opencaselaw.ch

605 2023 5

Freiburg · 2024-01-09 · Deutsch FR

Arrêt de la Ie Cour des assurances sociales du Tribunal cantonal | Unfallversicherung

Volltext (verifizierbarer Originaltext)

Tribunal cantonal TC

Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 630, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00

www.fr.ch/tc

Pouvoir Judiciaire PJ

Gerichtsbehörden GB

605 2023 5

Arrêt du 9 janvier 2024

Ie Cour des assurances sociales

Composition

Président :

Marc Boivin

Juges :

Marc Sugnaux, Olivier Bleicker

Greffier :

Alexandre Vial

Parties

A.________, recourant

contre

SUVA, autorité intimée

Objet

Assurance-accidents – causalité

Recours du 13 janvier 2023 contre la décision sur opposition du

20 décembre 2022

Tribunal cantonal TC

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considérant en fait

A.

A.________, né en 1967, travaille pour la société B.________ SA depuis le 17 août 2020. À

ce titre, il est assuré contre le risque « accident » auprès de la SUVA, Caisse nationale suisse

d'assurance en cas d'accidents (ci-après: la SUVA).

Le dimanche 23 janvier 2022, lors d'une descente à ski au col de C.________, l'assuré a heurté un

arbre avec son genou gauche et est tombé sur son épaule droite (déclaration d’accident-bagatelle

du 25 janvier 2022). Il a consulté le Dr D.________, spécialiste en médecine interne générale et

médecin traitant, et le Dr E.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie de

l'appareil locomoteur. En se fondant sur les clichés de l'imagerie par résonance magnétique (IRM)

du 9 février 2022 et sur l'examen clinique du 10 mars 2022, le Dr E.________ a diagnostiqué – en

lien avec l'événement du 23 janvier 2022 – une contusion distorsion du genou gauche, avec lésion

méniscale interne, et une contusion/distorsion de l'articulation acromio-claviculaire à droite (avis du

8 septembre 2022). Le 27 avril 2022, l'assuré s'est soumis à une arthroscopie, avec méniscectomie

médiale (interne) partielle de la corne postérieure de son genou gauche et ablation d'un corps libre

intra-articulaire d'environ 1 centimètre au niveau de l'échancrure intercondylienne, en avant du

ligament croisé antérieur (avis du Dr E.________ du 28 avril 2022).

Les 14 et 16 septembre 2022, le Dr F.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et

traumatologie de l’appareil locomoteur et médecin-conseil de la SUVA, a indiqué que l’IRM du

9 février 2022 montrait principalement des lésions dégénératives du genou gauche et ne mettait pas

en évidence de lésions structurelles (de type fracture ou déchirure traumatique du ménisque ou des

ligaments). Selon le médecin, les effets de la contusion au genou gauche n’avaient plus joué aucun

rôle deux mois après le sinistre.

B.

L’assureur-maladie, G.________, a accepté de prendre en charge le cas à compter du

24 mars 2022, soit deux mois après la survenance de l’accident du 23 janvier 2022.

C.

Par décision du 13 octobre 2022, confirmée sur opposition le 20 décembre 2022, la SUVA a

mis fin aux prestations de l’assurance-accidents en faveur de l’assuré avec effet au 23 mars 2022.

Elle a retenu en substance qu’il avait subi une contusion à son genou gauche le 23 janvier 2022

dont les effets s’étaient vraisemblablement déployés pendant deux mois au plus.

D.

Contre la décision sur opposition du 20 décembre 2022, A.________ forme un recours devant

la Cour des assurances sociales du Tribunal cantonal de l’État de Fribourg. Il conclut en substance

à ce que la SUVA preste au-delà du 23 mars 2022.

Le 3 mars 2023, la SUVA conclut au rejet du recours, produisant un avis de son médecin-conseil, le

Dr H.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie de l’appareil moteur.

Aucun autre échange d’écriture n’a été ordonné entre les parties.

Il sera fait état de leurs arguments, développés à l’appui de leurs conclusions, dans les considérants

en droit du présent arrêt, pour autant que cela soit utile à la solution du litige.

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en droit

1.

Recevabilité

Interjeté en temps utile et dans les formes légales auprès de l’autorité judiciaire compétente par un

assuré directement touché par la décision attaquée, le recours est recevable.

2.

