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79_III_138

BGE 79 III 138

Bundesgericht (BGE) · 1953-05-12 · Français CH
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Schuldbetreibungs- und Konkursrecht. N° 31.

31. Arr@t du 12 mai 1953 dans la cause Bonesio.

Poursuites entre epoux, art. 173 CC.

La poursuite consooutive au sequestre ne peut etre annulee pour

violation de l'art. 173 CC si le sequestre subsiste (consid. 2).

Pouvoir d'examen du prepose aux poursuites charge d'executer

un sequestre. Lorsqu'un sequestre a ete obtenu par un epoux

sur les biens de son conjoint domicilie a l'etranger, le prepose

aux poursuites doit l'exoouter sans rechercher s'il viole l'art. 173

CC (consid. 3).

Zwangsvollstreckung unter Ehegatten, Art. 173 ZGB.

Die auf einen Arrest gestützte Betreibung darf nicht als gegen

Art. 173 ZGB verstossend aufgehoben werden, wenn der Arrest

bestehen bleibt (Erw. 2).

Prüfungsbefugnis des mit dem Arrestvollzug beauftragten Betrei-

bungsamtes. Ist einem Ehegatten die Arrestierung von Ver-

mögen des andern mit Wohnsitz im Auslande bewilligt, so hat

das Betreibungsamt dem Arrestbefehl nachzukommen, ohne zu

prüfen, ob er den Art. 173 ZGB verletze (Erw. 3).

Esecuzione fra coniugi, art. 173 CC.

L'esecusione consecutiva al sequestro non puo essere annullata

per violazione dell'art. 173 CC quando il sequestro sussiste

(consid. 2).

Sindacato dell'ufficiale d'esecuzione incaricato di eseguire il

sequestro. Quando il sequestro e stato ottenuto da un coniuge

sui beni dell'altro coniuge domiciliato all'estero, l'ufficiale

d'esecuzione deve eseguirlo senza esaminare se viola l'art. 173

CC (consid. 3).

A. -

Le 25 novembre 1952, dame Bonesio a obtenu,

contre son mari emigre au Bresil, une ordonnance de

sequestre pour une creance de 10 000 fr. constituant

pretendument sa part du benefice realise durant l'union

conjugale. Le 8 decembre 1952, eile a intente une poursuite

consecutive au sequestre.

B. -Bonesio a porte plainte en demandant l'annulation

de la poursuite dirigee contre lui. Admise par l'Autorite

de surveillance de premiere instance, la plainte a ete

rejetee par l'Autorite superieure, par am% du 19 mars

1953.

0. -

Bonesio defäre la cause au Tribunal föderal en

concluant a l'annulation du sequestre et de la poursuite.

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Schuldbetreibungs- und Konkursrecht. No 31.

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Oonsiderant en droit :

1. -

Devant les juridictions cantonales, la plainte

n'etait dirigee que contre la poursuite. Dans son recours

au Tribunal fäderal, le plaignant conclut egalement a

l'annulation du sequestre. II s'agit Ia d'un nouveau chef

de conclusions qui n'est pas recevable (art. 79 OJ). Toute-

fois, cette irrecevabilite n'empeche l'annulation du se-

questre que si cette mesure ne peut pas etre prise d'office.

2. -

Le recourant pretend que la poursuite dirigee

contre lui est contraire a l'art. 173 CC. II faut relever

cependant qu'elle est consecutive au sequestre et qu'elle

est destinee a le parfaire (art. 278 al. 1 LP). Elle en est

donc etroitement dependante et il serait illogique de

l'annuler pour violation de l'art. 173 CC si on laisse sub-

sister le sequestre obtenu par dame Bonesio sur les biens

de son epoux. Le sort de la poursuite depend donc, en

definitive, de celui du sequestre.

3. -

Dans son arret Florin (RO 64 III 128), le Tribunal

federal a declare que le prepose aux poursuites est subor-

donne a l'autorite de sequestre et qu'il ne lui appartient

pas, ni aux autorites de sUI'V'eillance, de contröler le bien-

fonde des ordonnances de sequestre. Si l'on applique

cette regle en l'espece, Oll. doit s'abstenir de juger si

le sequestre est legal; Oll ne peut que le laisser subsister,

de meme que la poursuite qui lui est consecutive.

On peut cependant se demander si le principe exprime

dans l'arret Florin n'est pas trop absolu et s'il n'y aurait

pas lieu de le temperer en decidant que l'execution d'un

sequestre qui viole manifestement une disposition impe-

rative de la loi doit etre refusee par le prepose aux pour-

suites et annulee d'office par l'autorite de surveillance.

