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A. Staatsrechtliche Entscheidungen. 1. Abschnitt. Bundesverlassung.
geric'{lt mit bem I[(ntrage, C.§ fei genannter ~ntfc'{letb au Taul)ebeu,
unter .\toftenfofge. ®ie füljrt im ttlejcntnc'{len au.§: ~rrt. 45 bel'
mAll. garantiere bie freie 91ieberIaffung niü)t nur i)on .\tanton
au .\tanton, funbem aud) innert be.§ .\tanton.§ Cm(umer"lJJCorel I,.
382 u. f.). miefdoe fönne attlar für ben 5Berarmung.§faU (aut
I[(rt. 45, 3 ber m."R entaogen ttlerbeu, iebod) nur unter
be~
ftimmteu .\tautefen. In casu feien nun bie 5Bomußfe~ungeu bel'
I[(u.§ttleijung nic'{lt gegeoen. ffi:efurrentin l)aI.ie 31tlar frembe ?ffiol)I"
tl)ätigfeit in I[(nfpruc'{l genommen, bagegen nur biefeltifiC beß ~ri:
~aten I[(rmeni)el'einß unb nic'{lt bie öffentHc'{le ?ffioljItljätigfeit. miefe
,3nanfpruc'{lnaljme fei auc'{l feine bauernbe gettlefen, fonbern ljabe
feit S)Jcäq 1895 aufgeljört ~nbncf) fei aud) eine amtItc'{le I[(uf-
forberung aur Unterftü~ung an bie .\?eimatgemeinbe augeftanbener:
mallen gar nicf)t ergungen; baß
:pri\)'tteUnterftü~ung.§gefuc'{l
batiere aubem \)on 1893.
C. mer ruaernifd)e ffi:egierungßrat beantragt I[(bttletfung bCß
ffiefurfe.§, inbem er auf bie 1JJC0til.le feine.§ angefod)tenen ~nt:
fc'{leibeß \)erttlei.6t unb u. a. noc'{l bemerft, bie .\)auptfrage ttleroe
ttloljf bie fein, ob bie amHic'{le
~f(ärung be.6 ®emeinbel'ateß
IDCeggen, baB er feine Unterftü~ung beraoreic'{le, im ®inne beß
I[(rt. 45, 3 bel' m.:5B. genügenb fei, 001l.1olj1 biefe
~rf{ärung
nic'{lt auf eine bC3ügrtc'{le amtHd)e I[(ufforberung ljin erfofgte.
muß munbe.§geric'{lt aieljt in ~rttlägung:
®emäu I[(rt. 45, 3 m'"5B' faun bie ~1ieberlaffung benjenigen
ent30gen werben, ttlefd)e bauernb ber öffentItc'{len '!"Bo9Itljätigfett aur
2aft fuUen unb beren .\?eimafgemeinbe oe3ttl. S)eimattanton eine
angemeffene Unterftü~ung tro~ umtHc'{ler Uhtfforberung nic'{lt ge~
mäljrt. lftefurrentht mac'{lt nun 3unäc'{lft ljierort.§ gegen iljre u{U.6:
ttletjung geHenb, baß fie nur bie ?ffioljrtlittgfeit
be~ freittltUigen
I[(rmeni)erein~ in 2uaern,
eine~ ~rii)Qten ~eretnß, tn I[(nfpruc'{l
genommen l)abe unb baljer
bu~ El1equifit ber 3nanfprucf)nal)me
ber ö tfentIi d) en ?ffioljUljätigfeit nicf)t \)orIiege. 6ie'lj-t man nun
(md) Mrltegenb bon biefer 1}rage ganö ub (unter .\?iuttleiß attlur
auf bie
~ntic'{leibe in ®ac'{len ®d)ttleiaer bom 25. ~rU 1894
unb 6üeU bom 27+ mcöember 1895), jo ljut bocf) lftefurrerttiu
im ttleitem
be9au~tet unb tft unoefiritten geblieben, bau biefe
Unteritü~ung im IDfära 1895 aufgeljört ljat. Unter biefen Um"
