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21_I_671

BGE 21 I 671

Bundesgericht (BGE) · 1895-01-01 · Français CH
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B. Civilrechtspllege .

. assurant un rang preferable a celui des CfI~anciers ordinaires.

Mais tel n'etait pas le cas; au contraire, il y a lieu d'ad-

mettre qu'a tenenr de Ia Iegislation genevoise Ia dite creance

ne beneficiait d'aucnn droit de preference. Non seulement, en

effet, la demanderesse n'a jamais pretendu positivement, en

eours d'instance, a un pareil droit, mais encore, dans son in-

tervention du 11 juillet 1894 pour 944 francs, solde de sa

cn~ance, elle n'a reclame aucun privilege, reconnaissant ainsi

qu'elle devait prendre rang avec les creanciers ordinaires.

L'intention de Surrer de favoriser sa femme au prejudice

de ses autres creanciers etant ainsi etablie, il en est de meme

de la connaissance que dame Surrer a pu et du avoir de cette

intention. Le fait de cette connaissance resuIte non seulement

de sa qualite d'epouse du debitenr, qui la fait deja presumer,

mais encore directement de l'instance en separation de biens

. introduite par elle, ainsi que des motifs donnes par elle a

l'appui.

C'est donc avec raison que Ia Cour de justice a fait appli-

cation de l'article 288 LP., et son jugement doit etre con-

firme.

Par ces motifs,

Le Tribunal federal

prononce:

Le recours est ecarte, et l'arret rendu entre parties par

Ja Cour de justice civile du canton de Geneve le 26 janvier

1895} est maintenu tant au fond qne sur les depens.

Lausanne. -

Imprimerie GBorges Bride! & C;',

A. STAATSRECHTLICHE ENTSCHEIDUNGEN

AIUtETS DE DROH PUßLlC

Erster Abschnitt. -

Premiere seetion.

Bundesverfassung. -

Constitution ferlerale.

I. Doppelbesteuerung. -

Double imposition.

15.

~r. 91, U rteH l)om 18.,3uH 1895 in rsndjen

rscl)melaerifdje molf{lonnr.

II. Niederlassung und Aufenthalt.

Etablissement et sejour.

87. Am?t du 10 juillet 1895 dans la cause Kämpf.

Au mois de mars 1895, Marie Kämpf a adresse un recours

au Tribunal fMeral contre un arrete d'expulsion du Departe-

ment de justice et police du canton de Vaud, des 14 janvier

et 19 fevrier 1895.

Par arret du 18 avril 1895, le Tribunal federal astatue

comme suit:

XXI -

1895

43

672

A. Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung.

Il. Il n'est pas entre en matiere sur le recours au fond et

la re courante est renvoyee a se pourvoir d'abord devant le

Conseil d'Etat de Vaud. »

Ensuite de cet arret, Marie Kämpf a recouru; le 7 mai

1895, au Conseil d'Etat vaudois contre la decision du Depar-

tement de justice et police.

Le 11 mai 1895, elle a ete avisee par la Prefecture du dis-

trict de Vevey que le Conseil d'Etat avait ecarte son rücours

et maintenu l'ordonnance d'expulsion rendue contre elle.

Elle a alors recouru au Tribunal federal contre cette deci-

sion, dont elle demande I'annulation pour les motifs suivants:

L'arrete d'expulsion pris contre elle est fonde sur le motif

qu'eUe aurait, suivant le Departement de justice et police et

le Conseil d'Etat vaudois, ete condamnee a 1'eiterees fois

pour delits g1'aves. 01', dit-elle, elle n'a ete condamnee qu'une

seule fois par le tribunal de police de Lausanne, le 2 juin

1893, a la peine de trois mois de rec!l1sion pour emission de

fausse monnaie. Cette condamnation, pour un delit relative-

ment peu grave, n'est pas une raison suffisante pour Iui re-

tirer l'autorisation de s'etablir dans le canton de Vaud. D'ail-

leurs, ajoute-t-elle, elle n'est pas une recidiviste. 01', comme

le fait observer Salis (Droit (ederal, II, p. 51), c'est la reci-

dive de Ia part du condamne que vise l'art. 45, al. 3 de la

constitution federale. Enfin, dit encore la recourante, elle n'a

pas ete privee de ses droits eiviques par le jugement du

2 juin 1893. L'art. 45, al. 2 de la constitution federale ne

Iui est donc pas davantage applicable que ne l'est l'alinea 3

de cet article. Elle soutient, en consequence, que la decision

du Conseil d'Etat vaudois viole a son egard le droit de libre

etablissement garanti par l'art. 45 de la constitution federale.

