Sachverhalt
et de droits concernant les mêmes parties. Ainsi, une «même cause» au sens de l'article56 let. b CPPimplique une triple identité de parties, de procédure et de questions litigieuses. Le cas de récusation visé par cette disposition présuppose aussi que le magistrat en question ait agi à «un autre titre», soit dans des fonctions différentes (ATF 143 IV 69cons. 3.1). La garantie du juge impartial ne commande pas la récusation dun juge au simple motif quil a, dans une procédure antérieure voire dans la même affaire , tranché en défaveur du requérant (ATF 143 IV 69précité ;ATF 129 III 445cons. 4.2.2.2 ;ATF 114 Ia 278cons. 1). Les actes préparatoires dont l'examen est prévu à l'article 329 al. 1 CPP et les autres décisions d'instruction sont nécessaires à chaque procédure pénale et ne permettent en principe pas de considérer que celui les ayant ordonnés, respectivement celui qui dirige la procédure, serait prévenu (arrêts du TF du06.04.2017 [1B_87/2017]cons. 2.1 ; du29.09.2016 [1B_326/2016]cons. 3.4 ;Moreillon/Parein-Reymond, Petit commentaire, Code de procédure pénale, 2eéd., n. 11 ad art. 56 ;Boog, in Basler Kommentar, Schweizerische Strafprozessordnung, art. 1-195 StPO, vol. I, 2eéd., n. 33 ad art. 56). Ainsi, il ny a pas matière à récusation notamment lorsque le juge du fond statue à nouveau sur le fond après avoir jugé par défaut ou sur renvoi de la juridiction supérieure quelle soit de recours, dappel ou de révision et lorsque les juges dappel examinent à nouveau laffaire quils ont renvoyée à lautorité inférieure (Verniory, in CR CPP, 2eéd., n. 21 ad art. 56 et les réf. cit.).
3.2Vu ce qui précède, la jugeA.________ na pas agi «à un autre titre», au sens de larticle56 let. b CPP, dans la cause POL.2022.452, en ce sens quelle y est toujours intervenue comme juge de police, soit dans le même cadre et avec les mêmes pouvoirs.
4.Un magistrat est également récusable, selonlarticle 56 let. f CPP,lorsque dautres motifs, notamment un rapport damitié étroit ou dinimitié avec une partie ou son conseil juridique, sont de nature à la rendre suspecte de prévention.
4.1Cette disposition ala portée d'une clause générale recouvrant tous les motifs de récusation non expressément prévus aux lettres précédentes de l'article56 CPP. Elle découle de la garantie dun tribunal indépendant et impartial instituée par les articles 30 al.1 Cst. féd. et 6 paragraphe 1 CEDH qui ont, de ce point de vue, la même portée et permet de demander la récusation dun juge dont la situation ou le comportement est de nature à susciter des doutes quant à son impartialité ; elle vise à éviter que des circonstances extérieures à laffaire puissent influencer le jugement en faveur ou au détriment dune partie (ATF 138 IV 142cons. 2.1 ;127 I 196cons. 2b ;126 I 68cons. 3a). La récusation ne s'impose pas seulement lorsqu'une prévention effective du magistrat est établie, car une disposition interne de sa part ne peut guère être prouvée ; il suffit que les circonstances donnent l'apparence de la prévention et fassent redouter une activité partiale du magistrat. Seules les circonstances constatées objectivement doivent être prises en considération ; les impressions purement individuelles d'une des parties au procès ne sont pas décisives (ATF 138 IV 142cons. 2.1 et les arrêts cités). L'impartialité subjective d'un magistrat se présume jusqu'à preuve du contraire (ATF 136 Ill 605cons. 3.2.1 ; arrêt du TF du08.11.2022 [1B_354/2022]cons. 2.1).
4.2En lespèce, le simple fait que la décision de la jugeA.________ du 3 octobre 2022 (v.supraFaits, let. C/c) ait été annulée par arrêt du 14 novembre 2022 de lAutorité de céans ne justifie nullement la récusation de cette juge de police.