Notion d’accident – principe de causalité

En vertu de l'art. 6 al. 1 de la loi du 20 mars 1981 sur l’assurance-accidents (LAA; RS 832.20), si la

présente loi n'en dispose pas autrement, les prestations d'assurance sont allouées en cas d'accident

professionnel, d'accident non professionnel et de maladie professionnelle.

2.1.

Est réputée accident toute atteinte dommageable, soudaine et involontaire, portée au corps

humain par une cause extérieure extraordinaire qui compromet la santé physique, mentale ou

psychique ou qui entraîne la mort (art. 4 de la loi du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit

des assurances sociales [LPGA; RS 830.1], applicable par le renvoi de l’art. 1 al. 1 LAA). La notion

d'accident se décompose en cinq éléments ou conditions, qui doivent être cumulativement réalisés:

une atteinte dommageable, le caractère soudain de l'atteinte, le caractère involontaire de l'atteinte,

le facteur extérieur de l'atteinte et, enfin, le caractère extraordinaire du facteur extérieur. Il suffit que

l'un d'entre eux fasse défaut pour que l'événement ne puisse pas être qualifié d'accident (ATF 142

V 219 consid. 4.3.1; 129 V 402 consid. 2.1 et les réf.).

Suivant la définition même de l'accident, le caractère extraordinaire de l'atteinte ne concerne pas les

effets du facteur extérieur, mais seulement ce facteur lui-même. Dès lors, il importe peu que le

facteur extérieur ait entraîné des conséquences graves ou inattendues. Le facteur extérieur est

considéré comme extraordinaire lorsqu'il excède le cadre des événements et des situations que l'on

peut objectivement qualifier de quotidiens ou d'habituels, autrement dit des incidents et péripéties

de la vie courante (ATF 142 V 219 consid. 4.3.1 et les réf.). L'existence d'un facteur extérieur est en

principe admise en cas de "mouvement non coordonné", à savoir lorsque le déroulement habituel et

normal d'un mouvement corporel est interrompu par un empêchement non programmé, lié à

l'environnement extérieur, tel le fait de glisser, de trébucher, de se heurter à un objet ou d'éviter une

chute; le facteur extérieur - modification entre le corps et l'environnement extérieur - constitue alors

en même temps le facteur extraordinaire en raison du déroulement non programmé du mouvement

(ATF 130 V 117 consid. 2.1).

2.2.

L'assurance-accidents obligatoire n'alloue des prestations que s'il existe un lien de causalité

à la fois naturelle et adéquate entre l'accident et l'atteinte à la santé.

2.2.1. S’agissant des atteintes à la santé qui ne sont pas des lésions corporelles assimilées à un

accident (cf. art. 6 al. 2 LAA), le droit à des prestations découlant d'un événement assuré suppose

tout d'abord, entre l'événement dommageable de caractère accidentel et l'atteinte à la santé, un lien

de causalité naturelle. Cette exigence est remplie lorsqu'il y a lieu d'admettre que, sans l'événement

accidentel, le dommage ne se serait pas produit du tout, ou qu'il ne serait pas survenu de la même

manière (ATF 148 V 356 consid. 3). Il n'est pas nécessaire, en revanche, que l'accident soit la cause

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unique ou immédiate de l'atteinte à la santé; il faut et il suffit que l'événement dommageable, associé

éventuellement à d'autres facteurs, ait provoqué l'atteinte à la santé physique ou psychique de

l'assuré, c'est-à-dire qu'il se présente comme la condition sine qua non de celle-ci (ATF 142 V 435

consid. 1 et les réf.). Il ne suffit pas que l'existence d'un rapport de cause à effet soit simplement

possible; elle doit pouvoir être qualifiée de probable dans le cas particulier, sans quoi le droit aux

prestations fondées sur l'accident doit être nié (arrêt TF 8C_117/2020 du 4 décembre 2020 consid.

3.1 et les réf.).

Si l’accident n’a fait que déclencher un processus qui serait de toute façon survenu sans cet

événement, le lien de causalité naturelle entre les symptômes présentés par l’assuré et l’accident

doit être nié lorsque l’état de l’assuré est revenu au stade où il se trouvait avant l’accident (statu quo

ante) ou s’il est parvenu au stade d’évolution qu’il aurait atteint sans l’accident (statu quo sine). Le

seul fait que des symptômes douloureux ne se sont manifestés qu'après la survenance d'un accident

ne suffit pas à établir un rapport de causalité naturelle avec cet accident. Il convient en principe d'en

rechercher l'étiologie et de vérifier, sur cette base, l'existence du rapport de causalité avec

l'événement assuré (arrêt TF 8C_117/2020 précité consid. 3.1 et les réf.).

