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31_I_397

BGE 31 I 397

Bundesgericht (BGE) · 1905-01-01 · Français CH
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A. Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Ahschnitt. Bundesverfassung.

publiques. ~ Or nulle part ce reproche ne Iui est adresse,

dans cette teneur, par Ia circuIaire, qui se borne apretendre

qua «le manque de fermete de la plupart des membres du

conseil n'a pas permis aux meilleurs de s'elever contre l'or-

gueil autoritaire d'un president incapabIe, qui ne peut plaire

qu'a certains mignons ou autres hableurs qui ne voient qu'une

chose, lenrs interets personneis. » Ce dernier reproche n'est

ainsi point adresse au president Collaud, mais a d'autres

personnes; les seules affirmations formuIees ä son endroit

sont celles d'etre en proie a un orgueil autoritaire, lequel ne

peut plaire qu'a des favoris et ades vantards. 01' ces griefs,

pas plus que Ie reproche d'incapacite, n'ont, avec raison, pas

ete consideres par le Tribunal correctionnel comme une

offense a l'honneur, et le Tribunal de ceans n'a point a s'en

preoccuper.

b) En ce qui concerne la plainte de l'aubergiste Rey, il est

tout d'abord evident que l'enumeration, -

faite avec une in-

tention satirique par Ia circulaire dont il s'agit, -

des

differentes branches d'activite exercees precedemment par ce

plaignant (epicier, chocolatier, marchand de moutarde), n'a

rien de meprisant; il en est de meme de l'assertion, -

laquelle n'a d'ailleurs pas ete relevee devant le Tribunal de

]a Broye, -

qu'il aurait contribue a doter Ia commune d'un

etablissement peu productif. L'epithete de «verseur a ou-

trance >, adressee a un pintier, n'a certainement rien d'offen·

sant pour l'honneur, et l'insinuation suivant laquelle le

plaignant Rey offrirait a ses clients des fonds de tonneau,

peut paraitre d'un gout douteux, mais n'excMe en tout cas

pas les bornes d'une plaisanterie permise, si l'on considere

l'etat des esprits pendant les periodes d'eIections.

5. Les griefs contenus dans les plaintes particulieres de

A. Collaud et de L. Rey etaiellt des lors illsuffisants pour

justitier les condamnations intervenues, et il resulte de tout

ce qui precMe que le premier moyen du recours, visant une

violation, par le jugement attaque, de 1'art. 55 CF apparait

comme bien fonde.

6 et 7. (Rejet des autres moyens du recours.)

III. Gerichtsstand des Wohnortes. N0 74.

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8. Le jugement attaque doit etre annuIe, non seulement

dans son dispositif penal, mais aussi, en tant qu'il condamne

le recourant aux frais et au paiement d'indemnites civiles

pour tort moral. Le prononce du tribunal sur ces reclamations

civiles peut en effet etre aussi annuIe, des le moment ou le

recourant est en droit de se placer au Mnefice de Ia garantie

de l'art.55 CF, et que les passages incrimines de Ia circulaire

ne constituent ni des appreciations illicites, ni des actes de-

lictueux. Enfin Ia condamnation aux frais, Iesquels sont de

nature accessoire, doit suivre le sort de Ia cause et ne peut

non plus subsister.

Par ces motifs,

Le Tribunal federal

prononce:

. Le recours interjete par !lieur F. Quillet est admis, et le

Jugement rendu par le Tribunal correctionnel du district de la

Broye, Ie 14 avri11905, est declare nul et de nul effet.

IlI. Gerichtsstand des Wohnortes.

For du domicile.

74. Arret du 6 juillet 1905, dans la cause Cuanillon

contre Ga.rello.

Pretendue violation de l'art. 59 CF, commise par un jugement

par defaut, rendu par un tribunal italien. -

Execution du ju-

gement italien dans le canton de Neuchatel.

Henri Garello, negociant a Turin, avait accepte trois lettres

de change, d'une valeur totale de 1250 L., que Frederic

Cuanillon, fabricant d'horlogerie, ä la Chaux-de-Fonds, re-

eourant aetuel, -

avait tirees sur lui.

