Volltext (verifizierbarer Originaltext)
A.Par jugement du 14 mai 2001, la succession de feue M.S. a été partagée entre ses trois héritiers, dont E.S., à qui le jugement a été notifié le 21 mai 2001.
B.Alors que le délai de recours courait encore, E.S. a sollicité une prolongation du délai de recours par lettre du 7 juin 2001 adressée au Tribunal de jugement. Invoquant des problèmes de santé, certificat médical à lappui, ainsi quun alitement prolongé, et précisant quelle nétait pas encore rétablie, elle demandait à pouvoir déposer un mémoire dans un délai échéant au 14 juillet 2001.
Par courrier du 8 juin 2001, le président du Tribunal civil du district de Neuchâtel a informé E.S. que les délais fixés par la loi ne pouvaient être prolongés par le juge, que le délai de recours expirerait le 11 juin à minuit, et que si elle ne pouvait observer ce délai, elle avait la possibilité den demander la restitution à certaines conditions, rappelées par le juge.
C.Après échéance du délai de recours, E.S. en a une nouvelle fois sollicité la prolongation, par courrier du 20 juin 2001. Elle a joint à son courrier une copie de certificat médical faisant état dune incapacité totale jusquau 24 juin 2001, et dune reprise de lactivité dès le 25 juin.
D.Dans ses observations, le président du Tribunal civil du district de Neuchâtel laisse à la Cour de céans le soin de déterminer si la lettre du 7 juin 2001 est une demande de restitution, et précise quà la demande du représentant de la succession, il a dores et déjà déclaré le jugement de partage définitif et exécutoire. Sans se prononcer sur le courrier du 20 juin 2001 qui lui avait été transmis pour observations, D.D., soeur de E.S. conclut au rejet du recours interjeté le 7 juin 2001, dans la mesure où ce courrier peut être considéré comme un recours en cassation, avec suite de frais et dépens.
C O N S I D E R A N T
en droit
1.Aux termes de larticle 416 CPC, le recours en cassation est formé dans le délai de 20 jours qui suivent la notification de la décision attaquée. Ce délai, fixé par la loi, est péremptoire (art.105 al.1 et 3 CPC), de sorte quil ne peut être prolongé.
Pour cette raison, les requêtes en prolongation des 7 et 20 juin 2001 sont irrecevables. A cet égard, on relèvera quE.S. avait déjà été informée par le premier juge quune prolongation du délai de recours nétait pas possible (v. courrier du 8 juin 2001).
2.En loccurrence, on considérera que par ses courriers des 7 et 20 juin 2001, E.S. a implicitement formulé une demande de restitution de délai. Cest sous cet angle-là que ses requêtes seront examinées. La restitution de délai obéit aux principes suivants :
La partie qui a laissé expirer un délai sans accomplir lacte auquel elle était tenue peut en demander la restitution (art.113 CPC). La restitution dun délai nest accordée que si la partie justifie quelle ou son mandataire ont été empêchés dagir en temps utile par des circonstances indépendantes de leur volonté et pour autant que laccomplissement de lacte omis soit encore de nature à exercer une influence sur le sort de la cause (art.114 CPC). La demande de restitution de délai est formée par requête motivée, avec pièces à lappui, adressée au juge dans les dix jours qui suivent celui où lempêchement a cessé; lacte omis doit être accompli dans le même délai (art.115 CPC).
La demande de restitution de délai est instruite et jugée en la forme incidente (art. 117 al.1 CPC, et le renvoi aux articles 213ss CPC) par le juge à qui lacte omis était destiné (art.116 CPC), soit la Cour de cassation elle-même, le président nétant appelé à statuer seul quen matière deffet suspensif (art. 419 al.2 CPC).
3.En loccurrence, E.S. a fait parvenir à la Cour de céans, par le greffe du tribunal de jugement, deux courriers successifs :
a) Par sa lettre du 7 juin 2001, la requérante ne saurait demander la restitution dun délai qui na pas encore expiré. Le dépôt dune telle requête suppose en effet que le délai soit au préalable échu (art. 113 CPC). Prématurée, la requête est irrecevable. Au surplus, on ne saurait considérer que ce courrier, posté pendant le délai de recours, est un recours au sens de larticle 416 CPC; il nobéit pas aux exigences de formes et de fond prescrites, et surtout E.S. y exprime clairement son intention de produire ultérieurement un mémoire.
b) Le courrier du 20 juin 2001 a été posté après expiration du délai de recours. La requérante y invoque à nouveau des problèmes de santé, et dépose copie dun certificat médical attestant dune incapacité de travail totale jusquau 24 juin 2001. Formée alors que lempêchement navait pas encore cessé (art.115 al.1 CPC), sans être accompagnée de lacte omis (art. 115 al.2 CPC), la demande en restitution de délai est irrecevable.
4.Déboutée, la requérante sera condamnée à prendre à sa charge les frais de justice de linstance de recours, et à verser à D.D., soeur de E.S. une indemnité de dépens.
Par ces motifs,LA COUR DE CASSATION CIVILE
1.Déclare irrecevables les requêtes des 7 et 20 juin 2001.
2.Arrête les frais de justice de linstance de recours à 660 francs, et les laisse à la charge dE.S. qui les avait avancés.
3.Condamne E.S. à verser à D.D. une indemnité de dépens de 300 francs.