Sachverhalt
a l'Autorite cantonale de surveillance, en rendant ceIle-ci
specialement attentive a l'anomalie qu'il y avait dans ces
740
C. Entscheidungen der Schuldbetreibungs-
conditions a laisser l'administration de ces deux masses con-
fiee en partie a l'avocat S.
Invite ä s'expliquer a ce sujet, l'avocat S., dans une lettre
du 22 septembre, reconnut ses relations de parente avec
Emile Junker et repliqua que, «s'i! avait accepte ce mandat
(d'administrateur), c'est qu'ayant une creance assez impor-
tante dans Ia masse (apparemment Mettetal, Junker fils &: Cie)
et des engagements assez forts pour les faillis, il tenait, comme
c'etait son droit strict, a avoir sa part d'infiuence dans cette
administration. ~
C. Apres avoir recueilli encore les renseignements com-
pIementaires que pouvaient Iui fournir l'office des faillites et
le President du Tribunal de Moutier, l'Autorite cantonale de
surveillance, par decision du 29 septembre, annula Ia nomi-
nation de l'avocat S. par les deux assembIees de creanciers
susrappeIees aux fonctions d'administrateur des denx masses
Mettetal, Junker fils & Qie, et Emile Junker, et ordonna a
l'avocat S. de s'abstenir dorenavant de tous actes d'adminis-
tration dans l'une comme dans l'autre de ces deux masses.
Cette decision basee sur les faits qui precMent, s'appuie
en droit sur Ia jurisprudence constante aux termes de la-
quelle l'Autorite cantonale bernoise de surveillance a toujours
admis qu'en vertu de son pouvoir de surveillance, et quoi-
qu'elle ne possedat aucune competence disciplinaire envers
les administrations speciales de faillites, prevues ä l'art. 237,
al. 2 LP, elle etait en droit de deposer ces administrations
10rsque cela lui paraissait justifie par les circonstances;
l'Autorite cantonale renvoie ä. ce sujet a son rapport de ges-
tion pour 1903, p. 34; elle rapp elle en outre le precedent
que constitue Ia decision rendue par elle en la cause Aktien-
brauerei zum Gurten (Zeitschrift des bernischen Juristenve-
reins, vol. XL, p. 701) et par laquelle elle avait annule Ia
nomination, aux fonctions d'administrateur et de membre de
Ia Commission de surveillance de Ia faillite de cette Societe
anonyme, de deux membres du Conseil d'administration de
dite societe, en meme temps les hommes d'affaires et de
confiance de l'un des principaux creanciers. Elle expose
und Konkurskammer. N° 125.
741
qu'ici, plus encore que dans ce precedent, Ia collision pou-
vant se produire entre les interets des deux masses et ceux
de l'avocat S. personnellement ou encore ceux du failli et
prevenu Junker, empeche que l'on ait en l'avocat S. toute la
confiance que doit meriter l'administrateur d'une faillite.
D. C'est contre cette decision que l'avocat S. a declare, en
temps utile, recourir aupres du Tribunal federal, Chambre des
Poursuites et des Faillites, disant que cette decision constitue
envers lui un acte d'arbitraire et un veritable deni de justice et
qu'il n'a m~me pas besoin d'en demontrer la parfaite illega-
lite. Le recourant invoque le fait que les decisions des assem-
bIees de creanciers des 12 et 26 aout 1905 n'ont pas meme
ete attaquees par Ia voie de la plainte; il pretend se trouver
des lors au benefice d'un droit acquis et se rMere au com-
mentaire de Jaeger (Bundesgesetz betreffend Schuldbetrei-
bung und Konkurs) pour soutenir que rien ne s'oppose a ce
que le beau-frere d'un failli soit appeIe aux fonctions d'ad-
ministrateur de Ia masse.
Dans un memoire compIementaire, le recourant contes te
encore que l'Autorite cantonale, sans avoir ete nantie d'au-
cune plainte en temps utile, ait eu le pouvoir d'intervenir en
Ia cause comme elle l'a fait, et conteste egalement Ia perti-
nence des motifs invoques par elle dans sa decision.
