1. La notion de persécution au sens de cette disposition sentend dans son acception large : elle comprend non seulement les sérieux préjudices de lart. 3 LAsi mais également les obstacles à lexécution du renvoi prévus aux art. 18, al. 1 [nouveau : art. 44, al. 2] LAsi et 14a, al. 2 à 4 LSEE, soit en particulier les mauvais traitements visés par les
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EMARK - JICRA - GICRA 1999 17/112
EMARK - JICRA - GICRA
1999 / 17
1999 / 17 - 112
Extraits de la décision de la CRA du 23 juin 1999, M.S., Mauritanie
[
English Summary
]
Art. 16, al. 1, let. abis [nouveau : art. 32, al. 2, let. a]
LAsi
[1]
:
non-entrée en matière sur une demande dasile pour non-production de papiers
didentité.
1. La notion de persécution au sens de cette
disposition sentend dans son acception large : elle comprend non seulement
les sérieux préjudices de lart. 3 LAsi mais également les obstacles à lexécution
du renvoi prévus aux art. 18, al. 1 [nouveau : art. 44, al. 2] LAsi et 14a,
al. 2 à 4 LSEE, soit en particulier les mauvais traitements visés par les
art. 3 CEDH et 3 conv. torture (consid. 4a).
2. Lorsque des indices de persécution napparaissent
pas manifestement infondés, lart. 16, al. 1, let. abis [nouveau : art. 32
al. 2 let. a] LAsi nest pas applicable; dans ce cas, il y a lieu dentrer
en matière sur la demande dasile, dexaminer au fond la qualité de
réfugié et dapprécier la vraisemblance des motifs invoqués au regard
des critères plus sévères posés en la matière par lart. 12a [nouveau :
art. 7] LAsi (consid. 4b).
Art. 16 Abs. 1 Bst. abis [neu: Art. 32 Abs. 2 Bst. a] AsylG
[2]
: Nichteintreten auf Asylgesuch wegen unterlassener
Abgabe von Identitätspapieren.
1. Für die Prüfung von Hinweisen auf Verfolgung im
Sinne dieser Bestimmung ist ein weiter Verfolgungsbegriff anzuwenden, welcher
nicht bloss ernsthafte Nachteile nach Art. 3 AsylG umfasst, sondern auch
Wegweisungshindernisse im Sinne der Art. 18 Abs. 1 [neu : Art. 44 Abs. 2]
AsylG und Art. 14a Abs. 2 - 4 ANAG, insbesondere eine von Art. 3 EMRK oder
Art. 3 FoK erfasste menschenrechtswidrige Behandlung (Erw. 4a).
[1] N.d.l.r. : sagissant des
décisions davant le 1er octobre 1999, ce sont les articles de la LAsi du 5
octobre 1979 qui sont cités. Pour le texte légal, on se référera à la note
marginale de l'art. 120 (dispositions finales) LAsi du 26 juin 1998 (RS 142.31).
[2] Anm. der Red.: Bei vor dem 1.
Oktober 1999 ergangenen Entscheiden werden die Gesetzesartikel des AsylG vom 5.
Oktober 1979 zitiert. Zum Gesetzestext vgl. die Fussnote zu Art. 120
(Schlussbestimmungen) des AsylG vom 26. Juni 1998 (SR 142.31).
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2. Erscheinen die Hinweise auf Verfolgung nicht als
offensichtlich haltlos, findet Art. 16 Abs. 1 Bst. abis [neu: Art. 32 Abs. 2
Bst. a] AsylG keine Anwendung; in diesem Fall ist auf das Asylgesuch
einzutreten und die Flüchtlingseigenschaft in materieller Hinsicht zu
prüfen, wobei die Beurteilung der Glaubhaftigkeit der vorgebrachten Gründe
den strengeren Kriterien von Art. 12a [neu : Art. 7] AsylG unterliegt
(Erw. 4b).
Art. 16 cpv. 1 lett. abis [nuovo: art. 32 cpv. 2 lett. a] LAsi
[3]
:
indizi di persecuzione e non entrata nel merito di una domanda dasilo per
mancata consegna di documenti didentificazione.
1. La nozione di persecuzione ai sensi della
menzionata disposizione sintende in senso lato : comprende non
soltanto i seri pregiudizi previsti dallart. 3 LAsi, ma pure gli ostacoli
allesecuzione dellallontanamento di cui agli art. 18 cpv. 1 [nuovo: art.
44 cpv. 2] LAsi e 14a cpv. 2 a 4 LDDS, segnatamente i trattamenti vietati dallart.
