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27_II_414

BGE 27 II 414

Bundesgericht (BGE) · 1901-01-01 · Français CH
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414

Civilrechtsptlege.

VI. Schuldbetreibung und Konkurs.

Poursuite pour dettes et faillite.

44. Arrel du 26 seplr:mbre 1901, dans la cattse

Schwob el consorts conlre Geismann et Loeb.

Action revocatoire, spec. action en nullite da poursuites. -

Conclusion nouvelle; inadmissibilite, art. 80 OJF. -

Pretendu

paiemellt d'une dette non echue, art. 287, al. 3 LP. Art. 288 eod.

A. -

En 1897, Charles Geismann et Ed. Loeb, marchands

de betail a Fribourg, ont fait l'acquisition d'un domaine situe-

a Ponthaux appartenant a Isillore Buchs.

Ce domaine etait exploite par le fermi er Jean Baumgartner.

Geismann et Loeb sont entres en pos session des immeu-

bles acquis le 22 fevrier 1897 et ils ont remis ceux-ci ä ferme

a J. Baumgartner aux memes conditions que celles fixe es·

dans le bail passe entre ce dernier et l'ancien proprietaire,

en particulier, pour le prix de 4420 fr. annuellement payable,

Ia moitie Ie 1 er novembre et Ia moitie le 22 fevrier.

A partir du mois de mai 1897 et durant les annees 1898:

et 1899, Ch. Geismann et Baumgartner ont et8 assez fre-

quemment en relations d'affaires au sujet de ventes et

d'echanges de pieces de betail, operations qui, dans la regle,

ne se traitaient pas au comptant, mais au moyen de la sous-

cription de billets a ordre par l'acheteur Baumgartner en

faveur du vendeur Geismann.

Des operations de meme nature ont eu lieu entre Baum-

gartner et Ed. Loeb poul' vente de chevaux fournis par ce

dernier.

Le 24 decembre 1898, Geismann et Baumgartner ont pro-

cede a un reglement de compte, ensuite duquel ce dernier a

reconnu devoir au premier la somme de 3500 fr. payable le

1 er novembre 1899.

Le montant ci-dessus n'ayant pas ete acquitte a cette

echeance, il· a ete procede entre Geismann et Baumgartnerr

VI. Schuldbetreibung und Konkurs. N° 44.

le 15 novembre 1899, a un nouveau reglement de compte

dans lequel a ete comprise la somme de 3500 fr. objet de la

reconnaissance du 24 decembre 1898, ainsi que les rede-

vances de Baumgartner pour livraisons de betail a lui faites·

depuis cette date.

A la suite de ce reglement de compte, J. Baumgartner

s'est reconnu debiteur de Geismann de 4665 fr. payables a

requete.

A cette meme epoque Baumgartner etait en butte ades

poursuites de Ia part d'autres creanciers, notamment de la

Banque populaire suisse et de Leopold Loeb, a Avenches.

Il se trouvait d'ailleurs en retard pour Ie paiement de son

fermage; il n'avait encore ac quitte que 1000 fr. sur le loyer

de Ia premiere annee de bail.

Le 15 novembre 1899, Geismann et Loeb ont fait notifier

a J. Baumgartner un commandement de payer, N° 5528,

pour les sommes suivantes:

a) Fr. 3420 -

pour solde de loyer de leur domaine echu

le 22 fevrier 1898;

b)

» 4420 -

pour loyer du 22 fevrier 1898 au 22 fe-

vrier 1899;

c)

» 4420 -

pour loyer courant et a echoir le 22 fe-

vrier 1900.

Le meme jour, Oh. Geismann a fait signifier a Baumgartner

un commandement de payer N° 5524 pour Ia somme de

4665 f'r. due a teneur de la reconnaissance souscrite le

15 novembre dito

Le 17 novembre 1899, Ed. Loeb a fait adresser, de son

cote, a Baumgartner un commandement de payer, N° 5560,

pour Ia somme de 550 fr., formant le solde d'un billet a ordre

o

souscrit en sa faveur le 28 juin 1898, echu le· 18 septembre

suivant.