Statuant stf,r ces {aits et considemnt en droit :
1. TI est tout d'abord evident qu'il ne peut ~tre ici ques-
tion du deni de justice qu'allegue le recourant. En effet, ainsi
que le Tribunal federal l'a reconnu a. maintes reprises deja,
la !lotion du deni de justice au sens de Ia LP doit etre res-
treinte aux cas dans lesquels une auto rite cantonale (infe-
rieure ou superieure) de surveillance (ou un office) se refuse
a prendre une decision (ou une mesure) malgre Ia requisition
qm' lui en est faite car dans tous les autres cas, Ies inte-
,,
..
resses ont Ia voie de la plainte ou du recours ordmalres
prevus aux art. 17, al. 1 et 2; 18, al. 1,.~t 19, al. 1 ~P,
d'ou il resulte que Ie deni de justice en matlere de poursUlte
ou de faillite (art. 17, al. 3; 18, al. 2, et 19, al. 2) ne peut
jamais etre constitue par une decision d'une autorite canto-
742
C. Entscheidungen der Schuldbetreibungs-
nale de surveillance (ou par une mesure d'un office), si con-
traire a la loi (ou si injustifiee en fait) que puisse apparaitre
cette decision (ou cette mesure) et ne peut jamais consister
que dans un refus de prononcer (ou d'agir) [comparer arrets
du Tribunal federal, Chambre des Poursuites et des Faillites,
Ree. off., ed. spIe, vol. VI, N° 13, p.44 et suiv.*, et voL VII,
N° 9, p. 42J **.
2. La question qui se pose, est done uniquement celle de
savoir si Ia decision dont s'agit peut etre attaquee eomme
ayant ete rendue eontmirement Cl la loi; en revanche) Ia
questiou de savoir si cette decision apparait comme justifiee
en faU, echappe manifestement a Ia eompetence du Tribunal
fMeral (art. 19, al. 1), des l'instant ou (comme cela est in-
contestable en l'espeee) les constatations de faits a Ia base
deeette decision ne sont pas en contradiction avec les pieces
du dossier.
01', l'on ne voit pas en quoi la dite decision pourrait etre
consideree comme contraire a Ia loi; le recourant lui-meme
sembIe bien admettre que, lorsqu'elles ont ete nanties d'une
plainte en temps utile, les autorites cantonales de surveil-
lance sont en droit de revoir les decisions des assemblees de
creanciers et de les annuler si elles les considerent comme
irregulieres ou comme injustifiees; cette competence, d'ail-
leurs, des autorites cantonales de surveillance, -
tout par-
ticulierement sur le point dont il s'agit ici, c'est-a-dire tant
sur la question d'opportunite de Ia nomination d'une admi-
nistration speciale dans une masse en faHHte que sur Ia
question de savoir si le ou Ies administrateurs speciaux qui
ont ete desigues, presentent les garanties voulues au point
de vue de leurs capacites, de leur independance, de leur
moraIite, etc., -
est indiscutable et ne peut pas ne pas etre
reconnue (voir Archives, III, N° 28; Jaeger, op. eit., note 7,
ad art. 231; Weber und Brüstlein, Bundesgesetz über Schuld-
betreibung und Konkurs, -
2te von Reichel umgearbeitete
Auflage, -
note 2 a, ad art. 237). Le Conseil federal, alors
* Ed. gen. XXIX, 1, No 24, p. I.H et suiv.
** Ed. gen. XXX, l., J'\D ~8, p. i86.
(Anm. d. Red. f. PubI.)
I
und Konkurskammer. No 125.