2.2.2. Le droit à des prestations de l'assurance-accidents suppose de plus l'existence d'un lien de

causalité adéquate entre l'accident et l'atteinte à la santé. La causalité est adéquate si, d'après le

cours ordinaire des choses et l'expérience de la vie, le fait considéré était propre à entraîner un effet

du genre de celui qui s'est produit, la survenance de ce résultat paraissant de façon générale

favorisée par une telle circonstance (ATF 148 V 356 consid. 3 et les réf.). En matière de troubles

physiques, la causalité adéquate se confond pratiquement avec la causalité naturelle. Il en va

différemment en présence de troubles qui sont en relation de causalité naturelle avec l'accident,

mais qui ne reposent pas sur un déficit organique objectivable. En pareil cas, l'examen de la

causalité adéquate se fait selon des règles particulières en fonction de la gravité de l'accident et du

type de lésion. Lorsque notamment l'accident est insignifiant ou de peu de gravité (par exemple une

chute banale), l'existence d'un lien de causalité adéquate entre cet événement et d'éventuels

troubles psychiques peut, en règle générale, être d'emblée niée (ATF 140 V 356 consid. 3.2; arrêt

TF 8C_140/2021 du 3 août 2021 consid. 3.3 et les réf.).

2.3.

En vertu de l'art. 36 al. 1 LAA, les prestations pour soins, les remboursements de frais ainsi

que les indemnités journalières et les allocations pour impotent ne sont pas réduits lorsque l’atteinte

à la santé n’est que partiellement imputable à l’accident. Lorsqu'un état maladif préexistant est

aggravé ou, de manière générale, apparaît consécutivement à un accident, le devoir de l'assurance-

accidents d'allouer des prestations cesse si l'accident ne constitue pas la cause naturelle et

adéquate du dommage, soit lorsque ce dernier résulte exclusivement de causes étrangères à

l'accident. Tel est le cas lorsque l'état de santé de l'intéressé est similaire à celui qui existait

immédiatement avant l'accident ("statu quo ante") ou à celui qui existerait même sans l'accident par

suite d'un développement ordinaire ("statu quo sine"; ATF 146 V 51 consid. 5.1 et les réf.). A

contrario, aussi longtemps que le "statu quo sine vel ante" n'est pas rétabli, l'assureur-accidents doit

prendre à sa charge le traitement de l’état maladif préexistant, dans la mesure où il s'est manifesté

à l'occasion de l'accident ou a été aggravé par ce dernier (ATF 147 V 161 consid. 3.3). De même

qu'en ce qui concerne l'existence du lien de causalité naturelle à la base de l'obligation de

prestations, la cessation de l'influence causale des origines accidentelles d'une atteinte à la santé

doit être établie avec une vraisemblance prépondérante, degré de preuve usuel en droit des

assurances sociales. La simple possibilité d'une disparition totale des effets d'un accident ne suffit

pas. Comme il s'agit là d'un fait susceptible de supprimer le droit aux prestations, le fardeau de la

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preuve en incombe – contrairement à la question de l'existence d'un lien de causalité naturelle

fondant l'obligation de prester – non pas à la personne assurée, mais à l'assureur-accidents (ATF

146 V 51 consid. 5.1).

2.4.

Savoir si l'événement assuré et l'atteinte en question sont liés par un rapport de causalité

naturelle est une question de fait que l'administration, ou le cas échéant le tribunal, examine en se

fondant essentiellement sur des renseignements d'ordre médical (ATF 142 V 435 consid. 1 et les

réf.).

3.

Objet du litige

Compte tenu des conclusions et motifs du recours, le litige porte exclusivement sur le droit du

recourant à des prestations de l'assurance-accidents au-delà du 23 mars 2022. Il s’agit

singulièrement de déterminer si l’assureur-accidents intimé a nié à juste titre la persistance d'un lien

de causalité naturelle entre les plaintes émises par l'assuré concernant son genou gauche et

l'accident deux mois après sa survenance le 23 janvier 2022.

