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32_II_337

BGE 32 II 337

Bundesgericht (BGE) · 1906-01-01 · Français CH
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A. Entscheidungen des Bundesgerichts als oberster Zivilgerichtsinstanz.

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aUßfü!)renb en @emeinbeorgane mal'

e~ aIfo, bie

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aeid)uen beam. fid) l)ierüoer mit ben stliufern au berftänbigen. ~ft

nun 5)013 eilt bie staufer abgegeben ttlorben r beffen &bgaoe ur~

f.prüngHcf) ntd)t tlorgefel)eu ttloroeu milr, ja bielleid)t fogar gegen

beu Sllitrreu bel' @emeiubeberfammlung tlerftieB, fo fragt

e~ fid)

einaig uub alleiu, 06 biejeuigen @emeiubeorgane, ttleld)e ben jläu~

fern bie illiegnal)me

biefe~ ~oI3eß gefiatteten, 3Ut

&u~fül)rung

beß lSertrage~ uad) auaen fompeteut ttlaren.;t)ie lSorinftaua

bejal)t bieß, iubem jie erHärt: ",sellcufaIlß l)atten bie bie tnad)~

"aeid)nuug !.leranlaffeuben @emeinoeorgane, auf bereu m:ußlegung

"beß

lSettrage~ bel'

I!(u~bel)nung feineß @egenftanbcß uad) bie

"staufer fid) !.lerfafjen munteu, ba~ nad)geaetd)nete .5~ora barunter

IImittnoegriffen./i

&n bieie

&u~regung be~ einfd)lligigen fal1tonafel1 ffi:ed)teß ift

ba~ ?Sunbcßgerid)i ttliel:erum geoltnben. 6inb alfo bie stiiufer

burd) ben ~e3ug bel' 1003 nad)geaeid)neten 6tiimllle 3um ~reife

tlon nur 9 ~r . .per

~eftmeter bereid)ert morben, fo jinb fie eß

nid)t of,me

ffi:ed)tßgruu~, f onbern infolge

eiue~;t)t~~ofitiou~arte~

bel' l)ieau fompetenten @emetnbeorgaue.

;t)te stlligerin

~at, namentIid) iu ber l)eutigeu lSer9llubluug,

nod)

au~gefü9rt, baa bel' lSerfauf

be~ nad)geaeid)neten 5)oI3e~

nad) § 19 in lSerbinbung mit § 15 ber fantona{en %orftorbuun!l

nid)tig geiuefen fei, ttleH für biefe~ 5)0(3 bie fIeinrlitIid)e lSerrauf~~

bewiUigung gefe~rt l)abe. &6er aud) in biefer ~eaie9uug l)anbelt

e~ fid) au~fd)HenHd) um fantonalee 31ed)t. Deur menn geftü~t auf

?Seftimmuugen ber fautona(en ~orftorbnltng bel' fantoua(e ffi:id)ter

eiu fonft giiftige~ ffi:ed)t~gefd)iift ungültig erffärt l)ätte, märe bie

Ijrage au erörtern gemefen, 00 unb iuttltettleit bie betreffenben

~eftimmungen be~ fantoualen EJied)teß mH bem fd)meiaerifd)en

DbHgationenred)t tlerträglid) feien (a. ?S. a{~ 'Seftimmungelt ü6er

III. Obligationenrecht. N° 45.

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bie 5)anbrung~fIi9igfeit bel' @emeinben [tlergt bie bereite aiiterten

&r1. 38 unb 719 Dffi:] ober

ar~ ~eftimmungen üoer bie bem

ffi:ed)t~tlerfe~r cntaogeneu 6ad)en [bergL .5) u 6 er, 6d)ttleia. ~ri,

batred)t, ~o. III, '0. 17]). illio aoer, mie l)ier, her fantonale

ffi:id)ter bom 6tanb:puuft bee fantonalen ffi:ed)te~

IlU~ an einem

lieftimmten

ffi:ed)t~gefd)äft feinen &nfton genommen l)at, tit

e~

nid)t 6ad)e

be~ munbeßgerid)teß, 3u unterfud)en, ob nid)t

bie{~

Ieid)t bom 6taubpunft biefe~ fantQualen ffi:ed)tß bod) etma~ au~.

3ufe~en gettlefen märe.

'nemnad) l)at ba~ ~uube~gerid)l

erhnnt:

,sn teibueiier @utl)eiauug bel' 5)au:ptberufung unb in

&o~

lueifuug bel' S}fufd)(ua6erufung ttlirb bie bel' stlägerin !.lom ?Se~

lIagten au 6eaal)leube 6umme !.lou 4363 ~r. 75 ~tß. auf 2859 %r.

75 ~t~. l)erabgefe~t.

45. Arret du S juin 1906, dans la cattse Fa.ron, def. et rec.,

contre J3a.rral, dem. et 'rec.

Louage d'ouvrage. -

Accord des parties. Art. i et 2 CO. -

Admissibilite de la preuve par ternoins, art. 9 CO et droit can-

tonal. Dol. Art. 24 CO. Admissibilite de la preuve par temoins,

fardeau de la preuve. Erreur, resultat du dol, relative a la sol-

vabilite de la partie co-contractante. Le dol excuse toute negli-

gence, meme grossiere, de la partie trompee. -

Renvoi a l'ins-

tance cantonale dans le sens de l'art. 82 al. 2 OJF.

