Une réparation morale de 2'000 francs a été allouée à un policier victime dune luxation de lépaule subie lors dune intervention à loccasion dun match de football. La victime a dû suivre des séances de physiothérapie et a subi un arrêt de travail dun mois. En revanche la demande dindemnisation (notamment perte de gain, préjudice ménager, frais de transport) a été rejetée.
Volltext (verifizierbarer Originaltext)
A.
Le 24 octobre 2015, au stade de La Maladière, à Neuchâtel, la police a dû intervenir en raison déchauffourées entre des supporters de Neuchâtel Xamax et ceux du FC Schaffhouse. À cette occasion, X., caporal de gendarmerie, a été bousculé par un supporter schaffhousois sans quil nait le temps de se défendre et a été blessé à lépaule. Après sêtre rendu aux urgences de lHôpital Pourtalès, une luxation de lépaule gauche a été diagnostiquée. Il a dû porter un corset pendant deux semaines et suivre un traitement médicamenteux à base dantidouleurs et danti-inflammatoires. Il a débuté des séances de physiothérapie le 16 novembre
2015. Le dossier pénal fait état dun arrêt de travail à 100% du 13 novembre 2015 au 13 décembre 2015. (D 131).
À la suite de la plainte pénale de X., trois personnes ont comparu devant le Tribunal de police. Toutefois, aucune delles na été reconnue comme étant lagresseur de X. de sorte que les conclusions civiles de ce dernier ont été rejetées.
B.
Par mémoire de son mandataire du 16 août 2017, X. saisit le Département de léconomie et de laction sociale dune demande de réparation morale et dindemnisation en application de la LAVI. Il indique que, à la suite de la luxation de son épaule, il a été placé en arrêt de travail à 100% du 24 octobre jusquau 13 décembre 2015 et quil a dû suivre des séances de physiothérapie trois fois par semaine du 16 novembre 2015 à la reprise de son activité. Il invoque une perte de gain, à hauteur de1'151 fr. 70, liée à une activité accessoire quil na pas pu exercer pendant son incapacité de travail. Il requiert également lindemnisation de frais de transport chez les divers médecins quil estime à300 francsainsi quun dommage ménagé, découlant du fait quil na pas pu, pendant son incapacité de travail, se consacrer à la tenue de son ménage, dommage quil fixe à7'348 fr. 32. Le requérant demande également une indemnisation pour lassurance de sa voiture (383 fr. 50) et celle de son scooter (23 fr. 50), ainsi que pour le leasing de sa voiture (1'982 fr. 85), au motif quil na pu utiliser ses véhicules pendant la période considérée. En outre, il allègue navoir pas pu se rendre à son fitness en raison de ses blessures pour lequel il a dû payer un abonnement, ce qui représente un montant de210 francs. Enfin, il indique avoir subi dimportantes douleurs et des problèmes de mobilité suite à la luxation de son épaule, ce qui a également restreint son mode de vie puisquil avait dû faire face à de nombreux problèmes organisationnels, son épouse étant fortement handicapée de la vue. Il réclame par conséquent un montant de3'000 francsà titre de réparation morale en application de la LAVI.
Dans son constat médical du 8 mai 2020, la Dresse B. indique que X., quelle avait vu en consultation en 2015, relève une diminution de rotation interne et externe de lépaule droite, de la sensibilité et de la force flexion des doigts et de la main droite, ainsi que du coude droit.
Considérant en droit :
1.
Aux termes de l'article 1 LAVI, toute personne qui a subi, du fait d'une infraction, une atteinte directe à son intégrité physique, psychique ou sexuelle a droit au soutien prévu par la loi. Selon l'article 2 LAVI, l'aide aux victimes comprend notamment l'indemnisation du dommage (art. 19 ss LAVI) ainsi que la réparation morale (art. 22 ss LAVI). La notion de victime ne dépend pas de la qualification de l'infraction mais exclusivement de ses effets sur le lésé. Il faut déterminer si, au regard des conséquences de l'infraction en cause, le lésé pouvait légitimement invoquer le besoin de protection prévu par la loi (ATF 129 IV 216).