Cuanillon demanda au Tribunal de Turin Ia faillite de l'ae-

cepteur, en reconnaissant avoir re~u un acompte de 1000 fr.,

S98

A. Staatsrechtliche Entscheidungen. l. Abschnitt. Bundesverfassung.

mais en ajoutant qu'il demeurait creancier de Garello pour

le solde impaye de 250 L. Il alleguait en outre que Garello

avait commis des actes en fraude des droits de ses crean-

ciers. De son cote, Garello pretendait qu'ensuite d'un arran-

gement intervenu entre parties, la creance entiere etait

eteinte.

Garello fut declare en faillite le 16 mai 1899 et condamne

a cinq mois d'emprisonnement, mais ~l .fit o~pos,ition a c~ ju-

gement. en concluant a ce que sa failhte fut revoquee, a ce

que Cuanillon fut condamne a lui restituer les tro~s ~ettres

de change et a lui payer une somme da 20000 fr. a tItre de

dommages-interets.

.

Dans ce proces, qui dura assez longtemps et passa par dI-

verses phases, Cuanillon se fit repr.es~nter,. en elis.ant d.om~­

eile chez son avocat Pierre Gianottl, a Turm; plusIenrs mCl-

dents furent souleves, dans lesquels Cuanillon figura tour a

tour comme defendeur, demandeur, et demandeur reeonven-

tionnel.

Dans un premier jugement, le Tribunal de Turin se pro-

non'ia en faveur de Cuanillon, mais ce jugement fut annuIe

par Ia Cour d'appel du meme for, qui ordonna l'enquete sol-

licitee par Garello aux fins d'etablir que le solde de la dette

etait eteint ensuite de l'arrangement susmentionne. Enfin, le

27/28 mai 1901,Ia 3e Chambre du Tribunal civil et pe.nal d~

Turin revoqua la faillite de Garello, condamna Cuamllon a

restituer les trois lettres de change a sa partie adverse, a

lui payer tous dommages·interets, ceux-ci devant etre fixes

ulterieurement, et a lui rembourser, aussi ä. titre de dom-

mages-interets,les frais s'6levant ä. 905 fr. 90. Cuanillon etait

egalement condamne auxfrais de j~gement, lequel futdume~t

signifie ä. l'avocat Gianotti, conseIl et representant du dlt

Cuanillon, en vertu de procuration reguliere.

Lorsque Garello voulut signifier a l'avocat Gianotti un ex-

ploit de suivre en cause pour determiner le chiffre des dom-

mages-interets, Gianotti annon'ia qu'il

avai~ ce~se d'.etr~

mandataire de Cuanillon. Garello fit alors notIfier 1 acte Judi-

ciaire conformement aux art. 141 et 142 du Cpc italien, e'est-

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III. Gerichtsstand des Wohnortes. N° 74.

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ä.-dire par affichage, insertion dans les journaux judiciaires,

et remise d'une copie au procureur-general. Cette assigna-

tion devant le Tribunal civil de Turin a et6 transmise en

outre, en janvier 1902, par voie diplomatique aux autorites

neucMteloises, mais Cuanillon refusa de l'accepter, et ce sans

indication de motifs.

Le proces n'en suivit pas moins son conrs, et, par juge-

ment du 6 mars 1902, le Tribunal de Turin pronon'ia defaut

contre Cuanillon, et fixa l'indemnite que celui-ci devait payer

au demandeur a la somme de 6700 L., avec interets des l'in-

troduction de la demande; Cuanillon etait egalement con-

damne aux frais de ce jugement, ainsi qu'ä. ceux faits depuis

la citatiou du 27 decembre, ces derniers s'elevant a 223 L.

30 cent.

Par commandements de payer Nos 4476 et 4477, du ~ mai

1903, GareHo reclama de Cuanillon le paiement de ces

sommes. Le 4 mai, ee dernier a fait opposition aux dits eom-

mandements.

Par requetes des 10 aout 1903 et 20 mai 1904, Garello

demanda au Tribunal cantonal de NeucMtel d'accorder l'exe-

quatur aux deux jugements de Turin, des 27/28 mai 1901 et

du 6 mars 1902.

