Sachverhalt
Par ade notarie du 24 octobre 1903, le sieur Fran-
c;ois Baur et sa fernrne, maitres d'hötel a Geneve, ont de-
clare vendre aux recourants, leurs enfants, pour le prix de
100000 fr. le fonds de commerce qu'ils exploitent a Geneve
sous le nom d'Hotel Terminus. Les acheteurs se sont en-
gages entre autres: 'l. ä. payer a Ia decharge et en l'acquit
des vendeurs Ia totalite des creances concernant le fonds.
VI. Schuldbetreibung und Konkurs. N0 25.
169
vendu et cela a concurrence de la somme totale de 75 598 fr ~
95, chiffre total des creances arr~te d'un commun accord
entre les parties suivant etat dresse et signa- par elles ....•
Etant bien convenu que toute dette quelconque non comprise
dans le dit etat dem eure a la charge exclusive des vendeurs.
qui relevent et garantissent expressement les acquereurs de
toute reclamation a cet egard ... -
Cette somme de 75 598 fr.
95 etait a porter en deduction du prix de vente; quant an
solde, soit 24401 fr. 5, l'acte ajoute que 'l. M. et Mme BauT'
reconnaissent et deelarent.... l'avoir rec;u ce jour des ac-
quereurs, payant conjointement entre eux chacun par tiersr
en bonnes espe ces verifiees et retirees par eux vendeurs, a
leur entiere satisfaction et hors la vue des notaires . soussi-
gnes; dont quittance definitive ... -
L'acte se termine par-
ces mots: 'l. Dont acte traite directement entre les parties
sans la participation des notaires soussignes qui n'ont pr~te
leur ministere que pour la redaction sous forme authentique
des conventions intervenues directement entre elles.,.
B. -
Par arr~t du 12 avril 1904, la Cour de Justice ci-
vile de Geneve a declare en faillite, sans poursuites preala-
bIes, le vendeur FranQois Baur. Le dit arr~t se base sur ce
que racte de vente conelu avec ses enfants apparalt comme
le resultat d'une collusion entre parties dans le but de sous-
traire les biens du dit FranQois Baur a l'action de certains
creanciers.
C. -
Par exploit du 30 decembre 1904 l'office des faH-
lites de Geneve, soit M. Lecoultre, son directeur, agissant
comme administrateur de Ia faHHte Fa Baur, a assigne Ma-
thilde, Julia et Gustave Baur aux tins de faire prononcer Ia.
nullite de Ia vente du 24 octobre 1903, comme faite en fraude
des droits de certains creanciers.
D. -
Les defendeurs ont conclu a liberation; Hs ont al-
legue essentiellement:
10 que l'instance n'a pas 15M regulierement introduite;
qu'elle aurait dii ~tre dirigee contre tous ceux qui ont parti-
cipe a l'acte de vente du 24 octobre 1903, soit egalement
contre FranQois Baur et sa fernrne.
170
A. Entscheidungen des Bundesgerichts als oberster Zivilgerichtsinstanz.
20 que Fran(jois Baur n'a pas eu l'intention de leser ses
ereanciers; que cette intention n'a pu exister, etant donne
qu'il n'avait pas de creanciers reels, et qu'en sa qualite d'ar-
riere-caution des cautions de son gendre Koller, proprietaire
de l'Hotel Victoria a Bienne, il ne deviendrait debiteur de
ces cautions que si la liquidation du dit Hotel Victoria don-
nait un mauvais resultat;
3° qu'ils n'ont pas eu connaissance de la situation de leur
pare, d'ou la consequence qu'il ne saurait y avoir eu conni-
vence de leur part; ils offrent d'en faire la preuve; ils ajou-
tent que, du reste, l'art. 288 LP parle de la connivence du
debiteur avec ses creanciers, or eux n'etaient pas creanciers
de leur pere.
E. -
Par arr~t du 27 janvier 1906, la Cour de Justice
civile de Geneve a confirme le jugement du 8 juin 1905, par
lequel le tribunal de premiere instance a :
« Deboute les defendeurs de leur exception d'irrecevabilite
et vu les articles 285 et 288 LP declare nulle et de nul effet
la vente consentie suivant acte Moriaud, notaire, du 24 oc-
tobre 1903 et dit et prononce que tous les biens stipules
comme veudus par le dit acte feront retour a la faillite Fran-
"ois Baur et qu'il sera procede a leur inventaire au profit de
la masse.:'
Le jugement ecarte l'exception d'irrecevabilite parce qua
l'art. 290 LP dis pose que l'action revocatoire s'exerce contre
les personnes ayant traite avec le debiteur; cet article ne
parle pas de l'obligation de mettre en cause ce dernier et
dans la pratique celui-ci ne parait pas aux proces bases sur
les articles 285 et suiv. LP. D'autre part, dame Baur n'a pas
« traite avec le debiteur> puisqu'elle est intervenue dans
l'acte pour s'engager aux memes prestations que son mari;
du reste Fran<;ois Baur seul etait inscrit au registre du com-
merce et les epoux Baur etaient maries sous le regime de la
communaute.
Fran<;ois Baur a si bien compris que l'acte de vente qu'il
passait etait destine a favoriser certains de ses creanciers,
que cet acte ne parait pas avoir eu d'autre but. D'un me-
VI. Schuldbetreibung und Konkurs. N. 25.
171
llloire depose par le debiteur lui-m~me, au cours de la pro-
~cedure ayant abouti a sa mise en faillite, il resulte qu'il se
preoccupait de gagner du temps afin d'echapper ä. l'action
revocatoire et qu'il estimait qu'il n'etait que juste qu'il payat
une fois ses propres dettes, ayant paye trois fois celles de
son gendre.
Enfin, tous les faits de la cause so nt de nature a faire ad-
mettre que les acheteurs, qui se trouvaient ~tre les enfants
du debiteur, devaient etre au courant de la situation de ce
dernier; s'ils l'ont ignore, cette ignorance leuf est impu-
table.
F. -
En temps utile, les defeudeurs ont declare recourir
en reforme au Tribunal federal contre rarret de la Cour de
.Justice eivile du 27 janvier 1906. lls reprennent leurs con-
clusions liberatoires.
