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24_I_428

BGE 24 I 428

Bundesgericht (BGE) · 1898-01-01 · Français CH
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428

Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt Bundesverfassung.

~eurteilung ber

~treitfad)e nid)t

me~t'befugt ift (),)gl. § 64

fetten ~6fat bcr GH),)H))roaej3ortmung bCß Jtantonß Ud). ~ieier

@runbfat ift im),)odiegmben %aUe wiUfürlfdj mit gema ~aft[ofen

@riinben bei ~eite gefet\t wllrhel1, unb eß negt ~ierin eine eigent~

Hd)e lRedjtß~erweigerul1g, bie ~d) namentrid) in her 9tid)tung ger~

tenb mad)t, bag ber 1Jtefurrent berljinbel't mürbe, burd) ben Banb::

rat entfd)etben ~u raffen, mer in bel' ~ad)e mirffid) auftänbig fet

(~tt. 59 litt. i bel' Urner srcmtonß),)erfaffung). Wluj3 bemnad)

wegen beß wiberf))red)enben,Jn~ahß baG angefodjtene UrteH bCß

Dbergedd)tß

aufge~oben werben, fo braud)t auf bie lSefd)merbe

wegen merfetung beß § 39 ber ~ilji{\,ro3ef3orbnung unb b~

~rt. 33 beß ~uftiaregrementeß -

bie m091 füt' fief) aUein faum

aut' lSegrünbeterWirung beß 9teturfcß fü~ren tönnte -

nid)t

nii~er eingetreten au werben.

~emnad) ~at baß lSunbe.ßgerid)t

edannt:

SDer lRefut'.ß mtrb begrünbet erlriirt unb baß angefod)tene Ut'~

teil beß Dbergeridjtß beß J'tantol1ß Uri),)om 9. Wlär3 1898 auf~

ge~obel1.

79. Am~t du 18 juillet 1898, dans la cause Jost

contre Valais.

CompMence des uutorites de surveillance en matiere de ponrsuite

et de faUHte et competence des tribunaux civils; plainte contre

une mesure prise par l'office contrairement a 1a LP., ou contes-

tation de droit civil ?

I. -

Le 28 juillet 1897, l'office des poursuites de Brigue

veudit aux encheres publiljues la partie nord du troisieme

etage de la maison Wegener, ä Brigue. Cet appartement

avait ete saisi au prejudiee de Charles W egener.

Joseph-Marie Jost devint adjudicataire du dit !ogement

pour le prix de 7060 fr.

Les conditions de vente renfermaient, entre autres, les

clauses suivantes :

« N° 6. La part du prix de vente revenant au]C creanciers

.

I. Reehtsverweigerung. N0 79.

:) poursuivants et s'elevant approximativement a 2200 fr.,

» est payable comptant, seance tenante.

» N° 7. L'hypotheque en faveur de Ia Banque foneiere

» du Jura, ä Bille, grevant l'etage mis en vente pour une

» somme de 3200 fr. environ devra etre payee par l'aeque-

:) reur jusqu'au 15 oetobre 1897.

) N° 8. Le solde devra etre aequitte le 28 janvier 1898.

» N° 10. Tous les paiements doivent s'effectuer au Bureau

;) de l'office des poursuites de Brigue. Les dispositions da

» l'art. 143 LP. sont applicables en l'espeee. »

II. -

Par exploit du 2 octobre 1897, Jost reclama du

prepose aux poursuites de Brigue Ia deIivranee des cIes du

logement, rendant le prepose responsable de tout dommage

et r assignant a eomparaitre devant le juge instrueteur de

Brigue le 12 du meme mois.

Le prepose obtint le renvoi de l'audienee du 12 au 19 oc-

tobre 1897.

