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476 A. Staatsrechtliche Entscheidungen. 11. Abschnitt. Bundesgesetze.
gebet \1)o~l bei 'cen \')er'6otenen @ra'cen 'cer mlut\,)er\1)an'ctfd)aft 'cie
e1)did)e un'c auuere1)eHd)e,8eugung auf Die gleid)e Einie gefteUt
1)a'6e, 'cau 'cleu a'6er nid)t 'cer ffaff fet, \1)0 'cie meAie~ungen \,)on
~tiefenern unb ~tiefnn'cern in fftage tommen, fonDern ~ier 'cie
Unterfd)eibung \,)on e~end)et o'cer auum1)eHd)er,8eugung affer~
bingS gemad)t lUer~ ben müffe. Un'c eS liege aud) eine jold)e Unter~
fd)etbung in ber ~J1atur ber ~ad)e. ?illiif)ren'c uiimHd) eine ~utter
i1)r e~e1id) geboreneS stin'c '6ei @iugef)uug einer neuen @f)e 'cem
@l)cmaun al~ etu lUirtnd)eS %amiltcngHe'o öufüf)re unb fc§tcrm
bamit in meAug auf biele~ stinb beftimmte mer'PfHd)tungen er~
\1)ad)fen, 10 fei bagegen \,)on mUem 'cem gar feine ~e'ce gegen_über
einem \,)on 'cer @1)efrau gebornen auuere~e1id)en stinDe. :!)iefe~ stinb
fet Dem @f)emann gerate fo fremb, alS je'ce anbere britte ~erfon.
2. Un~lUeifel1)aft ~abe Der @efc§ge'6er eine @f)e ~lUifd)en ~tief~
eHern unt ~tieffinbern alS UltAttIiif~g ertfäl:t, lUeH fid) ölUifd)en
biefen ein analogeS mer~ä1tniu \:)on @1tern un'o stinDern fattifCb
gebiThet 1)abe un'c eg gelUiU alS in 'oer öffentnd)en ~eiltung mn~
ft0U erregenb '6ettad)tet lUerben miif3te, lUenn auf einmal biefeS
~ietätS\:)er1)ältnif3 auff)ßren unb an beffen ~teffe eine ef)eHd}e @e~
meinfd}aft treten \1)Ürbe. :!)iefe gefe§gebetifd)en ~oti\,)e feien ie~
'cod) nur unter 'cer morauSje§ung begrün'cet, bau f.old}e ~erl.onen
aud) fatti]d} in ben merf)ältniffen \,).on ~tief\)ater unb ~tieffinb
1,ufammengelebt 1)aben, lUaS in concreto nid)t ber ffaff ge\1)efen
fel, inbem 'cie ffranöiSta ~d)affberger nur lUäf)renb ber strant1)ett
i1)rer ~utter bei Ie§teter, aUßerbem aber ftetSf.ort anberSlUo fid}
aufge1)alten f)abe.
C. :!)er ~egierungSrat9 \lon Euöern trug in feiner merne1)m .8eld)lUerbe an.
:!)aS munbeSgetid)t ~tef)t in @r \1) ä gun g :
mad) mrt. 28,,8irrer ~ litt. b beS munbeggefe§eg ü'6er
~i<
\:)t1ftanb un'c (§~e \)om 24. ~~riftmonat 1874 tfi 'eie @inge1)ung
lJer @1)e ~\1)ild}en ~tiefeltern un'c tS'tieffinbern allgemein unb .o~ne
irgenb lUeld}e @inid)räntung unterlagt. :!)a nun unbeftreit'6ar bie
auuere1)elid)e srod}tcr 'cer \lerftorbenen @~efrau beS ~efuttenten
unb 'cer le§tere /iU einanber in bem
'6e~eid)neten ~d}lUäger~
fd)aftg\:)cr1)ältniu \)on ~tteftin'c unb ~tief\)ater ftef)en, 10 ~a'6e1t bie
lu~ernild}en me~ßrben mit ~ed)t bie mertunbiguug ber ö\1)iid}en
V. Schweizerbürgerrecht. Ert.heilung und Verzicht. No 83.
477
biefen ~erfonen b~abfid)tigten @ge \)crlU:igert unb tann \:)on muf~
1)ebung ber returttrten ~cf)funnaf)me feme ~ebe fein.
:!)emnad) ~at baS munbeßgerid}t
edannt:
:!)ie mefd)lUerbe tft aIß unbegrünbet abgelUiefen.
V. Ertheilung des SChweizerbürgerrechtes
und Verzicht auf dasselbe.
Naturalisation suisse et renonciation
EI. la nationalite suisse.
