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EMARK-2002-11

Art. 14a al. 4 LSEE : exigibilité de l'exécution du renvoi.

Emark · 2002-05-08 · Français CH
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8. a) Selon l'art. 14a al. 4 LSEE, l'exécution du renvoi ne peut notamment pas être raisonnablement exigée si elle implique une mise en danger concrète de l'étranger. Cette disposition s'applique en premier lieu aux "réfugiés de la violence", soit aux étrangers qui ne remplissent pas les conditions de la qualité de réfugié parce qu'ils ne sont pas

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EMARK - JICRA - GICRA   2002 11/99

EMARK - JICRA - GICRA

2002 / 11

2002 / 11 - 099

Extraits de la décision de la CRA du 8 mai 2002, B. A.,

Sierra Leone

Art. 14a al. 4 LSEE : exigibilité de l'exécution du renvoi.

L'exécution du renvoi en Sierra Leone est en principe

raisonnablement exigible.

Art. 14a Abs. 4 ANAG: Zumutbarkeit des Wegweisungsvollzuges.

Grundsätzliche Zumutbarkeit des Wegweisungsvollzuges nach

Sierra Leone.

Art. 14a cpv. 4 LDDS: esigibilità dell'esecuzione

dell'allontanamento.

L'esecuzione dell'allontanamento verso la Sierra Leone è

di regola ragionevolmente esigibile.

Extraits des considérants :

8. a) Selon l'art. 14a al. 4 LSEE, l'exécution du renvoi ne peut notamment

pas être raisonnablement exigée si elle implique une mise en danger concrète

de l'étranger. Cette disposition s'applique en premier lieu aux

"réfugiés de la violence", soit aux étrangers qui ne remplissent

pas les conditions de la qualité de réfugié parce qu'ils ne sont pas

personnellement persécutés, mais qui fuient des situations de guerre, de

guerre civile ou de violences généralisées, et ensuite aux personnes pour qui

un retour reviendrait à les mettre concrètement en danger, notamment parce

qu'elles ne pourraient plus recevoir les soins dont elles ont besoin.

L'autorité à qui incombe la décision doit donc dans chaque cas confronter les

aspects humanitaires liés à la situation dans laquelle se trouverait

l'étranger concerné dans son pays après l'exécution du renvoi à l'intérêt

public militant en faveur de son éloignement de Suisse (

JICRA

1999 n° 28 p. 170

et jurisp. citée;

1998

n° 22 p. 191

).

[…]

c) S'agissant de la situation générale prévalant en Sierra Leone, des

changements importants constatés récemment amènent la Commission à revoir

son appréciation en ce qui concerne la mise en danger concrète de

ressortissants de ce pays en cas de renvoi dans leur pays d'origine. Depuis la

dernière jurisprudence

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publiée (

JICRA 1999 n° 28

), la situation

s'était dégradée, ce qui avait conduit la Commission à ne plus prononcer

provisoirement d'exécution du renvoi en Sierra Leone.

Aujourd'hui, la Commission constate qu'après plus de dix ans de violences et

de combats en Sierra Leone, une évolution positive a eu lieu ces derniers mois,

qui a abouti le 17 janvier 2002 à la proclamation de la fin de la guerre civile

par le président Ahmad Tajan Kabbah et son principal contradicteur, le

Revolutionary United Front (RUF), et à l'annonce officielle du succès du

programme de désarmement. Certes, la mise en œuvre de l'accord de paix signé

à Lomé le 7 juillet 1999 et du programme visant au désarmement, à la

démobilisation et à la reconversion des combattants ("DDR program")

a été difficile, et le long processus de paix, engagé dès 1995, a été

plusieurs fois menacé au cours des dernières années. Toutefois, l'accord

intervenu le 17 janvier 2002 entre le gouvernement sierra léonais et les

rebelles du RUF marque une étape significative dans la pacification en cours.

Si la guerre a officiellement pris fin en Sierra Leone, la situation

générale de ce pays n'en reste pas moins précaire et encore quelque peu

incertaine. Ainsi, l'on ne saurait considérer que la sécurité soit rétablie

partout et l'infrastructure médicale reste largement insuffisante. Cependant,

les évènements de ces derniers mois et les efforts accomplis durant l'année

2001 témoignent de la volonté du gouvernement, comme du RUF et de la

communauté internationale, de mettre enfin un terme à cette décennie de

guerre civile.