Contre ces demandes en exequatur, Cuanillon a, devant le

tribunal cantonal, invoque divers moyens, consistant a ob-

jecter ce qui suit :

a) Les deux jugements de Turin susvises sont absolument

distinets et separes; il est contraire atout principe juridique

qu'un premier jugement condamne un plaideur a des dom-

mages-interets et qu'un second en fixe Ia quotite.

b) La reclamation en dommages-int6rets formee par Ga-

reHo contre Cuanillon aurait du, aux termes de I'art. 59 CF,

etre portee devant le juge du domicile de ce dernier, soit

devant le Tribunal civil de Ia Chaux-de-Fonds, le Tribunal de

Tm'in etant absolument incompetent.

c) Le Tribunal cantonal de NeucMtel n'etait pas compe-

tent pour aecorder l'exequatur dont il s'agit. En effet, rart.

867 Cpc neuch. dispose que «la Cour d'appel (actuellement

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A. Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung.

Tribunal cantonal) doit autoriser l'execution des jugements

rendus par les tribunaux des autres cantons de Ia Suisse ou

par ceux des pays avec lesquels Ia Suisse a couclu un traite

concernant l'execution des jugements >, -

d'ou il resnlte,

pour Cuanillon, que le Tribunal cantonal ne doit pas accorder

l'execution de jugements prononces par des tribunaux de

pays avec lesqueJs la Suisse n'a pas conclu de convention de

cette nature, et l'Italie est du nombre de ceux-ci.

Par arr~t du 8 decembre 1904, Je Tribunal cantonal de

Neuchatel accorda l'exequatur demande, en s'appuyant sur

les motifs ci-apres resumes :

1. Les deux jugements en question sont bien, au point de

vue purement exterieur, distinctR; mais, quant a leur contenu,

ils forment un tout. Par le premier de ces jugements, le Tri-

bunal de Turin a condamue Cuanillon ades dommages-inte-

rets, et, dans Je second, aprils un complement de procedure,

il a fixe la quotite da l'indemnite a payer. Cette maniere de

faire est inconnue de Ia procedure neucMteloise, mais le

juge italien devait appliquer celle de son pays.

2. Quant au moyen tire de l'art. 59 CF, il est certain que

pendaut tout le cours du premier proces, Cuanillon n'a ja-

mais decline la competence du tribunal italien; au contraire,

il a ete d'abord demandeur, puis, lor~que Garello formula son

opposition et conclut a une indemnite, il suivit au fond comme

defendeur, et il fut meme, dans certaines phases de Ia pro-

cedure, demandeur reconventionnel. Il participa a tous les

actes de ce proces, qui dura des annees; il a pris toutes les

conclusions qu'il Iui plaisait et il ne peut plus pretendre a

l'incompetence d'un tribunal dont il a sollicite le jugement.

3. La notification de l'exploit pour suivre en cause pour le

second pro ces a ete faite conformement aux art. 141 et 142

du Cpc italien.

4. Le Tribunal cantonal de NeucMtel est competent. L'ar-

gument tire de l'art. 867 Cp neucb. ne porte pas, et implique

une contradiction avec l'art. 865 ibid., aux termes duquel ce

tribunal prononce q;, souverainement 1>; depuis l'entree en vi-

gueur de ces dispositions de procedure, le tribunal cantonat

III. l;erichtsstand des Wohnortl.'s. No 74.

401

a prononce l'execution de nombreux jugements emanes de

pays qui, comme l'Italie, n'avaient pas conelu avec la Suisse

de traites sur cette matiere.

5. Le moyen du recours fonde sur l'ordre public ne sau-

mit davantage etre accueilli. Le Tribunal de Turin astatue

que Cuanillon avait commis uu acte illicite, en faisant pro-

noncer dolosivement Ia faHHte de Garello, et il a condamne

le premier a reparer le dommage qui en est resulte pour le

second. Or une pareille sentence ne porte atteinte ni aux re-

gles du droit public, ni aux interets de l'ordre public.

6. Toutefois, pour eviter toute equivoque, le tribunal can-

tonal declare que les effets de l'exequatur accorde ne peu-

vent s'etendre a la partie du dispositif du jugement des

27/28 mai 1901, par laquelle Cuanillon est condamne a payer

387 L. 50 ceut. au syndic de la faillite, celui-ci n'etant pas

partie en cause.

