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32_I_478

BGE 32 I 478

Bundesgericht (BGE) · 1906-01-01 · Français CH
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478

A. Staatsrechtliche Entscheidungen. 11. Abschnitt. Bundesgesetze.

Zweiter Abschnitt. -

Seconde section.

Bundesgesetze. -

Lois federales.

I. Organisation- der Bundesrechtspflege.

Organisation judiciaire federale.

70. Arret du 98 septembre 1906, dans la cause Muraour

et oonsorts, c01~tre Vaud.

Recours pour empietement sur la competence legislative de 13

Confederation, po ur violation de l'egalite devant lu loi (art. 4

CF), et de l'art. 1er du Traite d'etablissement franco-suisse du

23 fevrier 1882. Ineompetence du Trib. fed., competence du

Conseil fMeral. Art. 189 al. 1 eh. 3 et al. 20JF. (Loi vaudoise

du 15 mai 1906 iuterdisant la vente au detail de la liqueur rute

absinthe.)

Les sieurs Francisque Muraour et cinq consorts, tous ci-

toyens franc;ais etabIis et domicilies dans le canton de Geneve,

ou iIs exercent Ia profession de fabricants d'absinthe, ont

exerce aupres du Tribunal federal un recours de droit public,

date du 13/14 juillet 1906, contre la loi vaudoise du 15 mai

1906 interdisant la vente au detail de 1a liqueur dite absinthe,

la dite loi promulguee par 1e Conseil d'Etat du canton de

Vaud, suivant arr~te du 5 juin 1906, pour ~tre executoire

des et y compris le 1 er janvier 1907.

Les dits recourants concluent a ce qu'il plaise au Tribunal

federal deeIarer la loi vaudoise du 15 mai 1906, susvisee,

inconstitutionnelle comme etablissant une reelJe inegaJite de

traitement entre fabricants d'absinthe et fabricants d'autres

spiritueux; dire qu'elle est contraire au traite d'etablissement

I. Organisation der Bundesreehtspftege. N° 70.

47!f

coneIu entre Ia Franee et Ia Suisse en date du 23 femel' 1882r

-

en consequenee easser et annuler la dite loi.

Les reeourants declarent en outre s'~tre pourvus, d'autre

part, devant le Conseil federal contre Ia dite loi, comme im-

pliquant a leur prejudiee violation de Ia liberte du commerce

et de Findustrie.

En ce qui concerne Ia competenee du Tribunal feMral,les

recourants soutiennent que l'Etat de Vaud a viole a leur

egard l'art. 1 er du Traite d'etablissement eonelu en date du

23 fevrier 1882 entre la Suisse et Ia Franee, l'art. 4 CF sur

l'egalite absolue de tous Ies citoyens devant Ia loi, et l'art. 31

de Ia m~me constitution garantissant Ia liberte du commerce

et de l'industrie dans toute l'etendue de la Confederatiou

suisse. Ils reeonnaissent que la jurisprudenee du Conseil fe-

deral a admis que l'inegalite de traitement, interditepar

l'art. 4 CF, pouvait Hre retenue par le Conseil federal comme

l'un des elements de la violation du principe de Ia liberte du

commerce et de l'indusrie. Mais il n'en demeure pas moins

indiseutable, selon eux : 10 que les reclamations des particu-

liers pour violation des traites et pour violation de droits

constitutionnels, et 20 qu'en partieulier Ia violation de I'ega-

lite de traitement des citoyens, -

sont de la competence du

Tribunal federal (art. 175 n° 3 OJF). Ils estiment que le dit

Tribunal, qui a m~me dans sa competence de traneher les

conflits pouvant exister entre les autorites federales et les

autorites cantonales (art. 175 n° 1 ibid.), doit retenir a lui la

eonnaissance de tout recours quelconque fonde non seulement

sur la violation des traites, mais encore sur l'inegalite de

traitement des citoyens devant la loi, m~me si eette inegaIite

peut se fondre dans la violation d'un autre principe consti-

tutionnel dont la connaissanee rentre dans les attributions

du Conseil federal ou de I'AssembIee federale. La competence

du Tribunal de ceans n'est done point douteuse aux yeux des

recourants.

