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20_I_413

BGE 20 I 413

Bundesgericht (BGE) · 1894-01-01 · Français CH
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412

C. Civilreehtspfiege.

aUf ®runb ber ?8eftimmungen

biefe~ re~tem fiiUen. iffienn nun

ber lUJ.wberricf)ter in biejer iffieife i.lorging, 10 ift l)ier(tlI~ nidjt

erfidjtIidj, baB er bie \Jon il)m augerufel1en -'8efttmmungen bC5

eibgenoffifdjeu

D6ngationenredjte~ a!~ eibgenoiiifdje;3 1Recf)t unb

nidjt i.lie[mel)l', auf ®runb ber citterien lUorfdjrift ber 3iirdjerifdjen

~ii.li!vro3eaorbnung, ag \)Orau;3gefe~ten Sl1l)a1t

be~ mat;geoenben

au;3(anbifdjen 1Red)te5 3ur

~{ml.lenbul1g georacl)t l)aoe. ~i3 mug

l)ier baJ;Ctttf l)ingemiefen merben, baj3, u>ie ba;3 -'8unbe;3geridjt

mel)rfad) aui3gefvrodjen 9at,):lie Jtomvetena be§l

-'8unbe~gertcl)lei3

nidjt barauf gegrfmbet luerben fann, baB bie lUorinftanaen lUor~

fcf)rtften

be~ eibgenoffifcf)en 1Redjtei3 oei bem tantoua!eu

~Redjt

untemorfenen 1Jtedjti3\lerl)iiftniffen angeu>enbet

l)a6en~ fiir meIdje

fratt ber fcmtona{en ®eic§ge6ung cibgenofjifcf)e ®efe~ei3oefttmmun~

gen gcHeu foUen, inbem bie 910rmen be§l eibgenofiifdjen 1Redjtei3

in il)rer

~nu>enbung aUf bem rantona!en 1Jted)t unterftel)clIbe

1Red)t~i.ler9aUniffe nid)t Emft 6unbe§lgefe~Hd)er fonbem fraft fQn~

tona!gefe~Ud)cr %torbnung, nid)t ct!;3

1Red)t;3fa~e bc;3 eibgenoffi~

fd)en, fonbern be;3 rantona!en 1Red)tei3 ge(ten 0. ~mtltd)e eamm~

lung ber Xmnbe;3gerid)tfidjm &ntfdjeibungen XVI, Ei. 168 &ru>. 2,

Ei. 805 ~riu. 2). ~6enfo miifien im i.lorHegenben ~arre bie llon

ber morinftan~ angemenbeten ~(ornten be;3 eibgenoffifd)en Do1iga~

tionenred)tei3 nid)t al;3 1Red)t~iii~e be:8 etbgenofiifd)en, fonb'ern be~

mQBgeoenben aU;31iinbifd)en t"l1ed)te;3 aufgefaBt werben; ei3 fann

ba~er mit ®runb nicl)t geiagt merben, oaf) bie ~ntfd)eibung ber

lUorinftana aUf ber ~nmenbung eibgenoffifcf)en lRed)tei3 oeruge unb

tft fomit feine ber in ~d. 56 be;3 -'8unbei3gefe~e~ wer oie Dr~

gauifation bel' -'8unbc;3recl)t;3vf1ege entl)altenen

lUctQu;3fe~ungen

ber ounbe~geridjtHcf)en Jtomllctcn3 f1cge6en.

:tlemnad) 1)at ba~ -'8unbei3gerid)t

edannt:

~uf bie iffieiteraiel)lmg ber -'8ef(agten \l.lirb megen,Jnfomveten~

be~ -'8unbc;3geridjte;3 nidjt eingetreten unb ei3 l)at bemnadj in aUen

~et{en oet bem UrtcH bel' ~'P:peUationi3fammer be;3 Doergerid)te~

bei3 $tanton;3 .3iirid) llom 7. ~ult 1894 fein -'8cu>enben.

IV. Huftpfiicht del' Eisenbahnen bei Totltungen untl Verictzungen. 1\"°79. 413

IV. Haftpflicht

der Eisenbahn- und Dampfschift'unternehmungen

bei Todtungen und Verletzungen.

Responsabilite des entreprises de chemins de fer

et de bateaux it vapeur

en cas d'accident entrainant mort d'homme

ou lesions corporelles.

79. ATret d~t 9 "Wai 1894 dans la cause Muller

contre Jnra-Simplon.

