public contre un juge-
ment penal cantonal ne peut etre juge que d'apres les pieces
ayant figure au dossier soumis a l'autorite cantonale. (Voir
Rec. off., IX, p. 477, cons. 7.) TI est vrai egalement que sieur
Malis qui devant le juge informateur avait deja invoque les
art. 9 et 16, leg. cit., et conteste toute action penale a la So-
ciete Henry Clay and Bock & Ge, a omis de prouver qu'il n'y
avait pas eu de transmission reguliere de la marque Bock &
Cie, ce qu'il aurait cependant pu faire tres facilement par une
declaration y relative du bmeau fecleral a Berne.
TI est vrai enfin que 1'arret du 26 Mars 1890 ne disant
point que l'enregistrement de la mal'que en question s~us le
nom de son nouveau proprietaire n'etait pas neceSSaIre, le
Tribunal federal ne saurait admettre qu'il y ait eu de la part
du juge cantonal une violation expresse et directe du principe
statue arart. 9 precite.
Mais 1'arret ne dit pas non.plus si le juge cantonal a consi-
dere la transmission de la marque Bock & Ge a la Societe
Henry Clay and Bock & Cie comme ayant ete eftectivement
enregistree et publiee aBerne. Et sm ce point precisement
le recours apparait comme bien tonde.
Pour que la plainte portee contre Malis par la Societe
Henry Clay and Bock & Oe en contrefa<.{on de la marque
Bock & Cie put etre accueillie, il aurait faUu, -
en effet,-
que le juge cantonal eut constate ou admis expressement que
la condition exigee par l'art. 9, alinea 2, de la loi federale se
trouvait reellement accomplie. Tel n'etant pas le cas en l'es-
pece et la plainte de la Societe Henry Clay and Bock & Cie
ayant neanmoins ete re<.{lle par rapport aux deux marques,
force est de reconnaitre que le juge cantonal a viole par la le
principe inscrit au dit art. 9.
60 Cette conclusion ne saurait etre modifiee par la circon-
512
A. Staatsrechtliche EntscheiJungen. Ir. Abschnitt. Bunde sgesetze.
stance alleguee en procedure q ue Bock & Oie se sont joints a 1a
plainte de la 80ciete Henry Olay and Bock & Oie, car du mo-
ment que leur marque avait ete cedee a un nouveau proprie-
taire, Bock & Oie n'avaient plus qualite pour faire acte de pro-
prieM a son egard. Elle ne saurait egalement pas l'etre par
la circonstance que la raison Bock & Oie avait cesse d'exister
comme teIle et n'en' faisait plus qu'une avec celle de la 80-
ciete Henry Olay and Bock & Oie, la propriete de la marque
ne pouvallt plus etre exercee que par la raison nouvelle.
Oe qui precMe ne prejuge d'ailleurs en rien la question de
savoir si l'allcienne raison Bock & Oie a, cas ecMallt, le droit
de poursuivre sieur Malis pom concurrence deloyale, c'est-a-
dire pour avoir abuse de sa sigllatme. (Voir Kohler, Das
Recht des Markenschutzes, p. 298; Rendu, Traite des mar-
ques de fabrique et de la concurrence deloyale, Nos 83 a 86;
Pouillet, ibid., N° 137.)
70 L'arret donc est reconrs devant donc etre annuIe en
tant qu'il concerne la marque Bock & Oie, il doit l'etre dans
son ensemble; il prononce, en effet, une seule et meme
condamllatioll pour la contrefar;on et la vente des deuxmar-
ques. 11 y acependant lieu de reserver les poursuites pellales
a l'egard de la marque Henry Olay alld Bock & Oie, qui a ete
enregistree et publiee SOUS le nom de cette societe.
Par ces motifs,
Le Tribunal federal
prOllonce :
Le recours est partiellement admis et l'arret rendu par Ia
Cours de justice correctionnelle du canton de Geneve le
26 Mars 1890 est annuIe dans ce sens que les poursuites pe-
nales contre le recourant ne pomront avoir lieu que relative-
ment a la contrefagon et a la vente de la marque deposee
par la maison Henry Olay and Bock & Oie au bureau federal
pour les marques de fabrique le 21 Octobre 1889.
I. Uebergrilf in das Gebiet der richterlichen Gewalt. N° 72.
513
Dritter Abschnitt. -
Troisieme section.
Kantonsverfassungen. -
Constitutions cantonales.
I. Uebergriff in das Gebiet der richterlichen
Gewalt. -
Empietement
dans le domaine du pouvoir judiciaire.
72. Urtl)eil tlom 13. €le:ptemßer 18\JO in 15 ad)en ~roger
A.,~. ~. ~roger, a"üUer in 'll:p:penaeU, l)atte ßei ber €ltanbe~~
fommiffion beß Jtanton~ 'll:penaeU,3nner~iR90ben baß @efud) ge~
fteUt, e~ möd)te il)m bie ~ntrid)tung bel' 1887ger unb 1888ger
15taQt~:o unb ~h'tltenfteuer tlon bel' WCül)le in 1R;a:p:pifau erraffen
merben ba mäl)renb biefer,3al)re ba~ Dojeft für il)n, megen 'llß"
6rud)~ 'be~ WCül)regeßäube~ attm 3mecfe eineß lJCeu6aue~, grö~ten~
tl)ei1~ ntttlo~ gemefen fei. :!Jie ~tQnbe~fommiifion 6efd)fo~ inbe~
am 28. 1je6ruar 1890: ~~ tei tlon
~roger bie 15taat~" unb
'llrmenfteuet: ~ro 1887 unb 1888)Jon bel' WCül)le in 1R;a:p~ifau
)Jon bel' gan3en Jtatafterfd)a~ung a63ufül)ren unb omar in (tt~
wägung: 1/1.
:!Ja~ burd) 'll66rud) ber WCül)fe
6i~ 3u bere!l
)IDibernufßau ref~eftitle ~etrieß nid)t baiS ganal' inß Jtatafter aut"
genommene Dßjeft für ~roger nu~(o~ mal', fonbern ein 6ebeu:o
tenber stl)eil 'roie s;,au§, ~äcferei unb iRemife ftet~fort tlon t9m
ßenu~t merben fonnte. 2. 1R;eUamationen, bt: Jtatafterfc'f)a~~ng. ße~
treffenb, iebe~,3al)r tlor ober 6ei ber 1R;egu(trung b~rd) bte l)t:3U
6efteUte Jtommiffion bei fe~terer anauoringen unb f:pater nad) ot§"
l)erigem >nerfal)ren nid)t mel)r ßcrücfflc'f)tlgt werben
fön~en.1I
?Sroger l)atte bie €lteuer für 1887 be3al)It, bagegen)Jemetger;e
er bie ~eaal)(ung bel' (Steuer für 1888. unb er~irfte, al~ er ~r
biefeThe im ?fiege bel' S)Ronatßred)t~an3elge ßetrteßen 'rourbe, beIm
18ermittleramt 'll:p:pen3eU 1R;ed)t§tlorfd)lag. :!Jte 15tanbe§tommiffion
l)oß inbef; burd) ~efd)fu\3 tlom 28. WCni 1890 ben
1R;ed)t~tlor"