Au fond, sieurs Muraour et consorts affirment de plus fort,

et s'attaehent a demontrer: 1° que la loi vaudoise du 15 mai

1906 est inconstitutionnelle, en ee que le canton de Vaud a

empiete, par la dite loi, sur les attributions de la Confede-

A. Staatsrechtliche Entscheidnngen. H. Abschnitt. Bundesgesetze.

ration; 2° qu'elle viole le principe de la liberte du commerce

et de l'industrie, ce qui fait l'objet d'un recours sp~cial au

Conseil federa}; 3° qu'elle ne traite pas les recourants, citoyens

fran<;ais etablis en Suisse, fabricants d'absinthe, relativement

aleurs personnes et ä. leurs proprietes, sur le meme pied et

de la meme maniere que sont traites, d'apres les 'lois en vi-

gueur, les citoyens suisses fabricants d'autres spiritueux;

qu'elle viole ainsi la reciprocite de traitement assuree et

garantie aux recourants par le traite franco-suisse du 23 fe-

vrier 1882; 4° qu'elle viole encore la garantie constitutionnelle

de l'art. 4 de l'egalite de traitement entre citoyens; qu'en

proscrivant la seule absinthe tout en laissant subsister

d'autres liqueurs aussi riches en alcool et en essences, 1e

legislateur vaudois a doune un privilege ä. celles-ci au detri-

ment de celle-Ia, a institue une inegalite flagrante de traite-

ment entre fabricants de rune et de l'autre categorie de ces

marchandises.

Stat'uant d'abord sur la question de competence, qui doit

etre trancbee preliminairement au fond et considerant en

droit :

1. -

Le premier grief formule par les recourants consiste

apretendre que l'Etat de Vaud est sorti de ses attributions

en edictant la loi du 15 mai 1906 dont est recours, et qu'iI a

empiete sur la competence legislative de la Confederation.

Ce grief ne saurait etre invoque directement par les dits

recourants, et le Tribunal de ceans, aux termes de l'art. 175

chiff. 1° OJF, ne pourrait, le cas echant, examiner ce moyen

que par la voie d'un conßit de competence surgissant entre

les autorites federales, d'une part, et les autorites cantonales

dont il s'agit, d'autre part, et sonleve par les premieres_ Le

grief dont H s'agit fait naitre seulement les questions de sa-

voir si une atteinte a ete portee, par Ja loi vaudoise incri-

minee, au principe de Ia liberte du commerce et de !'indus-

trie, ou si la dite loi se heurte ä. des dispositions de la loi

federale sur l'alcool; or ces questions rentrent incontesta-

blement dans la sphere de competence du Conseil federal,

aux termes de I'art. 189, a1. 1, chifl. 3, et al. 2 OJF.

2. -

En ce qui a trait ä. la pretendue violation, par la loi

l. Organisation der Bundesrechtspllege. N° 70.

481

incriminee, de l'art. 4 CF (egalite des citoyens devant la loi),

il ya lieu de considerer, ainsi que le Tribunal federal l'a fait

~ plusieurs reprises, qu'en presence du principe inconteste

que les autorites politiques de la Confederation ont ä. statuer

sur l'application des regles du droit cantonal, pour autant

que celles-ci violeraient la liberte du commerce et de !'in-

dustrie, il se justifie, par des motifs d'opportunite, aussi bien

que par la nature meme des choses, que les griefs tires d'une

pretendue inegalite de traitement soient soumis au jugement

des memes autorites; qu'en effet, dans la regle, une pareille

inegalite de traitement implique une violation du priucipe de

la liberte du commerce et de l'industrie, et que, meme dans

les cas on il en est autrement, I'autorite competente en pa-

reille matiere est toujours la mieux placee pour prononcer

sur la questiou de savoir si le droit cantonal en matiere de

commerce et d'industl'ie a ete inegalement applique (voir

arret du Tribunal federal dans la cause Golliez c. Beme,

Rec. off. 28, I, p. 233 et. 234, consid. 2; Comp. aussi Gu-

glielmi et consorts c. Thurgovie, ibid. 25, I, p. 451).