Aucune opposition n'etant intervenue de la part de Baum-

gartner, il a ete procede a Ia requete des creanciers Geis-

mann et Loeb, les 12 et 13 decembre 1899, a une saisie de

Ia generalite des biens meubles de leul' debiteur.

D'autres creanciers de Baumgartner ont introduit, ä leur-

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Civilrechtspllege.

tour, des poursuites contre ce dernier. En particulier Salomon

Schwob, marchand de farin es a Fribourg, a fait signifier au

dit Baumgartner:

10 Le 1 er decembre 1899 un commandement de payer la

somme de 1000 fr. due selon billet a ordre du 14 fevrier

1899;

2° Le 2 janvier 1900, un commandement de payer le' mon-

tant de 30 fr. aus pour marchandises fournies;

3° Le 8 janvier 1900, un commandement de lui payer 600 fr.

dus suivant billet a ordre du 28 octobre 1899.

Le 4 janvier 1900, Charles Lapp, droguiste a Fribourg,

faisait egalement signifiel' le commandement de lui payer le

montant de 194 fr. 50 pour marchandises.

A leur tour, dans le courant de 1900, Nicolas FeIler, fer-

mier a Courtaman, et Frederic Leiser, fermier a Barbereche,

ont introduit contre Baumgartner une poursuite a l'effet de

parvenil' au paiement de Ia somme de 400 fr. acquittee par

~ux comme cautions aupres de F. Vogel, banquier.

Aucune opposition n'ayant ete formee par Baumgartner

-eontre ces poursuites, il a ete proceue, a la demande des

creanciers Schwob et Lapp, a une saisie des biens de leur

debiteur. Toutefois, ces saisies n'ont pu, en raison de leul'

date, faire partie de la meme serie que ceIles requises par

Geismann et Loeb.

Apres l'expiration du delai legal, Geismann et Loeb ont

Tequis la vente des biens compris dans leurs saisies.

Informes qu'il allait etre proc8de a la vente des biens de

leur debiteur, S. Schwob, Ch. Lapp, Leiser et FeIler ont

adresse au president du Tribunal de la Sarine une requete

tendant a faire ordonner la faillite de Jean Baumgartner. A

l'appui de leur demande, S. Schwob et consorts aUeguaient

que les poursuites de Geismann et Loeb etaient le resultat

-d'une entente collusoire, qu'eUes etaient basees sur des actes

que Baumgartner avait ete amene a CllmmeUre en fraude des

droits de ses ereanciers, que, des 10rs, l'art. 190 N° i LP.

devait recevoir son application.

Par decision du 20 janvier 1900, 1e president du tribunal,

VI. Schuldbetreibung und Konkurs. N(l44.

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apres avoir enten du les parties, a ecarte la demande de

Schwob et consorts.

L'office des poursuites a procede, des lors, a Ja vente des

bir,llS de Baumgartner et en a reparti le produit entre les

creanciel's de la premiere serie, soit la Banque populaire

suisse, Loeb Leopold, a A venches, Charles Geismann et

Edouard Loeb, a Fribourg, conformement au tableau de col-

Iocation dresse par lui sous date du 24 fevrier 1900. Ch.

Geismann et Ed. Loeb se sont rendus adjudicataires de la

plus grande partie du betaiI et du chedail de leur fermier.

Le produit de la vente n'ayant pas suffi a couvrir les pre-

tentions des creanciers prenommes, il a et8 delivre a ceux-ci

des actes de dMaut pour le decouvert s'elevant au total a

2882 fr. 10 c.

Les cl'tlanciers de la serie subsequente, soit Schwob, Lapp,

Leiser et FeIler n'ont obtenu que des actes de dMaut de

biens pour la totalite de leurs creances.