743
qu'il exerttait Ia surveillance supreme en matiere de pour-
suite pour dettes et de faillite, avant l'entree en vigueur de
Ia Loi federale du 28 juin 1895, -
ou le Conseil de Ia pour-
suite, -
etait alle plus Ioin encore et avait admis (Archives,
In, N° 52), que les autorit6s de surveillance avaient en tout
temps la competence necessaire pour cont1'öler, meme d'of-
fice, Ia marche de la liquidation d'une faillite, et pour des ti-
tuer au besoin les administrateurs ou liquidateurs qui n'au-
raient pas obtempe1'e aleurs injonctions ou qui se seraient
reveles comme incapables. Cette maniere de voir est parfai-
tement juste, mais Ia faculte pour les autorites cantonales de
surveillanee de deposer, destituer ou revoquer l'administra-
tion speciale d'une masse en faHlite doit etre admise non
seulement dans les cas dans lesquels cette administration
s'est reveIee comme incapable ou lorsqu'il y a lieu de pre-
sumer son incapacite, mais eneore toutes les fois que, pour
d'autres raisons, cette administration parait ne pas vouloir
Oll ne pas pouvoir sauvegarder suffisamment les interets qui
lui ont eta confies (voir Weber et Brüstlein, op. eil., note 2,
ad art. 241), -
cette faculte des autorites cantonales de
surveillance derivant de l'essence meme de ces dernieres et
de la nature de leurs pouvoirs, Ia loi les ayant instituees non
seuIement pour qu'elles aient a statuer sur toutes les plaintes
dont elles peuvent etre . nanties, mais encore pour qu'elles
interviennent d'office partout ou cette intervention est com-
mandee par Ia Ioi elle-meme ou par les circonstances. Le
fait qu'en l'espece I'Autorite cantonale bernoise n'a pas ete
saisie d'une plainte contre Ia nomination du recourant aux
fonctions d'administrateur des deux masses Mettetal, Junker
fils & Cie, et Emile Junker, ne mettait donc pas obstacle ace
que cette autorite examinat elle-meme, d'office, si ce n'est la
question d'opportunite de la nomination d'une administration
speciale dans ces deux masses, tout au moins celle de savoir
si Ia nomination du recourant aces fonctions ne pouvait pas
.etre consideree comme de nature a donner lieu a Ia crainte
~ue les interets de Ia masse ne seraient pas suffisamment
sauvegardes.
XXXI, L -
1905
48
744
C. Entscheidungen der Schuldbetreibungs-
Le second grief du recouraut consiste ä. dire que sa qua-
lite de beau-frere du failli et prevenu Emile Junker ne le ren-
dait pas inapte ä. remplir les fonctions d'administrateur aux-
quelles il avait ete appele par les assembIees de creanciers
dans les deux masses susindiquees. En invoquant l'opinion
de Jaeger sur ce point, le recourant parait avoir voulu se
reierer aux conclusions de cet auteur dans son commentaire
susrappeUi, sous note i, litt. aa, ad art. 241; mais il semble
que le recourant n'ait Iu cette note que d'une fa<;on incom-
piete ou qu'ill'ait mal comprise; Jaeger, en effet, admet lui-
meme que, si en regle generale, l'art. 10, chiff. 2 LP ne met
pas empechement a ce que l'administration d'une masse soit
confiee a un parent du failli, les autorites cantonales de sur-
veillance peuvent neanmoins annuler une pareille nomination
lorsque celle-ci apparait comme n'etant pas appropriee aux
circonstances; cette interpretation de Ia loi se justifie d'elIe-
meme, ensorte que l'on peut ici s'y ranger sans entrer dans
d'autres developpements a ce sujet. L'on peut remarquer
d'ailleurs que l'Autorite cantonale berllOise n'a pas base sa
decision que sur le fait des liens de parente existant entre
le recourant et le failli Emile Junker, mais qu'elle s'est ap-
puyee encore sur cette circonstance que les interets du recou-
rant paraissaient ne pas pouvoir se concilier toujours avec
ceux des deux masses, ensorte que, avec cette collision ou ce
conflit d'interets, il y avait lieu de craindre que le recourant
ne fut tente de chercher a sauvegarder les siens pl'opres plutöt
que ceux qui lui etaient confies par les autres creanciers.
3. La decision du 29 septembre 1905 ne pouvant ainsi
etre attaquee en droit, il n'y a pas lieu d'entrer en matiere
sur le recours, puisque la question de savoir si cette deci-
si on etait ou est justifiee en fait, echappe a la connaissance
du Tribunal federal (art. 19, al. 1).
Par ces motifs,
La Chambre des Poursuites et des Faillites
prononce:
TI n'est pas entre en matiere sur le recours.
und Konkul'skammer. N° U6.
