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39_II_328

BGE 39 II 328

Bundesgericht (BGE) · 1913-09-10 · Français CH
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Erwägungen (1 Absätze)

E. 7 Haftptlicht für den Fabrik- und Gewerbebetrieb. N° 59. 331 En tant que prises par eux les cOllclusions de 1a demande doivent donc etre ecartees. Quant au cbifire de l'indemnite, sil'on prend en considru-a- tion l'Age des pere et mare, le sala.ire de Carl0 Bolzani, le fait qn'il n'etrut pas seul debiteur de l'obligation alimentaire et aussi l'eventualite d'un mariage rednisant encore Ia somme qu'il aurait pu consacrer a ses parents, si }'on tient compte en outre de la gravite toute speciale de ßa faute, il y a lieu de la fixer ex aJquo et hono a 1000 fr.

Dispositiv
  1. Les Ireres etsrenrs de Carl0 Bolzani sont deboutes de laurs eonclußions. '31:). Amt iW J.a, ne sectiancivili du 11 .,tembre 1913 flans Utcau'8e l'll.r.rE, dem.. .et rec~~ contre lIDpital ~a.ntonal deGenm, Mf. et info RespoD8&bi11t8des 1'a.bI"ioaIlts. ves ·que iaquesti011. -de SliVOÜ Ri une entreprise est soumise aux lais speeiales su'r in resp . .c~'" lIes fabrieants faH l'objet d'une contestation entre pa! ties, il appartient au Consf>il felleral seul rle In trancher_ Le 24 avril 1911, alors qu'il etait au service de l'Höpital cantonal comme ferbJantier-plombeur, Furrer a ete vietime d'un accident au cours de son travail. 11 a ouvert action a l'Höpital cantonalen paiement de 15 000 fr. de dommages-interats. 11 invoqne en premiere ligne 1a loi sur Ia responsabilite civile des fabricants et subsi- diairement les alt. 41 et smv. CO et les dispositions concer- nant le louage de services. L'Höpital cantonal a conteste
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~ ". :i!>i;~te Zivilg"u.:,H.trl1:<dlZ. -

I. Maleriellrechlliche Entscheidungen.

58 . .Arret de la ne seetion civUe du 10 septembre 1913

darts la cause Bolzarni, dem. et rec., con.tre

W. lIolliger & Qie, der. et int.

ResponsabiUt8 des fabrlcants. Ouvrier electrocute pour avoil'

touc~e par pure curiosite une conduite electrique passant a

proXlmite immMiate de l'emplacement du travaiL Aceident

d'exploitation'l Obligation du patl'On de rendt'e impossible le

contact ayec le courant; faute eoncurrente.

Eu ete 1911 Rolliger & eie ont entrepris Ja constructioll

d'un bätiment annexe a l'asiJe de Pontareuse; sur Je mur Est

du bft.timent primitif etait fixee la ligne electrique a haute

tension de la ville de Boudry; le courant etait 2500 volts.

A 1a fin de septembre 1911 1a construction nouv.elle etait

parvenue a la hauteur du plancher du deuxieme etage; les

fils electriques fixes au mur se trouvaient ä. 1 m 70 au-dessus

du plancher sur lequel travaiHaient les ouvriers. TI avait ele

COllvenu entre Rolliger & eie, les electriciens et le Directeur

de l'Asile de Pontareuse que ce dernier interromprait le

courant pendant la duree du travail des ouvriers. Cette me-

sure de precaution avait ele prise les premiers temps; mais

elle a ete abandonnee des Ia fin de septembre.

Carlo Bolzani, age de 1.7 ans, etait employ6 comme ma-

na;?vre a Ia. construc~on de l'annexe. La 3 octobre, pendant

qu Il rangealt des ouals contre le mur Oll se trouvait 1a cou-

duite electrique, sa main est entree en contact avec le fit

TI fut electroeute et expira un instant apres.