Le Conseil d'Etat vaudois, invite a se prononcer sur le re-

cours, s'est borne a exprimer le desir qu'il soit ecarte, p~r

le motif que la re courante aurait ete condamnee deux fOlS

pour delits graves, savoir: le 1 er novembre 18921 par le tri-

bunal de police de Lausanne, pour escroqueries, a einq jours

de reclusion, et le 2 juin 1893, par le meme tribunal, pour

emission de fausse monnaie, a t1'ois mois de reclusion.

H. Niederlassung und Aufenthalt. N0 87.

673

Statttant sur ces {aits et considerant en droit :

1

0 Le recours etant fonde sur une pretendue violation du

droit de Iibre etabliRsement garanti par l'art. 45, const. fed.,

le Tribunal federal est competent pour en connaitre, en vertu

de)'art. 175, 3

0 de l'organisation judiciaire federale.

2

0 Le seul motif invoque par le Departement de justice et

police et le Conseil d'Etat vaudois, poul' justifiel' l'al'rete d'ex-

pulsion pris contre la recoul'ante, consiste dans le fait que

celle-ci a ete condamnee delL'C fois par le tribunal de police

de Lausanne, la premiere fois pour escroqueries a cinq jours

de reclusion et la seconde fois pour emission de fausse mon-

naie a trois mois de la meme peine. Pour que ce motif fUt

suffisant, a tenenr de l'al't. 45, al. 3, constitution federale, il

faudrait que les denx: condamnations prononcees contre la

recourante l'aient ete pOUl' des delits graves. Or, en admettant,

sans entrer ici en discussion a ce sujet, que ron doive consi-

derer comme un delit grave le delit d'emission de fausse mon-

naie dont la femme Kämpf s'est rendue coupable, on ne sau-

rait, en revanche, considerer comme teIle l'escroquerie pour

laquelle elle a ete condamnee le 1 er novembre 1892 a cinq

jours de l'eclusion. Ainsi que le Conseil federal l'a reconnu

dans de nombreux cas, sous l'empire de l'organisation judi-

ciaire federale du 27 juin 1874, qui lui reservait la connais-

sance des recours en cette matiere, la question de savoir si

un delit doit etre envisage comme delit grave dans le sens de

la constitution federale ne doit pas etre appreciee d'apres les

distinctions prevues dans les lois penales. La constitution

federale vise plutOt le delit grave en opposition au deIit leger

et a la simple contravention de police. (Voyez, v. Salis, Droit

(Meml, II, N° 427.) Il ne suffit pas, en particulier, pour qu'un

deUt puisse etre qualifie de grave, qu'il ait ete puni de la re-

clusion et non pas seulement de l'emprisonnement simple ou

de l'amende. Le Conseil federal et l'Assemblee federale se

sont toujours reconnu le droit d'apprecier librement la portee

du delit dans chaque cas particulier (voyez v. Salis, Droit (e-

deral, 11, N° 428). Partant de ces principes, dont le Tribunal

federal n'a aucune raison de s'ecarter, il n'est pas possible

674

A. Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung.

de considerer comme grave un delit d'escroquerie plmi de

cinq j?~rs d~ reclusio? C'est au contraire un delit leger, en

opposItIOn a ce que I art. 45 de Ia constitution federale ap-

pelle delit grave.

Cela etant, il s'ensuit que Ia re courante u'a pas ete con-

damnee ä. reit.erees fo~s .pour deIits graves, mais tout au plus

un,e

se~le fOlS le ~ ~Ulll 1893. Cette coudamuation unique,

meme SI on Ia consldere comme grave, ue saurait justifier le

retrait du droit d'etablissemeut, et c'est des lors avec raisou

gue Ia recourante a vu, dans l'arrMe d'expulsion pris contre

elle, uue violation de l'art. 45 de Ia coustitution federale.

Par ces motifs,

Le Tribunal federal

pronouce:

Le recours est admis et l'arrete d'expulsion du territoire

vauclo.is ~ris a l'egard de Marie Kämpf uee Borcard par le

conseIl d Etat du canton de Vaud, le 10 mai 1895, est declare

uul et de uuI effet.

III. Kultusfreiheit. -

Liberte du culte.