Il est en effet de jurisprudence constante que même si des décisions ou des actes de procédure se révèlent erronés, cela ne fonde pas en soi une apparence objective de prévention de la part du magistrat concerné ; seules des erreurs particulièrement lourdes ou répétées, constitutives de violations graves des devoirs du magistrat, peuvent fonder une suspicion de partialité, pour autant que les circonstances dénotent que le magistrat est prévenu ou justifient à tout le moins objectivement l'apparence de prévention. Cest en effet aux juridictions de recours compétentes quil appartient de constater et de redresser les erreurs éventuellement commises dans ce cadre ; la procédure de récusation n'a pas pour objet de permettre aux parties de contester la manière dont est menée l'instruction et de remettre en cause les différentes décisions incidentes prises par la direction de la procédure (ATF 138 IV 142cons. 2.3,116 Ia 14cons. 5a,116 Ia 135cons. 3a ;114 Ia 153cons. 3b/bb ;113 Ia 407cons. 2b ;111 Ia 259cons. 3b/aa). En lespèce, la juge A.________ na pas commis derreur lourde dans ce dossier. Il ressort au contraire expressément des considérants de larrêt de lAutorité de céans du 14 novembre 2022 que le dossier remis au Tribunal de police ne permettait pas, tel quil était, de constater que lopposition avait été formée en temps utile et que le Bureau avait commis une erreur compréhensible, au vu des mentions figurant sur lopposition en classant lopposition dans un autre dossier. À cela sajoute encore quon ne voit pas et que le requérant nexplique pas en quoi certaines circonstances pourraient laisser à penser que la décision erronée du 3 octobre dénoterait une apparence de prévention de la part de la juge A.________.
Le requérant voit encore un motif de récusation dans le fait que la jugeA.________ aurait «manqué dobjectivité et dimpartialité» dans «une affaire précédente». Le grief est demblée mal fondé, à mesure que le recourant ne précise pas de quelle ancienne affaire il sagit, ni quels sont les paroles ou des écrits de la juge A.________ dans lesquels il décèle un motif de récusation. Dans son complément daté du 21 décembre 2022, le requérant précise à ce propos sêtre, «dans une affaire antérieure à celle-ci, ( ) déjà plaint» du manque dobjectivité de la juge A.________. Quun justiciable se plaigne de la manière dont son affaire est traitée par un magistrat est une chose ; quune erreur ou des propos problématiques de ce magistrat aient été constatés par une autorité compétente en est une autre. En lespèce, rien ne permet de penser que tel aurait pu être le cas.
5.La demande de récusation est irrecevable, en tant quelle est dirigée contre la juge B.________. En effet, une demande de récusation ne peut viser quun magistrat en charge de la procédure dans laquelle la récusation est demandée. Ce nest pas le cas, en lespèce, de la juge B.________, puisque cest la juge A.________ qui traite la procédure en cours contre le recourant.
6.Vu ce qui précède, les frais doivent être mis à la charge du requérant, qui succombe(art. 428 al. 1 CPP). Ils seront arrêtés à 500 francs, en application de larticle42 de la loi du 6 novembre 2019 fixant le tarif des frais, des émoluments de chancellerie et des dépens en matière civile, pénale et administrative (LTFrais, RSN 164.1).
Par ces motifs,l'Autorité de recours en matière pénale
1.Rejette la requête de récusation déposée par X.________ contre la juge A.________, en la cause POL.2022.452.
2.Déclare irrecevable la requête de récusation déposée par X.________ contre la juge B.________, en la cause POL.2022.452.
3.Fixe les frais de la présente procédure à 500 francs et les met à la charge de X.________.
4.Notifie le présent arrêt à X.________, à V.________, au Ministère public, à La Chaux-de-Fonds (MP.2022.3529), et aux juges A.________ et B.________, au Tribunal de police du Littoral et du Val-de-Travers, à Boudry (POL.2022.452).
Neuchâtel, le 25 janvier 2023
Erwägungen (6 Absätze)
E. 3 octobre dénoterait une apparence de prévention de la part de la juge A.________.
Le requérant voit encore un motif de récusation dans le fait que la jugeA.________ aurait «manqué dobjectivité et dimpartialité» dans «une affaire précédente». Le grief est demblée mal fondé, à mesure que le recourant ne précise pas de quelle ancienne affaire il sagit, ni quels sont les paroles ou des écrits de la juge A.________ dans lesquels il décèle un motif de récusation. Dans son complément daté du 21 décembre 2022, le requérant précise à ce propos sêtre, «dans une affaire antérieure à celle-ci, ( ) déjà plaint» du manque dobjectivité de la juge A.________. Quun justiciable se plaigne de la manière dont son affaire est traitée par un magistrat est une chose ; quune erreur ou des propos problématiques de ce magistrat aient été constatés par une autorité compétente en est une autre. En lespèce, rien ne permet de penser que tel aurait pu être le cas.