Jacob Muller, (l'Oberhofen (Berne), mari de la demande-

resse, est entre au service de Ia Compagnie Jura-SimpIon, Ie

10 Octobre 1890, comme manmuvre au depot de locomotives

de Neuchatel; il etait charge du soin de nettoyer et de videI'

Ie cendrier des locomotiveset il etait paye a raison de 3 fro

25 C. par jour.

Le 19 Aout 1892 a 9 heUl'es 45 minutes du matin, un acci-

dent lui sunint dans les circonstances suivantes :

Un train venait d'arriver de Bienne a 9 h. 23, et la machine

de ce train devait continuer son service en repartant avec un

autre train pour les Verrieres a 10 heures du maUn. Pendant

cet intervalle, cette machine fut conduite par son mecanicien

Gustave Borel sur la voie de la plaque, cote est, Oil elle sta-

tionna pour Ie chargement de son tender.

Pendant que ce chargement s'operait, 11uller se glissa SOlIS

la machine pour en videI' et nettoyer Ie cendrier. n etait

encore occupe a ce travail, lorsque Ie mecanicien Borel, qui

ignorait sa presence sous la machine, donna, des que Ie char-

gement fut complet, un coup de sifflet pour ann onceI' Ie depart

de sa machine. En entendant ce signal, Muller voulut sortir

de dessous la machine, mais il etait trop tard; la machine

etait en mouvement et Muller fut pris sous une des roues du

tender. Sa mort fut instantanee.

414

C. Ciyilrechtsplleg".

C'est a la suite de cet accident que la veuve de la victime,

Barbara Muller nee Kohli reclama de la Compagnie, Ie 20 Jan-

vier 1893. -

en son nom et en celui de ses deux enfants.

Louise-M~rguerite Muller, nee Ie jonr meme de l'accident, et

Rosine-Emma Kohli, u:;e fille nature lIe qn'cllc ~1.Vait eue avant

son mariage et que Ie defunt soignait, -

nne indemnite de

25000 francs et une rente de 300 francs par enfant jusqu'a ce

que chacune d'eHes eut atteint rage de 18 ans. Dans sa

clemande du 27 Septembre 1893, la veuve Kohli reduisit ces

conclusions a la somme de 20 000 francs, avec interet a 5 %

des l'ouverture de l'action. La Compagnie conteste rien devoir,

en alIeguant la propre faute de la victime, attendu que l'ope-

ration du nettoyage du cendrier ne devait pas etre entreprise

avant que l'employe en ait prealablement, sinon re~u l'ordre

du mecanicien, au moins prevenu celui-ci; or Muller n'a re'lu

du mecanicien aucun ordre, et ne l'a pas prevenu.

Le 6 Decembre 1893 la cause vint devant Ie tribunal can-

tonal de Neuchatel, lequel a fait les constatations de fait ci-

apres:

Le mecanicien Borel a declare que sa machine, qui avait

ete nettoyee la veille, et qui n'avait parcouru depuis ce mo-

ment que Ie court trajet de Neucbatel a Bienne et retour, ne

devait pas etre nettoyee Ie lendemain matin, et comme c'est

Muller lui-meme qui avait fait Ie nettoyage la veille, Borel

croit que Muller s'est trompe de machine et croyait en net-

toyer une autre. Borel a ajoute que l'on ne doit pas aIler sous

une machine sans en avertir Ie mecanicien. D'autres employes

ont explique que les locomotives qui n'ont pas ete videes 1~

veille, doivent l'etre par les employes sans qu'ils aient a

attendre pour cela dE'S ordres speciaux; que quand les ma-

chines doivent repartir tont de suite, on n'a pas trop de temps

pour les nettoyer, et que Muller n'avait pas meme eu 1.0

minutes a cet efi'et; que]e mecanicien qui fait approvisionner

sa machine d'eau et de charbon sait bien que l'on profite d~

ce moment pour en nettoyer Ie cendrier, sauf pour ce ~~l

concerne les machines nettoyees la veHle; que Muller VISl-

tait toujours une machine pour voir si eUe avait besoin cl'etre

IV. Haftptlicht der Eisenbahnen bei Tiidtungen und Verletzungen. N° 79.

415

llettoyee, et que Fun des employes a dit qU'a ce train on vidait

toujours Ie cendrier.