Les pere et mere et les freres et sreurs de Carlo Bolzani

ont ouvert action a Rolliger & eie en paiement de 6000 fr.

avec inter~ts ä 5 6/0 des le jour de l'accident.

Par jugement du 7 mai 1913 le Tribunal cantonal de Neu-

chatel a ecane les conc1usions des demandeurs; il a admis

que l'accident 6tait imputable exclusivement a la faute de

Bolz lni, soit au fait que celui-ci a touche le fil volontairement

et par curiosite.

Les demandeurs ont forme en temps utile aupres du Tri-

7. Haftpßicbt für den Fabrik- und Geweruebetrieb. NO 59.

bunal federal un recours en reforme contre ce jugement

en reprenant leurs eonclusions en 6000 fr. de dommages-

inter~ts.

Statuant sur ces [aUs et considerant en droil:

L'instance cantonale a constat6 en fait que e'est volontaire-

ment et par pure curiosite que Bolzani a tauche le fil con-

duisant le courant a baute tension. Cette constatation lie le

Tribunal f6deral; elle n'est en effet pas contraire aux pieces

du dossier et 1'on ne saurait pretendre que le tribunal canto-

ua) se soit livre ä. une appreciation des preuves 4: contraire

aux dispositions legales federales » (art. 81 OJF) en fondant

sa conviction sur les divers indices qu'il a. releves -

notam-

ment la place et la profondeur des briilures, la position des

fils, le fait que plusieurs fois deja Bolzani s'etait amuse a

les taucher, etc.

Quoique I'acte volontaire ainsi commis par Bolzani ne fut

tJas en relation avec son travail, on nepeut cependant denier

a l'accident survenu le caractere d'accident du travailj ponl'

que ce caractere doive lui ~tl'e reconnu, il suffit (cf. BREIT-

HAUPT, Die Rechtsprechung des Reichsvet'sicherungsamtes,

p. 141 et suiv.) que les conditions dans lesqnelles l'industrie

des defendenrs etait exploit6e aient contribue soit a provo-

quer l'accident, soit a en aggraver les suites; or tel est

evidemment le ca~ en respece, la presence, d'nne conduite

electrique a proximit6 immediate de l'endroit Oll s'execntait

le travail ayant ete une des conditions determinantes de

l'accident. Par contre il est incontestable que l'acte de Bol-

zani constitne de sa part une faute grave; son imprudence

etait d'autant moins excusable qu'j) etait dument avedi du

Janger par Ull ecriteau portant les mots c Attention. Danger

mortel. Ne pas toucher les fils» et que, pour avoir contre-

)'enu acette defense, il avait deja ete violemment l'eprimande

par le contre-maUre. Mais il reste ä. rechercher si de leur

tote les defendeurs n'ont pas commis une faute engageant

leur responsabilite nonobstant la. faute propre de la· victime.

Cette question doit recevoir une solution affirmative. AillSi

iue le Tribunal federal }'a juge a de tres nombreuses re-

AS 39 11 -

1913

300 A. Oberste Zivilgerichtsinstanz. -.1. Materiellrechtliche Entscheidungen.

prises, l'entrepreneur qui fait executer des travaux a proxi-

mite immediate d'une condnite electrique est tenn de prendre

les mesures necessaires pour emp~cher que ses ouvriers

entreut en contact avec le courant; il ne peut se contentel'

de les rendre attentifs au danger et de leur interdire de

toucher les fils; il faut eucore ou qu'il rende tout contact

impossible ou qu'il fasse interrompre le conrant pendant Ja

duree du travail. Bien loin de constituer, comme l'a estime

l'instance cantonale, < un surcroit de l'recaution presque in-

utile ", l'inteJTuption du courant etait donc une precaution

indispensable, alors surtout qu'U s'agissait d'un courant de

2500 volts et que parmi les ouvriers il y avait un tout jeune

homme dont on devait craindre qu'il ue poss6dat pas, au

lU~me degre qu'un ouvl'ier experimente, l'attention et Ia pm-

dence necessaires pOUl' se rendre compte du danger et pOUl'