5.La demande de récusation est irrecevable, en tant quelle est dirigée contre la juge B.________. En effet, une demande de récusation ne peut viser quun magistrat en charge de la procédure dans laquelle la récusation est demandée. Ce nest pas le cas, en lespèce, de la juge B.________, puisque cest la juge A.________ qui traite la procédure en cours contre le recourant.
6.Vu ce qui précède, les frais doivent être mis à la charge du requérant, qui succombe(art. 428 al. 1 CPP). Ils seront arrêtés à 500 francs, en application de larticle42 de la loi du 6 novembre 2019 fixant le tarif des frais, des émoluments de chancellerie et des dépens en matière civile, pénale et administrative (LTFrais, RSN 164.1).
Par ces motifs,l'Autorité de recours en matière pénale
1.Rejette la requête de récusation déposée par X.________ contre la juge A.________, en la cause POL.2022.452.
2.Déclare irrecevable la requête de récusation déposée par X.________ contre la juge B.________, en la cause POL.2022.452.
3.Fixe les frais de la présente procédure à 500 francs et les met à la charge de X.________.
4.Notifie le présent arrêt à X.________, à V.________, au Ministère public, à La Chaux-de-Fonds (MP.2022.3529), et aux juges A.________ et B.________, au Tribunal de police du Littoral et du Val-de-Travers, à Boudry (POL.2022.452).
Neuchâtel, le 25 janvier 2023
E. 4 Un magistrat est également récusable, selon l’article 56 let. f CPP , lorsque d’autres motifs, notamment un rapport d’amitié étroit ou d’inimitié avec une partie ou son conseil juridique, sont de nature à la rendre suspecte de prévention.
E. 4.1 Cette disposition a la portée d'une clause générale recouvrant tous les motifs de récusation non expressément prévus aux lettres précédentes de l'article 56 CPP . Elle découle de la garantie d’un tribunal indépendant et impartial instituée par les articles 30 al.1 Cst. féd. et 6 paragraphe 1 CEDH – qui ont, de ce point de vue, la même portée – et permet de demander la récusation d’un juge dont la situation ou le comportement est de nature à susciter des doutes quant à son impartialité ; elle vise à éviter que des circonstances extérieures à l’affaire puissent influencer le jugement en faveur ou au détriment d’une partie ( ATF 138 IV 142 cons. 2.1 ; 127 I 196 cons. 2b ; 126 I 68 cons. 3a). La récusation ne s'impose pas seulement lorsqu'une prévention effective du magistrat est établie, car une disposition interne de sa part ne peut guère être prouvée ; il suffit que les circonstances donnent l'apparence de la prévention et fassent redouter une activité partiale du magistrat. Seules les circonstances constatées objectivement doivent être prises en considération ; les impressions purement individuelles d'une des parties au procès ne sont pas décisives ( ATF 138 IV 142 cons. 2.1 et les arrêts cités). L'impartialité subjective d'un magistrat se présume jusqu'à preuve du contraire ( ATF 136 Ill 605 cons. 3.2.1 ; arrêt du TF du 08.11.2022 [1B_354/2022] cons. 2.1).