A. -

Un acte intituIe « Convention principale », signe le

19 fevrier 1898, a Porrentruy, par les deux parties au pre-

sent pro ces, porte entre autres :

~ M. Faron, entrepreneur a Geneve, s'engage envers le

:» pere Barral qui accepte, de construire un immeuble d'une

» superficie d'environ 1400 metres, sur uu terrain situe a

» Immensee (Ecole apostolique de BethIeem), compose d'un

» sous-sol, rez-de-chaussee et quatre etages, suivant les

» plans dresses par J1. Vallat, architecte a Paris, desquels

~38

A. Entscheidungen des Bundesgerichts als oberster Zivilgerichtsinstanz.

1> plans les parties ont pris connaissance, comprenant tous les

1> corps d'etat, sauf ceux de menuiserie, de plomberie inte-

1> rieure et installations special es, et aux conditions gene-

» rales ci-apres et suivant les c1auses du marche et l'article

» supp16mentaire du dit marche ci-dessus et a Ia page pre-

'!> cedente et du cahier des charges et serie de prix etablis,

» lesquelles pieces ont ete soumises aux parties contrac-

» tantes.

» Ce batiment sera construit et acheve dans le courant

1> de 1898 et 1899. Les prix de la serie communiques a

1> M. Faron, par M. Vallat et ceux proposes en retour par

» M. Faron seront definitivement arretes entre M. Farron

» et M. Vallat, dans !'intervalle de l'etablissement des

» contrats, marches et toutes pieces necessaires en di-

» verses expeditions. Les divers prix a debattre encore, en

» cas de desaccord, seront fixes par les prix de matieres

» premieres rendues sur chantier a Immensee et la main-

» d'oouvre et faux frais, avec un benefice minimum de 10 %

» et maximum de 15 %. Les divers delais d'acbevement des

"1> diverses parties du tout seront arretes definitivement dans

» le marche compris dans l'intervalle indique plus haut.

» De son cöte, le pere Banal, domicilie a l'Ecole aposto-

» lique a Immensee, s'engage : 10 a payer a M. Faron, comme

» il est dit dans l'article complementaire du marche ci-dessus

» et a la premiere page: le 1 er avril1899, vingt-cinq mille francs

» et tous les six mois Ia meme somme jusqu'a extinction de Ia

» creance de M. Faron, etc.; 20 de consentir l'hypotbeque

» generale sur les proprietes qu'il possMe a Immensee, les

» batiments actuels et ceux a elever par M. Faron; 30 de

1> contracter une assurance sur la vie de cent mille francs

1> dont le titre sera remis en garantie a M. Faron dans le

» delai de un mois environ a partir de la regularisation des

1> march es, pieces, etc ..... .

» La presente piece, du consentement des parties, est

'1> laissee entre les mains de M. Vallat, architecte, pour etablir

1> les diverses expeditions, plans, cahiers des charges et

'1> devis en tripie exemplaires, lesquelles pieces seront en-

III. Obligationenrecht. N· 45.

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1> voyees a signature aux deux parties ou seront sigll(~es au

» bureau de M. Vallat, pour une des expeditions etre remise

» a M. Vallat, architecte, charge de la direction des tra-

» vaux.»

«L'article complementaire du marche », place avant la

« Convention principale », regle Ies details du mode de paie-

ment et porte en outre:

« Afin de simplifier tous comptes vis-a-vis de M. Barral, il

I> est convenu que les honoraires de l'architecte, -

soit le

» 5 % du cout des travaux, plus les journees de deplace-

» ment, frais et debourses, etc., tels qu'ils se trouvent de-

I> tailles et convenus avec M. Barral selon lettre adressee a

» ce dernier le 23 octobre 1897, -

seront avances par

» l'entrepreneur et compris dans l'etat de situation perio-

» dique mentionne plus haut. A cette fin et 10rs de chaque

» verification d'etat de situation des travaux executes, les

» dits honoraires et accessoires dus a l'architecte Vallat par

» le pere Barral, seront verses a ce dernier par l'entrepre-

» neur, puis ajoute au cout des travaux verifies. La somme

» totale portera alors interets a 6 % au profit de l'entre-

'Z> preneur a partir du jour des verifications respectives ainsi

» faites. ~

B. -

L'entrepreneur Faron ayant refuse de donner suite

aux engagements pris par lui dans cet acte, le pere Barral

lui a ouvert action, le 23 aout 1898, concluant a 50000 francs

de dommages-interets pour inexecution du contrat.

Le defendeur a conclu a liberation en s'appuyant sur les

moyens suivants :

La convention du 19 fevrier 1898 est une convention pre-

liminaire qui n'a aucun caractere definitif, mais devait etre

compIetee ulterieurementj la condition essentielle du contrat,

soit le prix, n'avait pas ete arrete; il n'y avait pas non plus

accord sur la chose, vu que les plans n'etaient pas prets. -

La dite convention constitue un veritable faux : d'une part

elle contient deux renvois qui n'existaient pas et que Faron

n'a jamais signes, et, d'autre part, le corps meme de l'acte

est mensonger dans le paragraphe qui dit que toutes les

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A. Entscheidungen des Bundesgerichts als oberster Zivilgerichtsinstanz.

pieces ont ete soumises aux parties; en realite elles n'existaient

pas encore a cette date. -

Enfin, la convention est entachee

d'erreur et de dol. Interroge a Immensee 10rs d'une pre-

miere entrevue, le 5 fevrier 1898, sur sa situation financiere

et hypothecaire, le pere Barral a affirme que sa position

etait excellente et qu'il n'avait que 34000 francs d'hypo-

theques sur ses proprietes; interpelle a Porrentruy le 18 fe-

vrier 1898, il avoua 70000 francs environ; quelques jours

plus tard Faron apprit que ce chiffre ascendait, en rt§alite, a

148000 francs. Au cours du proces il a, en outre, appris que

le demandeur avait de nombreuses dettes chirographaires et

etait l'objet de poursuites nombreuses et continuelles.