3. -

Enfin le seul moyen qui soit special au pourvoi des

recourants franliais Muraour et consorts, moyen tire d'une

pretendue violation, par la 10i vaudoise incriminee, de

rart. 1 er du Traite d'etablissemeut franco-suisse du 23 fevrier

181:)2, echappe egalement a la competence du Tribunal fede-

Tal. L'art. 1 er susvise ne relioit, comme tel, aucune atteinte

directe par Ia Ioi dont est recours, mais la question soulevee

par le dit moyen se resume ä. savoir si les recourants sont

en droit de recourir pour violation, ä. leur prejudice, de

1'art. 31 de Ia coustitution fMerale, garantissant Ia liberte

du commerce et de l'industrie; Hs estiment, an effet, devoir

etre traites, dans ce domaine, sur le meme pied que les

citoyens suisses. 01', cette question prejudicielle re nt re dans

la competence des autorites appelees a connaitre des recours

poul' violation de I'art. 31 de la Constitution fMerale.

L'art. 1 er du traite precite n'a, en eflet, dans l'espece actuelle,

aucune portee autonome. En fiit-il meme autrement, que la

competence des autorites politiques de la Confederation ne

pourrait ~tre nivoquee en doute, en presence de la disposi-

482

A. Staatsrechtliche Entscheidungen. H. Abschnitt. Bundesgesetze.

tion expresse de l'art. 189, dernier alinea, OJF, leqnel place

dans les attributions de ces autorites la connaissance des

contestations relatives aux dispositions des traites avec

l'etranger concernant le commerce, etc.

Par ces motifs,

Le Tribunal federal

prononce:

TI n'est pas entre en matiere, poul' cause d'incompetenceJ-

sur le recours interjete par F. Muraoul' et consorts.

?SergL aud) inr. 66.

Ir. Zivilrechtliche Verhältnisse der

Niedergelassenen und Aufenthalter. -

Rapports.

da droit civil des citoyens etablis ou en sejour.

71. ~dC!U ll~m 17. ~ldi 1906 in @)Ild)en

~ittwf6n"gC!mC!iU~C! 1/idC!t(C!u gegen §jllmdu~C! ~lldtingC!U

oe3ro, ~tltltl$tltf ~lTi$.

Streitigkeit betr. Uebertragung der Vormundschaft. Art. 17; 38

I. c. Art. 180 Z. 3 OG. -

Legitimation zmn Reku1'S. _ Dn"

Rekurs

i~t bei St1'eitigkeiten zwischen Gemeinden nicht an die

Rekursfrzst des Ar~. 178 Z. 3 gebunden. -

Unzulässigkeit kanto-

na~er prozessl'echtlu:he1' Normen betr. Geltendrnachung von Stl'eitig-

ketten aus Art. 17 I. c. -

Wohnsitz eines minde1jährigen Knaben.

dessen Vater auf Ausübung dfJ1' -väterlichen Gewalt ve1'zichtet hat

tmd de1' sich nicht in seiwr Heimatgenwinde aufhält. Art. 4 Abs. 2

BG bet1'. zivilr. V. d. N. u. A.

mllß ~unbeßgerid)t I)llt,

bll fid) ergeben:

A: mer Ilm 26. ~är3 1889 geoorene, in her @emeinbe

3tecfingen (Jtt. m3am~) ~etmlltbered)tigte ~eo @untl)ern murbe

n~~ bem im,3lll)re 1895 eingetretenen ~obe feiner ~utter bei

fetnem OnM,3ol)ann ~ofer in l)3ieterfen (Jtt. l!3ern) 3ur l)3f!egf

n. Zivilrecht!. Verhältnisse der Niedergelas~enen und Aufenthalter. No 71.