Apres paracbevement de ces poursuites, Geismann et Loeb

ont continue eux-memes l'exploitatioll de leur domaine de

Ponthaux, en conservant leur ancien fermier Jean Baum-

gartner pour executer les travaux necessaires.

B. -

Par citation-demande du 16 novembre 1900, Sehwob,

Lapp, Leiser et FeIler ont ouvert action a Geismaun et Loeb

et les ont fait assigner a l'audience du Tribunal de la Sarine

du 29 novembre suivant OU ils ont conelu :

1 ° a l'annulation, comme frauduleuses, des poursuites que

ces derniers ont fait diriger contre leur ancien fermier J.

Baumgartner;

2° a l'annulation des actes de vente en vertu desquels ees

poursuites ont ete exercees;

3° consequemment, a la restitution de Ia valeur des biens

mobiliers qu'ils ont fait vendre au prejuclice du dit Baum-

gartner, cela jusqu'a concurrence de leurs pretentions s'ele-

vant a 2274 fr. 50 c., plus l'interet legal.

A l'appui de leur action revocatoire, les demandeurs ont

allegue en resurne ce qui suit:

10 une partie des creances pour lesquelles Geismann et

XXVII, 2. -

{90I

28

418

Civilrechtspflege.

Loeb ont poursuivi Baumgartner n'etaient pas echues: tel

etait le cas, en particulier, pour le dernier terme de loyer du

domaine compris dans la poursuite N° 5528 par 4420 fr.,

terme qui n'etait echu qu'au 22 fevrier 1900.

20 J. Baumgartner ne devait pas a Geismann les sommes

dont il s'est reconnu debiteur envers ce dernier. Les recon-

naissances de dettes souscrites par Baumgartner en faveur

de Geismann et de Loeb sont donc le resultat d'une entente

collusoire pour frustrer les autres creanciers et favoriser les

defendeurs qui auraient promis a leur debiteur de le conserver

sur leur domaine avec sa familIe, comme maitre-domestique.

3° Baumgartner ne devait pas davantage la somme de

12260 fr. objet de la poursuite de Geismann et Loeb pour

loyers ou, tout an moins, il ne devait qu'une partie de eette

somme.

4° le reglement de compte du 15 novembre 1899 passe

entre Geismann et Baumgartner et la reconnaissance de dette

de 4665 fr. qui a suivi sont des actes simules, frauduleux. La

circonstance que ces aetes ont eu lieu le meme jour et que,

le meme jour encore, Geismann a introduit sa poursuite de-

montre l'entente frauduleuse.

C. -

Les defendeurs ont eonclu au rejet de la demande

en opposant tout d'abord a celle-ci une exception tiree du

fait que les demandeurs n'ont pas attaque le tableau de co~­

loeation dresse par l'offiee et auraient ainsi reeonnu la vah-

dite des poursuites qu'ils attaquent aujourd'hui. Sur le fond,

les defendeurs ont oppose a la demande les allegations sui-

vantes:

1 ° Les sommes reelamees a J. Baumgartner proviennent

de eontrats regulierement passes entre parties;

20 il n'y a eu entre les dMendeurs et Baumgartrler aucune

entente frauduleuse;

3° en introduisant leurs poursuites contre ce dernier, les

defendeurs n'ont fait qu'user de leur droit et le privilege

qu'ils ont obtenu en vertu de leurs saisies decoulait de la

loi.

D. -

A l'appui de leurs conclusions liberatoires, les de-

VI. Schuldbetreibung und Konkurs. N° 44.

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fendeurs ont produit leufs titres et, de plus, Ch. Geismann a

depose un extrait vidime de ses livres constatant les opera-

tions faites avec Baumgartner durant lee annees 1897, 1898

et 1899 et qui ont fait l'objet du reglement de compte du

15 novembre 1899.