Pour justifiel' sa demande en dommages -interets de

50000 francs, le pere Barral allegue que le refus d'execution

de Faron lui a cause un prejudice considerable qui resulte :

a) du retard apporte aux travaux projetes; b) de la diffe-

rence du prix reel (492198 fr. 50) des travaux sur les prix

convenus avec Faron (350000 francs); c) du supplement

d'honoraires de l'architecte Vallat (6971 fr. 95); et d) des

depenses considerables que le demandeur a du supporter, -

ses previsions financieres etant completement bou]eversees

par le refus de Faron, -

en vue de la creation et du place-

ment de 3000 obligations hypothecaires de 100 francs cha-

cune, necessaires pour assurer l'execution des premiers tra-

vaux. TI evalue ce prejudice total a 129583 fr. 45 non com-

pris les frais de placement des obligations hypothecaires.

C. -

Apres une instruction etendue et de nombreux

jugements preliminaires, le Tribunal de premiere instance de

Geneve a, par jugements des 14 mars 1901 et 8 decembre

1904, condamne Faron a payer a Barral la somme de

25000 francs a titre de dommages·interets ponr execution

du contrat.

D. -

Le defendeur Faron en a appeIe de ces jugements

et conclu a ce que le pere Barral soit deboute de sa demande

en dommages-interets, tant en vertu de l'article 2 que des

articles 18 et 24 CO. Subsidiairement, il a conclu a etre

achemine a prouver tant par titre que par temoins :

JlI, Obligationenrecht. N° 45.

341

« 1° que le pere Barral l'a amene a signer la convention

» preliminaire du 19 fevrier 1898 a l'aide de declarations

» mensongeres et de manreuvres dolosives;

» 20 qu'interroge chez lui, a Immensee, le 5 fevrier 1898,

» sur sa position financiere et sur sa situation hypothecaire,·

» il a affirme qu'elles etaient excellentes et qu'il n'existait

» sur ses proprietes que pour 34000 francs d'hypotheques;

» 3° que le 19 fevrier 1898, dans le bureau de Vallat, archi~

» tecte, il a reitere ses declarations, avouant toutefois que

» ses hypotheques s'elevaient a 70000 francs environ;

» 4° que Faron invita, le 2 mars, Vallat a lui fournir l'etat

» hypothecaire exact du pere Barral, et que le 8 mars il

» recevait de lui une lettre ou il apprenait, a sa grande stu-

» pefaction, que le passif hypothecaire du pere Barral etait de

1> 148000 francs au lieu des 70000 francs avoues;

» 5° que le 28 fevrier Faron avait demande egalement a

» l'avocat J., a Lucerne, de verifier les assertions du pere

» Barral et que ce dernier, le 13 mars, l'informait que le

» pere Barral avait menti et qu'il avait un passif hypothe-

» caire de 148 000 francs;

» 6° qu'a la date du 19 fevrier 1898 il n'existait, en fait

~ de documents et plans:

» a) qu'une vue sur Ia route cantonale d'Immensee a

« Kussnacht;

» b) qn'une vue sur une fa~ade de la Cour des sreurs;

» c) qu'un plan du sous· sol avec plancher du rez-de-

» chaussee;

» 70 que les pieces et documents, soit plans et series de

» prix indispensables a l'etablissement de la convention de-

» finitive n'ont pas ete fournis par Barral, soit par son archi-

» tecte et mandataire Vallat, dans les delais prevus lors des

}) pourparlers du 13 fevrier 1898;

.

» 80 que le !) fevrier 1898, a Immensee, et le 19 fevner,

» a Porrentruy, chez Vallat, le pere Barral, interroge sur sa

» situation financiere, declara qu'elle etait excellente et qu'il

» n'avait pas de dettes, alors que depuis 1897 il etait pour-

» suivi pour des sommes importantes et n'a cesse de l'etre

342

A. Entscheidungen des Bundesgerichts als oberster Zivilgerichtsinstanz.

, depuis lors, ainsi que cela resulte de l'etat des poursuites

» dirigees contre lui et revele au cours des enquetes. »

Le demandeur a concIu a ce qu'il plaise a la Cour de Jus-

tice civile: confirmer les jugements deferes, sauf en ce qu'ils

"'Ont reduit a 25 000 francs le moutant de Ia reparation civile

du a Barral, et lui allouer 50 000 francs. TI a concIu tres

subsidiairement a ce qu'il soit nomme un ou trois experts

aux fins de, apres serment prete, en s'entourant de tous do-

cuments necessaires, notamment de Ia convention du 19 fe-

vrier 1898:

« 10 Determiner l'epoque d'achevement du batiment que

» sieur Faron s'etait engage a construire, pour Ie compte

» Barral, sur la propriete que celui-ci possMe a Immensee;

» dire, en consequence, quels ont ete les retards imputables

» au sieur Faron, dus a l'inexecution des obligations de ce

» dernier;

» 20 Indiquer les conditions materielles dans lesquelles s'est

» poursuivie l'execution des travaux; dire quelle est la dif-

» ference de prix qui en resulte pour M. BarraI, etant donne

» qu'il etait au benefice de la convention du 19 fevrier 1898

» et des devis presentes de part et d'autre;

» 3° Fixer les frais et debours que M. Barral a du supporter

» pour faire face a ses nouvelles obligations financieres et

» se pro eurer immediatement des sommes importantes;

» 40 Determiner en un mot les elements directs du preju-

» dice cause a M. Barml par l'inexecution des engagements

» du sieur Faron. »

E. -

Par I'arret du 24 mars 1906, dont est recours, la

Cour de Justice civile de Geneve a confirme les jugements

dont appel, sauf en ce qui concerne le chiffre de I'indemnite;

elle a condamne Faron a payer a Barral la somme de

11 971 fr. 95, a titre de dommages-interets, avec int6rets

de droit des Ia demande en justice.