E. 4.2 En l’espèce, le simple fait que la décision de la juge A.________ du 3 octobre 2022 (v. supra Faits, let. C/c) ait été annulée par arrêt du 14 novembre 2022 de l’Autorité de céans ne justifie nullement la récusation de cette juge de police. Il est en effet de jurisprudence constante que même si des décisions ou des actes de procédure se révèlent erronés, cela ne fonde pas en soi une apparence objective de prévention de la part du magistrat concerné ; seules des erreurs particulièrement lourdes ou répétées, constitutives de violations graves des devoirs du magistrat, peuvent fonder une suspicion de partialité, pour autant que les circonstances dénotent que le magistrat est prévenu ou justifient à tout le moins objectivement l'apparence de prévention. C’est en effet aux juridictions de recours compétentes qu’il appartient de constater et de redresser les erreurs éventuellement commises dans ce cadre ; la procédure de récusation n'a pas pour objet de permettre aux parties de contester la manière dont est menée l'instruction et de remettre en cause les différentes décisions incidentes prises par la direction de la procédure ( ATF 138 IV 142 cons. 2.3, 116 Ia 14 cons. 5a, 116 Ia 135 cons. 3a ; 114 Ia 153 cons. 3b/bb ; 113 Ia 407 cons. 2b ; 111 Ia 259 cons. 3b/aa). En l’espèce, la juge A.________ n’a pas commis d’erreur lourde dans ce dossier. Il ressort au contraire expressément des considérants de l’arrêt de l’Autorité de céans du 14 novembre 2022 que le dossier remis au Tribunal de police ne permettait pas, tel qu’il était, de constater que l’opposition avait été formée en temps utile et que le Bureau avait commis une erreur – compréhensible, au vu des mentions figurant sur l’opposition – en classant l’opposition dans un autre dossier. À cela s’ajoute encore qu’on ne voit pas – et que le requérant n’explique pas – en quoi certaines circonstances pourraient laisser à penser que la décision erronée du 3 octobre dénoterait une apparence de prévention de la part de la juge A.________. Le requérant voit encore un motif de récusation dans le fait que la juge A.________ aurait « manqué d’objectivité et d’impartialité » dans « une affaire précédente ». Le grief est d’emblée mal fondé, à mesure que le recourant ne précise pas de quelle ancienne affaire il s’agit, ni quels sont les paroles ou des écrits de la juge A.________ dans lesquels il décèle un motif de récusation. Dans son complément daté du 21 décembre 2022, le requérant précise à ce propos s’être, « dans une affaire antérieure à celle-ci, (…) déjà plaint » du manque d’objectivité de la juge A.________. Qu’un justiciable se plaigne de la manière dont son affaire est traitée par un magistrat est une chose ; qu’une erreur ou des propos problématiques de ce magistrat aient été constatés par une autorité compétente en est une autre. En l’espèce, rien ne permet de penser que tel aurait pu être le cas.
E. 5 La demande de récusation est irrecevable, en tant qu’elle est dirigée contre la juge B.________. En effet, une demande de récusation ne peut viser qu’un magistrat en charge de la procédure dans laquelle la récusation est demandée. Ce n’est pas le cas, en l’espèce, de la juge B.________, puisque c’est la juge A.________ qui traite la procédure en cours contre le recourant.
E. 6 Vu ce qui précède, les frais doivent être mis à la charge du requérant, qui succombe (art. 428 al. 1 CPP). Ils seront arrêtés à 500 francs, en application de l’article 42 de la loi du 6 novembre 2019 fixant le tarif des frais, des émoluments de chancellerie et des dépens en matière civile, pénale et administrative ( LTFrais , RSN 164.1).
Volltext (verifizierbarer Originaltext)
Arrêt du Tribunal Fédéral
Arrêt du 21.04.2023 [1B_105/2023]
A.À Z.________, rue [aaaaa], le 28 septembre 2021, à 14h20, un agent de la sécurité publique a constaté que le conducteur de la voiture immatriculée BE [11111] dont le détenteur est X.________ avait indiqué une fausse heure darrivée sur son disque de stationnement. Une amende dordre de 40 francs a été délivrée. Lamende étant restée impayée, malgré plusieurs rappels du Service cantonal de la population, Bureau des frais de justice (ci-après : le Bureau), lagent qui avait constaté linfraction a établi un procès-verbal, destiné au Ministère public, le 8 avril 2022.
B.a) Par ordonnance pénale OP 1211589 du 11 avril 2022, le procureur général a condamné X.________ à 40 francs damende, plus 50 francs de frais, pour les faits du 28 septembre 2021.
b) Le 9 juin 2022, le Bureau a envoyé à X.________ avec la mention «Réf : 2003.1211589» une sommation de payer, dans les dix jours, la somme de 120 francs, représentant les 40 francs damende et 50 francs de frais judiciaires, plus 30 francs de frais de sommation. Le 20 juin 2022, X.________ a réagi à ce courrier en alléguant quil avait fait opposition à lordonnance pénale du 11 avril 2022 par lettre recommandée postée «le 24 mai 2022», dont il avait conservé le reçu. Le 24 juin 2022, le Bureau a transmis le dossier au Ministère public.