L'instruction de la cause a d'ailleurs donne lieu a l'inter-

pellation des parties et a l'audition d'un certain nombre de

temoins, qui ont 13M entendus notamment au sujet des rela-

tions de Baumgartner avec les demandeurs. Les reponses

des parties et des temoins seront rappelees, en tant que de

besoin, dans les considerants de droit de eet arret.

Les deux instances cantonales ont deboute les demandeul's

de leurs conclusions.

L'arr~t de la Cour d'appel, du 10 juillet 1901, est motive

en substanee eomme suit :

I. Le droit d'attaquer l'etat de collocation n'appartient

qu'aux creanciers qui ont pris part a la poursuite dans la

meme serie. Par contre, ceux d'une serie posterieure n'ont

pas qualite pour attaquer en justice l'etat de collocation,

quelque interet qu'ils aient a faire declarer nulles des cl'eauces

primant les leurs. L'unique moyen qui leul' est donne est

d'iutenter aux creanciers dont ils eutendent contester les

droits l'action revocatoire des art. 285 a 292 LP. Le droit

des demandeurs ä. l'exercice de l'action actuelle n'est done

pas eteint.

II. Il incombait ä. Schwob et consorts d'etablir l'inexistence

aUeguee par eux de la dette reconnue par Baumgartner en

faveur de Geismann. Or eette preuve n'a pas ete rapportee.

Eu revanche Geismann a etabli par un extrait authentique

de ses livres qu'il a fait avec Baumgartner une serie d'opera-

tions eommerciales qui ont abouti au reglement de compte

du 15 novembre 1899 et a la creation de la reeonnaissanee

de 4665 fr. Cette creance ades lors toutes les apparences

de la verite et ne saurait etre annuIee.

In. Les demandeurs u'ont pas demontre non plus que la

pretentiou de 550 fr. pour laquelle Ed. Loeb a poursuivi

Baumgartnel', ne fut pas reelle.

*

Civilrechtsptlege.

IV. Au moment de la notification du commandement de

payer N° 5528, le second terme de loyer 1899/t900 n'etait

pas eehu. Eu poursuivant leur fermier le 15 novembre pour

une demi-annee de loyer exigible le 22 fevrier suivant seu-

lement, Geismanu et Loeb out agi d'une maniere ineorrecte.

Si Ia Ioi permet d'aunuler le paiement d'une dette non achue

(art. 287, chiffre 3° LP.), c'est parce que les faits de eette

nature laissent presumer l'intention du debiteur de favoriset

son creancier. Une teIle presomption ne saurait exister dans

l'espece. En effet, en leur qualite de bailIeurs, les defendeurs

avaient, a teneur de l'art. 294 CO., un droit de retention sur

le mobilier, le betail et le chedail de leur fermier pour Ie

paiement du loyer de l'annee 1898/1899 et celui de l'annee

1899/1900. Donc, lors meme qu'i1s n'auraient exerce aucune

poursuite pour le dernier semestre, Hs auraient obtenu, en

vertu du droit de retention, le paiement de. la. totalite de

leur loyer. La poursuite qu'iIs ont introduite ne leur a cree

aucun privilege et Schwob et consorts n'ont eprouve aucun

prejudice du fait de cette poursuite.

V. II resulte de ce qui precede que toute entente frau du-

-leuse entre les defendenrs et leur debiteur Baumgartner doit

etre ecartee et que, des lors, l'action revoeatoire introduite

par Schwob et consorts doit etre rejetee.

E. -

Schwob et consorts ont reeouru en temps utile au

Tribunal federal contre l'arret qui precede, concluant a ce

qu'il soit modifie en ce sens que les deux poursuites Nos 5524

et 5528 de MM. Geismann et Loeb soient annuIees et que

ceux·ci soient condamnes a restituer aux recourants la valeur

des biens meubles qu'ils ont fait vendre au prejudice de J.