Cet arret est motive, en resume, comme suit: En signant

la convention du 19 fevrier 1898, les parties avaient Pinten-

tion de s'engager l'une vis-a-vis de l'autre; elles etaient

d'accord sur les points essentiels, l'objet du contrat, le delai

III. Obligationenrecht. N° 45.

et les conditions d'execution, le mode de paiement et le prix;

cette convention etait donc valable a teneur des dispositions

de l'art. 2 CO. -

L'art. 182 proc. civ. genev., prohibe Ia

preuve par temoins contre et outre le contenu des actes et

sur ce qui semit alIegue avoir ete dit avant, lors et depuis

les actes. Les offres de preuves formulees par Faron ne so nt

donc pas recevables. Ses allegations sont en contradiction

flagrante avec les declarations qu'il a sanctionnees par sa

signature, en outre Ia convention ne fait aucune mention de

Ia situation hypothecaire du pere Barral; des lors ses alle-

gations sur ce point so nt sans pertinence. La preuve des

faUs enonces qui ont trait ades pieces qui existaient Oll

n'existaient pas au moment de Ia signature du contrat ou qui

n'auraient pas ete fournies en temps utile, n'est pas concIuante,

elle n'est pas admissible i Faron a eu en mains des pieces

qu'il a estimees suffisantes puisqu'il a signe la convention

dans laquelle il a constate: «que l'immeuble sera construit

suivant les plans de sieur Vallat, archit~cte a Paris, desquels

plans les parties ont pris connaissance.:1> -

Du reste I'exis-

tence d'indications erronees et incompietes donnees par Ie

pere Barral sur sa situation hypothecaire, vicierait-elle Ie

contrat du 18 fevrier H398, et aurait-elle pour consequence

que Faron ne serait pas oblige? Y aurait-il la erreur

essentielle? Les faits invoques par Faron ne rentrent dans

aucun des cas des art. 18, 19 et 20 CO. L'art. 21 dispose

que l'erreur qui n'est pas essentielle n'infirme pas le

contrat, il en est ainsi notamment lorsqu'elle porte sur Ia

solvabilite de l'autre partie.

4" Il est etabli que Banal a

fourni des indications erronees et incompletes sur sa situa-

tion hypothecaire, mais ce fait ne constitue pas le dol;

pour qu'il y ait dol, il faut que les manreuvres pratiquees par

rune des parties soient teIles qu'i! paraisse evident que,

sans ces manreuvres l'autre partie n'aurait pas contracte; 01'

aucune machination' aucune manreuvre ne sont articulees

contre Barral.» ~ Faron pouvait facilement verifier les

altegations de Barral sur sa situation hypotMca~re, il n'ava~t

qu'a consulter les registres fonciers; iI a commIS une negh-

344

A. Entscheidungen des Bundesgerichts als oberster Zivilgerichtsinstanz.

gence inexplicable. -

Ce n'est, de plns, pas en consideration

de la situation hypothecaire de Barral que Faron a signe Ia

eonvention du 18 fevrier 1898, puisque, dans sa lettre du

11 mars a Vallat, architecte, dans laquelle il se plaint de

l'etat hypothecaire annonce dans Ia lettre du 8 mars, il ecrit :

« Veuillez, je vous prie, donner connaissance de cette lettre

a M. Barral et Iui annoncer que je serai a votre bureau le

15 courant pour Ia ratification du marche, s'il y a lieu. »

L'existence de ces faits ne pouvant avoir aucune influence

sur Ia validite de la convention, Ia preuve ne pouvait en etre

admise. -

Quant a Ia situation chirographaire de BalTal, elle

etait sans importance, pnisqne Faron etait garanti hypothe-

cairement. -

Faron etait garanti par la police d'assnrance

et par les immenbles et batiments existants on a construire;

-or les hypoth6ques deja existantes n'ascendaient qu'a

148800 francs et les immeubles valaient 468 590 francs au

total; il restait donc une mieux value de 319790 francs. -

Les off res de preuves de Faron ne sont donc ni relevatoires,

ni conclnantes (art. 191 Cpc gen.).

Quant aux faits sur lesquels Barral voudrait avoir l'avis

d'experts pour etablir l'etendue du dommage qu'il dit avoir

subi, ils ne constituent pas les elements sur lesquels le pre-

judice imputable au refus d'executer de Faron peut etre

etabli. Ce dommage resulte seulement du retard apporte

dans le commencement des travaux et dans les frais de sur-

veillance suppIßmentaire qui sont etablis par les enquetes et

les pieces du dossier. Il n'y a donc pas lieu de recourir a

une expertise. La note suppIementaire de Vallat est de

6971 fr. 95. Le bätiment devait couter approximativement

360000 francs, dont le revenu, au 4 0/0' est 14 000 francs

l'an; il y a lieu d'estimer a trois mois le temps qu'il a faUu

pour traiter avec de nouveaux entrepreneurs et pour com-

mencer les travaux; la perte de ce chef est donc du quart

de 14 000 francs, soit 3500 francs. Il est en outre equitable

.que Barral sorte indemne du proces (art. 113 proc. civ. gev.);

la Cour arbitre a 1500 francs les honoraires de son avocato

Le total de ces trois chiffres est de 11971 fr. 95, montant

·des dommages-interets a accorder a Barral.

nr. Obligationenrecht. N° 45.

E. -

C'est contre cette sentence que l'une et l'autre

parties ont recouru en reforme au Tribunal federal en repre-

nant les conclusions formultles par elles devant les instances

'Cantonales, y compris leurs offres de preuve.