Le tribunal cantonal constate en outre qu'a la gare de Neu-

chatel, comme dans d'autres gares, il existe des fosses des-

iinees au vidage et au nettoyage du cendrier des locomotives,

€t sur lesquelles les machines Bont amenees, de maniene a

permettre aux employes charges de ce travail, de l'executer

sans aucun danger; mais que l'usage s'etait introduit a Neu-

chatel de ne plus utiliseI' ces fosses; que les employesn'avaient

meme jamais rec.;u l'ordre de les utiliseI'; que si la machine

se trouvait sur une fosse, on utilisait sans doute celle-ci pour

videI' Ie cendrier, sinon on Ie vidait ou la machine se trollvait,

sans avoir regu d'ordres du mecanicien; que lorsqu'une ma-

chine arrivait au depot pour s'y approvisionner, on nettoyait

en meme temps Ie cendrier sans la placer sur la fosse, surtout

.quand les machines devaient repartir tout de suite.

C'est en se fondant sur ces constatations de fait que Ie tri-

bunal cantonal a admis que Muller a ete atteint par la roue

du tender et ecrase, en accomplissant un travail qui rentrait

dans ses attributions, et qu'il executait dans les conditions ou

ce travail etait tolere, c'est-a-dire sans faute de sa part; qu'il

agissait ce jour la comme il avait l'habitude de Ie faire, et

executait son travail conscienciensement, en bon travailleur et

€mploye honnete et exact qu'il etait, seion les declarations

unanimes des temoins.

Le tribunal a en revanche admis l'existence d'une negligence

et faute grave de la part de la Compagnie, en ce sens qu'elle

avait laisse tomber en desuetude l'usage des fosses, destinees

precisement a soustraire a tout danger les employes charges

de videI' les cendriers; Ie jugement ajoute qu'il y a relation

directe de cause a eflet entre l'habitude dangereuse, fatalement

prise, de ne plus utiliser les fosses, et l'accident survenu a

Muller, et que la Compagnie a si bien compris Ia faute qu'elle

avait commise, que Ie lendemain de la mort de Muller, elle a

donne l'ordre a ses employes de videI' a l'avenir les cendriers

sur les fosses.

Par ces motifs Ie tribunal cantonal a condamne la Compa-

xx -

1894

27

416

C. UVllreehtspflege.

!!1lil' Jura·Simplon a payer a la demanderesse et a ses deux:

:nfants la somme capitale de 12500 francs, avec interet a

5 G! des le jour de l'introduction de la demande, a savoir

H 920 francs a titre d'indemnite po ur le prejudice pecuniaire.

demontre et 680 francs, ensuite de la negligence grave de la

Compaunie en application de l'art. 7 de la loi federale snr

la resp~ns;bilite des chemins de fer, du let Juillet 1875.

C'est contre ce jugement, depose le i 7 Mars 1894, que la

Compagnie a recouru en temps utile au Trib~m~l federal, con-

cluant a ce qu'il lui plaise reformer le dlt Jugement : a)

principalement, en adoptant les conclusi?ns lib~ratoire~ dl' la

reponse et b) snbsidiairement, en redmsant, a connalssance

de justice, l'indemnite allouee a la demancler~sse"

.

La demanderesse a recouru egalement an trIbunal de ceans,.

par voie d'adhesion, et conclu au maintien de l'indemnite de

H 920 francs, et a l'augmentation notable de celle de 580

francs a elle allouees par le jugement cantonal. La dite deman-

deresse a obtenu le benefice du pauvre.

Dans lems plaidoiries de ce jour, le Conseil cle la Compa-

gnie a repris ses conclusionsliberatoires, et l'avocat. Jaccot~e~,

au nom de la demanderesse, a repris les concIuslOns ongl-

naires de sa demande en 20 000 francs cle dommages-interets.

Slatuant snr ces [aits et considerant en droit:

1 () TI est, tout d'abord, incontestable que l'accident se trouve

dans un rapport direct de cause a effet avec le mouvemellt

imprime a une locomotive, et qu'il est des 10rs survenu dans

l'exploitation.

20 La Compagnie a resiste a la demande ue la veuve Muller

en pn~tendant que le defunt avait ete lui-meme la cause de

l'accident ce qui a pour eflet cle liberer la defenderesse d~

toute res~onsabilite, aux termes de l'art. 2 in fine de,la 101

federale sur la responsabilite des entreprises de chemlllS de

fer, du l ec Juillet 1875.