483

unb IJ:r3iel)Ung untergeorlld)t unb tft

feit~er in beften ~Ilmme

»erNteoen, mäl}renb fia, fein, offenbar fd)on beim ~ohe ber ~utter

lanbeßaomefenber, gegenroärttg

atlge'blia, in

~onaco Ieoenber

!Sater in bieier Bett um i~n niemCt{~ oetümmert au l}aben fa,eint.

:nie ~eilnatgemeinbe ~edingen \)erabro{gte!:lem I.ßflege\)ater ~ofer

für ben Unter9ClH be~ Stna6en einmllI, im,3al}t'e 1901 (nIß bem

~nlloen eine fleine @rofa,aft angefaUen mar), einen l!3etrll!J 'Oon

80 ~r. ober 82 ~r. :nagegen befd)ieb fie ein @efud) um eine

1ueltere 2eiftung bon 150 ~r. biß 200 ~r., baß ber I.ßflege\)llter

@nbe 1904 burd) ?Urmeninfpeftor I.ßfarrer l.ßauI mid in ~engnau

mit ber l!3egrünbung fteUen liea, bau er aufoIge eigenen UngIiidß

ben ~naoen, melcf}er nun ber Eicf}u{e entIaffen unb in eine (näl)er

beaeid)ncte) 2el}re getreten fei, ntd)t mel}r umfonft 3u l)aIten I)er~

möge, ablel}nenb. ?Uud) ein erneuleß Unterftüj?ungßgefud) I)om

5Deaember 1905 olieo ol}ne @tfoIg; ber

@emeinoe~rafibent 'Oon

!Jtedingen Qnimortete, bie @emeinbe ld)ide für einen,3üngltng im

?U(ter beß

~el) @untl)ern fein @elo, berfelbe fönnte in !Jtedtngen

iJana Ieid)t fein ?Uußfommen finben; übrigenß möge man fid) um

Unteritü~ung Iln leinen ?Sllter menben. S)ierlluf gelangte I.ßfarrer

mid, nad)

~inl)o(ung red)Hid)er ?Uußfunft beim

ei~genöififcgen

,3ufti3~ unb

l.ßon3eibe~artement, im ?Uuftmfle beß ~inmot;nerge~

meinberlltcß 1)on l.ßieterlen \tn bie @emeinbe lRedingen mit bem

Q3eget;ren um Übergaoe ber I)on it;r oeforgten !Sormunbfa,aft üoer

~eo @untl)ertt an 'Delfen m3l)~nfi~gemein'De ~ieterlen unb unter.

breitete, auf

'Die abfd)lägige ?Untmort

be~ @emeinberateß I)on

fRedingen 1)om 18.,3anu\tr 1906, 'Daßfel6e l!3egel)l'en burd) Bu~

,d)rift tll)m 3. ~är3 1906 bem Eltaatßrate b~ ~anton6 m3aUi.6.

B. WUt @ingaoe tlom 29.(30. IjJ(lli 1906 lobann 91lt I.ßfllrrer

~aul :vid QIß ?Bertreter ber lJ:inmol)nergemeinbe l.ßieterIen lieim

lSunbeßgerid)t, geftü~t \tuf ben \)Orite~enben ~at6eft(lnb, mit bem

?Beifügen, baa ein @)d)reiOen Qn bie l)om @emeinberllte I)on

~edingen Ilngegebene ?Ubreffe beß ?S\tter~ @untl)ern in ~onaco

unbeantmortet gebUeben fei,

un~ blla (tUd) bel' Eitll\ttßrllt beß

~antonß m3llUiß lluT bie Bufd)rift I)om 0. ~ara 1906, tro~

ll.lieberl)olter

~nl)nung, feine ?Untmort erteilt 9llbe, l8ef~roerbe

erl)ooen unb ocantrllgt, e~ möd)te megen ber fonft\tnten m3eige.

rung ber lRedinger lBel}ßrbe, bem

~naoen 2eo @untt;ern Quß

feinem eigenen ?Sermögen bie bringenb notmenbige Unterftii~uns