c) Le 12 juillet 2022, le Ministère public a écrit à X.________ que, selon lavis de suivi de la poste, lordonnance pénale avait été notifiée le 20 avril 2022, si bien que le délai dopposition venait à échéance le 2 mai 2022 et que lopposition «faite le 23 juin 2022» semblait tardive ; un délai était fixé à lintéressé pour indiquer sil retirait lopposition ; à défaut de retrait, le dossier serait transmis au Tribunal de police. Le 15 juillet 2022, X.________ a répondu quil navait pas reçu lordonnance pénale, mais une facture du Bureau datée du 14 avril 2022 qui mentionnait quune ordonnance pénale était «ci-jointe», celle-ci nétant cependant pas incluse ; selon lui, il avait répondu «le 24 avril 2022» (et non plus le 24 mai 2022 ; comparer àsupraB/b), par courrier recommandé, pour recourir contre la contravention en justifiant les motifs de rejet de lamende.
d) Le Ministère public a transmis le dossier au Tribunal de police, avec un courrier du 9 août 2022 indiquant que lopposition lui paraissait tardive.
C.a) Le 16 août 2022, le Tribunal de police a écrit à X.________ quil avait reçu le dossier, que lopposition du 23 juin 2022 à lordonnance pénale du 11 avril 2022 paraissait tardive et quil pouvait présenter des observations à ce sujet.
b) X.________ sest déterminé dans un courrier du 23 août 2022 au Tribunal de police ; il indiquait avoir reçu une facture du Bureau, le 14 avril 2022, concernant un parcage à la rue [aaaaa] ; il avait formulé un recours par lettre datée du 24 avril 2022, envoyée par pli recommandé le 25 avril 2022, quil disait annexer.
c) Par décision du 3 octobre 2022, le Tribunal de police par la juge A.________ a déclaré tardive et, partant, irrecevable lopposition de X.________ à lordonnance pénale du 11 avril 2022, constaté que cette ordonnance était ainsi devenue définitive et exécutoire et mis les frais de la décision, arrêtés à 200 francs, à la charge de X.________. À lappui, il a retenu que lordonnance pénale avait été notifiée le 20 avril 2022 et que, postée le 23 juin 2022, lopposition était tardive. Quant au courrier que le prévenu aurait envoyé le 25 avril 2022, il figurait déjà au dossier avec la mention «mai» pour le mois de sa date. Au surplus, même si elle avait été postée le 25 mai 2022, lopposition serait tardive.
d) Le 5 octobre 2022, X.________ a recouru contre cette décision, en exposant avoir pris connaissance le 20 avril 2022 dune facture du Bureau, de 90 francs, datée du 14 avril 2022 et mentionnant quy était annexée une ordonnance pénale du 11 avril 2022 ; avoir fait recours par lettre recommandée, le 25 avril 2022, en utilisant un document antérieur «afin de prendre les adresses existantes», mais avoir «oublié de changer la date du 24 janvier en 24 avril 2022» ; la lettre faisait cependant référence au document reçu le 20 avril 2022 et lui-même pouvait prouver par un reçu lexpédition du courrier le 25 avril 2022 (« No 98.00.252500.03126717 »).
e) Après une recherche de suivi des envois avec le numéro de lettre recommandée 98.00.252500.03126717, le juge instructeur de lAutorité de céans a constaté que lenvoi portant ce numéro avait été remis à la Poste de W.________ le 25 avril 2022 et distribué« via case postale »à Neuchâtel 2 Cases le 26 avril 2022.
Interpellé par le juge instructeur, le Ministère public a indiqué le 9 novembre 2022 que, selon des renseignements obtenus auprès du Bureau, celui-ci avait bien reçu de la part de X.________ un courrier daté du 24 avril 2022, mais posté le 25 du même mois ; que ce courrier, vu son contenu, aurait dû être considéré comme une opposition à lordonnance pénale OP 1211589, déposée dans le délai légal, mais quil avait été classé dans le dossier concernant une ordonnance pénale OP 1188965 (du 3 mai 2021 et contre laquelle le prévenu avait fait opposition le 14 mai 2021), parce que cétait cette référence que lintéressé avait mentionnée (par erreur) ; que le courrier envoyé par X.________ le 25 avril 2022 prêtait aussi à confusion car il portait des ratures à la main sur sa date ; que tout cela avait amené le Ministère public, puis le Tribunal de police à retenir que lopposition était tardive ; quen fonction de ces éléments, tant le Ministère public que le Bureau parvenaient à la conclusion que X.________, par son écrit posté le 25 avril 2022, avait contesté sa condamnation pour les faits faisant lobjet de lordonnance pénale du 11 avril 2022 (OP 1211589).