Pour justifier cette exception, la Compagnie estime enpre-

miere ligne que Muller n'aurait du proceder au nettoyage, dn

cendrier de la locomotive que sur un ordre expres du mec~­

nicien, attendu que ce nettoyage avait deja eu lieu 1e SOli

IV. Haftpflicht der Eisenbahnen bei Tödtungen und Verletzungen, N° 79.

417

precedent. Bien que le jugement cantonal 11e le constate pas

d'une maniEll"e expresse, il y a lieu d'admettre, vu les temoi-

gnages intervenus, et en application de l'art. 82 de la nouvelle

loi sur l'organisation judiciaire federale, que le nettoyage de la

machine en question avait ete pratique la veille de l'accident.

TI parait resulter egalement des temoignages entendus, qu'en

pareil cas l'employe prepose ä. ce travail, s'il voulait proceder

a un nouveau nettoyage le lendemain, demandait, clans la regle,

au mecanicien si c'etait necessaire. Cependant i1 ne ressort

pas de l'audition des ternoins cites sur ce point special, la

preuve, a satisfaction de droit, que MuHer ait eu l'obligation

stricte d'adresser cette question au conducteur de la 10como-

tive. La Compagnie n'a pas pretendu qu'il existät aucune

prescription reglementaire sur ce point, et le mecanicien

Borel l1'a pas declare, dans sa premiere audition officielle,

qu'il y ait eu a eet egard un usage general et obligatoire; il

s'est borne, en effet, a dire que « d'habitude les nettoyeurs

charges de cette besogne demandent au mßcanicien si le cen-

drier a besoin d'etre video »

TI ne saurait donc etre question, de ce premier chef, de Ia

meconnaissance d'un devoil' impose a la victime, ni, par con-

se quellt., d'une faute speciale de sa part, cela d'autant moins

que le mecanicien Borel a declare ne pouvoir s'expliquer l'acte

de MuHer, employe conseiencieux et actif, autrement que par

l'eITeur qu'il aurait cOlnmise en croyant que la loeomotive en

question n'avait pas ete deja nettoyee Ia veille, ou en pensant

nettoyer une autre Iocomotive.

A supposer meme que MuHer, dans sa grande hate, ait

reellement commis une pareilIe confusion, cette erreur ne

saurait lui etre imputee a faute, attendu qu'il agissait en toute

bonne foi et. dans l'inieret bien entendu du service.

La Compagnie a cherche 11, demontrer, en second lien,

l'existence de Ia propre faute de MuHer en soutenant qu'il

n'aurait du sous aucun pretexte se glisser sous la locomotive

sans en avertir le mecanicien.

Ainsi qu'il a deja ete dit, il n'a pas ete davantage invoque,

sur ce point, par la defenderesse, de disposition reglementaire

418

C. Cidlrechtspflegc.

faisant un devoir aux employes preposes au nettoyage des

cendriers, d'avertir le mecanicien chaque fois qu'ils veuleut

se livrer a leur travail. La seule question a resoudre est done

eelle de savoir si, par des eonsiderations d'ordre general il y

a lieu d'assimiler l'om.ission de eet avertissement a une negli-

genee ou a une faute.

A eet egard il faut remarquer que les ternoins entendus se

contredisent sur le pointde savoir si l'emp1oye auquel incombe

1e travail de nettoyage dont il s'agit est tenu d'avertir le me-

canieien, avant de s'introduire sous 1a locomotive arretee.

Il ressort toutefois de l'ensemble des dits temoignages que,

lorsque la locomotive n'avait pas deja ete nettoyee le soir

preeedent, il etait toujours d'usage, a la gare de NeuehateI,

de pro ce der a ce travail sans avertir le mecanieien, penclant

le stationnement que la machine faisait pour charger de l'eau

et du charbon, avant de repartir avec un train prochain. A

supposer meme que "Muller ait, de ce chef, commis une impru-

dence, celle-ci trouve son excuse dans 1a bäte avec laquelle

cet employe devait, pendant le temps tres court aSi5igne au

chargement de charbon, s'acquitter d'un travail considere

comme indispensable.

30 En revanche il a ete impllte a faute a la Compagnie

d'avoir laisse s'introduire, contrairement ades prescriptions

existantes, l'habitude de vider les cendriers sans utiliser a cet

effet les fosses disposees a Ia gare de N ellcMtel, et dont

l'usage exclut toute possibilite d'accident.