Irr. -

A l'audience du 19 octobre, le prepose conclut au

rejet des conclusions de Jost. TI alleguait que ce dernier

n'avait pas paye en mains de l'office, jusqu'au 15 octobre, la

somme de 3200 fr. revenant ä la Banque fonciere du Jura,

qu'il n'avait ainsi pas satisfait a la cIause Nu 7 des eonditions

de vente et se trouvait des lors dechu de tous les droits

decoulant pour lui de l'enchere, cette derniere etant revoquee

de plein droit (art. 143 LP.).

Le Juge instructeur debouta Jost de sa demande de deli-

vranee des eIes et de mise en possession du logement et

declara resiliee la vente du 28 juillet 1897.

IV. -

Jost reeourut contre ce jugement, mais le Tribunal

du 1 er arrondissement pour le distriet de Brigue confirma, en

date du 30 novembre, la decision du Juge instructeur.

V. -

Jost interjeta recours aupres de la Cour d'appel et

de cassation du canton du Valais.

Le pn3pose aux poursuites de Brigue souleva l'exception

d'incompetence, en soutenant que l'acte attaque ne pouvait

etre approuve ou annule que par l'autorite de surveillance en

matiere de poursuite.

Par jugement du 27 janvier 1898, la Cour d'appel et de

430

Staatsreehtliche Entscheidungen 1. Abschnitt. Bundesverfassung.

eassation du eanton du Valais estima que l'exeeption soulevee

par l'offiee pouvait l'etre en l'etat et se declara ineompetente

pour eonnaitre du litige.

Son prononee se fondait sur les eonsiderants suivants :

L'art. 143 LP. regle, d'une part, les aetes que l'offiee des

poursuites doit aeeomplir lorsque l'adjudieataire ne paie pas

dans le delai fixe et statue, d'autre part, sur la responsabilite

du fol encberisseur. Les diffieultes qui pourraient surgir tou-

ehant les aetes de l'offiee sont du ressort de l'autorite de

surveillanee. Les divergenees touehant les dommages-interets

dus par le fol encherisseur doivent, au eontraire, etre tran-

ehees par les autorites de surveillanee. L'aetion de Jost ten-

dait a la delivranee des eIes de l'appartement et a la mise

en possession de eet appartement. Le refus de l'offiee de

delivrer les eies rentre parmi les actes qui, a teneur de l'art.

17 LP., peuvent donner lieu a une plainte aupres des auto-

rites de surveillanee. Ces autorites sont seules eompetentes

pour annuler ou redresser un tel acte (art. 21 LI>.). En ma-

tiere d'applieation de la loi sur la poursuite, les tribunaux

doivent examiner d'offiee la question de eompetenee, afin de

ne pas empieter sur le domaine des autorites de surveillanee.

De la deeoule 1e droit des parties de soulever la question de

competenee devant chaque tribunal nanti de la eause. TI s'agit

en l'espece d'une incompetence radieale, resultant de la

matiere ä juger.

VI. -

Jost a conclu devant le Tribunal federal a ce que

le jugement de la Cour d'appel et de eassation fß.t annule et

a ce que la Cour fut invitee a statuer en la cause.

Le reeourant estime que le jugement de la Cour d'appel

implique un deni de justice. TI n'est pas admissible, dit-il,

que la question de competence ne soit soulevee que devant

l'instanee cantonale superieure. Le tribunal d'arrondissement

a declare expressement que les parties avaient reeonnu la

eompetenee du juge civil. La Cour d'appel et de eassation

etait la seule instanee qui put confirmer ou modifier le juge-

ment du tribunal d'arrondissement. Le Tribunal federal a

statue a plusieurs reprises que la competence d'un tribunal

ne pouvait plus etre eontestee en derniere instance.

I. Rechtsverweigerung. N° 79.

431

VII. -

Dans sa reponse, la Cour d'appel et de eassation

argumente comme suit: La nullite proclamee par la Cour

superieure est une nuUite radieale, qui viciait la proeedure

des le principe et qu'aucun accord des parties ne pouvait

faire disparaitre. Les parties n'ont pas le droit de ehoisir les

instances de recours en matiere de poursuite. Les actes

aceomplis par les preposes en violation de la loi sur la pour-

suite doivent etre sonmis aux autorites de surveillanee et non

aux tribunaux. Le reeourant soutient a tort que, les instanees

judieiaires inferieures s'etant saisies du litige, la Cour d'appel

ne pouvait se declarer ineompetente.