Statuant sur ces faits et considerant en droit :

1. -

A la fin de l'acte intitule « Convention principale :.,

signe par les parties le 19 fevrier 1898, il est dit que «la

presente piece, du consentement des parties, est laissee entre

les mains de M. Vallat, architecte, pour etablir les diverses

expeditions, plans, cahiers des charges et devis en tripies

'8xemplaires, lesquelles pie ces seront envoyees a signature

aux deux parties ..... » -

Dans le cas Oll cette clause se

refererait a un contrat verbal, on pourrait peut-etre se de-

mander si les parties ont entendu convenir de donner a leur

convention une forme speciale et si, par consequent, il y a

lieu, en vertu de l'art. 14 CO, de presumer qu'elles n'ont

-entendu se Her qu'a partir de l'accomplissement de cette

forme. Mais cette question ne saurait etre posee alors qu'on

se trouve en face d'un contrat ecrit et signe, qui se borne a

reserver l'etablissement da «diverses expeditions, plans,

eahier des charges et devis ». On ne peut considerer, avec

1e defendeur, le contrat comme pn3paratoire, que pour cer-

tains points secondaires expressement enumeres et reserves;

mais pour les autres points, le contrat He les parties, est

definitif, et ces points sont precisement les points essentiels :

1'0bjet du contrat, soit la construction d'un batiment clont la

dimension, les proportions et le but sont indiques, le delai

de construction, les conditions d'execution, le mode de paie-

ment et les garanties fonrnies. Quant au prix, s'il n'est pas

indique en chiffres, les elements pour le determiner sont

indiques; les parties peuvent s'en rendre approximativement

eompte; il resulte des pieces du dossier que l'accord etait

intervenu sur presque tous les points a cet egard. Il y a du

reste lieu de remarquer qu'en matiere da louage d'ouvrage

par suite de devis, alors qu'il s'agit, comme en l'espece, de

constructions importantes, 1e prix de tous les elements ne

peut pas toujours etre arrete d'avance; l'art. 365 CO prevoit

AS 3~ Il -

1906

23

346

A. Entscheidungen des Bundesgerichts als oberster Zivilgerichtsinstanz.

specialement que si le prix n'a pas eU; fixe d'avance, Oll s'if

ne l'a ete qu'approximativement, il doit etre determine d'apre~

la valeur du travail.

Dans ces conditions, les parties s'etant mises d'accord sur

tous les points essentiels, elles sont presumees (art. 2 CO)

avoir entendu s'obliger definitivement, encore qu'elles aient

reserve certains points secondaires. Le contrat du 18 fevrier

1898 ne presente rien d'anorma.l, ni aucune clause qui tende

a detruire Ia presomption legale. Si les parties n'etaient

qu'en pourparlers et n'avaient pas eu l'intention de s'obliger,

on se demande pourquoi elles auraient donne une forme

aussi complete a leur accord et pourquoi, au lieu d'attendre

qu'une entente ne fut intervenue en ce qui concerne les prix

non encore arretes, elles ontindique les elements qui devraient

servil' a l'etablissement de ceux-ci.

2. -

Le defendeur a allegue que le contrat ecrit, tel qu'il

est presente au tribunal, contient un faux materiel et constate,

en outre, un fait faux.

Le pretendu faux materiel serait constitue par deux adjonc-

tions marginales signees seuIement par le pere Barral et que

le defendeur pretend avoir ete ajoutees apres coup. n suffit

de constater que l'une de ces adjonctions concerne l'archi-

tecte et que l'autre a e16 introduite en faveur du defendeur,

pour demontrer que cet argument n'a aucune valeur.

La Cour de Justice civile n'a pas autorise le defendeur a

administrer la preuve des faits qu'il a offert d'etablir pour

prouver que les plans, dont les parties declarent, dans l'acte

du 19 fevrier 1898, avoir pris connaissance, n'existaient pas

et que par consequent cette constatation est fausse. Ce refus

de preuve est base sur la disposition da 1'a1't. 184 Cpc gen.

qui exclut la preuve par temoins contre et outre le contenu

aux actes, ou sur ce qui serait alIegue avoir ete dit avant~

lors ou depuis les actes. Suivant la jurisprudence constante

du Tribunal federal (am~t du 5 juillet 1890, Niedergang c.

Klenk et cons., RO 16, p. 581 consid. 3), il s'agit la d'une

question de procedure cantonale; des lors le Tribunal fede-

ral est lie par ce prononce, en depit de la disposition de

I'art. 9 CO.

II1. Obligationenrecht. N0 45.

347

L'argument que le defendeur pretend tirer du faux imma-

teriel doit done etre ecarte, ce faux ne pouvant etre etabli.

Il y a lieu da repousser d'ores et deja, pour le meme motif,

les offres de preuves renouvelees sous ehiffres 6 et 7 par le

defendeur dans son recours (voir lettre D ci·dessus).

3. -

Le tribunal de premiere instance a ecarte 1'0ffre du

defendeur, de prouver qu'il a ete amene a conclure par le

dol du demandeur et que le contrat est entache d'erreur,

parce que les allegations de Faron seraient sans pertinence

et parce que eette preuve contre et outre le contenu aux

aetes est probibee par l'art. 184 deja cite. La Cour de Justice

civile estime que l'existence de ces faits ne saurait avoir

influe sur la conclusion du eontrat et que s'iI y a eu erreur,

elle n'est pas eesentielle. Ces deux manieres de voil' sont

Pune et l'autre erronees.