3 CEDU e 3 Conv. tortura (consid. 4a).
2. Allorquando gli indizi di persecuzione non
appaiono manifestamente infondati, lart. 16 cpv. 1 lett. abis [nuovo: art.
32 cpv. 2 lett. a] LAsi non è applicabile; in questo caso, vi è motivo
dentrare nel merito della domanda dasilo, desaminare nel merito la
qualità di rifugiato, e dapprezzare la verosimiglianza dei motivi invocati
secondo i criteri più severi dellart. 12a [nuovo: art. 7] LAsi (consid.
4b).
Résumé des faits :
Le 11 avril 1999, M. S., ressortissant mauritanien, est entré en Suisse et y
a déposé le même jour une demande dasile. Lors de ses auditions des 13
avril et 6 mai 1999, il a exposé avoir travaillé depuis son enfance comme
gardien de troupeau au service de son grand-père ou dun important
commerçant mauritanien nommé A. O. En janvier 1989, son père aurait été
tué à coups de couteau
[3] Nota redazionale: per le sentenze
rese prima del 1°ottobre 1999 sono citati gli articoli della LAsi del 5 ottobre
1979. Per il testo legale, va fatto riferimento alla nota marginale dellart.
120 (disposizioni finali) LAsi del 26 giugno 1998 (RS 142.31).
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par un inconnu ou par un Arabe blanc. Le 29 janvier 1999, il aurait quitté
la Mauritanie. Il a précisé quen cas de retour dans son pays, il serait
très certainement tué à cause de son origine ethnique car, daprès lui,
les Arabes noirs mauritaniens ne sont pas mieux traités que les animaux. Il na
produit aucun papier didentité ou de voyage.
Par décision du 2 juin 1999, lODR, faisant application de lart. 16,
al. 1, let. 1abis LAsi, nest pas entré en matière sur la demande dasile
de M. S., a prononcé le renvoi immédiat de celui-ci et ordonné lexécution
de cette mesure.
Dans son recours administratif du 9 juin 1999, lintéressé a conclu à lannulation
de la décision de première instance ainsi quà lentrée en matière sur
sa demande dasile.
La Commission a rejeté le recours.
Extraits des considérants :
3. Aux termes de lart. 16, al. 1, let. abis LAsi, il nest pas entré en
matière sur une demande lorsque le requérant na pas remis aux autorités,
dans un délai de 48 heures après le dépôt de sa demande dasile, ses
documents de voyage ou dautres documents permettant de lidentifier; cette
disposition nest applicable ni lorsque le requérant rend vraisemblable que,
pour des motifs excusables, il ne peut pas le faire, ni sil existe
des indices de persécution qui ne sont pas manifestement sans fondement. Ces
deux exceptions sont de nature alternative : il suffit que lune delles
soit réalisée pour que la décision de non-entrée en matière soit annulée
et laffaire jugée au fond. Il convient ainsi dexaminer en premier lieu si
cest à bon droit que lODR a nié lexistence dindices de
persécution.
4. a) La notion de persécution contenue dans la disposition précitée
revêt une portée identique à celle des art. 13, 13d, al. 4, et 16, al. 2 LAsi.
Elle comprend non seulement les sérieux préjudices mentionnés à lart. 3
LAsi (qualité de réfugié), mais également les obstacles à lexécution du
renvoi prévus aux art. 18, al. 1 LAsi et 14a, al. 2 à 4 LSEE. Il sagit en
particulier des persécutions visées par lart. 3 CEDH et lart. 3 de la
Conv. torture (cf. à ce propos
JICRA
1993 no 16, consid. 5, p. 104
;
no 17,
consid. 3 b, p. 113
s;
no 30,
consid. 8, p. 216
;
1994 no 6, consid.
6, p. 52
s;
1997 no 19, consid. 8 a, p. 165
et
no 23, consid. 3, p. 185
s).
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b) Les exigences relatives au degré de la preuve auxquelles se réfère
le Conseil fédéral dans son message du 13 mai 1998 (FF 1998, p. 2829 ss.)
recouvrent celles de la jurisprudence de la Commission se rapportant à lart.
16, al. 2 LAsi: lorsque les indices de persécution invoqués napparaissent
pas prima facie comme étant dépourvus de crédibilité, la qualité de
réfugié doit être examinée au fond et la vraisemblance des allégués du
recourant appréciée au regard des critères plus sévères en la matière
posés par lart. 12a LAsi. Un examen matériel à titre préjudiciel de la
qualité de réfugié ne saurait être admis (cf.
JICRA 1993
no 16, consid. 5 et 6, p. 104
s;
no
17, consid. 3 b, p. 113
;
1998 no 33, consid.