Erwägungen (3 Absätze)
E. 1 TI est tout d'abord evident qu'il ne peut ~tre ici ques- tion du deni de justice qu'allegue le recourant. En effet, ainsi que le Tribunal federal l'a reconnu a. maintes reprises deja, la !lotion du deni de justice au sens de Ia LP doit etre res- treinte aux cas dans lesquels une auto rite cantonale (infe- rieure ou superieure) de surveillance (ou un office) se refuse a prendre une decision (ou une mesure) malgre Ia requisition qm' lui en est faite car dans tous les autres cas, Ies inte-,, .. resses ont Ia voie de la plainte ou du recours ordmalres prevus aux art. 17, al. 1 et 2; 18, al. 1,.~t 19, al. 1 ~P, d'ou il resulte que Ie deni de justice en matlere de poursUlte ou de faillite (art. 17, al. 3; 18, al. 2, et 19, al. 2) ne peut jamais etre constitue par une decision d'une autorite canto- 742 C. Entscheidungen der Schuldbetreibungs- nale de surveillance (ou par une mesure d'un office), si con- traire a la loi (ou si injustifiee en fait) que puisse apparaitre cette decision (ou cette mesure) et ne peut jamais consister que dans un refus de prononcer (ou d'agir) [comparer arrets du Tribunal federal, Chambre des Poursuites et des Faillites, Ree. off., ed. spIe, vol. VI, N° 13, p.44 et suiv.*, et voL VII, N° 9, p. 42J **.
E. 2 La question qui se pose, est done uniquement celle de
savoir si Ia decision dont s'agit peut etre attaquee eomme
ayant ete rendue eontmirement Cl la loi; en revanche) Ia
questiou de savoir si cette decision apparait comme justifiee
en faU, echappe manifestement a Ia eompetence du Tribunal
fMeral (art. 19, al. 1), des l'instant ou (comme cela est in-
contestable en l'espeee) les constatations de faits a Ia base
deeette decision ne sont pas en contradiction avec les pieces
du dossier.
01', l'on ne voit pas en quoi la dite decision pourrait etre
consideree comme contraire a Ia loi; le recourant lui-meme
sembIe bien admettre que, lorsqu'elles ont ete nanties d'une
plainte en temps utile, les autorites cantonales de surveil-
lance sont en droit de revoir les decisions des assemblees de
creanciers et de les annuler si elles les considerent comme
irregulieres ou comme injustifiees; cette competence, d'ail-
leurs, des autorites cantonales de surveillance, -
tout par-
ticulierement sur le point dont il s'agit ici, c'est-a-dire tant
sur la question d'opportunite de Ia nomination d'une admi-
nistration speciale dans une masse en faHHte que sur Ia
question de savoir si le ou Ies administrateurs speciaux qui
ont ete desigues, presentent les garanties voulues au point
de vue de leurs capacites, de leur independance, de leur
moraIite, etc., -
est indiscutable et ne peut pas ne pas etre
reconnue (voir Archives, III, N° 28; Jaeger, op. eit., note 7,
ad art. 231; Weber und Brüstlein, Bundesgesetz über Schuld-
betreibung und Konkurs, -
2te von Reichel umgearbeitete
Auflage, -
note 2 a, ad art. 237). Le Conseil federal, alors
* Ed. gen. XXIX, 1, No 24, p. I.H et suiv.
** Ed. gen. XXX, l., J'\D ~8, p. i86.
(Anm. d. Red. f. PubI.)
I
und Konkurskammer. No 125.
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qu'il exerttait Ia surveillance supreme en matiere de pour-
suite pour dettes et de faillite, avant l'entree en vigueur de
Ia Loi federale du 28 juin 1895, -
ou le Conseil de Ia pour-
suite, -
etait alle plus Ioin encore et avait admis (Archives,
In, N° 52), que les autorit6s de surveillance avaient en tout
temps la competence necessaire pour cont1'öler, meme d'of-
fice, Ia marche de la liquidation d'une faillite, et pour des ti-
tuer au besoin les administrateurs ou liquidateurs qui n'au-
raient pas obtempe1'e aleurs injonctions ou qui se seraient
reveles comme incapables. Cette maniere de voir est parfai-
tement juste, mais Ia faculte pour les autorites cantonales de
surveillanee de deposer, destituer ou revoquer l'administra-
tion speciale d'une masse en faHlite doit etre admise non
seulement dans les cas dans lesquels cette administration
s'est reveIee comme incapable ou lorsqu'il y a lieu de pre-
sumer son incapacite, mais eneore toutes les fois que, pour
d'autres raisons, cette administration parait ne pas vouloir
Oll ne pas pouvoir sauvegarder suffisamment les interets qui
lui ont eta confies (voir Weber et Brüstlein, op. eil., note 2,
ad art. 241), -
cette faculte des autorites cantonales de
surveillance derivant de l'essence meme de ces dernieres et
de la nature de leurs pouvoirs, Ia loi les ayant instituees non
seuIement pour qu'elles aient a statuer sur toutes les plaintes
dont elles peuvent etre . nanties, mais encore pour qu'elles
interviennent d'office partout ou cette intervention est com-
mandee par Ia Ioi elle-meme ou par les circonstances. Le
fait qu'en l'espece I'Autorite cantonale bernoise n'a pas ete
saisie d'une plainte contre Ia nomination du recourant aux
fonctions d'administrateur des deux masses Mettetal, Junker
fils & Cie, et Emile Junker, ne mettait donc pas obstacle ace
que cette autorite examinat elle-meme, d'office, si ce n'est la
question d'opportunite de la nomination d'une administration
speciale dans ces deux masses, tout au moins celle de savoir
si Ia nomination du recourant aces fonctions ne pouvait pas
.etre consideree comme de nature a donner lieu a Ia crainte
~ue les interets de Ia masse ne seraient pas suffisamment
sauvegardes.