C'est contre ce jugement que Cuanillon a recouru en temps

utile au Tribunal federal, et a conclu ä. ce qu'il lui plaise pro-

noncer la nullite du jugement attaque.

A l'appui de cette conclusion le recourant invoque, en

substance, les considerations suivantes:

Depuis Ia fin du pro ces en opposition, Cuanillon n'a plus

procede devant le Tribunal de Turin; il n'a reconnu, ni en

fait, ni en droit, Ia competence du Tribunal de Turin pour

statuer sur la demande en dommages-interets introduite de-

vant ce tribunal par l'assignation du 27 decembre 1901. Le

lugement par defaut n'a jamais passe en force de chose jugee

et n'est point devenu definitif a l'egard du recourant, auquel

il n'a pas ere signifie regulierement ä. son domicile a la Cbaux-

de-Fonds, suivant l'art. 368 Ce proc. italien. Le recourant

conteste, eu outre, la competence du tribunal cantonal, mais

sans arguer, de ce chef, de l'existence d'un deni de justice.

Dans sa reponse, Garello conclut au rejet du recours.

Dans ses observations sur le recours, le Tribunal cantonal

de Neueb3.tel, par l'organe de son president, attire 1':\1ten-

tion du Tribunal federal sur les cireonstances ci-apres, qu'il

eonvient de relever ici :

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A. Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung.

Ni dans ses explications orales, ni dans ses deux memoires

adresses au Tribuual cantonal, Cuanillon n'a pretendu que la

jugement par defaut du 6 mars 1902 ne Iui avait pas ete si-

gnifie, et il n'a fait valoir aucun moyen excipant de ce manque

de signification. Or le Tribunal federal ne saurait examiner

un moyen qui n'a pas ete soumis au tribunal cantonal. En

outre l'allegue de Cuanillon, d'apres lequel le predit juge-

ment du 6 mars 1902 ne lui aurait pas ete signifie chez 1ui,

a Ia Chaux-de-Fonds, est contraire a 1a verite i cela resulte

de deux 1ettres, l'une du 17 mai 1902 du Departement da

Justice federal au Departement cantonal, et l'autre du 21 mai

1902 de celui-ci au Departement federal, annon(jant que Cua-

nillon avait refuse la notification d'un jugement rendu par le

Tribunal civil et penal de Turin, aux termes duquel Fred.

Cuanillon etait condamne a payer une somme d'argent a Ga-

rello. Or ce jugement ne peut Hre que celui du 6 mars 1902,

et non celui du 27/28 mai 1901, puisque a cette derniere date

Cuanillon avait constitue avocat a Turin, chez lequel il avait

elu domicile.

Statuant sur ces (aits et considemnl en droit :

1. -

La- question soulevee par 1e recours est celle de

savoir si le jugement par defaut rendu par le Tribunal de

Turin le 6 mars 1902 porte atteinte a l'art. 59 CF, dispo-

sant que pour rec1amations personnelles, le debiteur solvable

ayant domicileen SUls se doit etre recherche devant le juge

de son domicile. A ne considerer 1e dit jugement qu'isoIe-

ment, il faut reconml.itre qu'il impliquerait une violation de

Ia predite garantie constitutionnelle, attendu qu'il s'agit in-

contestablement, dans l'espece, d'une reclamation person-

nelle; ce jugement tOlltefois, bien que presentant, en 1a forme,

les caracteres d'une sentence autonome, ne s'en trouve pas

moins en connexion intime avec le premier jugement rendu

par 1e meme tribunal en date du 27/28 mai 1901. Eu effet,

dans ses premieres conclusions contre Cuanillon, Garello for-

mulait dejä. une reclamation en dommages-interets contre ce

dernier, et Cuanillon est entre en matiere, dans ce pro ces,

comme defendeur et comme demandeur reconventionnel. Ce

fait n'est point conteste par le recourant, lequel se borne a

III. Gerichtsstand des Wohnortes. N° 74.

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pretendre qu'il n'est pas admissible d'en tirer argument en

ce qui a trait au deuxieme pro ces, intente sept mois apres

Ia terminaison du premier.

2. -

Il est, ä. Ia verite, inconteste que Cuanillon n'a pas

procede dans cette seconde cause, qu'il a refllse Ia notifica-

tion du premier exploit y ayant trait, et qu'il n'a pris part a.