83. Art'et du 1er Septembre 1877 dans la cause Gothuey.
Fran~o~sMNicoI?s Gothuey, celibataire, bourgeois de Sem-
sales, ou 11 est ne Ie ~O Decembre 1819, emigra dans Ie cou-
rant de 1854 en Amerique: il s'y etablit ä Carondolet dans
!es environs de Saint-Louis (Missouri).
'
~o~s ~ate du 16,Mars 1866, G.othuey fut naturalise citoyen
ame~ICall1 et appele Frank Guthier, nom sous lequel il avait
serVI pendant plus de trois ans en qualite d'enrole volontaire
dans l'armee du Nord, lors de la guerre de secession.
,Dan~ le cou~ant d~ 1~70, la nommee Caroline Gothuey
decedmt a Pans, en ll1stltuant comme heril.ier, entre autres
parents, l,e dit F. Gothuey, pour une part qui se trouve
ascender al0587 fr. 41 c.: cette somme rut encaissee, au
nom de Gothuey absent, par la Justice de paix de Semsales.
Les autorites de Semsales n'ayant pas· opere la remise de
la som~e.herilee par Gothuey en mains du ronde de pouvoirs
de Cel?l-Cl, Jean Suchet a Semsales, GOlhuey resolut de venir
en ~msse pour y faire valoir en personne ses droits et recla-
matlOns: il arriva a Semsales le 7 Septembre 1875.
Sous date du 1~ Septembre 1875, le Conseil communal
de Semsales, et le 17 dit, la Justice de paix de la Veveyse ci
la demande de divers parents de Gothuey, preavisent en fav~ur
478 A. Staatsrechtliche Entscheidungen. II. Abschnitt. Bundesgesetze.
de l'interdiction civile et mise sous curatelle de ce dernier,
pour cause de prodigalite.
F. Gothuey, revendiquant sa nationalite etrangere et esti-
mant que 1'autorite americaine seule etait competente pour
modifier son etat civil, declina la competence des Tribunaux
fribourgeois, lesquels toutefois la maintinrent, le Tribunal
de 1a Veveyse par jugement du 3 Janvier 1876, et le Tribu-
nal cantonal par am~t du 23 Fevrier suivant.
Gothuey ayant interjete recours aupres du Tribunal federal
contre ces jugements, ce tribunal, par am~t du 10 Juin 1876,
ecarte le dit recours, estimant que le recourant, bien que
naturalise Americain, n'avait point cesse toutefois de dem eu-
rer ressortissantdu canton de Fribourg.
Sous date du 3 Juillet 1876, F. Gothuey se presente devant
le notaire Cuony a Fribourg, entre les mains duquel i1 declare
») renoncer a tous droits, titres, reclamations, privileges et
» obligations, comme citoyen de la Suisse et de la commune
» de Semsales au canton de Fribourg, et requiert que cette
» renoncialion lui soit acquise, qu'elle surte ses effets et
» qu'on ne le traite plus dorenavant que comme citoyen des
» Etats-Unis de l'Amerique du Nord. »
F. Gothuey s'etant adresse ensuite de cette declaration au
Conseil d'Etat de Fribourg pour en obtenir sa manumission
et 1a reconnaissance de sa nationalite americaine, cette auto-
rite suspendit, dans sa seance du 12 Aotit 1876, toute deci-
si on sur cette demande jusqu'a ce que 1a nouvelle loi federale
du 3 Ji.Iillet 1876 sur cette matiere soit entree en vigueur.
Par exploits des 19 et 26 Aoiit 1876, la commune et la
Justice de paix de Semsales font nonobstant reassigner F. Go-
thuey devant le Tribunal du district de la Veveyse pour y voir
prononcer son interdiction de ses droits civils.
F. Gothuey intervint aupres du Conseil d'Etat de Fribourg
lequel, par decision du 5 Septembre de la meme annee, charge
le PrMet d'inviter la commune de Semsales a suspendre son
action en interdiction jusqu'a l'entree en vigueur de la loi
federale du 3 Juillet et a la solution definitive de la question
de naLionalite du dit Gothuey.
V. Schweizerbürgerrecht. Ertheitung und Verzicht. N° 83.
479
La commune de Semsales ayant persiste a requcl'ir devant
1e Tribunal de la Veveyse l'interdiction de F. Gothuey, elle
fut prononcee par jugement par defaut du 19 Septembre 1876,
contre lequelle dit Gothuey inlerjeta appel aupres du Tribu-
nal cantonal.
Par decision du 6 Novembre 1876, cette autorite accorde la
suspension de tous procedes sur l'interdiction jusqu'a ce que
la question de nalionalite soit tranchee.