I'eviter. Les defendeurs.l'avaicnt d'ailleul's si bien compris

qu'au debut Hs avaient don ne l'ordre d'interl'Ompl'e le cou-

rant. Cette precautiou n'aurait pas du ~tre abandonnee. Pen

importe qu'elle l'ait ete a l'instigation on seulement avec

l'assentiment du cOlltre-maitre des defendeurs; le jugement

attaque porte qn'on ignore si les ouvriers avaient ete avertis

que le directeur de POlltareuse n'interrompait plus le courant~

mais dans tous les cas iJ resulte du dossier que le contre-

maitre le savait; en tolerant l'aba!1don d'une mesure de pru-

dence indispensable il a commis une faute dont, a teneur de

I'art. 1 de la loi de 1881, les defendeurs ont arepondre.

Etant donne cette faute, celle qu'a commise la victime elle-

meme ne peut plus etre }Jrise eil consideration que comme

element de reduction de l'indemnite.

Bolzani etant tenu, d'apres le droit italien, a fournir des

aliments ä. ses pere et mere (cf. RO 23 p. 888), ceux-ci out

incontestablement qualite pour reclamer Ia reparation du

pr~judice que leur cause la mort de leur fils. Par contre ses

freres et samrs n'ont rien prouve, ni meme rien aUegua qui

permette de supposer que les conditions exceptionnelles dans

lesqllelles il aurait pu etre appele, d'apres l'art. 141 CC

italien, a contribuer a. leul' entretien se trouvent realisees.

7. Haftptlicht für den Fabrik- und Gewerbebetrieb. N° 59.

331

En tant que prises par eux les cOllclusions de 1a demande

doivent donc etre ecartees.

Quant au cbifire de l'indemnite, sil'on prend en considru-a-

tion l'Age des pere et mare, le sala.ire de Carl0 Bolzani, le

fait qn'il n'etrut pas seul debiteur de l'obligation alimentaire

et aussi l'eventualite d'un mariage rednisant encore Ia somme

qu'il aurait pu consacrer a ses parents, si }'on tient compte

en outre de la gravite toute speciale de ßa faute, il y a lieu

de la fixer ex aJquo et hono a 1000 fr.

Par ces motifs,

le Tribunal fMaral

prononce:

Le reconrs ·ast,partiellemsBt .admig .et le jugement attaque

est reforme en .ce sens que !es defendenrs sont condamnes

a llayer aux pere .et mere4e Onie ßolzani la somme de

1000 Cr. (mille francs)avec tnterMsa 5 610 des le 3 octobre

1911. Les Ireres etsrenrs de Carl0 Bolzani sont deboutes de

laurs eonclußions.

'31:). Amt iW J.a, ne sectiancivili du 11 .,tembre 1913

flans Utcau'8e l'll.r.rE, dem.. .et rec~~ contre

lIDpital ~a.ntonal deGenm, Mf. et info

RespoD8&bi11t8des 1'a.bI"ioaIlts. ves ·que iaquesti011. -de SliVOÜ

Ri une entreprise est soumise aux lais speeiales su'r in resp . .c~'"

lIes fabrieants faH l'objet d'une contestation entre pa! ties, il

appartient au Consf>il felleral seul rle In trancher_

Le 24 avril 1911, alors qu'il etait au service de l'Höpital

cantonal comme ferbJantier-plombeur, Furrer a ete vietime

d'un accident au cours de son travail.

11 a ouvert action a l'Höpital cantonalen paiement de

15 000 fr. de dommages-interats. 11 invoqne en premiere

ligne 1a loi sur Ia responsabilite civile des fabricants et subsi-

diairement les alt. 41 et smv. CO et les dispositions concer-

nant le louage de services. L'Höpital cantonal a conteste