Statuant sur ces faits et considerant en droit :
1. -
L'article 290 LP desigue d'une manie re precise les
personnes contre lesquelles l'action revocatoire, -
autorisee
dans les cas prevus aux articles 286, 287 et 288 LP, -
doit
etre dirigee. Or, cet article dispose, eu premiere ligne, que
eette action s'exerce «contre les personnes qui ont traite
avec le debiteur. ~ En l'espace, le debiteup est Fran<;ois Baur
,et les personnes qui ont traite avec lui dans l'acte du 240c-
tobre 1903 sont ulliquement ses trois enfants, les recourants;
il n'y a douc aucun motif pour admettre que l'action aurait
simultanement du ~tre dirigee contre Fran(jois Baur et sa
femme. En ce qui concerne plus specialement cette derniere,
1'instance cantonale a declare, -
et ce pro non ce lie le Tri-
bunal fMeral, -
qu'etant donne le regime de la communaute
de biens sous lequel les epoux Baur etaient maries et le fait
-que le mari seul etait inscrit au registre du commerce, Fran-
<;ois Baur seul pouvait valablement traiter pour la vente de
I'Hotel Terminus, objet du contrat attaque; dame Baur n'est
des lors intervenue dans l'acte qu'a titre accessoire.
2. -
Le seul but de l'art. 290 LP etant de determiner
les personnes contre lesquelles l'action revocatoire s'exerce,
tandis que les cas dans lesquels elle peut etre introduite
17!
A. Entscheidungen des Bundesrerichts als oberster Zivilgerichtsinstanz.
sont (voir art. 285) enumeres aux articles 286, 287 et 288.
e'est a tort que les reeourants pretendent que l'action revo-
eatoire intentee par r office des faillites, aurait du se baser-
sur l'art. 290 et non pas sur l'art. 288. Cet artiele n'institue
pas une cause de revoeation, et Ia seule question a examiner
est celle de savoir si les conditions de l'art. 288, mis a la
base du pro non ce des instances cantonales, sont acquises.
3. -
Le jugement confirme par rarr~t dont est recours,.
constate en fait que le contrat de vente de I'Hötel Terminus
a favorise eertains creaneiers de Fran<;ois Baur au detriment
des autres. Cette constatation est indiscutable; il resulte, en
effet, du contrat de vente lui-meme qu'un certain nombre de
creanciers, enumeres sur une liste jointe a l'acte devaient
etre payes par les acheteurs eux-memes, le montant de ces
dettes etant porte en diminution du prix de vente, aucune
garantie n'etant donnee pour le paiement des autres crean--
ciers du vendeur.
TI n'est pas douteux non plus, ainsi que le jugement le
constate en fait, que le debiteur Fran~ois Baur ait coneIn
cette vente dans l'intention de porter prejudiee a certains
de ses creanciers. Il le savait et le voulait. Cela resulte a
l'evidence du memoire qu'il a produit fdans la procedure qui
a abouti a sa mise en faillite sans poursuite prealable. En
declarant qu'il voulait payer une fois ses debiteurs person-
nels, apres avoir deja paye trois fois les dettes de son gendre,
i1 montrait bien qu'il prevoyait avoir a payer sous peu, en S8.-
qualite d'arriere-eaution, les sommes qu'auraient a verser les
cautions de son gendre Koller. Ces apprehensions ne sont
que confirmees par la situation de ce dernier. En effet: une
declaration de l'administration de Ia failHte Koller, datee de-
Bienne, le 20 decembre 1905, etablit que l'Hötel Victoria
s'est vendu le 19 aout 1905, pour 140 000 fr., alors que les
creances hypotheeaires seules ascendaient a 225754 fr. 95.
TI resulte en outre d'une lettre du 23 decembre 1905, de-
l'avocat Ryf, de Bienne, que le mobilier de l'Hötel Vietoria
appartenait a des tiers. TI importe peu de savoir si les eau-
tions avaient ou n'avaient pas encore paye le surplus garanti
VI. Schuldbetreibung und Konkurs. N° 25.
173
-par elles des dettes de Koller, au moment de Ia stipulation
de l'acte du 24 octobre 1903; il suffit de eonstater que Fran-
ijois Baur avait, en contractant avec ses emants, l'intention
de se soustraire a ses obligations a I'egard de certains de
ses ereaneiers meme virtueis et de leur porter ainsi preju-
dice.
4. -
C'est a tort que le recourant declare I'art. 288 LP
inapplicable paree qu'il ne serait pas etabli qu'il y a eu con-
nivence entre le debite ur Fran<;ois Baur et ses creanciers.
Cette argumentation est basee sur le texte fran<;ais de la loi
qui, par suite d'erreurs de traduction, est en eontradiction
evidente avec les textes allemand et italien (Conf. arr8ts du
Tribunal federal du 6 avri11895, Sunner contre Sunner, RO
21 p. 669 consid. 3. -
2 juin 1905. Masse Meyer fils & Cie
-c. Blum consid. 3. -
30 juin 1905, Banque cantonale vau-
doise c. Enfants Lugrin consid. 4). Le legislateur a entendu
accorder l'action revocatoire pour les actes faits par le debi-
teur, non seulement avec Ia connivence d'un ereancier, mais
mcme avec celle d'un tiers, lorsqu'il a eu l'intention de porter
prejudice a ses creanciers ou de favoriser certains d'entre
eux; de plus, le legisiateur ne s'est pas borne a prevoir le
>C&S Oll il y aurait de Ia part de ce tiers connivence parfaite,
c'est-a-dire dessein premedite de dissimuler un acte, mais il
a admis Ia possibillte de I:action revocatoire meme lorsque
l'intention du debiteur etait simplement reconnaissable pour
ce tiers. En effet, le texte allemand porte c: in der dem an-
dern Teile erkennbaren Absicht >, et le texte italien: c: con
l'intenzione, riconoscibile dall'altra parte . ... >, ce qui ne
-correspond absolument pas a l'expression fran<;aise : «dans
l'intention de .... favoriser certains creanciers avec laur con-
nivence. > Le tiers contractant sera, le plus souvent, peut-etre,
un creancier, mais tel ne sera pas toujours le cas, preuve en
soit la presente espece; en outre, ainsi que le Tribunal fe-
deral l'a juge d'une falion constante, le demandeur ä l'acUon
revoeatoire n'a pas a prouver la eonnivence entre le debiteur
et son eo-contractallt, mais uniquement que celui-ci pouvait
prevoir, avee l'attention dictee par les circonstances, et sans
174
A. Entscheidungen des Bundesgerichts als oberster Zivilgerichtsinstanz.
negligence, que l'acte dont il s'agissait aurait pour conse-
quence naturelle de favoriser certains creanciers au detri-
ment des autres (Trib. fed., 25 avril1901, Garcin c. Borel-
Monti, RO Mit. spIe .(p. 127 consid. 5 *. -
26 mars 1904
Bosshard et Keller c. Masse Kägi, ibid. edit. spIe 7 p. 13i
consid. 5 et loe. eit. **).