Sur ce point le jugement eantonal a constate qu'en effet la

Compagnie avait tolere le nettoyage de la machine, non seu-

lement sur les fosses construites dans ce but, mais partout

ailleurs sur les rails, et notamment sur la voie de la plaque

tournante, pendant que la machine stationnait pour s'approvi~

sionner d'eau ou de eharbon; cette constatation concorde

d'ailleurs entierement avec les temoignages entendus sur ce

point special. Ür, si l'on retient que le nettoyage des machines

sur les fosses a ce destinees aurait eu pour effllt de faire dis-

paraitre tout periI, il y a lieu d'admettre que la Compagnie,

an tolerant une infraction a une me sure de precaution qu'elle

avait elle-meme introduite, et en laissant se substituer une

IV. Haftpflicht der Eisenbahnen bei Tödlungen und Verlelzungen. N° 79.

419

pratique eminemment perilIeuse a un mode de nettoyage

exempt de tout danger, a commis une faute; elle l'a d'ailleurs

elle-meme implicitement reconnu en donnant l'ordre expres}

apres l'accident, d'utiliser a I'avenir les fosses pour le net-

toyage, soit vidage des cendriers.

Contrairement toutefois a l'appreciation du tribunal can-

tonal, cette faute n'apparait pas comme grave dans le sens

de ~a loi, attendu que pour meriter cette qualification, il fau-

dralt que la negligenee de la Compagn.ie eut ete te11e que toute

personne, meme douee d'une prudence seulement ordinaire

eut du considerer le danger comme imminent. Or tel n'est

pas le eas dans l'espece et le tribunal de ceans ne l'a d'ail-

leurs jamais admis lorsqu'il s'agissait d'abus qui s'etaient

introduits ensuite d'une tolerance de fait.

Il suit de tout ce qui precede que la Compagnie doit etre

dec1aree responsable, conformement au principe general pro-

clame a l'art. 2 de la loi du 1 er Juillet 1875 precitee, pour 18

dommage survenu a Ia partie demanderesse ensuite de la

mort du sieur J. Muller.

4

0 En ce qui a trai~ a la fixation du montant de l'iudemn.ite,

il y a lieu, eontrairement au jugement cantonal, de mettre a

Ia base de son calcuI, non point Page de la victime (32 ans),

mais celui de Ia dame MuHer, de 34 ans au moment de l'ac-

cident, puisque la somme a allouer a titre d'indemnite a cette

derniere depend de sa Yie probable, c'est-a-dire du temps

pendant lequel eHe aurait ete entretenue par son mali. En

outre les facteurs admis en ligne de compte par le jugement

du tribunal eantonal doivent etre rectiiies encore a un double

point de vue; d'une part 1e nombre de jours de travail amme}

flue fournissait la victime ne peut etre taxe a 365, puisque

tout employe de chemin de fer jouit d'un certain nombre (le

jours de repos, mais qu'i1 doit etre reduit a 320, chiffre arImis

par la Compagnie.

D'autre part, il y a lieu de faire abstraction. dans la deter-

mination du chiffre rIe l'indemnite, de l'entreÜen de l'enfant

que la dame Muller avait eu avant son mariage; bien que 1e

defunt se soit charge volontairement cle I'entretien de cette

enfant, il ne l'a jamais reconnue comme nee de ses ceuvres,

420

C, Civilrechtspflege.

et par consequent cet entretien n'etait pas, en I'absence de

toute disposition de la 10i neuchateloise dans ce sens, « a la

charge de la personne tuee » dans Ie sens de la loi de 1875.

Si Ie texte fran~ais de l'art. 5, aI. 2 peut laisser sub sister

quelque doute a ce sujet, toute ambiguite disparait en presence

du texte allemand (Ie la melle disposition, lequel ne met au

benefice de l'indemnite que les personnes a l'entretien des-

queUes la victime etait obligee (verpfiichtet) et ce dans la

mesure ou cet entretien leur a ete enleve par suite de la

mort du defunt.

50 En tenant compte des divers facteurs a prendr~ en con-

sideration pour la fixation de l'indemnite a allouer ala deman-

deresse et a sa filIe legitime, tels que l'age de la dame Muller,

Ie salaire de la victime et Ie nombre de jours de travail annuel

que J. Muller fournissait, la portion de son gain total qu'il

pouvait consacrer a sa famille, et evaluee par Ie tribunal can-

tonal a 2 francs par jour de travail; si l'on (leduit du resultat

une somme correspondante a l'avantage retire par les deman-

deresses du fait qu'il leur est accorde un capital, payable

immediatement, et non une rente) un montant total de 9000

francs, dont 7500 francs pour la veuve Muller, et 1500 francs

pour sa fiUe Louise-Marguerite :Nluller, apparait comme un

juste equivalent du dommage par elles souffert.