I. Niederlassung und Aufenthalt. No 67.
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ftänben
funn
nic'{lt
ttlol){
gefagt
ttlerben, bau
ffieturrentin
bCtuernb unterftii~t ttlorben fei, unb Hegt ba~ betreffenbe lftequifit
ber l[(ußttleiiung ntc'{lt Mr. Sm ttleitern aber fte'l)t auc'{l
noc'{l
unlieftritten feft, ball eine amHtc'{le I[(ufforbenmg an bie .\?eimat:
gemetnbe 5u angemeffener Unterftütmng ber lftet'urrentin, ttlte
I[(rt. 45 cit. fte \)oric'{lreiot, niemu1s ergangen tft, ~ielmeljr tft
bie S)eimatgemeinbe nur auf
~rii)Cttem ?ffiege um Uuterftii~ung
angegungen ttlorben; biejeß
~ri~ate ®eiud} funn nun bie amt"
ficf)e I[(ufforberung bes I[(tt. 45 nic'{lt
erfe~en. mie S)eimatge:
metnbe lj,tt aubem
fragItc'{le~ ®efucf) attlai ubfc'{lfägig befc'{lieben;
bugegen erfolgte bel' 6eaiiglic'{le mefc'{leib im,3aljre 1893; bel'jeIbe
genügt nUll nid)t, um bar3utuu, bab eine ungemeffene Unter:
ftÜ~Ullg uuc'{l im,3aljre 1895 unb 1896 \)erttleigert ttlerben ttlürbe.
memnad) ljat ba~ munbeßgcl'id)t
erfannt:
mer lftefur~ ttlirb
ar~ begrünbet erfliirt, unh ber gegen ffi:e:
furrentin erlaHene l[(u§ttleifung~oefc'{lfuf3 bemgemiiu uufgeljoben+
67. Am~t du 13 juin 1896 dans la cmtse lampen.
En date du 4 decembre 1895, le Departement de justice
et police du eanton de Geneve a arr~te « de ne pas aecorder
l'autorisation de sejourner dans le canton» a dame Anna
Jampen, nee Rufer, Bernoise, attendu qu'elle avait eM « con-
damnee a reiterees fois pour vol, reeel et proxenetisme ».
Le 24 deeembre, le Conseil d'Etat, snr recours de l'interes-
see, a maintenu cet arr~te.
Dame Jampen a demande, en date du 24 janvier 1896, au
Tribunal federal de revoquer ces decisions. Elle expose,
dans son recours, qu'apres avoir habite Berne, elle s'est eta-
bUe a Geneve, avec son fils .. en juillet 1895; qu'elle y a ob-
tenu un permis d'etablissement et, le 27 novembre suivant,
l'autorisation de ternr pension; que les condamnations ante-
rieurement subies par elle, a Berne, sont de simple police et
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A. Staatsrechtliche Entscheidnngen. L Abschnitt. Bundesverfassung.
ne revetent nullement le caractere de delits graves au sens
de l'art. 45 de la Constitution federale; enfin, que, depuis sou
arrivee a Geneve, sa conduite n'a donne lieu a aucune plainte.
Le Conseil d'Etat du canton de Geneve repondant a ce-
recours, explique de la maniere suivante les mesures prises
Jll'egard de dame Jampen: Les delits pour lesquels la recou-
rante a ete condamnee a Berne sont des delits graves, au sens
de l'art. 45 Constitution federale. TI ne s'agit nullement de
contraventions de simple police, mais de delits prevus par le
Code peDal. Peu importe qu'un permis d'etablissement ait
eta delivre posterieurement a ees condamnations. On ne
peut, en effet, exiger que les employes d'un departement
aient pn3sents a la memoire les casiers judiciaires de tous
ceux qui s'adressent a eux (voir arret du Tribunal federal,
du 28 mars 1894, en la cause Haller contre Geneve).