Le fait que l'erreur dans laquelle le defendeur pretend

s'etre trouve n'est pas essentielle et ne rentre pas dans les

cas prevus aux art. 18, 19 et 20 CO est. sans importance,

puisqu'il dit avoir ete amene a contracter par le doI de l'autre

partie et que c'est par consequent l'art. 24 CO qui doit etre

applique; 01', aux termes de cet artic]e, la partie trompee

n'est pas obligee par le contrat, meme quand son erreur n'est

pas essentielle, par exemple lorsqu'elle porte, comme en

l'espece, sur la solvabilite de son cocontractant.

Si l'art. 184 Cpc gen. interdit la preuve par temoins contre

et outre le contenu aux actes, il ne saurait l'interdire relati-

vement aux manrnuvres dolosives par lesquelles l'une des

parties a amene l'autre a contracter. Il ne s'agit plus la du

contenu du contrat, de son etendue, de sa portee ou de ses

effets, mais de la validite de l'acte contractuel lui-meme. Si

la procedure cantonale peut disposer que l'acte ecrit consta-

tant un contrat ne saurait souffrir de contre preuve testimo-

niale, cela ne saurait signifiel' qu'on ne peut prouver par

temoins les manrnuvres dolosives ou les actes de contrainte

a l'aide desquels la conc1usion du contrat a ete obtenue.

Quant a la question de savoir si les faits allegues par le

defendeur sont pertinents, si la solvabilite du demandeur a

joue un role determinant dans la decision prise par le defen~

348

A. Entscheidungen des Bundesgerichts als oberster Zivilgerichtsinstanz.

deur, Ie 19 fevrier 1898, de signer Ie contrat, e'est la une

question d'appreciation qui ne peut etre resolue qu'au vu des

cireonstanees speciales de la cause. En effet, Ie Tribunal fe-

deml a juge que l'on ne saurait imposer, a celui qui allegue

l'erreur et Ie dol, l'obligation de prouver d'une manie re pe-

remptoire que s'il avait eonnu la verite il n'aurait pas con-

traete (arret du 15 oetobre 1886 Schiraeh e. Lohenstein, RO

12, p. 637, consid. 3); e'est au juge qu'il appartient d'appre-

eier, d'apres les eirconstanees speciales, quelle peut avoir Me

l'influenee des faits caehes eu egard aux relations habituelles

d'affaires.

Les travaux que ]e contrat met a la charge du defendeur

devaient ascender a plus de 350 OOG francs; les eonstruetions

devaient etre faites en 1898 et 1899; le prix ne devait etre

paye que par acomptes semestriels de 25000 francs, des le

1 er avril 1899. Le solde du prix ne devait done pas etre

paye avant sept ans. De plus, l'entrepreneur devait faire

l'avance des frais et honoraires de I'architecte, soit environ

18000 fr., plus journees de deplacement, frais et debourses.

Il est indiseutable qu'un entrepreneur qui prend a sa charge un

eontrat aussi onereux, qui assume obligations aussi peu habi-

tuelles, a un interet tres eonsiderable a connaitre Ia situation

de fortune de son cocontractant et Ia valeur des garanties

de paiement qui Iui sont offertes. Cela est d'autant plus vrai

qu'il s'agissait, en l'espece, d'une eonstruction faite dans un

but tres special et que toute l'entreprise d'Immensee repose

sur Ia personnalite du demandeur. La correspondance echangee

entre le defendeur et I'architecte Vallat prouve combien cette

question preoccupait l'entrepreneur. C'est au vu cle ces cir-

conRtances qu'il y a lieu d'apprecier les faits par lesquels le

defendet.ll' pretend etablir que le clemandeur a agi dolosive-

ment a son egard et l'a amene a contracter, ce qu'il n'aurait

pas fait s'il avait connu la verite.

4. -

Ainsi que le Tribunal federal l'a deja juge a diverses

reprises (arrets 22/23 novembre 1889 Jenny c. Blumer, RO

15, p. 832, -

10 octobre 1896 Schürch c. Gerber, Zeitsehr.

des bern. Juristenvereins 1897, 23, p. 223), le dol dont parle

ur. Obligationenrecht. N° 45.

349

l'art. 24 CO peut aussi bien decouler d'une omission que de

manffiuvres actives; le fait de cacher quelque chose de taire

des circonstances clont la bonne foi exigeait la;evelation

peuvent constituer Ie doL

Comme on vient de le voir, Ia solvabilite du pere Barral

doit avoir joue un grand röle dans la determination du deren-

cleur. Des lors s'il venait a etre etabli que le demandeur _

a la parole duquel sa situation et son titre pouvaient ajo~ter

une certaine importance, pour une personne qui ne le con-

naissait pas, -

a declare que ses immeubles n'etaient greves

que de 34 000 francs d'hypotheques, puis de 70 000 francs

alors qu'ils l'etaient de plus de 140 000 francs; s'il a adroi~

tement laisse eroire qu'il parlait des charges grevant l'en-

semble de ses immeubles alors qu'iI ne pensait, })ar devers

lui, qu'a certaine fraction du tout, s'il a cache sa situation

chirographaire, on pourrait en conclure qu'il a maIicieusement

laisse son cocontractant dans l'erreur. En effet, le deman-

deur, homme avise et rompu aux affaires, ne pouvait ignorer

l'importance qu'il y avait pour le defendeur qui l'interrogeait

a connaitre sa situation, et s'ill'a intentionnellement cachee

il a commis un clol.

'

5. -

Les faits et arguments alIegnes dans l'arret dont est

recours pour etablir que la situation hypothecaire du deman-

deur a ete sans influence sur la determination du defendeur

ou qu'il aurait pu eviter l'erreur dans laquelle il s'est trouve;

ne sont pas conc1uants.