4 b, p. 276
).
5. a) En loccurrence, la Commission rappelle demblée que linstitution
de lesclavage a été officiellement abolie en Mauritanie en 1980. La pratique
socio-économique de la servitude, certes non encore totalement éradiquée dans
la société mauritanienne, est néanmoins combattue par le pouvoir grâce
à la modernisation des circuits économiques et à un accès élargi des
descendants desclaves à lécole (cf. p. 18 de lexemplaire
no 109 du journal "Le Nouvel Afrique Asie" du mois doctobre
1998; voir aussi à ce sujet le chapitre 6, let. c, p. 18s du rapport 1998
du Département dEtat américain sur les droits de lhomme en Mauritanie
concernant la rubrique relative à linterdiction du travail forcé). A cet
égard, lon ne saurait voir dans la modestie des contre-prestations
octroyées au recourant en échange de son travail de berger (une paire de
chaussures en plastique et des repas) un indice autorisant à penser que
lui-même ou ses proches aient été soumis au joug dA. O. Dès la disparition de
ses parents, lintéressé a, en effet, immédiatement cessé son travail pour
quitter rapidement et sans difficulté apparente la Mauritanie. Il na, à
tout le moins, jamais prétendu quA. O. le faisait rechercher pour le punir
de son départ précipité. En dépit, dune part, de certaines tensions
existant entre les diverses communautés du pays et de discriminations sociales
pouvant, dautre part, encore aujourdhui frapper les Maures noirs
ainsi que les autres minorités ethniques négro-africaines de Mauritanie (voir
sur ce dernier point le rapport précité du Département dEtat,
p. 15), M. S. ne peut non plus sérieusement soutenir que sa seule
origine ethnique lexpose à un risque de persécution (officielle ou privée)
puis délimination en cas de retour dans son pays dont les autorités ne le
recherchent du reste pas. Labsence de violence généralisée en
Mauritanie mais aussi la situation personnelle de lintéressé - jeune et en
bonne santé - excluent également tout danger concret au sens de lart. 14a,
al. 4 LSEE et de la jurisprudence de la Commission (cf.
JICRA
1994 no 18, p. 140
s,
no 19, p. 147
s,
et
no 20, p. 156
;
JICRA 1995 no
5, p. 47
).
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Vu ce qui précède, cest à juste titre que lODR a nié
lexistence dindices de persécution au sens de lart. 16, al. 1, let.
abis LAsi (cf. consid. 4 b, ci-dessus).
b) Enfin, le recourant, qui na pas livré dexplication satisfaisante
sur les divergences de ses déclarations relatives aux circonstances de la perte
de sa carte didentité, na, de surcroît, fourni aucun dargument
de nature à excuser le défaut de production des documents didentité
exigés par la loi dans un délai de 48 heures au plus tard suivant la
présentation de la demande dasile (cf. art. 16, al. 1, let. abis
LAsi, 2ème part.).
c) Dans ces conditions, le chef de conclusion dirigé contre le refus de lODR
dentrer en matière sur la demande dasile de M. S. doit être rejeté et
la décision de première instance confirmée sur ce point.
6. En même temps quil rejette la demande dasile ou quil refuse dentrer
en matière à ce sujet, lODR prononce, en règle générale, le renvoi de
Suisse et en ordonne lexécution; il tient compte du principe de lunité
de la famille (cf. art. 17, al. 2 LAsi).
Si lexécution du renvoi nest pas possible, est illicite ou ne peut
être raisonnablement exigée (cf. art. 14a, al. 2 à 4 LSEE), lODR règle
les conditions de résidence conformément aux dispositions légales sur ladmission
provisoire des étrangers (cf. art. 18, al. 1 LAsi).
7. En labsence dun droit à une autorisation de séjour en Suisse, la
Commis- sion est tenue, de par la loi, de confirmer le renvoi prononcé par lODR.
8. Pour les motifs déjà exposés plus haut, lexécution du renvoi doit
être considérée comme licite et exigible (cf. consid. 5 a, ci-dessus).
Elle est également possible, le recourant pouvant entreprendre
toute démarche nécessaire auprès dune représentation ou dun consulat
de Mauritanie (dont les autorités lui auraient délivré une carte didentité)
en vue dobtenir les papiers nécessaires à son retour dans son pays dorigine.
9. Au vu des considérants 6 à 8 ci-dessus, la décision entreprise, en tant
quelle prononce le renvoi de M. S. et lexécution de cette mesure, doit ainsi
être confirmée.
©
04.06.02