XXXI, L -
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C. Entscheidungen der Schuldbetreibungs-
Le second grief du recouraut consiste ä. dire que sa qua-
lite de beau-frere du failli et prevenu Emile Junker ne le ren-
dait pas inapte ä. remplir les fonctions d'administrateur aux-
quelles il avait ete appele par les assembIees de creanciers
dans les deux masses susindiquees. En invoquant l'opinion
de Jaeger sur ce point, le recourant parait avoir voulu se
reierer aux conclusions de cet auteur dans son commentaire
susrappeUi, sous note i, litt. aa, ad art. 241; mais il semble
que le recourant n'ait Iu cette note que d'une fa<;on incom-
piete ou qu'ill'ait mal comprise; Jaeger, en effet, admet lui-
meme que, si en regle generale, l'art. 10, chiff. 2 LP ne met
pas empechement a ce que l'administration d'une masse soit
confiee a un parent du failli, les autorites cantonales de sur-
veillance peuvent neanmoins annuler une pareille nomination
lorsque celle-ci apparait comme n'etant pas appropriee aux
circonstances; cette interpretation de Ia loi se justifie d'elIe-
meme, ensorte que l'on peut ici s'y ranger sans entrer dans
d'autres developpements a ce sujet. L'on peut remarquer
d'ailleurs que l'Autorite cantonale berllOise n'a pas base sa
decision que sur le fait des liens de parente existant entre
le recourant et le failli Emile Junker, mais qu'elle s'est ap-
puyee encore sur cette circonstance que les interets du recou-
rant paraissaient ne pas pouvoir se concilier toujours avec
ceux des deux masses, ensorte que, avec cette collision ou ce
conflit d'interets, il y avait lieu de craindre que le recourant
ne fut tente de chercher a sauvegarder les siens pl'opres plutöt
que ceux qui lui etaient confies par les autres creanciers.
E. 3 La decision du 29 septembre 1905 ne pouvant ainsi etre attaquee en droit, il n'y a pas lieu d'entrer en matiere sur le recours, puisque la question de savoir si cette deci- si on etait ou est justifiee en fait, echappe a la connaissance du Tribunal federal (art. 19, al. 1). Par ces motifs, La Chambre des Poursuites et des Faillites prononce: TI n'est pas entre en matiere sur le recours. und Konkul'skammer. N° U6.
Volltext (verifizierbarer Originaltext)
125. Arret du 14 novembre 1905, dans la cause S.
Notion du dem de justice au sens de la LP. -
Competences
et attributions des autorites cantonales de surveillance envers I'administration speciale d'une masse en
faillite. -
LP art. ZU; 10 al. 2. -
Attributions du Trib.
fed. comme Autorite supreme de surveillance, Art. 19, al. 1 LP.
A. La premiere assemblee des creanciers de la masse en
faHlite Mettetal, Junker fils &: (ie, a; Moutier, en date du
12 aout 1905, a nomme comme administrateurs de la masse
le notaire Paul Schaffter et l'avocat C. S., tous deux a Moutier; en raison surtout des liens de parente existant entre
l'avocat S. et l'un des chefs de la societe decIaree en faillite,
Emile Junker (Junker et S. sont beaux-freres), l'assembIee
institua une commission de surveillance de deux membres.