Il n'est nullement etabli que le defendeur pouvait facile-

mellt verifier l'etat hypothecaire des immeubles du deman-

deur; il n'est pas prouve qu'il eut ete autorise a le faire

avant la conclusion du contrat; de plus, si une verification

etait facHe, c'etait une raison de plus pour le defendeur de

ne pas supposer qu'on cherchait a l'induire en erreur. Du

reste la bonne foi se presume, et on ne saurait lui faire un

grief d'avoir eru en la parole du pere Barral. Des qu'il a eu

des doutes, iI a pris des informations.

Le considerant de l'arret dont est recours suivant lequel

le defendeur doit seul supporter les consequences de sa ne-

350

A. Entscheidungen des Bundesgerichts als oberster Zivilgerichtsinstami.

gligence et qu'il n'a a s'en prendre qu'a lui s'il n'a pas fait

preciser la situation hypothecaire et chirographaire de son

cocontractant, avant la signature du contrat, est sans valeur.

Eu effet, le dol d'une des parties vicie le contrat et excuse

toute negligence, meme grossiere, de l'autre partie: lorsque

1'erreur repose sur le dol, il n'y a pas lieu de se demander

si elle aurait pu etre evitee; c'est en effet le dol qui vicie le

contrat et non pas l'er1'eur qui en est resultee. (Conf.

Windscheid Pandekten, Se ed. I, p, 235 et loc. eit.- Entscheid.

des Reichsgerichts 18t p. 223. -

Code civ. aH. § 843.)

L'argument que Ia Cour de Justice civile a tin~ de Ia lettre.

adressee le 11 mars 1898 par 1e dMendeur a l'architect~

Vallat, n'est pas non plus concIuant. Le passage que cite

I'arret est le suivant: «Veuillez, je vous prie, donner connais-

sance de cette lettre ä M. Barral et lui annoneer que je serai

a votre bureau le 15 courant, pour la ratification du marche,

s'il y a lieu. » On ne peut pas deduire de lä que le dMendeur

etait pret a signer la ratification du contrat alors meme qu'il

connaissait maintenant Ia situation du pere Barral. Il se plaint,

au contraire, au debut de cette lettre, du peu de valeur des

garanties qu'il a, et ne s'estimant pas encore definitivement

lie, il dit qu'il signera, apres une entrevue «s'il y a lieu »,

c'est-a-dire si des garanties suffisantes lui sont donnees. Cette

phrase ne saurait avoir un autre sens.

La valeur totale des proprietes du demandeur et le fait

rapporte par l'arret, qu'hypotheques anterieures payees, il

resterait une mieux value de 319 790 francs, ne peut per-

mettre de conclure que Ie defendeur devait s'estimer suffi-

samment garanti. En effet, comme Parret le dit lui-meme, la

Cour a base cette appreciation sur une evaluation du sieur

Vallat, architecte du demandeur; or, rien ne prouve qu'il

s'agisse 13. de Ia valeur intrinseque ou de Ia valeur d'achat

de ces proprietes, de celle qu'elles pourraient avoir dans

une liquidation, independamment de la personnalite du pere

Barral. C'est la Ia seule valeur qui puisse interesser 1e defen-

deur et permettre une argumentation serieuse.

6. -

Pour que le contrat pftt etre annuJe en vertu de

III. Obligationenrecht. N° 45.

3.51

rart. 24 CO, conformement au moyen souleve par le dMen-

·deur 'et dont Ia valeur a ete examinee ci-dessus, il faudrait

·que les faits dont il pretend faire deriver le dol fussent

prouves; 01', tel n'est pas le cas. Il est vrai que l'arret dont

est recours dit: «Il est etabli que Barral a fourni des indi-

cations erronees et incompletes sur sa situation hypotM-

caire. . .. »; mais cette phrase ne peut etre consideree

comme une constatation de fait liant le Tribunal federal au

sens de l'art 81 OJF. En effet, d'une part, prise avec son

coutexte, elle parait avoir un caractere plutot. hypotMtique

et n'avoir d'autre but que de servil' a un raisonnement;

d'autre part, il ressort du dossier que l'instruction n'a pas

porte sur les allegues CODcernant le dol; enfin, on ne saurait

considerer comme constituant une constatation de fait, Ia

simple declaration que Barral a fourni des indications erro-

llees et incompletes, sans mention des faits memes, des actes

materiels dont le dol decoulerait.

Il y a lieu, dans ces circonstances, de completer le dossier

en procedant a l'administration des preuves offertes par le

defendeur devant les instances cantonales deja, puis dans

son recours sous Nos 1 a 5 et 8. Le Tribunal federal, ne dis-

posant pas des elements necessaires pour juger, doit, par

consequent,' en application de l'art 82 al. 2 OJF, annuler

rarret dont est recours et renvoyer la cause au tribunal

cantonal.

7. -

L'arret du 24 mars 1906 etant annule, 1e prononee

de 1a Cour de Justice civile de Geneve, eoneernant l'etendue

.au dommage cause a Barral, disparait lui aussi. n n'y a pas

lieu, dans ces eirconstances, d'entrer en matiere sur le re-

cours du demandeur, Ia cause se trouvant reportee en entier

devant les instances cantonales. Le Tribunal federal n'a pas,

en particulier, a se prononcer eventuellement sur Ia question

·de savoir si la base mise par l'arret arevaluation du dom-

mage doit etre approuvee, ou s'i! n'y a pas plutot lieu de

tenir compte de l'augmentation du eolit des travaux prove-

nant de l'inexecution du eontrat par J. Faron, et de proceder,

dans ce but, a l'expertise offerte en preuve par 1e deman-

352

A. Entscheidungen des Bundesgerichts als oberster Zivilgerichtsinstanz.

deur; Ia Cour de Justice civile peut, en effet, eIle-meme

modifier son point de vue, son premier arret etant annule en,

son entier.