Le 9 Novembre 1876, Gothuey renouvelle sa demande de
manumission devant le Conseil d'Etat de Fribourg, lequel pro-
cedant a teneur de 1'art 7 de la 10i federale, fit publier dans
la feuille ofHcielle du canton la demande intervenue fixant
,
un delai d'opposition jusqu'au 10 Mars 1877.
Par aCLe du 8 Mars 1877, transmis an Tribunal federal
le 13 dit, la commune de Semsales rleclare s'opposer a Ia de-
mande en renonciation a la nationalite fl'ibourgeoise et suisse
for,muIee par F. Gothuey. Elle invoque, en substance, a l'ap-
pUl de son opposition, les considerations suivantes :
La demande doit etre jugee non pas a teneur de Ia loi fede-
rale du 3 Juillet 1876 sur Ia renonciation a la nationalitc
suisse, mais d'apres le droit fribourgeois et suisse en vigueur
avant le 22 Novembre 1876, epoque Oll la susdite loi est seu-
lement entree en vigueur: or ce droiL n'a jamais admis des
demandes de renonciation a la naturalite fribourgeoise. A
supposer meme qu'il faille se placer au point de vue de la
10i ferlel'ale entree en vigueur le 22 Novembre 1876, la de-
mande de Gothuey doit etre egalement repoussee. Gothuey
ne se trouve pas dans les eas prevus a l'art. 6 de la loi : il
est domicilie a Semsales, il ne jouit point de sa eapacite civile
d'apres les lois du pays dans lequel il reside; enfin il ne pos-
sede pas une nationalite etrangere acquise ou assuree, puisque
sa naturalisation americaine de 1866 n'a pas Me accompagnee
d'une renonciation valable :i la nationalite suisse, Gothuey
s'etant rapatrie a Semsales et ayant revoque, en 1~76, sa de-
claration de renonciation anterieure.
Par demande datee du 25 AvriI1877, F. Gotlmev estime en
premiere ligne que, pour pouvoir plaider en une 'cause con-
480 A. Staatsrechtliche Entscheidungen. H. Abschnitt. Bundesgesetze.
cernant une question de renonciation a la bourgeoisie, la com-
mune de Semsales doit a11 prealable fournir au proces la ra-
tification du Prefet; il conelul, au fond, au mis de co te de
l'opposition de la dite commune contre sa demande de renon-
ciation a la nationalite suisse, et sa reconnaissance eomme
citoyen americain.
Dans sa reponse du 18 Juin '1877, la eommune de Semsales
reprend avec de nouveaux developpements son oppositioll
premiere, au maintien de la quelle elle conelul.
Stattlanl Sitr ces faits et considerant eu dmit:
Sur I' exceplion soulevee par F. Gothuey et tiree du defaut.
de legitimation de la eommune de Semsales a se porter partie
au proees :
jO H resulte d'une declaration, produite au dossier, du
PrMet de la Veveyse en date du 25 Juin '1875 et legalisee par
Ia Chancellerie d'Etat de Fribourg, que ce magistrat a delivre t
conformement a l'art. 41 litt. c de la loi du 7 Mai 1864 sur
les commnnes et paroisses, a la eommune de Semsales l'au-
torisation de plaider au present proces. L'exception ci-dessus
est donc depourvue de fonJement; il ne s'agit point du reste,
en l'espece, d'nn des pro ces civils prevus a l'art. 4'} precite
et dont l'inchoation par les assemblees de commune est sou-
mise a la ratification du PrMet, mais dn droit de renonciation
a la nationalite suisse, question de droit public sur laquelle
le Tribunal federal a a statuer directement, anx termes de
1'art. 7 de la loi federale sur la matiere du 3 Juillet 1876, et
eonformement aux art. 61 a 63 de la loi sur Yorganisation
judiciaire fBderale, sans avoir a se preoccuper de l'autorisation
prealable d'une partie par I'autorite executive eantonale on ses
representants.
L'exception est ecartee.
An fond:
2° L'art. 'lOde la loi federale preeitee sur la naturalisation
suisse et la renoneiation a la nationalite snisse, executoire
des le premier Janvier 1877, statue que loutes les dispositions
des lois federales et cantonales contraires a la dite loi sont abro-
gees. Celte loi, etant d'ordre public, doit trouver son appliea-
V. Schweizerbürgerrecht. Erlheilung und Verzicht. N° 83.
48.
ti on a tous les cas dont la solution est posterieure a son entree
en vigueur, meme a eeux dans lesquels la renoneiation au droit
de eite suisse aurait eu lien avant eeLte epoque, pourvu que la
demande du renon(;ant soH conforme aux exigenees de la non-
velle loi.