Emile Junker ayant ete lui-meme, a son tour, declare en
etat de faillite, la premiere assemblee des cnlanciers de cette
masse designa egalement comme administrateurs de cette
derniere, le 26 aout 1905, le notaire Schaffter et l'avocat S.,
en leur arljoignant aussi, pour les memes l"aisons que ci-dessus,
une Commission de snrveillance de deux membres.
B. Le 16 septembre 1905, le President du Tribunal du
distriet de Moutier, -
agissant en sa qualite de Juge d'instruction, en raison des poursuites penales dans lesquelles il
avait a intervenir contre Emile Junker, accuse d'escroquerie
et prevenu de banqueroute frauduleuse, -
signala ces faits
a l'Autorite cantonale de surveillance, en rendant ceIle-ci
specialement attentive a l'anomalie qu'il y avait dans ces
740
C. Entscheidungen der Schuldbetreibungs-
conditions a laisser l'administration de ces deux masses confiee en partie a l'avocat S.
Invite ä s'expliquer a ce sujet, l'avocat S., dans une lettre
du 22 septembre, reconnut ses relations de parente avec
Emile Junker et repliqua que, «s'i! avait accepte ce mandat
(d'administrateur), c'est qu'ayant une creance assez importante dans Ia masse (apparemment Mettetal, Junker fils &: Cie)
et des engagements assez forts pour les faillis, il tenait, comme
c'etait son droit strict, a avoir sa part d'infiuence dans cette
administration. ~
C. Apres avoir recueilli encore les renseignements compIementaires que pouvaient Iui fournir l'office des faillites et
le President du Tribunal de Moutier, l'Autorite cantonale de
surveillance, par decision du 29 septembre, annula Ia nomination de l'avocat S. par les deux assembIees de creanciers
susrappeIees aux fonctions d'administrateur des denx masses
Mettetal, Junker fils & Qie, et Emile Junker, et ordonna a
l'avocat S. de s'abstenir dorenavant de tous actes d'administration dans l'une comme dans l'autre de ces deux masses.
Cette decision basee sur les faits qui precMent, s'appuie
en droit sur Ia jurisprudence constante aux termes de laquelle l'Autorite cantonale bernoise de surveillance a toujours
admis qu'en vertu de son pouvoir de surveillance, et quoiqu'elle ne possedat aucune competence disciplinaire envers
les administrations speciales de faillites, prevues ä l'art. 237,
al. 2 LP, elle etait en droit de deposer ces administrations
10rsque cela lui paraissait justifie par les circonstances;
l'Autorite cantonale renvoie ä. ce sujet a son rapport de gestion pour 1903, p. 34; elle rapp elle en outre le precedent
que constitue Ia decision rendue par elle en la cause Aktienbrauerei zum Gurten (Zeitschrift des bernischen Juristenvereins, vol. XL, p. 701) et par laquelle elle avait annule Ia
nomination, aux fonctions d'administrateur et de membre de
Ia Commission de surveillance de Ia faillite de cette Societe
anonyme, de deux membres du Conseil d'administration de
dite societe, en meme temps les hommes d'affaires et de
confiance de l'un des principaux creanciers. Elle expose
und Konkurskammer. N° 125.
741
qu'ici, plus encore que dans ce precedent, Ia collision pouvant se produire entre les interets des deux masses et ceux
de l'avocat S. personnellement ou encore ceux du failli et
prevenu Junker, empeche que l'on ait en l'avocat S. toute la
confiance que doit meriter l'administrateur d'une faillite.
D. C'est contre cette decision que l'avocat S. a declare, en
temps utile, recourir aupres du Tribunal federal, Chambre des
Poursuites et des Faillites, disant que cette decision constitue
envers lui un acte d'arbitraire et un veritable deni de justice et
qu'il n'a m~me pas besoin d'en demontrer la parfaite illegalite. Le recourant invoque le fait que les decisions des assembIees de creanciers des 12 et 26 aout 1905 n'ont pas meme
ete attaquees par Ia voie de la plainte; il pretend se trouver
des lors au benefice d'un droit acquis et se rMere au commentaire de Jaeger (Bundesgesetz betreffend Schuldbetreibung und Konkurs) pour soutenir que rien ne s'oppose a ce
que le beau-frere d'un failli soit appeIe aux fonctions d'administrateur de Ia masse.