88. Urteil l.'l)ln 10. ~uli 1895

in C5aeften

römifeft~htljolifefte @enoffel1feftaft SJJeöljltn

unh ~rottmann gegen m.argau. *)

L :tJureft)Sefeft1u13 bom 16. S)(:obemoer 1894

~at bel' megte~

rung~f(l~ _ be~

jf~l1ton~ m.argau entfeftieben, baä bie @dftHeften

bel' tomtleft~fat~oItfeften unb eftrift fatI)oHfeften fogenanl1ten

fteien

@enot~~n!~a.ften'l I)infiefttlieft bel' wiffenfeftaftHeften m.u~Weife unb

~aI)fTilI)tgfe!t~borau~re~ungen gfeieft ou I)aHen feien wie bie @eifU

~teften bel'

stl:~gemetnben. I}(uf @runb

biefe~ (am 17. g(eieften

~onat~ ~ub(.töterten)Sefeftlufte~ forberte bann bie aargauifefte ~t~

31el)ung~btreftton unterm 22. ~eoruar 1895 ben

~eutigen me~

*) Dieser Entscheid wird nur in den Erwägungen hier wiedergegeben.

III. Kultusfreiheit. No 88.

turrenten ~. ~tottmann a{~ ~filrrer ber freien römifeft~fat~onfeften

@enoifenfd)aft auf, lieft au ben borgefeftriebenen ~rüfungen 3u

ftellen. @egen bie erwüf)nten 3wei fantonaten merfügungen rieftten

fieft bie ljier in ~rage fommenben mefur~eil1gaoen. ~noefj tft bie

erfte berfe'(6en aut 21. m:prU 1895, bie 3weite erft atn 7. sJJ,at

bel' eibgenöffifeften 130ft übergeben l1.lorben; tnfOll.1eit fief) allo bie~

feHlen gegen ben mcgietUng~beieft(ui3 \.lom 16./17. SJeo\.lemoer 1894

wenben unb auf muff)ebung be~feroen aoftellen, finb fte offenoar

berf:pätet unb fann baraur nieftt eingetreten merben. :tJagegen tft

nad)

ftänbigetbunbe~reeftmefter 13tati~, wenn aueft bel' lRefur~

gegen eine m.norbnung genereller ~)(atur \.lerj:pätet tft, berfelve boeft

gegen ein~elne m.nmenbungen bel' betreffenben m.norbnung tnnert

bel' 601ägigen ~rtft~/'noeft 3ufantg. In casu Hegt nult etne ein~

ae1ne m.nwenbung

be~ ~(egierung~6efeft(uffe~ \.lOllt 16./17. illo~

lJember 1894 bor ~ tn bel' ~at tft bie m.ufforberung bom 22.

~eoruar 1895 auf @runb

be~)SefeftIuife~ bom 16. S)(:obem6er

1894 ergangen. ?menn alfo innert 60 ~agen feit bem 22. ~ebruar

1895 gegen bie genannte m.ufforberung mefur~ erWht wotben

tft, fo tft betfel6e

(tI~ 3u1aHig 3u 6etrad)ten. i,l1un l)at bie;)1e~

fumnt] eftaft, wte oemerft, 6dm ?Bunbe~gerteftt ~wei ~ingaoen ein~

gereieftt; bte erfte betfeIben wurbe am 21. \!{~ri(1895, alfo biefe

(nur biefe) tnnert bcr mefur~ftift auf bie 'l3oft gege6en. 3wilr

wirb

tefur~6ef(agterfeit~ ange6raeftt, bau biefe eifte ~ingabe nur

eine mefur~anme{bung, nteftt aber einen meeurß barj'telle, unb ba~

l)er bie DMur~ftift nieftt gel1.Jil9rt \1.10rben fet; erft bie ~weite ~in~

gabe rönne al$

reeftt~förmfiefter lRefur~ 6etraefttet werben. 3nbe~

finb biefe m.u~ftellungen unoegriinbet. :tJenn bie erfte

~ingabe

ent9äIt ba~iJtefur~6egel)ren unb eine ?Segrünbung be~feI6en; biefe

1ft nUll 3war fd)r lummarifeft gel)aIten unb l)at bilI)er bel' ~n­

fttuftion~rieftter mit iReeftt bie mefurrentfeftaft au einer meI)r ein~

Hii3Iteften ~rörtetung i9re~ C5tanb~unfte~ aufgeforbert i inbea er~

folgte biefe m.ufforberung einotg im ~ntereffe einer aUjeitigcn er~

feftö~fenben)Srl)anbfttng bel' ®aefte unb foUte bamit in feiner

?meife gefagt werben, baB bie ~aHung ber erften ~ingabe ü6er~

I)au~t nteftt genüge, um leIbe al~ mefur~ au quaIifiatmn• S)(:acf)

bem @efagten ift anaunel)men, baB gegen bie er5tel)ung~rätHefte

m.ufforberung bOut 22. ~eoruat 1895 tel~t3eitig an~er tefuniert