En lespèce, le requérant a été victime de lésions corporelles simples et il ne fait aucun doute que celui-ci a qualité de victime au sens de la LAVI. Même si lauteur de linfraction na pas été identifié, la LAVI trouve application de sorte quil sera entré en matière sur la requête.
2.
Selon l'article 22 LAVI, la victime et ses proches ont droit à une réparation morale lorsque la gravité de l'atteinte le justifie; les articles 47 et 49 du code des obligations s'appliquent par analogie. Les délits de peu de gravité, tels que les voies de fait, qui ne causent pas de lésions, sont en principe exclus du champ d'application de la LAVI. En présence d'atteinte ne laissant aucune trace physique apparente, la distinction entre les voies de fait et les lésions corporelles est délicate et dépend de l'intensité des douleurs ressenties.
Avec la nouvelle LAVI entrée en vigueur le 1erjanvier 2009, le montant de la réparation morale a été plafonné à 70'000 francs pour la victime et 35'000 francs pour ses proches (art. 23 LAVI).
Le versement d'une indemnité LAVI pour tort moral se rapproche d'une allocationex aequo et bonoet justifie que l'on tienne compte de la situation dans son ensemble. Le large pouvoir d'appréciation reconnu à l'autorité d'indemnisation n'a comme principales limites que le respect de l'égalité de traitement et l'interdiction de l'arbitraire (cf. par exemple : ATF du 7 février 2002, 1A.169/2001). Pour ces motifs, le montant de l'indemnité pour tort moral ne saurait être calculé; il peut seulement être estimé. Il dépendra des circonstances particulières du cas.
Contrairement à la réparation civile qui tend à ce que le coupable "paie" une partie de sa faute en réparant le dommage qu'il a causé, le système d'indemnisation de la LAVI répond à l'idée d'un devoir d'assistance de la collectivité publique envers la victime (cf. ATF 129 II 312; ATF 128 II 49), et non pas à celle d'une responsabilité de l'État, lequel ne verse des prestations LAVI qu'à titre d'aide subsidiaire (Baumann/Anabitarte/Müller Gmünder,La pratique en matière de réparation morale à titre d'aide aux victimes, in: Jusletter 8 juin 2015, p. 3). Ainsi, les prestations LAVI n'étant qu'un acte de solidarité de la communauté (ATF 129 II 145, consid. 3.4.2), les principes de droit privé ne sont pas applicables sans autre. Il s'ensuit que si les montants alloués sur le plan civil ou pénal sont une indication utile pour l'autorité LAVI, celle-ci fixe le montant des réparations qu'elle alloue selon ses propres critères, et ce même si elle s'en tient aux faits du jugement civil ou pénal (cf. par exemple: RJN 2001, p. 228 et ATF du 31 mars 2005, réf. 1A272/2004, consid. 3). L'autorité n'allouera donc en principe pas une réparation morale plus élevée que celle octroyée sur le plan civil, la première étant au contraire généralement inférieure pour tenir compte des fondements susmentionnés de la LAVI (cf.Converset,Aide aux victimes d'infractions et réparation du dommage, Schulthess Éditions romandes 2009, p. 279-280, 324 ss;Baumann/Anabitarte/Müller Gmünder,op. cit. p. 3; Guide de l'Office fédéral de la justice du 3 octobre 2019 relatif à la fixation du montant de la réparation morale selon la LAVI, p. 3).