Par ces motifs,

Le Tribunal federal

prononce:

10 Le recours de la Compagnie Jura-Simplon e.st ecarte, en

ce qui concerne les conclusions principales.

20 Les conclusions subsidiaires de la dite Compagnie sont

partiellement admises, en ce sens que la somme a payer par

elle a la partie demanderesse est reduite a 9000 francs, soit

7500 francs pour la veuve, et 1500 francs pour l'enfant Muller,

avec interet au 5 % des Ie jour de l'introduction de Ia de-

maude.

3° Les parties sont deboutees de toutes autres ou plus

amples conclusions.

'IV. HaftpllichL der Eisenbahnen hoi Tiidtllngen lind Verletzungen. No 80.

421

80. UrteH ~l)m 7.,Juni 1894 in 0aef}en 0tnmmoaef}

gegen 0ef}meta erifef}e (£enttQfOal)n.

A. vuref) UrteH ~om 29. ill,aq 1894 l)ai bul3 Doergerief}t

~el3 stuntonl3 0o{oHjllrll erfannt:

L vie iBetrugte ift gel)aUen, bem stlager au te3Ul)Ien:

a. eine 0ef}abenerfa~fumme ~on 4500 ~r.;

b. ben rMft&nbigen 5tag(ol)u, 90~r. 28 ~tl3.;

c. 3inl3 ~on biefcn oeiben iSetr&gen a 5 % feit 8.,Januar 1893.

2. vie s:j3r03el3foften erliegen aut ber iBef(agten u. f. m.

B. @egen biefei3 UrtcH erf(arte bie iBetragte bie iBerufung an

bal3 iBunbei3gerief}t, inocm fie liemltragte, ei3 fei bie stlage ci63U~

meifen, e~entueU hie 'Oom Doergerief}t gcfvroef}ene

~ntfef}abigung

-au rebu3ieren.

vet .sWiger fef}lof3 fief} 'oarauf ber iBerufung an unb fteUte ben

2intrag, ei3 fei in 2ioiinbernng bei3 ooergerief}tUef}cn Urteifi3 il)m

·bfe gan3e stlagl3fumme ~on fm iBetrage 12,000 ~r. neojt 3ini3

a 5 Ufo feit 17. I!luguft 1892 fib:

~erminberte @rmctMfal)igfeit

nnb 134 ~r. 20 (,£ti3. £ol)n ~om 17. I!luguft 1892 oii3 8.,Ja~

nunr 1893 3u3ufvreef}en. 3ug(eief) fuef}tc er um bai3 I!ltmenred)t

nadj, me(djei3 tl)m, unter iBefteUung feinei3 oii3l)erigen 2inmnftel3,

fitr ben iSorftnub ~or iBunbel3gerief}t oettliUigt ttlurbe.

vai3 iBunbei3gericf)t aiel)t in @tmiigu n 9;

1.,Jol)nnn 0tammoaef}, geo. 1866, ttlar oet ber 0ef}meiaerijef}en

~entra(onl)n als3 0irecfenmarter nl1geftent unb l)atte a(l3 fo(djer (aut

ber in feinet jUage geHenb gemaef}ten @ingaoe eincn tiigUef}cn mer~

bienft ~on 3 ~r. 40

(,£t~. 'lrm 17. ~ruguft 1892 acenb£! foUte er

bel)ufl3 stontroUe bie 0trecfe 0ef}onenmerb~9(eu~viinifon mit ber

vriifine oefal)ren. 3u biejem iBeQufe ful)r Ct uorjef}rift~gemiifj um

'9 Ul)r 2 illlinuten ~on bet 0tation 0ef}onenttlerb ao uub (angte um

:9 UQr 15 >mhmtel1 in viinifon an, 'Oon mo er oi~ aum @nb;

puuft feincr vienfttour, 9(eu~viinifon, 1430 >meter 3urucf3u(egcn

~attc. DottloQ(nUll cmetfannterma13cu cine miertelftunoe baau

{jeuugt l)iitte, murbe er, 1.000 >meter '0011 ber 0tation viinifon

-entfernt, um 9 Ul)r 51 >minuten

~on bem mit 16 >minuten

~etfviitung ~on I!larau fommenben 3age 9(t. 528 iioerfal)ten