Baumgartner, cela jusqu'a coneurrence des pretentions des

recourants s'elevant a 2274 fr. 50 c., plus l'interet legal.

Subsidiairement les recourants demandent que les colloca-

tions intervenues dans ces deux poursuites en faveur de

MM. Geismann et Loeb soient annuIees et que ces derniers

soient condamnes a restituer aSchwob le dividende qui lui

r~venait en vertu de sa saisie du 5 janvier 1900, pour un

billet de 1000 fr., dividende qui a ete frauduleusement en-

caisse par Geismann et Loeb.

VI. Schuldbetreibung und Konkurs. N° 44.

421

;

F. -

Dans leur memoire en reponse au recours, les

intimes concluent a liberation de Ia conclusion principale du

recours. lls concluent pareillement a liberation de Ia coneIu-

sion sub::;idiaire en y opposant une exception d'inadmissibilite

fondee sur le fait que cette conclusion n'a p~s ete formuIee

devant les instanees cantonales.

Vu ces {aits et considerant en droit :

1. -

La conclusion principale du recours tend a faire

prononcer Ia nullite des poursuites N°s 5524 et 5528 exercees

contre J. Baumgartner, la premiere par Ch. Geismann en

vertu de Ia reconnaissance de 4665 fr.du 15 novembre 1899

et Ja seconde par Oh. Geismann et Ed. Loeb en vertu d~

leur pretention de 12 260 fr. pour loyer de leur domaine. Les

reeourants n'attaquent donc plus Ia poursuite N° 5560 exercß'e

par Ed. Loeb pour une somme de 550 fr. et il n'y a plus

lieu de s'oceuper de cette poursuite.

La conclusion subsidiaire tend, d'autre part, a l'annulation

des collocations intervenues dans les deux poursuites N°s 5524

et 5528 et a la restitution du dividende qui, d'apres les re-

courants, devait revenir a Salomon Schwob en vertu d'une

saisie du 5 janvier 1900, dividende qui aurait ete per~u frau-

duleusement par les intimes. Cette conclusion n'etant pas une

simple reduction de Ia concIusion prineipale, mais une con-

clusion nouvelle, qui n'a pas ete formuIee devant les instances

cantonales et sur Ia quelle celles-ci n'ont pas statue, le Tri-

bunal federal ne saurait la prendre en consideration (art. 80

OJF.).

De leur cöte, les intimes n'ont pas repris, dans leur me-

moire en reponse au recours, l'exception d'irrecevabilite

qu'ils avaient opposee devant les instances inferieures a l'ac-

tion des demandeurs, exception tiree du fait que ces derniers

n'ont pas attaque en son temps fetat de collocation relatif

aux poursuites dont Hs reclament l'annulation. Oe moyen doit

ainsi etre considere comme abandonne, et il n'y a pas lieu

de rechereher si c'est a tort que les instances cantonales l'ont

declare mal fonde.

2. -

Le recours appelle done uniquement l'examen de

422

Civilrechtspllege.

la question de savoir si l'action en nullite des poursuites

Nos 5524 et 5528 est fondee.

La dite action est basee sur les art. 287, chiffre 3° et

288 LP.

En ce qui concerne la poursuite exercee par Ch. Geismann

en vertu de la reconnaissance de 4665 fr., du 15 novembre

1899, les recourants soutiennent que cette reconnaissance

n'etait exigible que moyennant un avertissement prealable du

creancier, et que cet avertissement n'ayant pas eu lieu, Geis-

mann n'etait pas fonde a requerir une poursuite a la dite

date du 15 novembre 1899.

Cette maniere de voir est manifestement erronee. La ce-

dule du 15 novembre etait stipulee payable a requ~te (<< bei

erstem Verlangen von Herrn Geismann »). Le paiement etait

donc immediatement exigible et le ereancier pouvait des lors

faire signifier un eommandement de payer au debiteur, qui

s'est trouve constitue en demeure par le fait meme de ce eom-

mandement (art. 117 CO.). Au moment ou le creancier a ete

partiellement paye, par l'effet de la poursuite qu'il a exercee,

la creance etait done bien echue et il ne peut etre question

de faire ici applieation de l'art. 287, 30 LP.