Dans un memoire compIementaire, le recourant contes te
encore que l'Autorite cantonale, sans avoir ete nantie d'aucune plainte en temps utile, ait eu le pouvoir d'intervenir en
Ia cause comme elle l'a fait, et conteste egalement Ia pertinence des motifs invoques par elle dans sa decision.
Statuant stf,r ces {aits et considemnt en droit :
1. TI est tout d'abord evident qu'il ne peut ~tre ici question du deni de justice qu'allegue le recourant. En effet, ainsi
que le Tribunal federal l'a reconnu a. maintes reprises deja,
la !lotion du deni de justice au sens de Ia LP doit etre restreinte aux cas dans lesquels une auto rite cantonale (inferieure ou superieure) de surveillance (ou un office) se refuse
a prendre une decision (ou une mesure) malgre Ia requisition
qm' lui en est faite car dans tous les autres cas, Ies inte-
,,
..
resses ont Ia voie de la plainte ou du recours ordmalres
prevus aux art. 17, al. 1 et 2; 18, al. 1,.~t 19, al. 1 ~P,
d'ou il resulte que Ie deni de justice en matlere de poursUlte
ou de faillite (art. 17, al. 3; 18, al. 2, et 19, al. 2) ne peut
jamais etre constitue par une decision d'une autorite canto-
742
C. Entscheidungen der Schuldbetreibungs-
nale de surveillance (ou par une mesure d'un office), si contraire a la loi (ou si injustifiee en fait) que puisse apparaitre
cette decision (ou cette mesure) et ne peut jamais consister
que dans un refus de prononcer (ou d'agir) [comparer arrets
du Tribunal federal, Chambre des Poursuites et des Faillites,
Ree. off., ed. spIe, vol. VI, N° 13, p.44 et suiv.*, et voL VII,
N° 9, p. 42J **.
2. La question qui se pose, est done uniquement celle de
savoir si Ia decision dont s'agit peut etre attaquee eomme
ayant ete rendue eontmirement Cl la loi; en revanche) Ia
questiou de savoir si cette decision apparait comme justifiee
en faU, echappe manifestement a Ia eompetence du Tribunal
fMeral (art. 19, al. 1), des l'instant ou (comme cela est incontestable en l'espeee) les constatations de faits a Ia base
deeette decision ne sont pas en contradiction avec les pieces
du dossier.
01', l'on ne voit pas en quoi la dite decision pourrait etre
consideree comme contraire a Ia loi; le recourant lui-meme
sembIe bien admettre que, lorsqu'elles ont ete nanties d'une
plainte en temps utile, les autorites cantonales de surveillance sont en droit de revoir les decisions des assemblees de
creanciers et de les annuler si elles les considerent comme
irregulieres ou comme injustifiees; cette competence, d'ailleurs, des autorites cantonales de surveillance, -
tout particulierement sur le point dont il s'agit ici, c'est-a-dire tant
sur la question d'opportunite de Ia nomination d'une administration speciale dans une masse en faHHte que sur Ia
question de savoir si le ou Ies administrateurs speciaux qui
ont ete desigues, presentent les garanties voulues au point
de vue de leurs capacites, de leur independance, de leur
moraIite, etc., -
est indiscutable et ne peut pas ne pas etre
reconnue (voir Archives, III, N° 28; Jaeger, op. eit., note 7,
ad art. 231; Weber und Brüstlein, Bundesgesetz über Schuldbetreibung und Konkurs, -
2te von Reichel umgearbeitete
Auflage, -
note 2 a, ad art. 237). Le Conseil federal, alors
* Ed. gen. XXIX, 1, No 24, p. I.H et suiv.
** Ed. gen. XXX, l., J'\D ~8, p. i86.
(Anm. d. Red. f. PubI.)
I
und Konkurskammer. No 125.