VIII. -

L'office des poursuites de Brigue repond, d'autre

part, ee qui suit: Par son exploit du 2 oetobre 1897, Jost

s'est plaint de ee que l'offiee des poursuites eut omis, dans

les conditions de vente, la mention d'un pretendu bail a

loyer. Jost reproche done a l'offiee d'avoir viole la loi (art.

141 LP.). Ür, lorsqu'une mesure de l'offke est eontraire a Ia

loi e'est a l'autorite de surveillance que plainte doit etre

portee sauf dans les eas ou la loi preserit la voie judieiaire

(art. 17 LP.). Jost n'a pas meme eherehe a etablir qu'il s'agit

dans l'espeee d'un cas ou Ia Ioi prescrive la voie judieiaire et

e'est a tort qu'il s'est adresse au juge instrueteur, puis au

tribunal d'arrondissement et enfiu a Ia Cour d'appel.

Vu ces {aits et considerant en droit:

Le reeours souleve la question de savoir si c'est a tort ou

ä. raison que Ia Cour d'appel et de eassation du eanton du

Valais n'est pas entree en matiere sur le litige existant entre

Jost et l'office des poursuites de Brigue.

Pour resoudre cette question, il importe de determiner Ja

nature du litige.

Or les conelusions prises par Jost devant l'instance canto-

nale reproduisent eelles renfermees dans l'exploit .du ? oc-

tobre 1897 et soumises au juge instructeur du dlstnct de

Brigue. Elles tendent essentiellement a la remise .d~s eies de

l'appartement adjuge au recourant en date d~ 28 Ju?Ie~ 1~97

et eventuellement a la reconnaissance du drOlt de I adJudlCa-

taire de demander des dommages-interets. Elles se fondent

sur les droits deeoulant pour Jost, en vertu des regles du

432

Staatsrechtliche Entscheidnngen. 1. Abschnitt. Bundesverfassung.

droit civil, de l'adjudication prononcee en sa faveur. Le refus

oppose par l'office aux pretentions de Jost n'a donc pas le

caractere d'uDe mesure de procedure prise par le fonction-

naire prepose aux poursuites. Le refus de l'office est bien

plutot la contestation d'un droit prive de l'adjudicataire et la

revendication, au nom du vendeur, d'un droit de m~me na-

ture.

Le litige qui divise le recourant et l'office rentre ainsi dans

Ia cat6gorie des contestations de droit civil et ressortit. des

10rs· aux autorites judiciaires. Les conclusions de Jost ne

sauraient ~tre assimilees a une plainte contre une mesure

prise par l'office contrairement a la loi federale sur la pour-

suite.

n suit de la que la Cour d'appel et de cassation n'aurait

pas du se declarer incompetente en l'espece et qu'elle doit

trancher la question qui lui a et6 soumise par le recourant.

A ce propos, il appartiendra a la Cour cantonale de recher-

cher plus particulierement les consequences que doit avoir

quant a la situation respective des parties, soit le fait qu~

l'office n'a pas livre, immediatement apres l'adjudication, les

cIes de l'appartement vendu, soit le fait que Jost n'a pas

paye la somme de 3200 fr. due, aux termes des conditions

de vente, « jusqu'au 15 octobre 1897. »

Par ces motifs,

Le Tribunal federal

prononce:

Le recours est declare fonde dans le sens des conside-

rants du present arret.

I. Rechtsverweigerung. N° SO.

80. A1'rI~t du 14 septembre 1898, dans la cause

Astruc aine contre von Auw.