Invoquant une constatation inexacte des faits, le recourant reproche à la SUVA d'avoir méconnu

que le choc à son genou gauche avait libéré le 23 janvier 2022 des corps étrangers intra-articulaires

("souris") et occasionné une déchirure de son ménisque. Il fait valoir que son genou gauche était

devenu symptomatique, douloureux et handicapant à compter de son accident, et ce jusqu'à

l'arthroscopie du 27 avril 2022. Sur un terrain arthrosé, il soutient qu'il aurait dû attendre de six à

neuf mois avant de retrouver un genou asymptomatique. Or, selon lui, la restitution « ad integrum »

était survenue en deux mois, ce qui signifiait une évolution normale et idéale d'un cas accidentel,

preuve que son atteinte avait bien été causée par un tel évènement accidentel et non pas une

atteinte dégénérative mettant plus de temps à guérir. La primauté devait à cet égard être accordée

à la clinique par rapport aux images radiologiques.

Dans sa réponse, la SUVA souligne pour sa part que le recourant ne se prévaut pas d'une opinion

médicale lorsqu'il avance que, sur un terrain arthrosé, le délai nécessaire pour recouvrer un genou

asymptomatique aurait été de six à neuf mois. Quoi qu'il en soit, l'IRM avait révélé exclusivement

des atteintes dégénératives. Lors de l'arthroscopie du 27 avril 2022, le chirurgien avait également

constaté la présence d'une chondropathie de stade III au niveau de la rotule, du compartiment médial

et du trochléaire. Par ailleurs, le recourant avait annoncé un sinistre au genou droit en 2021,

caractérisé par une atteinte dégénérative au niveau du ménisque, une gonarthrose et une

chondropathie sévère. Par conséquent, il était vraisemblable que le genou gauche présentât

également un état dégénératif, même s'il était asymptomatique jusqu'à l'événement du 23 janvier

2022.

Qu’en est-il ?

3.1.

Pour mettre fin à l'obligation de prester que l'intimée a initialement reconnue, il convient de

rechercher si l'atteinte à la santé du recourant est exclusivement imputable à des causes étrangères

à l'accident au-delà du 23 mars 2022. Pour répondre à cette question, il s'agit tout d'abord de

présenter les différents avis médicaux versés au dossier et les conclusions des médecins-conseils

de la SUVA. Dès lors que cette dernière a admis devoir prendre en charge les conséquences

immédiates de l'accident, il s'agira ensuite de déterminer si elle a retenu à juste titre la disparition

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du lien de causalité naturelle, étant rappelé que c'est à elle qu'il incombe, le cas échéant, de

supporter le fardeau de la preuve (consid. 2.3 in fine).

Eléments médicaux

3.2.

En résumé, il ressort des avis médicaux versés au dossier les éléments suivants.

3.2.1. Lors de l'IRM du 9 février 2022, le Dr I.________, spécialiste en radiologie, a décrit de petits

épanchements articulaires et kyste de Baker; des signes d'une légère synovite non spécifique sur la

séquence 3D en séquence écho de spin pondération T1; une petite lésion d'aspect kystique dans le

pôle inférieur de la rotule; des chondropathies fémoro-tibiales et des trochlées fémorales surtout de

grade II, rotulienne de grade III du compartiment interne et IV concernant la facette externe; de très

probables souris articulaires au niveau de l'échancrure intercondylienne; une gonarthrose gauche

tricompartimentale; pas de rupture visible des ligaments collatéraux et croisés; des tendons

quadricipital, rotulien et poplité sans particularité; un tractus ilio-tibial et tendon du muscle biceps

fémoral sans particularité; une légère dégénérescence du ménisque externe principalement de

grade II; en l'absence de toute chondrocalcinose, lésion de grade II-III a priori sur fond de

dégénérescence des cornes latérale et postérieure du ménisque interne; sur les séquences axiales,

pas de désaxation patellaire; ailerons rotuliens sans particularité.

Le radiologue a conclu que l'assuré présentait des chondropathies prédominant au niveau de la

facette rotulienne externe jusqu'à un grade IV avec gonarthrose tricompartimentale à gauche; de

très probables souris articulaires; en l'absence de toute chondrocalcinose (à confronter au besoin à

des clichés standards), lésion de grade II-III sur fond de dégénérescence prédominant au niveau

des cornes latérales et postérieures du ménisque interne.

3.2.2. Au terme de l'arthroscopie du 27 avril 2022, le Dr E.________, consulté par la recourante, a

constaté une rotule correctement centrée avec une chondropathie de grade III, une chondropathie

étendue de grade III-IV de la trochlée, une chondropathie étendue de grade III dans le compartiment

médial fémoral et tibial; le ménisque interne présentait une atteinte de la corne postérieure à

moyenne; une chondrocalcinose; un ligament croisé postérieur préservé dans l'intercondyle; un

ligament croisé antérieur intact; dans le compartiment latéral, un bon cartilage fémoral et tibial,

ménisque sans lésion; la présence d'un corps libre mesurant environ un centimètre au niveau de

l'échancrure intercondylienne, en avant du ligament croisé antérieur.