5. -
C'est ä. bon droit que les instances cantonales ont.
admis que les recourants pouvaient reconnaitre que l'inten-
tion de leur pere etait de favoriser certains creanciers. Cela:
decoule en effet des faits suivants : L'acte de vente de I'Hotel
Terminus prevoit expressement que certaines dettes de Fran-
Qois Baur, enumerees dans une liste yannexee, seront payees
sur ]e prix de vente, les autres restant ä. la charge du ven-
deur; cette distinction deja, entre les creanciers du ven-
deur, devait eveiller l'attention des acheteurs. -
Ce fait
prend d'autant plus d'importance que le paiement du surplus
du prix de vente a, d'apres 1'acte, ete effectue hors de Ia vue
des notaires et que ceux-ci ont tenu a degager leur respon-
sabilite; il aurait ete facile aux recourants de donner des
explications a ce sujet s'ils avaient juge avantageux de le
faire. -
Les acheteurs etant les enfants du vendeur, Hs de-
vaient etre au courant de Ia situation de leur pere; Hs pou-
vaient d'ailleurs facilement se rendre compte de cette situa-
tion et le pourquoi de cet acte de vente; s'ils ne 1'ont pas
fait, cette negligence leur est imputable. -
Enfin, le proche
degre de parente peut jusqu'a un certain point faire presumer
Ia connivence (conf. Jaeger, Commentaire LP ad 288, 3° et
arret du 6 avril 1895, Sunner c. Masse Sunner, RO 21
p. 670 consid. 4 in fine, 20 mars 1896, Ghilione C. Regie
federale des alcools 22 p. 216). -
En consequence le pro-
nonce des instances cantonales sur ce point ne peut etre
que confirme.
Les conditions de l'art. 288 LP etant aequises, c'est a bon
droit que les conclusions de Ia demande ont ete admises.
6. -
Les recourants ont encore offert de prouver que Ia
connivence n'a pas existe, mais, ainsi qu'on 1'a vu ci-dessus"
* Ed. gen. 27 II No 32 p. 284 et suiv.
** Ed. gen. 30 II No 22 p. i64 et suiv.
(Anm. d. Red. f. Publ.)
VI. Schuldbetreibung und Konkurs. No ~6.
175
cette preuve serait inefficiante, etant donne qu'elle n'est pas
de nature a etablir qu'ils n'auraient pas pu, avec l'atteution
dictee par les circonstances, se rendre compte que !'intention
de Fran<jois Baur, leur pere, etait de favoriser certains
creanciers au detriment des autres.
Par ces motifs?
Le Tribunal fMeral
prononce:
Le recours est declare mal fonde.
26. ~ddt u;tU 31. llliit~ 1906 in @)Il~en ~ii.o:4!t.'~t.o:itltt"
JtL u. medt1., gegen ~4e'DtU4UU, meft u. ?Ser .• ?SefL
Sohadenersatzklage gegen den Betreibungsbeamten, A1·t. 5 SchKG.
Verjährung. Art. 7 eod. A.rt. 69 OR.
A. ~ur~ Urteil l)om 10 . .sllnullr 1906 l)llt bie 1. ~pella::
tionßtammer bea Dbergerhf)ta
be~ stantonß .3üri~ bie $trage
aligeroiefen.
B. ®eflen biefea Urteil l)at ber stIliger re~taeitig unb form.
ri~tig bie merufung an baß
?Sunbe~geri~t ergriffen, mit bem
~ntrage auf ®utl)eif3ung ber $trage im eingefIagten mettage l>on
18,559 ~r. 50 ~t6. j el>entuell ttlolle bie merufung6inftana bll6-
Ouantitattl) be6 l)om mefIagten au lieaal)lenben
(5~abenerfll~e6-
na~ ri~terli~em @rmeifen feftfe~en.
c . .sn ber l)eutigen merl)anblung l)auen ber mertreter be6
stlligerß ®utl)etf3ung unb ber mertreter be6 mefIagten ~6ttleifung
ber merufung beantragt.
~aß munbe6gert~t aiel)t in @rttl li gun 9 :
1. ~em Urtei(ber morinftana Hegt im ttlefentUd)en fo{genber
'tatlieftllnb au ®runbe:
.sm $tonfurfe über
~nbrea6 :turini l)atte Ilm 4. .sanuar
190j eine erite
megenf~aft6ftetgerung ftattgefunben, ttlo6ei bie
2tegenf~aft 3um lRofengaTten in .3ürt~ V bem .safoli lniel)ergelt
in .3ug aum ~reife l>on 58,050
~r. ougef~{agen ttlorben ttlltr.
SOa 91iel)ergeIt ben stauf ni~t 9ieH, ttlurbe am 5. unlira eine
Erwägungen (6 Absätze)
E. 1 L'article 290 LP desigue d'une manie re precise les personnes contre lesquelles l'action revocatoire, - autorisee dans les cas prevus aux articles 286, 287 et 288 LP, - doit etre dirigee. Or, cet article dispose, eu premiere ligne, que eette action s'exerce «contre les personnes qui ont traite avec le debiteur. ~ En l'espace, le debiteup est Fran<;ois Baur,et les personnes qui ont traite avec lui dans l'acte du 240c- tobre 1903 sont ulliquement ses trois enfants, les recourants; il n'y a douc aucun motif pour admettre que l'action aurait simultanement du ~tre dirigee contre Fran(jois Baur et sa femme. En ce qui concerne plus specialement cette derniere, 1'instance cantonale a declare, - et ce pro non ce lie le Tri- bunal fMeral, - qu'etant donne le regime de la communaute de biens sous lequel les epoux Baur etaient maries et le fait -que le mari seul etait inscrit au registre du commerce, Fran- <;ois Baur seul pouvait valablement traiter pour la vente de I'Hotel Terminus, objet du contrat attaque; dame Baur n'est des lors intervenue dans l'acte qu'a titre accessoire.