Dans une lettre du 8 mars 1896 au juge delegue, le Depar-
tp,ment genevois de justice et police expose, en outre, ce qui
suit: Dans Ia eause Haller, il a ete admis que le Gouverne-
ment cantonal pouvait retirer un permis d'etablissement ae-
corde par un employe subalterne qui ignorait les antecedents
du titulaire, alors que le dit pennis aurait ete refuse si ces
anteeedents eussent ete eonnus. Dans le eas de dame Jam-
pen; il s'agit, en realite, d'un refus d'etablissement. Dame
Jampen ayant produit un aete d'origine regulier, il etait im-
possible de ne pas lui accorder le permis d'etablissement
qu'elle sollicitait. Ce n'est que lorsqu'elle se mit a exercer le
metier de logeuse que la police fut amenee a proceder a une
enquete et eut connaissance de son casier judiciaire. Ainsi
qu'il resulte de rapports de police, dame Jampen avait com-
mence a louer des chambres ades femmes sans avoir regu
d'autorisation a eet effet, et elle avait ehez elle une jeune
fille qui est devenue la maitresse de son fils, Ernest Rufer.
La Direction de police de Berne a fait savoir au juge deM-
gue qu'aucun jugement n'avait entraine pour dame Jampen
la perte des droits civiques, et que cette perte ne resultait
pas non plus, par l'effet de la loi, de l'une ou l'autre des
condamnations intervenues.
If. Niederlasssung nnd Aufenthalt. N° 67.
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En droit:
10 Le present recours appelle l'interpretation des alineas
2 et 3 de l'art. 45 de la Constitution federale, touchant le
refus et le retrait d'etablissement pour eause de condamna-
tions penales.
Aux termes de ces dispositions, l'etablissement peut, ex-
ceptionnellement, etre refuse a ceux qui, par suite d'un juge-
ment penal, ne jouissent pas de leurs droits civiques (al. 2);
il peut, exceptionnellement, etre retire aces memes per-
sonnes (al. 2) et, de plus, acelIes qui ont ete, a reitere es
fois, punies pour delits graves (al. 3).
20 TI n'ya pas lieu de rechercher si l'expulsion de dame
Jampen constitue un refus ou un retrait d'etablissement: soit
dans l'une, soit dans l'autre hypothese, cette expulsion me-
eonnait les regles de l'art. 45 precite.
30 D'une part, en effet, a la considerer comme refus, elle
viole l'al. 2 de cet article puisque, selon rapport de la Di-
reetion de police de Berne, la recourante n'a subi de de-
cbeance de ses droits civiques a la suite d'aucune de ees
condamnations. Les autoriMs genevoises n'avaient done pas
le droit de refuser l'etablissement a dame Jampen.
40 D'autre part, si on admet que l'arrete du 4 decembre
1895 implique un retrait d'etablissement, il apparait egale-
ment comme contraire a l'art. 45. En effet, outre que la re-
courante jouit de ses droits civiques, elle n'a subi de con-
damnations que dans le canton de Berne. On n'allegue, tout
au moins aucune condamnation encourue dans eelui de Ge-
,
.
neve. Or, d'apres l'interpretation donm'ie par les autontes
federales a la disposition susmentionnee de l'al. 3, il faut,
pour que le retrait soit fonde, que la personne .etablie se
soit rendue coupable d'au moins un delit grave au lieu de son
nouveau domicile et se trouve ainsi en etat de recidive par
suite des condamnations precedemment encourues (voir Sa-
lis, Dt'oit {ederal su,isse, TI, 414). Dame Jampen ne pouvait
donc se voir valablement retirer l'etablissement obtenu.
50 Quant aux faits mis a la charge de la recourante dans
l'office du Departement genevois de justice et police, du
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A. Staatsrechtliche Entscheidungen. L Abschnitt. Bundesverfassung.