Le Tribunal fédéral a confirmé à cet égard que le plafonnement de l'indemnisation LAVI implique queles montants alloués en vertu de cette loi sont clairement inférieurs à ceux alloués selon le droit privé(ATF 1C_583/2016, du 11 avril 2017, consid. 4.3; cf. également PETER GOMM, in : Opferhilfegesetz, 3ème éd., 2009, n° 4 ad art. 23 LAVI); sans avoir voulu instaurer une réduction systématique et proportionnelle des montants alloués en vertu du droit privé, le législateur a fixé les plafonds environ aux deux tiers des montants de base généralement attribués en droit de la responsabilité civile (ATF précité 1C_583/2016, qui se réfère aux travaux préparatoires de la loi in : FF 2005 6744 s.). La fourchette des montants à disposition est ainsi plus étroite qu'en droit civil, les montants les plus élevés devant être réservés aux cas les plus graves (invalidité à 100%). Dans cet arrêt, le Tribunal fédéral a estimé que le facteur de réduction (qui peut être de l'ordre d'un tiers et aller jusqu'à 40% par rapport à l'indemnisation fondée sur le droit civil) est non seulement conforme au droit fédéral, mais quil est même imposé par celui-ci (ATF précité 1C_583/2016 consid. 4.4 et 4.5)
3.
Afin d'assurer la cohérence de la pratique de l'État en matière d'indemnisation accordée aux victimes d'infractions dans le respect de l'égalité de traitement, il convient de se référer aux décisions rendues dans des cas comparables. En effet, même si chaque cas est unique et doit être déterminé pour lui-même, puisque le tort moral touche aux sentiments d'une personne déterminée dans une situation donnée et que chacun réagit différemment face aux malheurs qui le frappent, la comparaison avec d'autres affaires analogues peut être un élément utile d'orientation (ATF 132 II 117, consid. 2.2.4; ATF 130 III 699, consid. 5.1).
Ainsi, les autorités fédérales et cantonales ont accordé les réparations morales suivantes dans des cas présentant certaines analogies avec la présente affaire :
-Une réparation morale LAVI de1'500 francsa été allouée à une agente de sécurité, fortement bousculée par un inconnu alors qu'elle examinait les boîtes aux lettres dans un immeuble; elle a heurté les boîtes aux lettres avec le visage puis et tombée. Outre quelques lésions physiques, la victime, sévèrement marquée sur le plan psychologique, a subi plusieurs semaines d'incapacité de travail et s'est réorientée professionnellement (causalité incertaine avec l'infraction) (décision du DEAS du 15 décembre 2017DECI.2017.68).
-Une réparation morale LAVI de1'500 francsa été octroyée à un homme victime d'une agression devant une discothèque. À cette occasion, il est venu en aide à l'un de ses amis qui se faisait rouer de coups alors qu'il était au sol et a à son tour reçu des coups qui ont conduit à son hospitalisation; le département des urgences a diagnostiqué une fracture de la mandibule avec lésions dentaires associées, qui a nécessité son transfert en Hôpital universitaire pour une prise en charge chirurgicale. La victime a été opérée à deux reprises. Les auteurs de l'infraction n'ont pas été identifiés (décision du DEAS du 6 octobre 2014 en la cause N.).
-Une réparation morale LAVI de1'500 francsa été octroyée à un contrôleur dans un train qui a été saisi par un passager qui l'a fait tomber, lui causant des lésions corporelles simples ayant impliqué : lésions des vertèbres cervicales, douleurs à la nuque et à la tête, un jour de soins hospitaliers, troubles anxieux et interruption de travail de plusieurs mois (avec perte demploi, causalité incertaine)(décision du 13 septembre 2011 de l'Autorité LAVI SZ,citée parBaumann/Anabitarte/Müller Gmünder,op. cit. p. 21, n° 16).
-Une réparation morale LAVI de1'500 francsa été octroyée à la victime dun inconnu layant tabassé et lui ayant causé une double fracture de la mâchoire inférieure, la perte dune dent, deux interventions chirurgicales (attelles bimaxillaires), une interruption de travail de 2 ½ mois à 100 % et 2 jours à 50%, avec état de choc et retour dimages)(décision du 23 mai 2014 de l'Autorité LAVI ZH,citée parBaumann/Anabitarte/Müller Gmünder,op. cit. p. 21, n° 19).