Dans leur memoire au Tribunal feMiral, les recourants

semblent invoquer aussi l'art. 287, chiffre 2° en alleguant

qu'ä. teneur du compte arrete au 15 novembre 1899 entre

Baumgartner et Geismann, celui-ci aurait regu en paiement

trois pieces de betaiI dans le mois de juilIet 1899. Mais

aucune conclusion en nullite de cette operation n'a ete prise

ni devant les instances cantonales ni meme devant le Tri-

bunal federal, qui ne saurait des lors entrer dans l'examen de

cette question.

Au point de vue de l'art. 288 LP., les recourants n'ont

nuUement etabli le caractere frauduleux de la reconnaissance

du 15 novembre.

Hs avaient aUegue devant les instances cantonales que cette

reconnaissance etait simulee et qu'en realite Baumgartner ne

devait pas la somme reconnue. Mais la preuve de cet alIegue

fait completement Mfaut. Geismann a, au contraire, etabli

I

VI. Schuldbetreibung und Konkurs, No 44.

par un extrait, certifie conformf', de ses livres, qu'au 15 no-

vembre 1899 son compte avec Baumgartner soldait reelle-

ment par 4665 fr. au debit de ce dernier. La realite des

transactions intervenues entre Baumgartner et Geismann a

d'ailleurs ete constatee d'une maniere generale par une serie

,de temoins.

Quant au fait, reconnu par Geismann, que, d'une part, il

avait appris le 15 novembre 1899 de Baumgartner lui-m~me

~ue celui-ci avait regu un avis de saisie d'un sieur Schoch

pour une somme de 3150 fr., et que, d'autre part, i1 avait

I'impression que ce debite ur etait de plus en plus gene, il ne

suffit nullement a etablir que le reglement de compte et la

reconnaissance de dite date sont le resultat d'une entente

frauduleuse destinee a favoriser Geismann au detriment des

autres creanciers de Baumgartner. On s'explique tres bien

que, dans les circonstances donnees, Geismann ait juge pru-

dent de regler compte immediatement avec Baumgartner et

de faire signer a celui-ci UIle reconnaissance exigible de suite

pour le solde du compte. Les recourants n'ont pas m~me

altegue que ce reglement de compte fftt premature et que

Baumgartner eftt ete en droit de refuser de proc6der ä. un

reglement a ce moment-la.

Pour 6tablir le caractere frauduleux de la poursuite, les

recourants se prevalent encore de ce que Baumgartner n'a

pas fait opposition au commandement de payer de Geismann,

de ce qu'il a refuse de deposer son bilan, malgre l'insistance

de certains creanciers, de ce qu'il n'a pas avise les recou-

rants des poursuites de Geismann et consorts, et enfin du fait

.que ces derniers auraient achete a viI prix la plus grande

partie des objets saisis.

Ces circonstances ne justifient toutefois pas la conclusion

que les recourants voudraient en tirer. Le defaut d'opposition

ne pourrait faire pr6sumer l'intention du d6biteur de favo-

Tiser le creancier que si le premier avait ete fonde a faire

opposition et avait lleglige de le faire. Or on ne voit pas quel

moyen d'opposition Baumgartner aurait pu faire valoir.