E. 2 Le seul but de l'art. 290 LP etant de determiner les personnes contre lesquelles l'action revocatoire s'exerce, tandis que les cas dans lesquels elle peut etre introduite 17! A. Entscheidungen des Bundesrerichts als oberster Zivilgerichtsinstanz. sont (voir art. 285) enumeres aux articles 286, 287 et 288. e'est a tort que les reeourants pretendent que l'action revo- eatoire intentee par r office des faillites, aurait du se baser- sur l'art. 290 et non pas sur l'art. 288. Cet artiele n'institue pas une cause de revoeation, et Ia seule question a examiner est celle de savoir si les conditions de l'art. 288, mis a la base du pro non ce des instances cantonales, sont acquises.
E. 3 Le jugement confirme par rarr~t dont est recours,.
constate en fait que le contrat de vente de I'Hötel Terminus
a favorise eertains creaneiers de Fran<;ois Baur au detriment
des autres. Cette constatation est indiscutable; il resulte, en
effet, du contrat de vente lui-meme qu'un certain nombre de
creanciers, enumeres sur une liste jointe a l'acte devaient
etre payes par les acheteurs eux-memes, le montant de ces
dettes etant porte en diminution du prix de vente, aucune
garantie n'etant donnee pour le paiement des autres crean--
ciers du vendeur.
TI n'est pas douteux non plus, ainsi que le jugement le
constate en fait, que le debiteur Fran~ois Baur ait coneIn
cette vente dans l'intention de porter prejudiee a certains
de ses creanciers. Il le savait et le voulait. Cela resulte a
l'evidence du memoire qu'il a produit fdans la procedure qui
a abouti a sa mise en faillite sans poursuite prealable. En
declarant qu'il voulait payer une fois ses debiteurs person-
nels, apres avoir deja paye trois fois les dettes de son gendre,
i1 montrait bien qu'il prevoyait avoir a payer sous peu, en S8.-
qualite d'arriere-eaution, les sommes qu'auraient a verser les
cautions de son gendre Koller. Ces apprehensions ne sont
que confirmees par la situation de ce dernier. En effet: une
declaration de l'administration de Ia failHte Koller, datee de-
Bienne, le 20 decembre 1905, etablit que l'Hötel Victoria
s'est vendu le 19 aout 1905, pour 140 000 fr., alors que les
creances hypotheeaires seules ascendaient a 225754 fr. 95.
TI resulte en outre d'une lettre du 23 decembre 1905, de-
l'avocat Ryf, de Bienne, que le mobilier de l'Hötel Vietoria
appartenait a des tiers. TI importe peu de savoir si les eau-
tions avaient ou n'avaient pas encore paye le surplus garanti
VI. Schuldbetreibung und Konkurs. N° 25.
173
-par elles des dettes de Koller, au moment de Ia stipulation
de l'acte du 24 octobre 1903; il suffit de eonstater que Fran-
ijois Baur avait, en contractant avec ses emants, l'intention
de se soustraire a ses obligations a I'egard de certains de
ses ereaneiers meme virtueis et de leur porter ainsi preju-
dice.
E. 4 C'est a tort que le recourant declare I'art. 288 LP
inapplicable paree qu'il ne serait pas etabli qu'il y a eu con-
nivence entre le debite ur Fran<;ois Baur et ses creanciers.
Cette argumentation est basee sur le texte fran<;ais de la loi
qui, par suite d'erreurs de traduction, est en eontradiction
evidente avec les textes allemand et italien (Conf. arr8ts du
Tribunal federal du 6 avri11895, Sunner contre Sunner, RO
21 p. 669 consid. 3. -
2 juin 1905. Masse Meyer fils & Cie
-c. Blum consid. 3. -
30 juin 1905, Banque cantonale vau-
doise c. Enfants Lugrin consid. 4). Le legislateur a entendu
accorder l'action revocatoire pour les actes faits par le debi-
teur, non seulement avec Ia connivence d'un ereancier, mais
mcme avec celle d'un tiers, lorsqu'il a eu l'intention de porter
prejudice a ses creanciers ou de favoriser certains d'entre
eux; de plus, le legisiateur ne s'est pas borne a prevoir le
>C&S Oll il y aurait de Ia part de ce tiers connivence parfaite,
c'est-a-dire dessein premedite de dissimuler un acte, mais il
a admis Ia possibillte de I:action revocatoire meme lorsque
l'intention du debiteur etait simplement reconnaissable pour
ce tiers. En effet, le texte allemand porte c: in der dem an-
dern Teile erkennbaren Absicht >, et le texte italien: c: con
l'intenzione, riconoscibile dall'altra parte . ... >, ce qui ne
-correspond absolument pas a l'expression fran<;aise : «dans
l'intention de .... favoriser certains creanciers avec laur con-
nivence. > Le tiers contractant sera, le plus souvent, peut-etre,
un creancier, mais tel ne sera pas toujours le cas, preuve en
soit la presente espece; en outre, ainsi que le Tribunal fe-
deral l'a juge d'une falion constante, le demandeur ä l'acUon
revoeatoire n'a pas a prouver la eonnivence entre le debiteur
et son eo-contractallt, mais uniquement que celui-ci pouvait
prevoir, avee l'attention dictee par les circonstances, et sans
174
A. Entscheidungen des Bundesgerichts als oberster Zivilgerichtsinstanz.
negligence, que l'acte dont il s'agissait aurait pour conse-
quence naturelle de favoriser certains creanciers au detri-
ment des autres (Trib. fed., 25 avril1901, Garcin c. Borel-
Monti, RO Mit. spIe .(p. 127 consid. 5 *. -
26 mars 1904
Bosshard et Keller c. Masse Kägi, ibid. edit. spIe 7 p. 13i
consid. 5 et loe. eit. **).