3.2.3. Le Dr H.________, médecin-conseil de la SUVA, a quant à lui diagnostiqué une gonarthrose

tricompartimentale du genou gauche, une ostéochondromatose secondaire avec un corps libre intra-

articulaire au genou gauche, une chondrocalcinose au genou gauche et une méniscopathie

dégénérative de grade III de la corne postérieure moyenne du ménisque interne.

En se fondant sur l'IRM du 9 février 2022, il a décrit des signes dégénératifs tricomportimentaux

avec un ostéophyte du compartiment condylien externe, condylien interne et fémoro-patellaire

associé à des signes de chondropathies fémoro-patellaires avancés grade III-IV avec un œdème

sous-chondral au niveau de la trochlée et un œdème sous-chondral au niveau du condyle interne.

Les espaces fémoro-tibiaux présentaient aussi des signes de chondropathie. Présence d'un corps

libre intra-articulaire en avant du ligament croisé antérieur. Les ligaments croisés antérieurs,

postérieurs et collatéraux étaient intègres, sans signe de rupture. Le ménisque interne présentait un

aspect hétérogène, dégénératif avec un hypersignal linéaire, horizontal dans sa partie moyenne et

postérieure. Il n'y avait pas de signe d'atteinte aiguë traumatique sous forme d'une lésion verticale

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longitudinale, radiaire ou oblique avec une languette instable. Le ménisque externe présentait des

signes de méniscopathie de grade II. Dans le plan transverse, au niveau de l'articulation fémoro-

patellaire, le médecin a observé une chondropathie de grade III à IV principalement de la facette

externe avec des kystes sous-chondraux et mise à nu de l'os sous-chondral.

3.3.

Dans son avis du 22 février 2023, postérieur à la décision attaquée, le Dr H.________ a

relevé que, en l'absence d'atteinte structurelle, ligamentaire, osseuse, chondrale ou méniscale de

type traumatique, le diagnostic de contusion au genou gauche était seul imputable à l'événement du

23 janvier 2022. L'état dégénératif articulaire, la méniscopathie, le corps libre intra-articulaire et la

chondrocalcinose consistaient en des atteintes préexistantes, susceptibles d'avoir été aggravées

par la contusion de manière temporaire – soit pendant une période de six à huit semaines au plus –

et permettaient d'expliquer les plaintes du recourant.

L'imagerie IRM montrait singulièrement des signes dégénératifs tricompartimentaux prédominant au

niveau fémoro-patellaire et fémoro-tibial interne, une méniscopathie de grade III d'allure

dégénérative de la corne postérieure à moyenne du ménisque interne et un corps intra-articulaire

dans le cadre d'une ostéochondromatose secondaire à l'arthrose.

Ces observations étaient aussi étayées par le Dr E.________, qui ne décrivait aucune atteinte

ligamentaire intra-articulaire ni atteinte cartilagineuse ou ostéocartilagineuse de laquelle aurait pu

se disséquer et se libérer un fragment intra-articulaire. De surcroît, le chirurgien avait décrit une

atteinte chondropathique fémoropatellaire et fémoro-tibiale associée à une chondrocalcinose, soit

une atteinte d'origine maladive.

4.

Discussion

4.1.

En l'occurrence, la Cour retient que le Dr H.________ s'est fondé sur un dossier médical et

radiologique exhaustif, ayant recours de manière spontanée au système d'archivage et de

transmission d'images (connu sous l'acronyme PACS [Picture Archiving and Communication

System]). Par conséquent, le médecin-conseil de la SUVA détenait tous les éléments nécessaires

– en particulier l'IRM du 9 février 2022 et le compte-rendu opératoire du Dr E.________ – pour

procéder à une évaluation circonstanciée de la causalité naturelle.

4.2.

Les conclusions du médecin-conseil s'avèrent ensuite pleinement convaincantes.

4.2.1. À cet égard, concernant la lésion méniscale médiale, le Dr H.________ a indiqué que l'IRM

du 9 février 2022 révélait un hypersignal linéaire, horizontal dans sa partie moyenne et postérieure.