743
qu'il exerttait Ia surveillance supreme en matiere de poursuite pour dettes et de faillite, avant l'entree en vigueur de
Ia Loi federale du 28 juin 1895, -
ou le Conseil de Ia poursuite, -
etait alle plus Ioin encore et avait admis (Archives,
In, N° 52), que les autorit6s de surveillance avaient en tout
temps la competence necessaire pour cont1'öler, meme d'office, Ia marche de la liquidation d'une faillite, et pour des tituer au besoin les administrateurs ou liquidateurs qui n'auraient pas obtempe1'e aleurs injonctions ou qui se seraient
reveles comme incapables. Cette maniere de voir est parfaitement juste, mais Ia faculte pour les autorites cantonales de
surveillanee de deposer, destituer ou revoquer l'administration speciale d'une masse en faHlite doit etre admise non
seulement dans les cas dans lesquels cette administration
s'est reveIee comme incapable ou lorsqu'il y a lieu de presumer son incapacite, mais eneore toutes les fois que, pour
d'autres raisons, cette administration parait ne pas vouloir
Oll ne pas pouvoir sauvegarder suffisamment les interets qui
lui ont eta confies (voir Weber et Brüstlein, op. eil., note 2,
ad art. 241), -
cette faculte des autorites cantonales de
surveillance derivant de l'essence meme de ces dernieres et
de la nature de leurs pouvoirs, Ia loi les ayant instituees non
seuIement pour qu'elles aient a statuer sur toutes les plaintes
dont elles peuvent etre . nanties, mais encore pour qu'elles
interviennent d'office partout ou cette intervention est commandee par Ia Ioi elle-meme ou par les circonstances. Le
fait qu'en l'espece I'Autorite cantonale bernoise n'a pas ete
saisie d'une plainte contre Ia nomination du recourant aux
fonctions d'administrateur des deux masses Mettetal, Junker
fils & Cie, et Emile Junker, ne mettait donc pas obstacle ace
que cette autorite examinat elle-meme, d'office, si ce n'est la
question d'opportunite de la nomination d'une administration
speciale dans ces deux masses, tout au moins celle de savoir
si Ia nomination du recourant aces fonctions ne pouvait pas
.etre consideree comme de nature a donner lieu a Ia crainte
~ue les interets de Ia masse ne seraient pas suffisamment
sauvegardes.
XXXI, L -
1905
48
744
C. Entscheidungen der Schuldbetreibungs-Le second grief du recouraut consiste ä. dire que sa qualite de beau-frere du failli et prevenu Emile Junker ne le rendait pas inapte ä. remplir les fonctions d'administrateur auxquelles il avait ete appele par les assembIees de creanciers
dans les deux masses susindiquees. En invoquant l'opinion
de Jaeger sur ce point, le recourant parait avoir voulu se
reierer aux conclusions de cet auteur dans son commentaire
susrappeUi, sous note i, litt. aa, ad art. 241; mais il semble
que le recourant n'ait Iu cette note que d'une fa<;on incompiete ou qu'ill'ait mal comprise; Jaeger, en effet, admet lui-meme que, si en regle generale, l'art. 10, chiff. 2 LP ne met
pas empechement a ce que l'administration d'une masse soit
confiee a un parent du failli, les autorites cantonales de surveillance peuvent neanmoins annuler une pareille nomination
lorsque celle-ci apparait comme n'etant pas appropriee aux
circonstances; cette interpretation de Ia loi se justifie d'elIe-meme, ensorte que l'on peut ici s'y ranger sans entrer dans
d'autres developpements a ce sujet. L'on peut remarquer
d'ailleurs que l'Autorite cantonale berllOise n'a pas base sa
decision que sur le fait des liens de parente existant entre
le recourant et le failli Emile Junker, mais qu'elle s'est appuyee encore sur cette circonstance que les interets du recourant paraissaient ne pas pouvoir se concilier toujours avec
ceux des deux masses, ensorte que, avec cette collision ou ce
conflit d'interets, il y avait lieu de craindre que le recourant
ne fut tente de chercher a sauvegarder les siens pl'opres plutöt
que ceux qui lui etaient confies par les autres creanciers.
3. La decision du 29 septembre 1905 ne pouvant ainsi
etre attaquee en droit, il n'y a pas lieu d'entrer en matiere
sur le recours, puisque la question de savoir si cette decisi on etait ou est justifiee en fait, echappe a la connaissance
du Tribunal federal (art. 19, al. 1).
Par ces motifs,
La Chambre des Poursuites et des Faillites
prononce:
TI n'est pas entre en matiere sur le recours.
und Konkul'skammer. N° U6.