1a procedure ni directement, ni par mandataire. Il y a lieu

des lors de rechercher seulement si les deux jugements sus-

vises, bien que constituant, au point de vue de Ia forme,

deux sentences distinctes, ne doivent pas pourtant etre con-

sideres. au fond et en realite, comme constituant uu tout in-

separable.

3. -

A cet egard il est etabli que le recourant a, dans le

premier proces, positivement reconnu 1a competence du Tri-

bunal de Turin; il s'agit donc de savoir si cette reconnais-

sance doit, dans les circonstances de Ia cause, etre consi-

deree comme se rapportant egalement ä. Ia deuxieme contes-

tation, trancbee par le jugement du 6 mars 1902. Or il con-

vient de constater, sur ce point, que le premier jugement

du 27/28 mai 1901 n'avait point statue definitivement sur le

litige ne entre 1es parties, mais que le proces devait conti-

nuer, attendu que ce premier jugement n'etait que prepara-

toire, et qu'il reservait a un prononce u1terieur de deter-

miner le montant des dommages-interets qu'il se bornait a

allouer en principe au demandeur; dans cette situation, Ia

reconnaissance expresse du for de Turin par 1e recou1'ant,

pour ce qui concerne le premier proces, doit etre envisagee

comme devant deployer egalement ses effets re1ativement au

proces compIementaire. Cuanillon etant, des Io1's, repute

avoir renonce au for que Iui garantissait l'art. 59 precite, il

ne saurait plus etre question d'une violation, a son prejudice,

de cette disposition constitutionnelle par les jugements ita-

liens incrimines.

4. -

11 ne peut etre entre en matiere sur le grief tire par

le recourant du fait que le jugement par defaut ne lui aurait

pas ete signifie; ce moyen, en effet, n'a pas ete invoque de-

vant le tribunal. A supposer meme que le Tribunal federal

put examiner ce point d'office, il resulterait avec evidence

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A. Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung.

des Iettres eehangees les 17 mai et 21 mai 1902 entre les

Departements de Justice federal et neuchatelois, citees dans

l'etat des faits qui pnicMe, que Ia preuve de cette significa-

tion a ete rapportee a satisfaction de droit.

5. -

La competence du tribunal cantonal pour statuer

sur la demande d'exequatul' n'est plus serieusement con-

testee dans le recours, Quoi qu'il en soit, les arguments qu('

le pourvoi pourrait contenir de ce chef ne demontrent a.

aueun degre qu'en s'estimant competent, le dit tribunal ait

interprete arbitrairement les dispositions des art. 864 et suiv.

du Cpe neueh., et commis ainsi un deni de justice.

Par ces motifs,

Le Tribunal fedel'al

prononce:

Le re co urs est ecarte eomme non fonde.

IV. Staatsrechtliche Streitigkeiten

zwischen Kantonen. -

Dift'erents de droit public

entre cantons,

75. llttrif u~ut 28. ~eptM6et 1905

in 6ad)en ditaufou .Jug gegen ditatdou ~t ~"tl'eu.

Ersatz von Spitalkosten für einen erkmnkten Ausländer. -

Erklärung

zwischen der Schweiz und Italien vom 6./15. Oktober 1875; BG

betr. Verp{legungs- und Beerdigungskosten für die Angehörigen an-

dM'e'!' Kantone vom 22. Juli 1875. -

P{ticht eines Kantons, einem

andern, der die jenem nach Staatsvertrag obliegende Verp{tegung tLnd

Beerdigung auf sich genommen hat, die Kosten zu fl"Setzen. Vo'/,-

aussetzunge'n der Vel'p{tegungs- tmd Beerdigungsp{licht.

A. 'ltm 14. 'lt:prH 1905 'ltbenb5 6 U~r 50 'iminuten trafen

bie itaHentfel}en

~l)eleute 2uigi unb

~miHa ®e{mini, bie laut

~ran~:portbefel)(be~ meairf5amteß

~orfel}nel} \.)om gletel}en ~(tgf

in bie ~eimat abgefel)oben unb ber ttaHenifel)en q5on3ei6e~ßrbe ht

~l)iaffo 3ugefü~rt \Uerben follten, im ma~n~of Bug rin. SDet 35.