La Mission d'observation des Nations Unies en Sierra Leone (UNOMSIL),

instituée le 13 juillet 1998 par le Conseil de sécurité de l'ONU a été

remplacée, le 22 octobre 1999, par la Mission des Nations Unies en Sierra Leone

(UNAMSIL/MINUSIL) dont l'envergure et les tâches sont beaucoup plus

importantes. L'UNAMSIL, en collaboration avec les forces d'interposition de la

Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (ECOMOG), est

parvenue, depuis le mois de mai 2001, à désarmer plus de 40'000 combattants

dans toutes les régions du pays, et ainsi à mener à terme le programme de

désarmement. La présence des 17'400 militaires de l'UNAMSIL, en particulier à

Freetown et dans le Nord du pays, a également grandement contribué à

améliorer la sécurité générale en Sierra Leone, et la libre circulation des

personnes. Elle a aussi aidé le pouvoir en place à renforcer son autorité sur

l'ensemble du territoire.

Si le programme de désarmement est aujourd'hui achevé, tous les anciens

combattants n'ont pas encore pu être réinsérés dans la société. Cependant,

des milliers d'entre eux ont déjà reçu une aide financière ou ont pu

bénéficier de pro-

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grammes de formation. Par ailleurs, le gouvernement sierra léonais, ainsi

que les représentants du RUF et de l'UNAMSIL, ont fait savoir, dans leur

communiqué du 17 janvier 2002, qu'ils avaient l'intention de mettre en œuvre

un programme commun de collecte et de destruction des armes qui circuleraient

encore au sein de la population sierra léonaise, et qui n'étaient pas visées

par le programme DDR. Les représentants du RUF se sont également engagés à

transformer leur mouvement en un véritable parti politique, en vue des

élections présidentielles et parlementaires qui auront lieu le 14 mai 2002**.

Cette transformation ne pourra se faire sans la collaboration des autorités

sierra léonaises. L'ONU, quant à elle, apporte, depuis l'automne dernier

déjà, son soutien logistique, technique et financier à la préparation de ces

élections, et, par le biais de l'UNAMSIL, elle veillera à leur bon

déroulement. De plus, le 16 janvier 2002, et conformément à la résolution du

Conseil de sécurité du 14 août 2000 (résolution 1315/2000), l'ONU a conclu

un accord avec le gouvernement de Ahmad Tajan Kabbah concernant la création

d'un Tribunal spécial pour la Sierra Leone. Ce Tribunal aura pour vocation de

poursuivre et juger les personnes responsables des graves violations du droit

international humanitaire et du droit national sierra léonais commises depuis

1996.

Ainsi, grâce aux efforts réalisés par chacune des parties au conflit et eu

égard aux perspectives encourageantes évoquées plus haut, un certain climat

de sécurité et de paix s'est progressivement installé en Sierra Leone. On en

veut pour preuve le retour en Sierra Leone de plusieurs dizaines de milliers de

réfugiés, qui avaient choisi de quitter leur pays et de fuir en Guinée ou au

Libéria (cf. les données fournies par le HCR dans le cadre du 12ème Rapport

du Secrétaire général de l'ONU au sujet de la mission des Nations-Unies en

Sierra Leone du 13 décembre 2001).

Ainsi, la situation actuelle en Sierra Leone ne justifie plus que l'on

renonce de manière systématique, et quelles que soient les circonstances du

cas d'espèce, au renvoi de tous les ressortissants de cet Etat.

d) En l'occurrence, il ne ressort pas du dossier de B. A. que l'exécution de

son renvoi impliquerait pour lui, et de manière ciblée, une mise en danger

concrète et personnelle. Il est en effet jeune, célibataire, en bonne santé

et a toujours vécu à Freetown, ville qu'il a quittée il y a six mois à

peine.

e) Pour ces motifs, l'exécution du renvoi doit être considérée comme

raisonnablement exigible.

** ndlr. Le Président sortant Ahmad Tajan Kabbah a été reconduit dans ses

fonctions lors des éléctions du 14 mai 2002.

©

29.07.02