8 mars 1896, ils ne sauraient etre pris en consideration. En
effet, ils ne sont pas mentionnes dans la decision du Conseil
d'Etat et, a supposer meme qu'ils soient de nature ä la justi-
fier, Hs ne peuvent etre eriges, apres coup, en motifs de
l'arrete du 4 decembre 1895.
Par ces motifs,
Le Tribunal federal
prononce:
Le recours est declare fonde, et les arretes d'expulsion
des 4 et 27 decembre 1895 so nt annules.
III. Kompetenz des Bundesrates. -
Competence
du Conseil federal.
68. Arret du 10 juin 1896 dans la cause Conseil d'Etat
du canton de Fribourg.
Par son arn~te du 26 femer 1895, le Conseil d'Etat de
Fribourg a fixe les elections pour le renouvellement integral
des membres des conseils communaux de ce canton au di-
manche 5 mai 1895, conformement a 111. loi fribourgeoise sur
les communes et paroisses, du 19 mai 1894.
Le 23 mars 1895, 111. direction de l'Interieur du canton de
Fribourg publia les instructions concernant l'application de
la representation proportionnelle aux elections des conseils
communaux du 5 mai 1895, et les fit remettre aux communes.
En ce qui concerne les formalites a remplir avant l'election,
on y trouve reproduit, au chiffre 1 er, l'art. 20, 1 er alinea, de
l'arrete du Conseil d'Etat du 26 fevrier, portant que les listes
de candidats doivent etre deposees au secretariat, au plus
tard le lundi 29 avril, a 3 heures apres-midi.
Dans la commune de Romont les deux partis ou groupes
d'electeurs presenterent a l'election des listes de neuf can-
didats chacune, intitulees « liste conservatrice » et «liste
IH. Kompetenz des Bundesrates. N° 68.
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independante ». La liste conservatrice fut deposee au seCrE~
tariat communalle lundi 29 avril, ä 2 1/2 henres de l'apres-
midi, tandis que la liste independante le fut le meme jour a
4 heures 10 minutes du soir.
Dans sa seance extraordinaire du 4 mai 1895, le Conseil
communal, vu les art. 48 de la loi sur les communes et 20
de l'arrete du Conseil d'Etat du 26 fevrier 1895, decida par
4 voix contre 3 de considerer la liste independante comme
non valable, parce qu'elle n'avait pas ete deposee en temps
utile, et de ne pas l'afticher. Ensuite de cette decision, le
secretariat communal omit l'afficbage public de cette liste.
Apres le vote, qui eut lieu a Romont le 5 mai 1895, le
bureau electoral declara nuls les suffrages obtenus par les
candidats de la liste independante, et proclama elus les 9
candidats de la liste conservatrice.
Agissant au nom de plusieurs membres du groupe des
electeurs independants de ROlllont, l'avocat E. Bielmann a
Fribonrg recourut, conformement a l'art. 37 de la loi sur les
communes, an Conseil d'Etat du canton de Fribourg contre
les operations electorales de la ville de Romont, concluant a
leur annulation.
Par son arret6 motive du 24 juin 1895, pris sur le vu d'un
rapport du prefet de la Glaue, et communique aux recourants
le 29 dit, le Conseil d'Etat ecarta ce re co urs comme mal
fonde.
Par memoires des 14, 15 et 16 juillet 1895, adresses au
Conseil federal, 217 electeurs de Romont protestent contre
l'entree en fonctions d'un conseil communal compose d'un
seul parti, et dont plusieurs membres ne sont, selon les si-
gnataires des dits memoires, pas regulierement elus. lls de-
mandent que leurs droits politiques soient sauvegardes et
que l'autorite federale ordonne tout au moins de nouvelles
elections, afin de representer les interets de taute la popula
tion.
Par arreM du 7 mars 1896, le Conseil federal a prononce
comme suit:
10 Le recours est declare fonde.