IV. Staatsrechtliche Streitigkeiten zwischen Kantonen. No 75.

405

ia~tige ®elmini beranb fid) tn totfranfem 3uitanbe, fo ba~ er in

Bug fofort in ben

~ptta{ \.)er6rael}t roerben mUßte, \Uo er am

17. ?!l:prH an d)ronijel}er eitriger :Bronel)itw fiar6. m:ad) ber ~r~

ffärung

be~ l)uger

Stantonßaqte~ \Ulire al~ fiel}er an3une~men,

bau ®elmini fel}on in franfem 3uftanbe in ~orfd)ael) abgeteift

ift. SDie ~l)e{eute ®efmini \Uaren im WHiq 1905 nael) ~orfd)ael)

gefommen. ?Bom

21. illCära bg 8. ?!lprH mar ®elmini im

Jttanfenl)au~ ~Rorfd)ad) gerocfen, 'l.lol)in er \Ufgen eine5 fd)\Umn

~rfticfung~anfarre~ ~atte ü6erfü~rt \Uerben müHen. SDamar~ ro(tr

fein 3uftanb nael} bem Beugni~ be~ 6:pitalar3te~ anfänglid) be~

forgni~megenb, boel}

er~olte er fid) roiber ~rwatten rafd). SDie

~ntlaffung am 8. 'ltprH

gefel}a~ auf fein SDrlingen ~in; ber

6pitalarat, ber tl)n gerne noel} llinger bel)a'ften

~ätte, empfal)l

i~m, fid) au fel}onen, ba er noel} feine~roeg~ arbeit~fäl)ig fei. :V\l

®elmini megen feine~ leibenben Buftan'td feinen merbienft ~\lt1e,

\.)ermenbete er lid} bei ben lSe~örllen barum, bau er nad} ~l)iaffo

tran~:portiert \Uerben möd)te. SDaß

me3itf~amt iRorfel}ael) aitierte

i~n am 13. 'ltprU au einer ~in\.)ema~me; itatt ft'iner erfel}ien bie

~l)cfrau, bie ben msunfd) nad) ~etmfd}affung bejtätigte unb bie

U:rage, ob ber ~~emann tran$~ortfäl)ig fet, beia~te. SDa~ lSe3id~"

amt orbnete bann, o~ne ben ®elmini gefe!)en ober eine äqtUd)c

Unterfudiung barüber, 06 er

tran~:portfä~ig fei, l.lerlln1af3t au

~aben, ben ?!lbfd)ub auf ben folgenoen ~ag an. .Jn einem nael).

trägtid)

au~gefteUten Beugni~ erfllirte 'oer 6:pitalarat \.)on ~or~

fd)ad), baß aur 3eH ber

~nt1affuttg llui3 bem Stranfen~au5 bie

~mn~:portfal)i~feit bei3 ®elmini l)ätte bela!)t merben müffen, ba

bie balbfge fffiie'oetfel)r einc$

~fticfung$anfalle$ fiel) nid)t ~(tbe

))otau~fe~en laffen. SDer ben ~ran$:port \.)on ~orfel}ad) bi~ msinter:

tl)ur begleitenbe q5oli3ijt betnetfte in feinem ~a:p:pott, et l)llbe erlt

beim ~infteigen unb auf ber U:al)rt ll)a~rgCltommenf baa ®elmiui

IItränfIid)/J gemefen fei, unb eine

Umfe~r lei bann nid)t

me~r

mögUd) gemefen; ®efmhti

~abe fiel} bie merfel}Hmmetung feiuc$

5Befinben~ offenbar auf ber meife 3ugeöogen.

SDer

~eGiemng~rat !,lon Bug l.lerIangte !,lon 'oemje~igen \.)on

6t. ®aUen ~rfa~ her für ®e(mini aufgewenbeten 6:pttlll~ unb

$Beertltgungi3foften im lSetrag l.lon 61 U:r. 60 ~t~.; ber

me~

sietullg~rat \.)on 61. ®aUen lel)nte biere U:0rbemng ab.

B. '.!RU ~eel}t~fel}rtft tlOlU 24 . .Juli 1905 l)at 'oer megierung~~