À l'inverse d'une atteinte verticale longitudinale, radiaire ou oblique avec une languette instable,

caractéristique d'une atteinte aiguë traumatique, cette atteinte horizontale était propre aux atteintes

d'origine dégénérative. Lors de l'arthroscopie du 27 avril 2022, le Dr E.________ avait d'ailleurs

observé la présence de chondrocalcinose, soit d'une altération susceptible d'affecter la structure

méniscale médiale et, par conséquent, de la fragiliser. Le recourant présentait par conséquent une

méniscopathie dégénérative de grade III de la corne postérieure moyenne du ménisque médiale,

sans composante traumatique.

4.2.2. En ce qui concerne la présence d'un corps libre intra-articulaire en avant du ligament croisé

antérieur (au niveau de l'échancrure intercondylienne), le médecin-conseil a constaté que l'IRM du

9 février 2022 ne montrait également aucune atteinte aiguë de type chondral ou ostéochondral

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susceptible de libérer un fragment cartilagineux ou ostéocartilagineux. Lors de l'arthroscopie, le

Dr E.________ n'avait également pas détecté d'atteinte chondrale ou ostéochondrale aiguë. Le

médecin-conseil a encore précisé qu'au regard de la littérature spécialisée, la formation d'un corps

étranger articulaire était secondaire à l'arthrose dans 90 % des cas; il s'agissait de petits fragments

cartilagineux provenant de zones chondrales altérées, susceptibles de s'ossifier au fil du temps et

de grossir dans le liquide synovial qui les nourrit. Le recourant présentait par conséquent une

ostéochondromatose secondaire, avec un corps libre intra-articulaire au genou gauche, sans

composante traumatique.

4.3.

Sur le vu de ce qui précède, en ce qui concerne plus particulièrement l'IRM du 9 février 2022,

la Cour retient que l'imagerie écarte des signes directs ou indirects en faveur d'un impact mécanique

significatif au genou gauche (au-delà d'une contusion).

Ce qui revient à penser que le recourant aurait tôt ou tard souffert inévitablement des lésions

dégénératives que l'accident du 23 janvier 2022 a révélées, mais dont il n'est pas à l'origine.

De plus, en l'absence d'un raisonnement ou d'explications plus approfondies fournies par le

recourant, il n'y a pas de raison de s'écarter de l'appréciation circonstanciée du médecin-conseil de

la SUVA, qui indique que le statu quo sine a été atteint le 23 mars 2022, soit deux mois après

l’accident du 23 janvier 2022.

En d’autres termes, le Dr H.________ – dont les observations cliniques s’accordent par ailleurs avec

celles du Dr E.________ consulté par la recourante – formule en l’espèce des conclusions qui

établissent, au degré de la vraisemblance prépondérante, que les atteintes à la santé du recourant

ne se trouvent plus en lien de causalité naturelle avec l'accident au-delà du 23 mars 2022.

Elles sont au contraire d'origine exclusivement dégénératives à compter de cette date.

Partant, c’est à bon droit que la SUVA a mis un terme aux prestations de l'assurance-accidents avec

effet au 23 mars 2022.

La caisse-maladie du recourant a d'ailleurs accepté de prester dès le 24 mars 2022.

5.

Conclusion – frais et indemnité de partie

Le recours, mal fondé, doit être rejeté.

Il n’y a pas lieu de percevoir de frais de procédure, ni d’allouer d’indemnité de partie au recourant,

qui succombe (art. 1 al. 1 LAA et art. 61 let. fbis et g LPGA).

(dispositif en page suivante)

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la Cour arrête :

I.

Le recours est rejeté.

Partant, la décision sur opposition du 20 décembre 2022 est confirmée.

II.

Il n'est pas perçu de frais de procédure, ni alloué de dépens.

III.

Notification.

Un recours en matière de droit public peut être déposé auprès du Tribunal fédéral contre le présent

jugement dans un délai de 30 jours dès sa notification. Ce délai ne peut pas être prolongé. Le

mémoire de recours sera adressé, en trois exemplaires, au Tribunal fédéral, Schweizerhofquai 6,

6004 Lucerne. Il doit indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve et être signé. Les

motifs doivent exposer succinctement en quoi le jugement attaqué viole le droit. Les moyens de

preuve en possession du recourant doivent être joints au mémoire de même qu’une copie du

jugement, avec l’enveloppe qui le contenait. La procédure devant le Tribunal fédéral n’est en principe

pas gratuite.

Fribourg, le 9 janvier 2024/obl

Le Président

Le Greffier