E. 5 C'est ä. bon droit que les instances cantonales ont.
admis que les recourants pouvaient reconnaitre que l'inten-
tion de leur pere etait de favoriser certains creanciers. Cela:
decoule en effet des faits suivants : L'acte de vente de I'Hotel
Terminus prevoit expressement que certaines dettes de Fran-
Qois Baur, enumerees dans une liste yannexee, seront payees
sur ]e prix de vente, les autres restant ä. la charge du ven-
deur; cette distinction deja, entre les creanciers du ven-
deur, devait eveiller l'attention des acheteurs. -
Ce fait
prend d'autant plus d'importance que le paiement du surplus
du prix de vente a, d'apres 1'acte, ete effectue hors de Ia vue
des notaires et que ceux-ci ont tenu a degager leur respon-
sabilite; il aurait ete facile aux recourants de donner des
explications a ce sujet s'ils avaient juge avantageux de le
faire. -
Les acheteurs etant les enfants du vendeur, Hs de-
vaient etre au courant de Ia situation de leur pere; Hs pou-
vaient d'ailleurs facilement se rendre compte de cette situa-
tion et le pourquoi de cet acte de vente; s'ils ne 1'ont pas
fait, cette negligence leur est imputable. -
Enfin, le proche
degre de parente peut jusqu'a un certain point faire presumer
Ia connivence (conf. Jaeger, Commentaire LP ad 288, 3° et
arret du 6 avril 1895, Sunner c. Masse Sunner, RO 21
p. 670 consid. 4 in fine, 20 mars 1896, Ghilione C. Regie
federale des alcools 22 p. 216). -
En consequence le pro-
nonce des instances cantonales sur ce point ne peut etre
que confirme.
Les conditions de l'art. 288 LP etant aequises, c'est a bon
droit que les conclusions de Ia demande ont ete admises.
E. 6 Les recourants ont encore offert de prouver que Ia
connivence n'a pas existe, mais, ainsi qu'on 1'a vu ci-dessus"
* Ed. gen. 27 II No 32 p. 284 et suiv.
** Ed. gen. 30 II No 22 p. i64 et suiv.
(Anm. d. Red. f. Publ.)
VI. Schuldbetreibung und Konkurs. No ~6.
175
cette preuve serait inefficiante, etant donne qu'elle n'est pas
de nature a etablir qu'ils n'auraient pas pu, avec l'atteution
dictee par les circonstances, se rendre compte que !'intention
de Fran<jois Baur, leur pere, etait de favoriser certains
creanciers au detriment des autres.
Par ces motifs?
Le Tribunal fMeral
prononce:
Le recours est declare mal fonde.
26. ~ddt u;tU 31. llliit~ 1906 in @)Il~en ~ii.o:4!t.'~t.o:itltt"
JtL u. medt1., gegen ~4e'DtU4UU, meft u. ?Ser .• ?SefL
Sohadenersatzklage gegen den Betreibungsbeamten, A1·t. 5 SchKG.
Verjährung. Art. 7 eod. A.rt. 69 OR.
A. ~ur~ Urteil l)om 10 . .sllnullr 1906 l)llt bie 1. ~pella::
tionßtammer bea Dbergerhf)ta
be~ stantonß .3üri~ bie $trage
aligeroiefen.
B. ®eflen biefea Urteil l)at ber stIliger re~taeitig unb form.
ri~tig bie merufung an baß
?Sunbe~geri~t ergriffen, mit bem
~ntrage auf ®utl)eif3ung ber $trage im eingefIagten mettage l>on
18,559 ~r. 50 ~t6. j el>entuell ttlolle bie merufung6inftana bll6-
Ouantitattl) be6 l)om mefIagten au lieaal)lenben
(5~abenerfll~e6-
na~ ri~terli~em @rmeifen feftfe~en.
c . .sn ber l)eutigen merl)anblung l)auen ber mertreter be6
stlligerß ®utl)etf3ung unb ber mertreter be6 mefIagten ~6ttleifung
ber merufung beantragt.
~aß munbe6gert~t aiel)t in @rttl li gun 9 :
1. ~em Urtei(ber morinftana Hegt im ttlefentUd)en fo{genber
'tatlieftllnb au ®runbe:
.sm $tonfurfe über
~nbrea6 :turini l)atte Ilm 4. .sanuar
190j eine erite
megenf~aft6ftetgerung ftattgefunben, ttlo6ei bie
2tegenf~aft 3um lRofengaTten in .3ürt~ V bem .safoli lniel)ergelt
in .3ug aum ~reife l>on 58,050
~r. ougef~{agen ttlorben ttlltr.
SOa 91iel)ergeIt ben stauf ni~t 9ieH, ttlurbe am 5. unlira eine
Volltext (verifizierbarer Originaltext)
168
A. Entscheidungen des Bundesgerichts als oberster ZiviJgerichtsinstanz.
@efamt~reife~ \)orM;alten
~at, unb bau er im Stonfurfe ld
.re1iufer~ ~aniot~ mit jener Stauf6eUe au !8erIuft gefommen tft,.
ber .reauf~rei~ fomit nr d} t \)oUftlinbig abbeaa~lt ttlorben tft.
~ei biefer e5ad)Iage fann fid) bie ~efIngte nid)t barnuf berufen,.
baü "in ben
bcreit~ geJeifteten
Ba~lungen be3ttl. tn bem ~rIö~
ber megenjd)aftßfteigerung bel' .reauWrei~ für bie WlobHien gnn3-
ober bod) teilttletfe inbegriffen unb biefer .renuf:prei~ ba~er a(ß gan~
ober bod) teHttleife be5\t~H 3u betrad)ten" fei. ~enn einerjeit0 ift
eß unrid)tig, baß bel'
.reauf~reiß für bie WlobHien in ben
ge~
{eifteten st ei I aa9{ungen ga n 3 in6egriffen lei (baß @egenteH ergibt
fid) gerabe aUß bel' ~lnfe~ung ein~ ~aufd)aI:preifeß für WCobiHen
unb 3mmo6ilien), unb anberfeit~ genügte eben nad) bem tIaren
'ffiortlaute beß iBertrageß eine teHttleife sttIgung beß seauWreifeß.
nid)t, um ben Übergang be~ ~gent1tmß an WCobHien ober \lud).
nur an einem steil berfeI6en ~erbei6ufü9ren. ~tefe WCo6ilien
fin~
fomit flimtHd) im ~igentum b~ .relligerß unb ~erufungß6eflagten
\)er6Heben.