Mais cette question peut rester indecise, car elle ne saurait

exercer aucune influence sur la solution du cas d'espece.

En eflet, pour qu'il soit d'emblee evident qu'un sequestre

ordonne a la requete d'un epoux sur les biens de son

conjoint domicilie a l'etranger est contraire a l'art. 173 cc

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et pour que, par consequent, son execution doive etre

refusee (RO 63 III 143), il faudrait que cette mesure

soit toujours interdite dans ce cas. Si elle est permise

a certaines conditions, ce n'est qu'apres avoir verifi.e

l'existence de ces dernieres qu'on peut juger si le sequestre

viole l'art. 173 CC et un tel contröle n'incombe ni au prepose

aux poursuites ni aux autorites de surveillance (RO 64 III

128). ür, Oll doit precisement admettre qu'un epoux

peut, dans certaines circonstances, faire sequestrer les

biens de son conjoint domicilie a l'etranger. En effet, si

l'on veut appliquer au sequestre la defense generale de

l'art. 173 CC, Oll doit aussi faire beneficier les epoux des

temperaments que les art. 174 et 176 cc apportent a

cette disposition legale. Applique seul, l'art. 173 CC

serait trop rigoureux et risquerait de Ieser gravement les

interets de l'epoux creancier. Meme si l'on ne deduit pas

de ces considerations que le sequestre est toujours permis

entre conjoints quand le debiteur est domicilie a l'etranger

(solution envisagee par l'arret RO 63 III 143), on doit

regarder cette mesure comme possible a tout le moins

lorsque le creancier pourrait effectivement recourir aux

moyens prevus par les art. 174 et 176 CC si les deux

conjoints etaient domicilies en Suisse. Ainsi, il n'est

jamais evident d'emblee qu'un sequestre obtenu par un

epoux sur les biens de son conjoint domicilie a l'etranger

viole l'art. 173 CC. Meme si l'on voulait apporter une

restriction aux principes developpes dans l'arret Florin,

elle serait inoperante dans un tel cas.

En l'espece, les autorites de surveillance ne pouvaient

donc annuler d'offi.ce les mesures prises par l'office des

poursuites pour executer le sequestre ordonne sur requete

de dame Bonesio. Des lors, ce sequestre doit subsister,

de meme que la poursuite consecutive au sequestre.

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Schuldbetreibungs- und Konkursrecht. No 32.

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32. Arr4'\t du 3 juillet 1953 dans Ia cause Studer, Koller S.A.

Bien que l'art. 316 lettre m LP ne cite que les art. 213 et 214 LP,

l'art. 216 LP est egalement applicable en cas de liquidation dans

une procooure de concordat par abandon d'actif.

Bei der Liquidation zufolge Nachlassvertrages mit Vermögens-

abtretung ist Art. 216 SchKG ebenfalls anwendbar, obschon

Art. 316 lit. m SchKG nur die Art. 213 und 214 SchKG auführt.

Sebbene l'art. 316 lett. m LEF menzioni soltanto gli art. 213 e

214 LEF, anche l'art. 216 LEF e applicabile alla liquidazione

in una procedura di concordato con abbandono dell'attivo.

A. -

La societe Studer, Koller S.A„ a Lucerne, qui est

elle-meme en liquidation apres avoir obtenu un concordat

par abandon d'actif, a produit dans la faillite d'Edouard

Studer une creance de 153 232 fr. 78. Cette creance a ete

admise en totalite. Dans la colonne des observations de

l'etat de collocation, l'administration de la faillite a cepen-

dant fait figurer l'observation suivante: ((Sous reserve

d'imputer (du dividende afferent a cette creance) le mon-

tant des dividendes que la masse devra verser aux crean-

ciers de Studer, Koller S.A. pour les cautionnements du

failli)). D'apres le tableau de distribution depose le 25 fävrier

1953, le dividende afferent a la creance de Studer, Koller

S.A. s'elevait a 1718 fr. 80. L'administration de la faillite

a declare compenser cette somme avec celle de 2093 fr. 85

representant les dividendes a payer par le failli sur les

engagements pris au profit de Studer-Koller S.A.

Studer-Koller S.A. a porte plainte contre cette decision

en contestant la legitimite de la compensation.

B. -

Par decision du 13 avril 1953, l'autorite infärieure

de surveillance a admis la plainte.

Sur recours de l'administration de la faillite, l'autorite

superieure de surveillance a reforme la decision de l'autorite

infärieure dans le sens du rejet de la plainte.

G. -

Studer, Koller S.A. a recouru a la Chambre des

poursuites et des faillites du Tribunal fäderal en reprenant

les conclusions de la plainte.