Par ces motifs,

le Tribunal federal

prononce:

1. -

Le recours iuterjete par J. Farou contre l'arret de

la Cour de Justice civile de Geneve, du 24 mars 1906, est

declare fonde.

11. -

Le dit arret est reforrne en tant qu'il a repousse

les off res formuIees par J. Faron de prouver, tant par titres

que par temoins, les faits allegues sous Nos 1 a 5 et 8 des

conclusions de son recours.

TII. -

Eu consequence le dit arret est annule et la cause

est renvoyee an tribunal cantonal pour compIeter le dossier

et statuer a nouveau.

IV. -

Dans ces circonstances il n'est pas entre en matiere

sur le recours de P.-M. BarraI.

46. ~drit u~m 14. ~uui 1906 in SQ~en

c$ut,,lt!. u. !Ser."JU., gegen ~ijte~, !Set!. u. !Set ... !SeU.

Stellung des Bundesgerichts gegenüber Urteilen, die im «Schadensliqui-

dationsverfahren » (das im Anschluss an die grundsätzliche Feststel-

lung der Schadensersatzpflicht im Adhäsionsprozesse erfolgt) gefällt

werden; es hat auch die grundsätzliche Frage der Entschädigungs-

pflicht frei zn prüfen. Art. 58 Abs. 2 OG. -

Schadenersatz aus

unerlaubter Handlung: Publikation der Sperre eines Geschäftes.

111((ss der Entschädigung. Kausalität der Schadenszufügung.

A. :nur~ Urteif bOm 1. :J1otlemuer 1905 ~Qt bel' m:~~errationß~

unI:-

,ltQffQtionß90f beß

,lt(tltton~~ern fl6er

ba~ Wigertfcge

1Re~t~uege9ren :

1. :nie 6~abenerfa~fummef lVe{~e :tl)ie~ bem 2u~ gemii~ Ur.

teU

be~ ~lffiienl)ofe~ be~ 3~tleiten !Seairf~ tlom 24. Dftouer 190~

f~ulbet, fei geri~t!i~ feftauie~en;

III. Obligationenrecht. N° 46.

353

2. :nie ®e1bjumme, wel~e :tl)ie~ bem 2u~ gemiiß bem uiim.

lid)en UrteU für ernfm~e mede~ullg bel' ~erfönH~en mer~ältnifie

l~u(betf fei geri~tn~ feftoufe~en;

3. :ner

f~ulbige !SetrQg fet \jom 24. Dfto6er 1903 l)in\tlcg

ainßuar oll ertIären; -

ertQnnt:

1. :ner stIiigerin ift il)r erfte~ 1Re~t~6ege9ren für einen !Be"

trag uon 500 ~r. augefpro~en, neuft ßiu~ ba\jon au 5 % feit

24. Dft06er 1903.

2 . .3m ferneren iit i9r ba~ 3IVeitc 1Re~tß6egel)ren 3ugejprod)elt

für einen !Selrag \,)on 300 ~r" ne6ft ßin~ OQ\,)on au 5 % feit

24. Dftober 1903.

B. ®egen biefe~ Urtei(I)Qt bie,ltlägerin re~t~eitig uni:> form.

ri~ti9 Me

~erufung an

ba~ !Sunbe~geri~t ergriffen mit bem

m:nfrage:

ßiffer 2 beß :niß~o~ti\,)~ fei bQl)in QU3uänberu, bQ13 bel' .\träge.

1'in, in !Seftiitigung bC$ erftinftan3n~en UrteUß, il)r erfte$ ~Jte~tß.

6egel)ren für einen }Betrag \.lon 2500 ~r., neojt 3in~ bQbOn ölt

5 % feit 24. Dft06er 1903, 3ugefpro~rn lVirb.

C. Sn bel' l)eutigen merl)anbfung l)Qt ber mertretcr bel',ltlage"

rin

®tttl)ei~ung, bel' mertreter be~ !Set(Qgten bagegen m:6weifung

bel' !Serufung licQntragt.

5Da~ !Sunbe$geri~t aiel)t i n ~ rw ag u n g:

1. :ner \,)on bel',ltlägerin

Ql~ 3led)t$nQ~forgerin il)re~ ber"'-

ftorlienen

~l)emQnlle$ m:6ml)mn

2lt~ erl)oliene

S~abenerfa~Qn~

fpru~ lVirb bon il)r

au~ bel'

meröffenHi~ung forgenbe,nl aur

6ette 4 ~er "m:rlieiterftimmelJ \,)om 17. m:~riI 1903

erf~lenenen

m:rtife{~ l)ergeIeitet, für

lVel~en bel' !SefIagte bie merantwodung

an überneljmen erflärt !jat:

1120~nbe\l,)egun9 bel' S)oI3Qrbeitet

..

. .. ~erner wurbe bie 3entt'Qlfommtjfiolt genötigt, üuer Ne

smöueIfQorif 2u~ in,ltreuöIingen bie 6pme ölt berl)ängen. :J1a~ bm

2öl)nenl bie S)m 2u~ feinen ~{rbeitern \,)embrei~t, bürfte er feinen

,ltoUegen \.lerloden, in btejem ~(borabo in m:rbeit öU treten. Un.

fere,ltoUegen l)auen

fi~ bie

smii~e gen.om~en ~~b Qm le~ten

3 Q'l)Itage bie 20l)nfiidlein gerammelt; Qut btefen tIt 3u erfel)~n,

bai3 bie betreffenben,ltoHegcn 2öl)lte \jon 9, 10, 12 unb 15 1.5r;...