Par arrêt du 14 novembre 2022, lAutorité de céans a admis le recours, annulé la décision du 3 octobre 2022 et renvoyé la cause au Tribunal de police pour quil suive à la procédure. Elle a considéré, en substance, quil était maintenant établi quen date du 25 avril 2022, X.________ avait envoyé au Bureau un courrier manifestant sa volonté de former opposition à lordonnance pénale OP 1211589 du 11 avril 2022, qui lui avait été notifiée le 20 avril 2022 ; que lopposition avait donc été formée dans le délai légal ; que cétait suite à une erreur, compréhensible, au vu des mentions figurant sur lopposition, que le courrier dopposition avait été classé par le Bureau dans un autre dossier.
D.a) Le 1erdécembre 2022, le Tribunal de police a adressé à X.________ une citation à comparaître en tant que prévenu devant la juge A.________ en audience du 17 janvier 2023, en rapport avec lordonnance pénale OP 1211589 du 11 avril 2022.
b) Par courriel du 5 décembre 2022, X.________ demande à ce que ni la juge A.________, ni la juge B.________ ne siège à laudience du 17 janvier 2023. À lappui, il expose que la juge A.________ a été «désavouée par le Tribunal cantonal» dans cette affaire et quelle a «manqué dobjectivité et dimpartialité (tout comme [la juge] B.________)» dans «une affaire précédente».
Le 12 décembre 2022, la juge A.________ a invité X.________ à lui adresser une demande de récusation par la voie postale et dûment signée.
À une date que le dossier ne permet pas détablir, X.________ a adressé au Tribunal de police un écrit daté du 21 décembre 2022, dans lequel il confirme sa demande de récusation et reprend les arguments de son courriel du 5 décembre 2022.
Au terme de leur prise de position conjointe du 9 janvier 2023, les juges A.________ et B.________ contestent tout préjugement et toute partialité de leur part et concluent au rejet de la demande de récusation.
Invité à se déterminer sur cette prise de position, le requérant na pas réagi dans le délai imparti.
C O N S I D E R A N T
1.À teneur de l'article 59 al. 1 let. b CPP, lorsqu'un motif de récusation au sens de l'article56 let. a ou f CPPest invoqué, le litige est tranché sans administration supplémentaire de preuves et définitivement par l'autorité de recours soit l'autorité de céans en procédure pénale neuchâteloise (art. 45 de la loi dorganisation judiciaire neuchâteloise [OJN, RSN 161.1]) lorsque les tribunaux de première instance sont concernés.
2.La demande de récusation doit être adresséeau magistrat visé«sans délai», dès que la partie a connaissance du motif de récusation(art. 58 al. 1 CPP), c'est-à-dire dans les jours qui suivent la connaissance de la cause de récusation, sous peine de déchéance (ATF 140 I 271cons. 8.4.3) ;ce dernier prend position sur la demande (art. 58 al. 2 CPP) ; sil soppose à sa récusation, il transmet le dossier, la demande de récusation et sa prise de position à lautorité de recours,à charge pour cette dernière daménager, le cas échéant, le droit dêtre entendu du requérant(arrêts de lARMP du 12.12.2022 [ARMP.2022.112] cons. 6 ; du 10.11.2017 [ARMP.2017.119] cons. 2). Tant que la décision na pas été rendue, la personne concernée continue à exercer sa fonction (art. 59 al. 3 CPP).
2.1De jurisprudence constante, les réquisits temporels de larticle 58 al. 1 CPP sont satisfaits lorsque la demande de récusation est déposée dans les sept jours qui suivent la connaissance de la cause de récusation, mais ils ne le sont pas lorsqu'elle est formée trois mois, deux mois, deux à trois semaines ou vingt jours après que son auteur a pris connaissance du motif de récusation (arrêt du TF du 29.11.2021 [1B_367/2021] cons. 2.1 et les arrêts cités). Pour procéder à cette appréciation, il convient notamment de prendre en compte les circonstances d'espèce, ainsi que le stade de la procédure ; considérer que le droit de demander la récusation est perdu doit être apprécié avec retenue (arrêt du TF du20.05.2021 [1B_647/2020]cons. 2.1 et les réf. cit.). En particulier, selon notamment la fréquence des actes d'instruction, on peut se montrer plus large dans le temps de réaction lorsque le moment déterminant intervient dans une phase moins active de la procédure (arrêt du TF du15.10.2013 [1B_227/2013]cons. 2.1).
