Volltext (verifizierbarer Originaltext)
Réf. : CCC.2002.92
A.Le 23 avril 2002, lavocat X. a requis, en son nom propre (pour un arriéré dhonoraires) et au nom des héritiers de J.S. (sur la base daccords transactionnels passés en 1998 et 1999), le séquestre du compte bancaire [...], détenu par C.S. auprès de la Banque Z. à La Chaux-de-Fonds, à concurrence de 4'920.30 francs plus intérêts à 5 % dès le 23 octobre 2000, dans le premier cas, et de 75'972.20 francs plus intérêts dès le 8 décembre 1998, dans le second cas.
Les séquestres précités ont été ordonnés le 24 avril 2002 par le président du Tribunal civil du district de La Chaux-de-Fonds, qui a retenu le cas de séquestre de larticle 271 al.1 ch.4 LP.
B.Par fax daté du 2 mai 2002, C.S. a déclaré faire opposition totale aux deux ordonnances de séquestre du 24 avril 2002.
Statuant, après paiement de lavance de frais requise et dépôt dobservations écrites des parties séquestrantes, le juge a rejeté, dans la mesure où elle était recevable, lopposition susmentionnée. Il a retenu, dune part, quune opposition ne pouvait être formée valablement par télécopieur et considéré, au demeurant, que lopposant ne contestait pas, de manière spécifique et compréhensible, la réalisation des conditions de séquestre (vraisemblance des créances invoquées, dune part; existence dun cas de séquestre, soit labsence de domicile en Suisse, dautre part).
Les ordonnances du 3 juillet 2002 ont été notifiées, avec accusé de réception, le 10 juillet 2002.
C.Par lettre datée et postée le 31 juillet 2002, C.S. adresse au président du Tribunal civil du district de La Chaux-de-Fonds deux documents (un jugement du 18 novembre 1999 de la Commission cantonale de recours du canton de Genève, en matière dassurances sociales, ainsi quun courrier du recourant à ladresse de cette commission, du 22 octobre 1997). Il ajoute que «les séquestres de Me X. ne riment à rien et je lui demande de les retirer ».
Le premier juge a transmis le courrier précité à la Cour de cassation civile, dans lhypothèse où elle y verrait un recours en cassation. Appelé à verser une avance des frais de recours, C.S. sest exécuté le 2 octobre 2002.
D.Dans ses observations du 26 août 2002, Me X. doute de la recevabilité du recours et conclut à son rejet en toute hypothèse.
C O N S I D E R A N T
en droit
1.Rendues en procédure sommaire (art.20 litt.a LELP), les ordonnances sur opposition à séquestre sont susceptibles de recours en cassation (art.414 CPC).
Vu la suspension des délais de recours pendant les vacances judiciaires, du 15 juillet au 15 août (art.118 litt.b CPC), le recours de C.S. qui a implicitement confirmé son intention de recourir en payant lavance de frais requise est intervenu en temps utile.
2.Pour être recevable, le recours en cassation doit comporter lindication claire de lun au moins des motifs (erreur de droit, constatation arbitraire des faits ou abus de pouvoir, violation des règles de procédure, v. art.415 CPC) justifiant, aux yeux du recourant, lannulation de la décision entreprise (v.Bohnet, Code de procédure civile neuchâtelois commenté, N.8 ad art.415 et les références citées).
En lespèce, le seul grief véritablement compréhensible tient dans le fait que, de lavis du recourant, les séquestres ordonnés «ne riment à rien », cest-à-dire quils seraient inutiles ou impropres à atteindre leur but. Sur le premier point, il saute aux yeux que les requérants, qui saffirment créanciers de C.S. pour plusieurs dizaines de milliers de francs, au total, depuis plusieurs années, ont un intérêt à faire saisir déventuels biens de leur débiteur en Suisse. Quant au succès desdits séquestres, il na pas à être apprécié au moment de leur prononcé et il suffit de constater, à ce stade, que la mesure requise nest pas purement exploratoire, mais porte sur un bien clairement désigné.
3.Ainsi, dans la faible mesure où le recours apparaît recevable, il doit être rejeté, aux frais du recourant. Celui-ci sera également condamné au paiement dune indemnité de dépens aux intimés, dans la seconde affaire, pour les quelques observations de leur mandataire.
Par ces motifs,LA COUR DE CASSATION CIVILE
1.Rejette le recours dans la mesure où il est recevable.
2.Condamne le recourant aux frais de justice, quil a avancés par 310 francs.
3.Condamne le recourant à verser aux intimés une indemnité de dépens de 300 francs.