-Une réparation morale LAVI de1'500 francsa été octroyée à la victime d'une agression à coups de poings ayant provoqué diverses contusions, sans séquelles durables. Sur le plan psychologique la victime a été très affectée et a dû être suivie pendant près dune année par le centre LAVI (décision du DEAS du 12 mai 2017, DECI.2017.23).
-Une réparation morale LAVI de2'000 francsa été allouée à la victime d'un coup de pied pendant une bagarre, ayant provoqué une fracture de la cheville, deux interventions chirurgicales et nécessité l'emploi de béquilles pendant 12 semaines(décision du 28 octobre 2013 de l'Autorité LAVI AG,citée parBaumann/Anabitarte/Müller Gmünder,op. cit. p. 21, n°23).
-Une réparation morale LAVI de2'000 francsa été allouée à lagent de sécurité dun établissement public agressé à coups de poing et de pied par deux hommes à qui il avait interdit laccès. La victime a subi une commotion cérébrale avec fracture de lorbite gauche, des contusions oculaires, au coude, au sacrum et à lavant-bras. Elle a été en arrêt de travail pendant plusieurs mois (causalité incertaine), sans suivre de psychothérapie (décision du DEAS du 8 mai 2017, DECI.2016.72).
-Une réparation morale LAVI de3'000 francsa été allouée à un portier de discothèque victime d'une agression de la part de deux individus qui lui ont assené de nombreux coups et l'ont laissé inanimé au milieu de la chaussée (lésions corporelles graves). La victime a souffert d'un traumatisme crânien avec perte de connaissance, amnésie circonstancielle, douleurs de la mandibule et troubles de l'occlusion, nécessitant une intervention chirurgicale de la mâchoire et une hospitalisation d'une semaine. La victime, qui a été en incapacité de travail à 100 % pendant 6 semaines, a dû s'alimenter de nourriture liquide pendant 2 mois et a dû suivre un traitement psychologique pendant 5 mois (décision du 21.03.2012 de l'instance d'indemnisation LAVI GE).
4.
En loccurrence, le requérant a été victime dune luxation de lépaule gauche qui lui a valu un arrêt de travail à 100% jusquau 13 décembre 2015. Le certificat médical de la Dresse B. du 30 septembre 2015 indique que la physiothérapie a dû être effectuée depuis le 16 novembre 2015 sans que lon sache selon quelle fréquence et sur quelle durée. Il y a lieu de déduire du certificat médical du 8 mai 2020 que le requérant semble garder quelques séquelles dans la mobilité et la flexion du bras droit.
Le requérant ne fait pas état dune autre forme de suivi médical, notamment sur le plan psychique. Dans lappréciation de la réparation morale à fixer, il convient également de retenir, dans une certaine mesure, le risque inhérent au métier de policier qui expose immanquablement les gendarmes, spécialement formés pour gérer les situations difficiles, à de telles mésaventures. Tout bien considéré, compte tenu notamment de la gravité de linfraction, des conséquences de celle-ci, de la jurisprudence rendue en la matière et du rôle social de la LAVI, il sera alloué à X. une réparation morale de2'000 francsen application de la LAVI, sans intérêt (art. 28 LAVI).
5.
Sagissant de la requête dindemnisation, on relève ce qui suit.
Perte de gain
Le requérant allègue avoir subi une perte de gain de1'151 fr. 70due au fait quil na pas pu distribuer de la publicité dans le cadre de lactivité accessoire quil exerce le week-end pour lentreprise Epzilon. Toutefois, le requérant napporte, dans sa demande devant le Département pas plus que dans ses conclusions civiles déposées dans la procédure pénale, le moindre élément de preuve concernant ce poste du dommage. De surcroît, cette activité devait être assurée contre les accidents de sorte quune éventuelle perte de gain aurait dû être prise en charge par lassurance de son employeur. La requête sera rejetée sur ce point.