Interpretation arbitraire de l'art. 246 CO. par un juge dA paix. -

Les instances cantonales sont-elles epuisees'! -

Competence du

Tribunal federal comme Cour de droit public.

P. Astruc aine, a Geneve, a forme en temps utile aupres

du Tribunal federal un recours de droit public contre le juge-

ment du Juge de paix du cercle de Morges, en date du

15 juin 1898. Le recourant conclut a l'annulation de ce juge-

ment pour deni de justice et violation de l'art. 4 de la Cons-

titution federale.

A Tappui de cette conclusion, Astruc aine invoque, en

sub~tance, les considerations suivantes :

Le 12 decembre 1897, Astruc a envoye sur commande a

von Auw 50 caissettes de mandarines facturees 76 fr. 50 c.

Cet envoi est parvenu a son destinataire le jour meme ou le

lendemain. Astruc avait accompagne son envoi d'une lettre

dans laquelle il informait le destinataire que les oranges

etaient delicates.

Von Auw n'a fait aucune reclamation 10rs de la niception,

mais le 29 decembre seulement, il a ecrit a Astruc qu'une

partie de la marchandise etait avariee et qu'il avait requis

une expertise.

Astruc n'admit pas la reclamation de von Auw, qu'il estimait

tardive; il lui signifia un commandement de payer auquel le

debiteur fit opposition pour 39 fr., et lui ouvrit action devant

le juge de paix pour cette derniere somme.

Le juge de paix a estime qu'il n'etait pas etabli que von

Auw eut re\iu la lettre du 12 decembre, puis il a admis les

conclusions liberatoires de von Auw par des motifs qui peu-

vent etre resumes comme suit :

L'acheteur doit verifier aussitot qu'il le peut l'etat de la

marchandise, et, s'il decouvre des defauts, en informer le

vendeur sans delai. 11 est d'usage de reconnaitre la marchan-

4S4

Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung,

dise lorsqu'on en al'emploi, et au surplus un delai de 15 jours

peut etre admis pour la vermcation. En verifiant I'etat de

la marchandise 16 jours apres l'arrivee, le defeIideur etait a

temps pour en faire constater les defauts et les signal er au

vendeur. Le demandeur etait des lors tenu de reprendre la

marchandise avariee et d'en bonifier le prix au defendeur

par Ia reduction de la moiW; de sa facture, repl'esentarit la

perte eprouvee de ce chef.

Le recourant estime que cette decision ainsi motivee est

purement arbitraire. TI y a contradiction evidente entre deux

des considerants, attendu que dans l'un le juge fixe a 15 jours

le delai de verification, et que, dansIe suivant, il admet qu~en

vermant 16 jours apres Ia reception, von Auw a verme a

temps; si Ie delai est de 15 jours, la verification faite le 16e

jour est en effet tardive. En outre I'usage pretendu general,

qui permettrait, d'apres Ie jugement, a l'acheteur de verifier

Ia marchandise quand il en a emploi, n'est nullement prouve.

La loi exige que la verification ait lieu ~ aussitöt que l'ache-

teur le peut d'apres Ia marche habituelle des affaires .... Elle

ne lui permet pas, des lors, de differer ce controle jusqu'au

moment ou il a emploi de la marchandise, et, d'autre part,

accorder a l'acheteur 15 jours pour vermer l'etat de cene-ci,

constitue une interpretation arbitraire de l'art. 246 CO. TI

s'agissait d'un produit susceptible d'etre verIDe immediate-

ment, et iI n'a pas ete pretendu qu'aucune circonstance resul-

tant de la nature de la marchandise en empechät la verifica-

tion immediate.

Dans sa reponse, J. von Auw coneIut au rejet du l'ecoul's

par les motifs ci-apres :

1) .

2) Le recourant n'a pas epuise les instances cantonales,

ensorte que son recours est premature.

3) Le manque d'harmonie entre les considerants et le dis-

positif d'un jugement ne peut fonder un recours de droit pubIic.