~emnad) 9at baß ~unb~gerid)t
edannt:
~ie ~erufung ttlirb abgettliefen unb baß Urteil b~ ~tp~eUa::;
tionß: unb seaffationß9cfeß beß .reantonß ~ern \)om 3. 9(o\)cmber
1905 beftätigt.
25. Arret du l7 mars 1906, dans la Muse Baur, deI. et ree.,.
eontre Office des Faillites da Geneve, dem. et int.
.Action revocatoire. -
Legitimation passive. Art. 200 LP.-
Art. 5188 eod. Erreur du texte fran<;ais.
A. -
Par ade notarie du 24 octobre 1903, le sieur Fran-
c;ois Baur et sa fernrne, maitres d'hötel a Geneve, ont de-
clare vendre aux recourants, leurs enfants, pour le prix de
100000 fr. le fonds de commerce qu'ils exploitent a Geneve
sous le nom d'Hotel Terminus. Les acheteurs se sont en-
gages entre autres: 'l. ä. payer a Ia decharge et en l'acquit
des vendeurs Ia totalite des creances concernant le fonds.
VI. Schuldbetreibung und Konkurs. N0 25.
169
vendu et cela a concurrence de la somme totale de 75 598 fr ~
95, chiffre total des creances arr~te d'un commun accord
entre les parties suivant etat dresse et signa- par elles ....•
Etant bien convenu que toute dette quelconque non comprise
dans le dit etat dem eure a la charge exclusive des vendeurs.
qui relevent et garantissent expressement les acquereurs de
toute reclamation a cet egard ... -
Cette somme de 75 598 fr.
95 etait a porter en deduction du prix de vente; quant an
solde, soit 24401 fr. 5, l'acte ajoute que 'l. M. et Mme BauT'
reconnaissent et deelarent.... l'avoir rec;u ce jour des ac-
quereurs, payant conjointement entre eux chacun par tiersr
en bonnes espe ces verifiees et retirees par eux vendeurs, a
leur entiere satisfaction et hors la vue des notaires . soussi-
gnes; dont quittance definitive ... -
L'acte se termine par-
ces mots: 'l. Dont acte traite directement entre les parties
sans la participation des notaires soussignes qui n'ont pr~te
leur ministere que pour la redaction sous forme authentique
des conventions intervenues directement entre elles.,.
B. -
Par arr~t du 12 avril 1904, la Cour de Justice ci-
vile de Geneve a declare en faillite, sans poursuites preala-
bIes, le vendeur FranQois Baur. Le dit arr~t se base sur ce
que racte de vente conelu avec ses enfants apparalt comme
le resultat d'une collusion entre parties dans le but de sous-
traire les biens du dit FranQois Baur a l'action de certains
creanciers.
C. -
Par exploit du 30 decembre 1904 l'office des faH-
lites de Geneve, soit M. Lecoultre, son directeur, agissant
comme administrateur de Ia faHHte Fa Baur, a assigne Ma-
thilde, Julia et Gustave Baur aux tins de faire prononcer Ia.
nullite de Ia vente du 24 octobre 1903, comme faite en fraude
des droits de certains creanciers.
D. -
Les defendeurs ont conclu a liberation; Hs ont al-
legue essentiellement:
10 que l'instance n'a pas 15M regulierement introduite;
qu'elle aurait dii ~tre dirigee contre tous ceux qui ont parti-
cipe a l'acte de vente du 24 octobre 1903, soit egalement
contre FranQois Baur et sa fernrne.
170
A. Entscheidungen des Bundesgerichts als oberster Zivilgerichtsinstanz.
20 que Fran(jois Baur n'a pas eu l'intention de leser ses
ereanciers; que cette intention n'a pu exister, etant donne
qu'il n'avait pas de creanciers reels, et qu'en sa qualite d'ar-
riere-caution des cautions de son gendre Koller, proprietaire
de l'Hotel Victoria a Bienne, il ne deviendrait debiteur de
ces cautions que si la liquidation du dit Hotel Victoria don-
nait un mauvais resultat;
3° qu'ils n'ont pas eu connaissance de la situation de leur
pare, d'ou la consequence qu'il ne saurait y avoir eu conni-
vence de leur part; ils offrent d'en faire la preuve; ils ajou-
tent que, du reste, l'art. 288 LP parle de la connivence du
debiteur avec ses creanciers, or eux n'etaient pas creanciers
de leur pere.
E. -
Par arr~t du 27 janvier 1906, la Cour de Justice
civile de Geneve a confirme le jugement du 8 juin 1905, par
lequel le tribunal de premiere instance a :
« Deboute les defendeurs de leur exception d'irrecevabilite
et vu les articles 285 et 288 LP declare nulle et de nul effet
la vente consentie suivant acte Moriaud, notaire, du 24 oc-
tobre 1903 et dit et prononce que tous les biens stipules
comme veudus par le dit acte feront retour a la faillite Fran-
"ois Baur et qu'il sera procede a leur inventaire au profit de
la masse.:'
Le jugement ecarte l'exception d'irrecevabilite parce qua
l'art. 290 LP dis pose que l'action revocatoire s'exerce contre
les personnes ayant traite avec le debiteur; cet article ne
parle pas de l'obligation de mettre en cause ce dernier et
dans la pratique celui-ci ne parait pas aux proces bases sur
les articles 285 et suiv. LP. D'autre part, dame Baur n'a pas
« traite avec le debiteur> puisqu'elle est intervenue dans
l'acte pour s'engager aux memes prestations que son mari;
du reste Fran<;ois Baur seul etait inscrit au registre du com-
merce et les epoux Baur etaient maries sous le regime de la
communaute.
Fran<;ois Baur a si bien compris que l'acte de vente qu'il
passait etait destine a favoriser certains de ses creanciers,
que cet acte ne parait pas avoir eu d'autre but. D'un me-
VI. Schuldbetreibung und Konkurs. N. 25.
171
llloire depose par le debiteur lui-m~me, au cours de la pro-
~cedure ayant abouti a sa mise en faillite, il resulte qu'il se
preoccupait de gagner du temps afin d'echapper ä. l'action
revocatoire et qu'il estimait qu'il n'etait que juste qu'il payat
une fois ses propres dettes, ayant paye trois fois celles de
son gendre.