Frais dassurance et de leasing liés aux véhicules et frais de fitness
La requête est sur ce point particulièrement osée. On retiendra que les frais invoqués ne sont clairement pas en lien de causalité naturelle et adéquate avec linfraction subie, sans quil soit nécessaire de sétendre sur le sujet. Ces postes du dommage ne sauraient être indemnisés dans le cadre de la LAVI.
Préjudice ménager
Contrairement au droit de la responsabilité civile qui tend à lindemnisation de ce poste du dommage (dit normatif ou abstrait), lindemnisation selon la LAVI ne prend en compte que les dommages entraînant une diminution réelle du patrimoine de la victime. Ainsi, le législateur fédéral a considéré que le préjudice ménager ne doit être indemnisé en application de la LAVI que sil entraîne une perte effective pour la victime, par la nécessité dengager un auxiliaire par exemple (art. 19, al. 4 LAVI, Message du Conseil fédéral concernant la révision totale de la LAVI, FF 2005, 6736; Converset, op. cit., pp. 209-210). En loccurrence, le requérant nindique pas avoir dû engager des frais effectifs pour la prise en charge de son ménage de sorte que ce poste ne sera pas indemnisé.
Frais davocat
Depuis l'entrée en vigueur de la nouvelle loi le 1erjanvier 2009, la prise en charge des frais d'avocat ne peut être accordée qu'à titre d'aide immédiate ou d'aide à plus long terme (art. 13 LAVI et 5 OAVI). La victime d'une infraction ne peut dès lors plus prétendre au remboursement des honoraires dans le cadre de la procédure d'indemnisation, mais elle doit déposer une demande en ce sens auprès du centre LAVI (Arrêt de la Cour de droit public du 16.05.2017, CDP.2016.416; Converset, op. cit., pp. 195 ss et 205 ss). La demande sera par conséquent rejetée sur ce point également et le requérant est renvoyé à sadresser au centre de consultation LAVI.
Frais de transport
Sagissant des frais de transport que le requérant allègue avoir dû prendre en charge, ce quil nétablit pas, ceux-ci sont, aux termes mêmes de la requête, inférieurs au montant de 500 francs en deçà duquel aucune indemnité nest versée (art. 20, al. 3 LAVI).
Compte tenu de ce qui précède, la demande dindemnisation doit être intégralement rejetée.
À supposer que la demande dindemnisation soit fondée, la réparation du dommage aurait été quoi quil en soit sensiblement réduite compte tenu de larticle 20, alinéa 2 LAVI qui prévoit que lindemnisation est exclue lorsque les revenus déterminants de la victime dépassent le quadruple du montant LPC (cf. Converset, op. cit., p. 228), ce montant étant actuellement de 19'450 francs pour une personne seule soit, multiplié par 4, de 77'800 francs. On remarque sur ce point que le requérant sest montré particulièrement discret sur sa situation financière en renonçant notamment à déposer sa dernière taxation malgré la demande du service juridique du 9 août 2019. Il ressort néanmoins des fiches de salaire déposées que le revenu déterminant de lintéressé est proche montant précité de 77'800 francs, ce qui aurait impliqué de toute façon une très forte réduction de lindemnisation.
6.
En résumé, il sera alloué au requérant un montant de2000 francsau titre de réparation morale, toute autre prétention étant rejetée.
7.
Conformément à l'article 14 du règlement d'exécution de la loi d'introduction de la loi fédérale sur l'aide aux victimes d'infractions, les décisions en matière LAVI sont rendues sans frais ni allocation de dépens.
Par ces motifs, le conseiller d'état, chef du Département de l'économie et de l'action sociale,
décide :
1.Une réparation morale de2'000 francsest allouée à X., payable sur le compte bancaire de [ ].
2.La requête est rejetée pour le surplus.
3.La présente décision est rendue sans frais.
4.Il n'est pas alloué de dépens.
Neuchâtel, le 16 juin 2020
Jean-Nathanaël Karakash