L'opposant au recours se borne a indiquer les motifs qui

precMent, sans les faire suivre d'aucun developpement; il

se reiere purement et simplement aux pie ces de la cause.

I. Rechtsverweigerung. N° 80.

Statuant sur ces (aits et consideranl en droit:

1. - ......... .

2. -

TI est exact qu'un recours au Tribunal federal pour

deni de justice n'est recevable que lorsque le recourant .a

parcouru, au prealable, toutes les instances cantonales. ~aI~

l'opposant au recours n'a point rapporte la preuve, qm lUI

incombait de l'existence d'une instance cantonale superieure

de recou~s, devant la quelle le recourant aurait omis d~

porter le litige. D'ailleurs il resulte de l'art. 105 de la 101

vaudoise sur l'organisation judiciaire, du 23 mars 1886, qu'un

pareil recours en reforme n'etait pa.s ouv.e~t dans l'e~pece,

le juge de paix pronon<;ant, en matIere ClVlle contentI~~se,

definitivement sur toute pretention personnelle ou mobIhere

n'excedant pas en capital la somme de cent francs, et un

recours en nullite etant seul reserve pour violation des regles

essentielles de la procedure. Le grief forme de ce ~h~f par

l'opposant au recours ne sau~ait des lor~ et:e ac~ueIlh ..

3. _ Le recourant se plamt de la VIolation d une dISPO-

sition de l'art. 246 CO. Or, conformement a rart. 182, aI. 1

de la loi sur l'organisation judiciaire fMeraIe, iI n:y a pas d.e

recours au Tribunal federal pour cause de violatIon des 100s

civiles federales par les autoriMs cantonales, et le ~rief dont

il s'agit ne saurait faire l'objet de l'examen d~ ~rIbunal de

ceans, ainsi que cela resuIte d'ailleurs ?e sa JUflsprudence

constante (voir entre autres Arret du Trlbun~ fede:al en. la

cause 8teiner Rec. off. XIX, page 95, consid. 3), amoms

toutefois que Ia violation signaIee ne revete les caracteres

d'un deni de justice.

,

.

4. _ Or le recourant estime precisement que la Vl~latI?~,

par le jugement incrimine, de la disposition d~,drOlt cIvil

precitee implique un deni de justice, et se caractense comme

une atteinte portee a l'art. 4 de la Constitution federale ..

Le tribunal de ceans a reconnu a de nombreus~s reprls~s

qu'un recours de droit pubIic, meme pour violatIon de. 101S

civiles, est recevable lorsque le jug~ment contre leq,uel il est

dirige repose sur une interpretation ab~oIument ~ncompa­

tible avec les textes appliques, ou lorsqu il est entierement

436

Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung.

depourvu de motifR (voir entre antres arrets du Tribunal

fMeral en la cause Kugler, Bec. off. XIX, page 470; Thevoz

contre ChevalIey, du 28 octobre 1892, etc.). Il est, a cet

egard, incontestab1e qu'un jugement, dont les considerants

se contredisent diametralement, de maniere a se detruire

reciproquement, doit etre assimile a un prononce denue de

motifs.

5. -

Or l'on se trouve incontestablement, dans l'especb,

en presence d'un cas de ce genre. Dans un de ses conside-

rants decisifs, 1e juge declare que, d'apres l'usage existant, le

destinataire d'une marchandise de 1a nature de celle dont il

s'agit a UD delai de 15 jours pour la verifier, et, dans 1e con-

siderant qui suit immediatement, ]e meme magistrat estime,

en opposition flagrante avec sa dite dec1aration, que 1a veri-

fication, faite le 16a jour seulement ainsi que 1a reclamation

formuIee a la meme date par le destinataire, l'ont ete en

temps utile. TI y a la une contradiction irreductible, puisqu'il

est de toute evidence qu'en admettant meme l'existence du

delai de 15 jours susvise, la verification effectuee 1e 16a jour

etait tardive, et que des 101'S le juge eut du necessairement

accueillir, au lieu de la rejeter, l'exception de tardivete

opposee par Astruc a 1a reclamation de sa partie adverse.