Quant au second point, Baumgartner etait dans son droit

424

CiviIrechtspflege.

en ne deposant pas son bilanJ puisqu'il n'etait pas soumis re

Ia poursuite par voie de faillite. Si ce fait a eu pour conse-

quence de favoriser les creanciers premiers saisissants, c'est

la une consequence du systeme de poursuite par voie de

saisie tel qu'il est organise par la loi; cette consequence est

donc parfaitement legale. Ensuite Baumgartner n'avait aucune

obligation d'aviser les recourants des poursuitel! dirigees

contre lui et des lors on ne saurait conclure de ce qu'il ne

l'a pas fait qu'il ait vouIl1 favoris.er les poursuites de Geis-

mann et consorts. Enfin les recourants out completement

negIige d'expliquer commeut la vilete pretendue du prix.

d'adjudication d'uue partie des objets saisis serait la conse-

quence d'une entente frauduleuse entre le debiteur et l'adju-·

dicataire. Du reste Ia regularite des encheres n'a pas ete

attaquee dans les delais Iegaux devant l'autorite competente

et ne peut plus l'etre utilement aujourd'hui.

La circonstance, dont les recourants font egalement etat,

que Geismann s'est fait ceder, pour la moitie de sa valeur-

nominale, la creance du sieur Schoch contre Baumgartner ne

fournit non plus aucun indice d'une entente frauduleuse entre

ce dernier et Geismann. Cette cession est une res inter alios

acta a l'egard de Baumgartner; elle n'autorise pas meme a

pretendre, comme le font les recourants, que Geismann avait

retiu de Baumgartner l'assurance que celui-ci ne deposerait

pas son bilan.

L'action de Schwob et consorts apparait ainsi comme mal

fondee en tant qu'elle vise la poursuite exercee par Geismann

en vertu de sa reconnaissance du 15 novembre 1899.

3. -

Il en est de meme en tant que cette action vise Ia

poursuite de Geismann et Loeb en paiement de loyer.

Devant les iustances cantonales, les recourants avaient

conteste l'existence me me de la creance de 12260 fr. poul'

loyer au 22 fevrier 1900. Mais rien n'est venu justifier leur-

affirmation, qu'ils n'ont pas reproduite dans leur memoire au

Tribunal federal, se bornant a argumenter du fait qu'une

partie de Ia somme reclamee n'etait pas echue.

nest exact qu'aux termes du bai! entre Baumgartner et

VI. Schuldbetreibung und Konkurs. N° 44.

les intimes, la somme de 2210 fr. representant le semestre

.de loyer au 22 fevrier 1900 n'etait pas echue 1e 15 novembre

1899. Le debiteur aurait donc ete fonde a faire opposition

au commandement de payer pour ce montant. Mais la eir-

constance qu'il a neglige de Ie faire ne saurait cependant

entrainer l'application de I'art. 287, chiffre 3° ni celle de

l'art. 288 LP.

La premiere de ces dispositions ne vise que le cas Oll le

debiteur paie avant l'echeance. Or Baumgartner n'a rien

paye volontairement a ses creanciers; d'ailleurs, au mom~nt

.Oll ceux-ci ont et6 payes, ensuite de l'etat de collocation

.dresse par l'office sous date du 24 fevrier 1900, leur creance

etait echue dans sa totalite.

A supposer meme que le paiement eut eu lieu ~vant

l'echeance du dernier semestre de loyer, on ne sauralt ap-

pliquer l'art. :lS7, chiffre 3°, par Ie motif qu'il ne serait

fesulte de ce paiement aucun prejudice pour les recourants.

En effet si Geismann et Loeb n'avaient pas compris dans

,

' t

leur poursuite la somme de 2210 fr.

affere~te au .s~mes r~

courant du bail, le produit de la vente des bIens salSlS auralt

neanmoins et6 insuffisant pour desinteresser completement

les creanciers de la premiere serie, puisque les actes de

defaut de biens partiels delivres aces creanciers s'elevent a

2882 fr. 10 c. soit a plus de 2210 fr.