Les autorites executives et judiciaires du canton de Fribourg,
en suspendant, en ce qui les concerne, toute decision sur la
demande de Gothuey en renonciation de nationalite jusqn'a-
pres l'entree en vigueur de la nouvelle loi, ont d'ailleurs
feconnu implicilement le principe que des cette date eette
derniere loi serait seule applicable, a l'exchlsion des lois fri-
bourgeoises anterieures.
3
0 Le droit de Gothuey de renoncer a la nationalite snisse
etant conteste, le Tribunal federal doit decider si ce droit doit
'eIre reconnu en presence des dispositions de cette loi.
4° L'art. 6 ibidem statue qu'un citoyen suisse peut ren on-
cer a sa nationalite, el qu'il doil a cet effet:
a) Ne plus avoir de domicile en Suisse;
b) Jouil' de sa capaeite civi:e d'apres les lois du pays dans
lequel il reside;
c) Avoirune nationalite etrangere, acquise ou assuree pour
lui.
Il y a done lien de rechereher si Fran(;ois Gothuey se trouve
realiser dans sa personne ces diverses conditions, ee que la
eommune opposante eonteste absolument.
ad a) 11 ressort de toutes les pieces de la eause que Gothuey
ne saurait elre eonsidere, par le fait de son retour temporaire
dans le eanton de Fribourg, comme y ayant restaure son domi-
eile dans le sens de I'art 6 ci-dessus. Non-seulement, en effet,
iI n'a jamais fait de deelaration dans ce sens, mais il a toujours
invariablement dit n'avoir point renonce a son domicile en
Amerique et vouloir elre traite comme un etranger sejournant
momentanement dans le canton de Fribourg dans le but d'y
regler des affaires de succession; il a toujours proteste n'avoir
ein domicile dans le eanton qu'autant que cela etait indispen-
'sable pour suivre anx proces nes ensuite el a l'occasion de la
'dite succession. La commune de Semsales est mal venue a ar-
482 A. Staatsrechthche Entscheidungen. 11. Abschnitt. Bundesgesetze.
guer, en faveur de cette pretendue reprise de domicile en
Suisse, d'une prolongation de sejour due sans doute, au
moins en partie, aux procedes mis en ceuvre par elle a l'e-
gard de Gothuey.
ad b) On ne peut pretendre que Gothuey soit deehu de sa
capacite civile d'apres les lois du pays dans lequel il reside :
ce pays n'est, comme il vient d'etre dil, aulre que l'Amerique,
ou Gothuey jouit de ceLle eapacite, a teneur de la declaration
produite emanant de la Legation des Etats-Unis a Berne, sous
date du 17 Janvier 1877. Gothuey, n'a, d'aillt:urs, pas davan-
tage perdu cette eapaeite dans le canton de Fribourg, puisque
la procedure en interdietion dirigee contre lui dans ce canton
a precisement eIe suspendue jusqu'apres la solution des ques-
tions relatives a 5a nationalite contestee. Il est a remarquer,
en outre, que Gothuey, lors de son obtention de la nationalite
amerieaine, etait en pleine possession de sa eapacite civile, el
qu'on oe peut lui objeeter d'avoir revetu cette naturalile dans
]e but d'eluder une interdiction dejil. eneoume dans sa pre-
miere paLrie.
ad c) Enfin, eomme le Tribunal federal I'a deja expresse-
ment reconnu dans son arret du 10 Juin 1876 dans la meme
cause (considerants 1 et 2), le fait de l'admission valable de
Gothuey au nombre des citoyens de I'Union americaine ne peut
faire 1'objet d'aucun doute en presence des circonstances de
]a cause el des pieces produites, notamment de l'acte auLhen-
tique de naturalisation du 16 Mars 1866.
5° Les divers requtsits exiges par l'art. 6 susvise pour qu'un
citoyen suisse puisse renoncer a sa nationalite se trouvant
reunis en la person ne de F. Gothuey, lequel a d'ailleurs sa-
tisfait aux autres eonditions posees a I'art. 7 de la meme loi,
il y a li eu de faire droit a sa demande tendant au mis de eöle
de l'opposition de la commune de Semsales.
Par ces motifs,
Le Tribunal federal
pl'ononce:
10 La demande de Gothuey est admise, et l'opposition de
la commune de Semsales a la demande en renonciation a la
V. Schweizerbürgerrecht. Ertheilung und Verzicht. N' 83.
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nationalite suisse emanee de Fran!;ois Gothuey est ecartee
comme mal fondee.
2° L'autorite fribourgeoise competente aUK termes de la
loi cantonale aura ase conformer aUK dispositions de l'art. 8,
alinea 1 er, de la loi federale sur la naturalisation et la re-
nonciation a la nationalite suisse du 3 Juillet 1876.