Dans sa reponse au recours, le sieur von Auw lui-meme n'a

d'ai1leurs nnllement pretendu que cette verification et cette

reclamation eussent ete faites par lui dans le delai utile.

6. -

Si, dans sa reponse, l'opposant au recours fait va-

loir que le manque' d'harmonie entre les considerants et le

dispositif du jugement attaque ne peut fonder un recours de

droit public, il y a lieu de faire remarquer, sur ce point,

d'une part, que cette declaration contient un aveu de la con-

tradiction existant dans l'espe ce, entre les considerants et le

dispositif du dit jugement et, d'autre part, que si dans la regle

une simple contradiction de ce genre ne suffit pas a justifier

un recours de droit public, il doit en etre autrement lorsque,

ainsi qu'il a ete dit en ce qui concerne l'espece actuelle, les

motifs invoques par le jugement cantonal ne peuvent justifier

en aucune falion le dispositif, et se tronvent en contradiction

I. Rechtsverweigerung. N° 81.

437

abso1ue avec celui-ci. TI re.sulte de tout ce qui precMe qua 1a

senten ce dont est recours ne saurait subsister.

Par ces motifs,

Le Tribunal fMeral

prononce:

Le recours est admis, et 1e jugement rendu entre parties

par 1e Juge de paix du cercle de Morges, le 15 juin 1898,

est dec1are nul et de nul effet, et ce magistrat devra statuer

a nouveau en 1a cause, sur requisition de la partie demande-

resse.

81. Urteil \.lom 22. Se:ptember 1898 tn Sacf)en

<f3cf)äel}tIin gegen

~arg'lU.

Verurteilung wegen Uebertretung eines kantonalen Lotteriegesetzes .

Art. 58 B.· V. -

Haftbarkeit des Vertreters eine1' Annoncen{il'ma.-

Willkürliche Anslegung des kantonalen Gesetzes durch d'ie kanto-

nalen Behörden '!

A.,sn ber 3u lEuben,

sranton~ ~arguu, ljeraußgegebenen

"Sel}iUeiöer ~reien \ßreffe lJ \.lQm 11. ~rH 1896 erfel}~en foI~e~be~

:Jnierat: /I@~ finb noel} 3U \.lcdaufen eine ~(n3alj! mtt iUentglten~

ljunbert

~ranten

rihl'~aljI6ure Obfigationen

ber

~t'et6urger

"<f3f(lut~6anf garantiert burcf) ben <f3taat. ßtn~ 2 %; ferner

:80 \ßrämt~n3iel)ungen. ~er ßieljung~:plan tft auf ben. ~iteIn

lIl.1er3eiel}net. S)au:ptprämien 5 ä. 100,000 ~r. ~c. ~c. @mtfftonß~

,,:prei~ 95 ~r. 91äel}fte jiel)ung 10. IDeat unb 10. ~fto~er 189~ ....

@~ werben aUjäl)rHel} am L imiir3 aUe 06ltgattonen emer

:,gewßl)nliel}en ßiel)ung al pari, fOiUte biejenigen einer \ßriintie~~

"aiel)ung 3urücf6eaaljlt. 61cf) gef. fofor~. ~u wenben an I~an~ m

"lEaben, <f3el}weta.

mmin~ßanf in ßurtel} unb lEeru.

~tefe~

:Jnferat war ber genannten,3eifung bOm ljeutigen ~efur:enten

~. Sel}äel}tIin, mertreter

be~ ~nnoncenbü:eau~ S)(lufenftem ~

mog(er tn ~ret6urg, einge)anbt iUorben. ~te <f3t(lat~aml.laItf~a~

be~ sranton~ ~arguu er6Hcfte in blefem,jnferute emen merltoU