Enfin, tous les faits de la cause so nt de nature a faire ad-
mettre que les acheteurs, qui se trouvaient ~tre les enfants
du debiteur, devaient etre au courant de la situation de ce
dernier; s'ils l'ont ignore, cette ignorance leuf est impu-
table.
F. -
En temps utile, les defeudeurs ont declare recourir
en reforme au Tribunal federal contre rarret de la Cour de
.Justice eivile du 27 janvier 1906. lls reprennent leurs con-
clusions liberatoires.
Statuant sur ces faits et considerant en droit :
1. -
L'article 290 LP desigue d'une manie re precise les
personnes contre lesquelles l'action revocatoire, -
autorisee
dans les cas prevus aux articles 286, 287 et 288 LP, -
doit
etre dirigee. Or, cet article dispose, eu premiere ligne, que
eette action s'exerce «contre les personnes qui ont traite
avec le debiteur. ~ En l'espace, le debiteup est Fran<;ois Baur
,et les personnes qui ont traite avec lui dans l'acte du 240c-
tobre 1903 sont ulliquement ses trois enfants, les recourants;
il n'y a douc aucun motif pour admettre que l'action aurait
simultanement du ~tre dirigee contre Fran(jois Baur et sa
femme. En ce qui concerne plus specialement cette derniere,
1'instance cantonale a declare, -
et ce pro non ce lie le Tri-
bunal fMeral, -
qu'etant donne le regime de la communaute
de biens sous lequel les epoux Baur etaient maries et le fait
-que le mari seul etait inscrit au registre du commerce, Fran-
<;ois Baur seul pouvait valablement traiter pour la vente de
I'Hotel Terminus, objet du contrat attaque; dame Baur n'est
des lors intervenue dans l'acte qu'a titre accessoire.
2. -
Le seul but de l'art. 290 LP etant de determiner
les personnes contre lesquelles l'action revocatoire s'exerce,
tandis que les cas dans lesquels elle peut etre introduite
17!
A. Entscheidungen des Bundesrerichts als oberster Zivilgerichtsinstanz.
sont (voir art. 285) enumeres aux articles 286, 287 et 288.
e'est a tort que les reeourants pretendent que l'action revo-
eatoire intentee par r office des faillites, aurait du se baser-
sur l'art. 290 et non pas sur l'art. 288. Cet artiele n'institue
pas une cause de revoeation, et Ia seule question a examiner
est celle de savoir si les conditions de l'art. 288, mis a la
base du pro non ce des instances cantonales, sont acquises.
3. -
Le jugement confirme par rarr~t dont est recours,.
constate en fait que le contrat de vente de I'Hötel Terminus
a favorise eertains creaneiers de Fran<;ois Baur au detriment
des autres. Cette constatation est indiscutable; il resulte, en
effet, du contrat de vente lui-meme qu'un certain nombre de
creanciers, enumeres sur une liste jointe a l'acte devaient
etre payes par les acheteurs eux-memes, le montant de ces
dettes etant porte en diminution du prix de vente, aucune
garantie n'etant donnee pour le paiement des autres crean--
ciers du vendeur.
TI n'est pas douteux non plus, ainsi que le jugement le
constate en fait, que le debiteur Fran~ois Baur ait coneIn
cette vente dans l'intention de porter prejudiee a certains
de ses creanciers. Il le savait et le voulait. Cela resulte a
l'evidence du memoire qu'il a produit fdans la procedure qui
a abouti a sa mise en faillite sans poursuite prealable. En
declarant qu'il voulait payer une fois ses debiteurs person-
nels, apres avoir deja paye trois fois les dettes de son gendre,
i1 montrait bien qu'il prevoyait avoir a payer sous peu, en S8.-
qualite d'arriere-eaution, les sommes qu'auraient a verser les
cautions de son gendre Koller. Ces apprehensions ne sont
que confirmees par la situation de ce dernier. En effet: une
declaration de l'administration de Ia failHte Koller, datee de-
Bienne, le 20 decembre 1905, etablit que l'Hötel Victoria
s'est vendu le 19 aout 1905, pour 140 000 fr., alors que les
creances hypotheeaires seules ascendaient a 225754 fr. 95.
TI resulte en outre d'une lettre du 23 decembre 1905, de-
l'avocat Ryf, de Bienne, que le mobilier de l'Hötel Vietoria
appartenait a des tiers. TI importe peu de savoir si les eau-
tions avaient ou n'avaient pas encore paye le surplus garanti
VI. Schuldbetreibung und Konkurs. N° 25.
173
-par elles des dettes de Koller, au moment de Ia stipulation
de l'acte du 24 octobre 1903; il suffit de eonstater que Fran-
ijois Baur avait, en contractant avec ses emants, l'intention
de se soustraire a ses obligations a I'egard de certains de
ses ereaneiers meme virtueis et de leur porter ainsi preju-
dice.
4. -
C'est a tort que le recourant declare I'art. 288 LP
inapplicable paree qu'il ne serait pas etabli qu'il y a eu con-
nivence entre le debite ur Fran<;ois Baur et ses creanciers.