n parait eg~lement hors de doute que dans la meme hypo-

these Geismann et Loeb n'auraient pas neglige, pour s'assurer

1e paiement du semestre de loyel' courant, de faire usage

du droit de retention qui compete an bailleur en vertu des

an. 294 et 297 CO. Les recourants n'ont pas meme essaye

de contestel' que Geismann et Loeb eussent ete fondes a se

prevaloir de ce droit. Celui-ci admis, iI s'ensuit que .l:office

.aurait du prelevel' sur le produit de la. vente ~u mobl~ler de

Baumgartner la somme necessaire pour g~rantIr l~ paIement

du dernier semestre de loyer; Ia somme arepartIr entre les

creanciers de la premiere serie eßt ete diminuee d~ autant et

,se fut trou~ee, par consequent, insuffisante ~our des~nteres~er

,ces creanciers. Dans le cas Oll Ia poursUlte auraIt eu heu

Civilrechtspflege.

pour le loyer echu seulement, comme dans le cas de pour-

suite pout' la totalite du loyer au 22 fevrier 1900, les recou-

rants, creanciers dans la seconde serie, n'auraient rien re<;u~

et des lors ils n'ont subi aucun prejudice par suite de la..

recIamation prematuree du dernier semestre de loyer.

L'art. 287, chiffre 30 LP. serait donc en tout cas inappli-

cable faute de l'eIement de prejudiee que son applieation

exige.

On doit en dire autant de l'art. 288.,En admettant que

Baumgartner ait neglige volontairement, dans l'intention da

hvoriser Geismann et Loeb et avee leur connivenee, de faire·

opposition au commandement de payer pour le montant du

dernier semestre de loyer, eette negligence n'aurait cepen-

dant pas eu pour effet, d'apres ce qui vient d'etre expose,

de porter prejudice aux recourants, qui ne sont des lors pag,

fondes a s'en prevaloir pour faire annuler la poursuite en

vertu de l'art. 288 LP., en tant que prematuree et fraudu-

leuse.

O'est done a bon droit que l'instanee eantonale a ecarte

aussi Faction revocatoire en ce qui coneerne la poursuite de

Geismann et Loeb en paiement de loyer.

Par ces motifs;

Le Tribunal fMeral

prononce:

Le recours est ecarte comme mal fonde et l'arret de la.

Oour d'appel de Fribourg, du 10 juillet 1901, est confirme.

LAU6AS:-iE. -

L\lP. GEOHGES BHIDEL & ClE

CIVlLRECHTSPFLEGE

ADMINISTRATION DE LA roSTICE CIVILE

"I

I. Haftpflicht der Eisenbahnen u. s. w.

bei Tötungen und Verletzungen. -

Responsabilite

des entreprises de chemins de fer, etc.

en cas d'accident entrainant mort d'homme

on lesions corporelles.

45. Urteil bom 10. Dttober 1901 tn 6ad)en

6 t l.l {l 9 egen ~co rboftbal)ng ef eIt f d)af t.

-Selbst verschulden. Art. 2 E.-H.-G. Abgrenzung der That- und der

Rechtsfrage (Art. 81 Org.-Ges.). -

JJlass der Entschädigung (42

Jahre alter Stationsvorstand; Verlust des einen Fusses und Ver-

letzung am rechten Arm).

A. [)urd) Urteil born 16.,3uH 1901 l)at bas Doergerid)t

1:les .!tantons Illnrgau

I! in

grunbfä~hd)er .?Beftiitigung, jebod)

einiger SJRobififntion bes untergertd)tHcf)en UrteiW' erfannt:

[)ie ?Senagte !Jat bem .!träger eine Q:ntfd)äbtgung im @efamt"

~etrage),)on 11,000 n:r. famt Bins 3u 5 Ofo feit 23. 6epternoer

1898 au oe3a!){en.

B. @egen biefes Urteil erßriffen bettle \ßarteien red)taeitig unb

in

gefe~lid)er 150rm bie ?Serufung an bas ?Sunbesgerid)t, bel'

gläger mit bern ~!ltrage:

XXVII, 2. -

19(11

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