2.2En lespèce, la demande de récusation dirigée contre la juge en charge du dossier, soitA.________, a été déposée au maximum trois jours après que le requérant a reçu la citation à comparaître en audience du 17 janvier 2023 (v.supraFaits, let. D), si bien quelle la été en temps utile.
3.Aux termes de larticle56 let. b CPP, toute personne exerçant une fonction au sein dune autorité pénale est tenue de se récuser lorsquelle a agi à un autre titre dans la même cause, en particulier comme membre dune autorité, conseil juridique dune partie, expert ou témoin (let. b).
3.1La notion de «même cause» au sens de l'article56 let. b CPPs'entend de manière formelle, c'est-à-dire comme la procédure ayant conduit à la décision attaquée ou devant conduire à celle attendue. Elle n'englobe en revanche pas une procédure distincte ou préalable se rapportant à la même affaire au sens large, soit au même ensemble de faits et de droits concernant les mêmes parties. Ainsi, une «même cause» au sens de l'article56 let. b CPPimplique une triple identité de parties, de procédure et de questions litigieuses. Le cas de récusation visé par cette disposition présuppose aussi que le magistrat en question ait agi à «un autre titre», soit dans des fonctions différentes (ATF 143 IV 69cons. 3.1). La garantie du juge impartial ne commande pas la récusation dun juge au simple motif quil a, dans une procédure antérieure voire dans la même affaire , tranché en défaveur du requérant (ATF 143 IV 69précité ;ATF 129 III 445cons. 4.2.2.2 ;ATF 114 Ia 278cons. 1). Les actes préparatoires dont l'examen est prévu à l'article 329 al. 1 CPP et les autres décisions d'instruction sont nécessaires à chaque procédure pénale et ne permettent en principe pas de considérer que celui les ayant ordonnés, respectivement celui qui dirige la procédure, serait prévenu (arrêts du TF du06.04.2017 [1B_87/2017]cons. 2.1 ; du29.09.2016 [1B_326/2016]cons. 3.4 ;Moreillon/Parein-Reymond, Petit commentaire, Code de procédure pénale, 2eéd., n. 11 ad art. 56 ;Boog, in Basler Kommentar, Schweizerische Strafprozessordnung, art. 1-195 StPO, vol. I, 2eéd., n. 33 ad art. 56). Ainsi, il ny a pas matière à récusation notamment lorsque le juge du fond statue à nouveau sur le fond après avoir jugé par défaut ou sur renvoi de la juridiction supérieure quelle soit de recours, dappel ou de révision et lorsque les juges dappel examinent à nouveau laffaire quils ont renvoyée à lautorité inférieure (Verniory, in CR CPP, 2eéd., n. 21 ad art. 56 et les réf. cit.).
3.2Vu ce qui précède, la jugeA.________ na pas agi «à un autre titre», au sens de larticle56 let. b CPP, dans la cause POL.2022.452, en ce sens quelle y est toujours intervenue comme juge de police, soit dans le même cadre et avec les mêmes pouvoirs.
4.Un magistrat est également récusable, selonlarticle 56 let. f CPP,lorsque dautres motifs, notamment un rapport damitié étroit ou dinimitié avec une partie ou son conseil juridique, sont de nature à la rendre suspecte de prévention.
4.1Cette disposition ala portée d'une clause générale recouvrant tous les motifs de récusation non expressément prévus aux lettres précédentes de l'article56 CPP. Elle découle de la garantie dun tribunal indépendant et impartial instituée par les articles 30 al.1 Cst. féd. et 6 paragraphe 1 CEDH qui ont, de ce point de vue, la même portée et permet de demander la récusation dun juge dont la situation ou le comportement est de nature à susciter des doutes quant à son impartialité ; elle vise à éviter que des circonstances extérieures à laffaire puissent influencer le jugement en faveur ou au détriment dune partie (ATF 138 IV 142cons. 2.1 ;127 I 196cons. 2b ;126 I 68cons. 3a). La récusation ne s'impose pas seulement lorsqu'une prévention effective du magistrat est établie, car une disposition interne de sa part ne peut guère être prouvée ; il suffit que les circonstances donnent l'apparence de la prévention et fassent redouter une activité partiale du magistrat. Seules les circonstances constatées objectivement doivent être prises en considération ; les impressions purement individuelles d'une des parties au procès ne sont pas décisives (ATF 138 IV 142cons. 2.1 et les arrêts cités). L'impartialité subjective d'un magistrat se présume jusqu'à preuve du contraire (ATF 136 Ill 605cons. 3.2.1 ; arrêt du TF du08.11.2022 [1B_354/2022]cons. 2.1).