Cette argumentation est basee sur le texte fran<;ais de la loi
qui, par suite d'erreurs de traduction, est en eontradiction
evidente avec les textes allemand et italien (Conf. arr8ts du
Tribunal federal du 6 avri11895, Sunner contre Sunner, RO
21 p. 669 consid. 3. -
2 juin 1905. Masse Meyer fils & Cie
-c. Blum consid. 3. -
30 juin 1905, Banque cantonale vau-
doise c. Enfants Lugrin consid. 4). Le legislateur a entendu
accorder l'action revocatoire pour les actes faits par le debi-
teur, non seulement avec Ia connivence d'un ereancier, mais
mcme avec celle d'un tiers, lorsqu'il a eu l'intention de porter
prejudice a ses creanciers ou de favoriser certains d'entre
eux; de plus, le legisiateur ne s'est pas borne a prevoir le
>C&S Oll il y aurait de Ia part de ce tiers connivence parfaite,
c'est-a-dire dessein premedite de dissimuler un acte, mais il
a admis Ia possibillte de I:action revocatoire meme lorsque
l'intention du debiteur etait simplement reconnaissable pour
ce tiers. En effet, le texte allemand porte c: in der dem an-
dern Teile erkennbaren Absicht >, et le texte italien: c: con
l'intenzione, riconoscibile dall'altra parte . ... >, ce qui ne
-correspond absolument pas a l'expression fran<;aise : «dans
l'intention de .... favoriser certains creanciers avec laur con-
nivence. > Le tiers contractant sera, le plus souvent, peut-etre,
un creancier, mais tel ne sera pas toujours le cas, preuve en
soit la presente espece; en outre, ainsi que le Tribunal fe-
deral l'a juge d'une falion constante, le demandeur ä l'acUon
revoeatoire n'a pas a prouver la eonnivence entre le debiteur
et son eo-contractallt, mais uniquement que celui-ci pouvait
prevoir, avee l'attention dictee par les circonstances, et sans
174
A. Entscheidungen des Bundesgerichts als oberster Zivilgerichtsinstanz.
negligence, que l'acte dont il s'agissait aurait pour conse-
quence naturelle de favoriser certains creanciers au detri-
ment des autres (Trib. fed., 25 avril1901, Garcin c. Borel-
Monti, RO Mit. spIe .(p. 127 consid. 5 *. -
26 mars 1904
Bosshard et Keller c. Masse Kägi, ibid. edit. spIe 7 p. 13i
consid. 5 et loe. eit. **).
5. -
C'est ä. bon droit que les instances cantonales ont.
admis que les recourants pouvaient reconnaitre que l'inten-
tion de leur pere etait de favoriser certains creanciers. Cela:
decoule en effet des faits suivants : L'acte de vente de I'Hotel
Terminus prevoit expressement que certaines dettes de Fran-
Qois Baur, enumerees dans une liste yannexee, seront payees
sur ]e prix de vente, les autres restant ä. la charge du ven-
deur; cette distinction deja, entre les creanciers du ven-
deur, devait eveiller l'attention des acheteurs. -
Ce fait
prend d'autant plus d'importance que le paiement du surplus
du prix de vente a, d'apres 1'acte, ete effectue hors de Ia vue
des notaires et que ceux-ci ont tenu a degager leur respon-
sabilite; il aurait ete facile aux recourants de donner des
explications a ce sujet s'ils avaient juge avantageux de le
faire. -
Les acheteurs etant les enfants du vendeur, Hs de-
vaient etre au courant de Ia situation de leur pere; Hs pou-
vaient d'ailleurs facilement se rendre compte de cette situa-
tion et le pourquoi de cet acte de vente; s'ils ne 1'ont pas
fait, cette negligence leur est imputable. -
Enfin, le proche
degre de parente peut jusqu'a un certain point faire presumer
Ia connivence (conf. Jaeger, Commentaire LP ad 288, 3° et
arret du 6 avril 1895, Sunner c. Masse Sunner, RO 21
p. 670 consid. 4 in fine, 20 mars 1896, Ghilione C. Regie
federale des alcools 22 p. 216). -
En consequence le pro-
nonce des instances cantonales sur ce point ne peut etre
que confirme.
Les conditions de l'art. 288 LP etant aequises, c'est a bon
droit que les conclusions de Ia demande ont ete admises.
6. -
Les recourants ont encore offert de prouver que Ia
connivence n'a pas existe, mais, ainsi qu'on 1'a vu ci-dessus"
* Ed. gen. 27 II No 32 p. 284 et suiv.
** Ed. gen. 30 II No 22 p. i64 et suiv.
(Anm. d. Red. f. Publ.)
VI. Schuldbetreibung und Konkurs. No ~6.
175
cette preuve serait inefficiante, etant donne qu'elle n'est pas
de nature a etablir qu'ils n'auraient pas pu, avec l'atteution
dictee par les circonstances, se rendre compte que !'intention
de Fran<jois Baur, leur pere, etait de favoriser certains
creanciers au detriment des autres.
Par ces motifs?
Le Tribunal fMeral
prononce:
Le recours est declare mal fonde.
26. ~ddt u;tU 31. llliit~ 1906 in @)Il~en ~ii.o:4!t.'~t.o:itltt"
JtL u. medt1., gegen ~4e'DtU4UU, meft u. ?Ser .• ?SefL
Sohadenersatzklage gegen den Betreibungsbeamten, A1·t. 5 SchKG.
Verjährung. Art. 7 eod. A.rt. 69 OR.
A. ~ur~ Urteil l)om 10 . .sllnullr 1906 l)llt bie 1. ~pella::
tionßtammer bea Dbergerhf)ta
be~ stantonß .3üri~ bie $trage
aligeroiefen.
B. ®eflen biefea Urteil l)at ber stIliger re~taeitig unb form.
ri~tig bie merufung an baß
?Sunbe~geri~t ergriffen, mit bem
~ntrage auf ®utl)eif3ung ber $trage im eingefIagten mettage l>on
18,559 ~r. 50 ~t6. j el>entuell ttlolle bie merufung6inftana bll6-
Ouantitattl) be6 l)om mefIagten au lieaal)lenben
(5~abenerfll~e6-
na~ ri~terli~em @rmeifen feftfe~en.
c . .sn ber l)eutigen merl)anblung l)auen ber mertreter be6
stlligerß ®utl)etf3ung unb ber mertreter be6 mefIagten ~6ttleifung
ber merufung beantragt.
~aß munbe6gert~t aiel)t in @rttl li gun 9 :
1. ~em Urtei(ber morinftana Hegt im ttlefentUd)en fo{genber
'tatlieftllnb au ®runbe:
.sm $tonfurfe über
~nbrea6 :turini l)atte Ilm 4. .sanuar
190j eine erite
megenf~aft6ftetgerung ftattgefunben, ttlo6ei bie
2tegenf~aft 3um lRofengaTten in .3ürt~ V bem .safoli lniel)ergelt
in .3ug aum ~reife l>on 58,050
~r. ougef~{agen ttlorben ttlltr.
SOa 91iel)ergeIt ben stauf ni~t 9ieH, ttlurbe am 5. unlira eine