4.2En lespèce, le simple fait que la décision de la jugeA.________ du 3 octobre 2022 (v.supraFaits, let. C/c) ait été annulée par arrêt du 14 novembre 2022 de lAutorité de céans ne justifie nullement la récusation de cette juge de police.
Il est en effet de jurisprudence constante que même si des décisions ou des actes de procédure se révèlent erronés, cela ne fonde pas en soi une apparence objective de prévention de la part du magistrat concerné ; seules des erreurs particulièrement lourdes ou répétées, constitutives de violations graves des devoirs du magistrat, peuvent fonder une suspicion de partialité, pour autant que les circonstances dénotent que le magistrat est prévenu ou justifient à tout le moins objectivement l'apparence de prévention. Cest en effet aux juridictions de recours compétentes quil appartient de constater et de redresser les erreurs éventuellement commises dans ce cadre ; la procédure de récusation n'a pas pour objet de permettre aux parties de contester la manière dont est menée l'instruction et de remettre en cause les différentes décisions incidentes prises par la direction de la procédure (ATF 138 IV 142cons. 2.3,116 Ia 14cons. 5a,116 Ia 135cons. 3a ;114 Ia 153cons. 3b/bb ;113 Ia 407cons. 2b ;111 Ia 259cons. 3b/aa). En lespèce, la juge A.________ na pas commis derreur lourde dans ce dossier. Il ressort au contraire expressément des considérants de larrêt de lAutorité de céans du 14 novembre 2022 que le dossier remis au Tribunal de police ne permettait pas, tel quil était, de constater que lopposition avait été formée en temps utile et que le Bureau avait commis une erreur compréhensible, au vu des mentions figurant sur lopposition en classant lopposition dans un autre dossier. À cela sajoute encore quon ne voit pas et que le requérant nexplique pas en quoi certaines circonstances pourraient laisser à penser que la décision erronée du 3 octobre dénoterait une apparence de prévention de la part de la juge A.________.
Le requérant voit encore un motif de récusation dans le fait que la jugeA.________ aurait «manqué dobjectivité et dimpartialité» dans «une affaire précédente». Le grief est demblée mal fondé, à mesure que le recourant ne précise pas de quelle ancienne affaire il sagit, ni quels sont les paroles ou des écrits de la juge A.________ dans lesquels il décèle un motif de récusation. Dans son complément daté du 21 décembre 2022, le requérant précise à ce propos sêtre, «dans une affaire antérieure à celle-ci, ( ) déjà plaint» du manque dobjectivité de la juge A.________. Quun justiciable se plaigne de la manière dont son affaire est traitée par un magistrat est une chose ; quune erreur ou des propos problématiques de ce magistrat aient été constatés par une autorité compétente en est une autre. En lespèce, rien ne permet de penser que tel aurait pu être le cas.
5.La demande de récusation est irrecevable, en tant quelle est dirigée contre la juge B.________. En effet, une demande de récusation ne peut viser quun magistrat en charge de la procédure dans laquelle la récusation est demandée. Ce nest pas le cas, en lespèce, de la juge B.________, puisque cest la juge A.________ qui traite la procédure en cours contre le recourant.
6.Vu ce qui précède, les frais doivent être mis à la charge du requérant, qui succombe(art. 428 al. 1 CPP). Ils seront arrêtés à 500 francs, en application de larticle42 de la loi du 6 novembre 2019 fixant le tarif des frais, des émoluments de chancellerie et des dépens en matière civile, pénale et administrative (LTFrais, RSN 164.1).
Par ces motifs,l'Autorité de recours en matière pénale
1.Rejette la requête de récusation déposée par X.________ contre la juge A.________, en la cause POL.2022.452.
2.Déclare irrecevable la requête de récusation déposée par X.________ contre la juge B.________, en la cause POL.2022.452.
3.Fixe les frais de la présente procédure à 500 francs et les met à la charge de X.________.
4.Notifie le présent arrêt à X.________, à V.________, au Ministère public, à La Chaux-de-Fonds (MP.2022.3529), et aux juges A.________ et B.________, au Tribunal de police du Littoral et du Val-de-Travers, à Boudry (POL.2022.452).
Neuchâtel, le 25 janvier 2023