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79_III_108

BGE 79 III 108

Bundesgericht (BGE) ·III · 1953-08-31 · Français CH
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Sachverhalt

A la requisition de Me Claude Gauthier, l'office

des poursuites de Geneve a saisi, le 30 juin 1952, au pre-

judice de Theo Gerber, une automobile sport Simca,

modele 1950. Delle Gasser, qui vit avec Gerber, a reven-

dique la propriete de cette voiture. Me Gauthier a conteste

cette revendication et obtenu un jugement faisant droit

a ses conclusions. Ce jugement a ete frappe d'appel.

L'office des poursuites ayant alors invite Gerber a lui

remettre !'automobile saisie a la demande de Me Gauthier,

Gerber et Delle Gasser ont porte plainte, en concluant a

l'annulation de cette decision. Par decision du 27 juillet

1953, l'Autorite de surveillance a rejete la plainte.

Gerber et Delle Gasser ont recouru a la Chambre des

poursuites et des faillites du Tribunal föderal en reprenant

leurs conclusions.

Gonsiderant en droit :

Selon les termes memes de l'art. 98 al. 3 LP, la question

de savoir s'il y a lieu d'ordonner la remise a l'office des

biens saisis est une question qui est du ressort du prepose

et des autorites cantonales de surveillance. La Chambre

des poursuites et des faillites du Tribunal fäderal ne sau-

rait intervenir en ce domaine que dans le cas ou l'autorite

cantonale aurait excede les limites de son pouvoir d'appre-

ciation. Or tel n'est pas le cas en l'espece. Le motif par

lequel l'autorite cantonale a juge opportun d'inviter le

debiteur a remettre l'automobile litigieuse a l'office, a

savoir que ce vehicule dont le debiteur se servait constam-

ment depuis la saisie, c'est-a-dire pendant plus d'un an,

se depreciait chaque jour davantage, justifie pleinement

la decision attaquee.

Le second moyen des recours, consistant a dire que

!'automobile etait en la possession de Delle Gasser, autre-

ment dit en la possession d'un tiers, et que ce fait suffisait

110

Schuldbetreibungs- und Konkursrecht. N° 24.

a empecher l'office de la prendre SOUS Sa garde tant que la

revend.ication de Delle Gasser n'avait pas ete rejetee defi-

nitivement, n'est pas fonde. II le serait, il est vrai, selon

l'art. 98 al. 4 LP, s'il fallait considerer Delle Gasser comme

etant effectivement le possesseur de ce vehicule (cf. JAEGER,

art. 98 note 13 et RO 39 I 294), mais cela n'est pas le cas.

La decision attaquee constate en effet que le debiteur s'est

constamment servi de !'automobile depuis le moment de

la saisie et, selon le rapport de l'office, si le permis de circu-

lation est bien au nom de Delle Gasser, cette derniere ne

possede pas de permis de conduire et elle n'a d'ailleurs pas

pretendu utiliser personnellement le vehicule ou en avoir

besoin pour l'exercice d'une profession. Elle n'en a donc

pas en taut cas la possession exclusive; taut au plus ne

l'utilise-t-elle qu'avec le debiteur. Or le'tiers revend.iquant

qui met de la sorte le debiteur en mesure d'exercer un

pouvoir de fait aussi etendu sur le bien saisi peut etre tenu,

lorsque sont realisees les conditions prevues par l'art. 98

al. 3 LP, de remettre ce bien a l'office tant que dure la

saisie.

Peu importe que l'office ait introduit la procedure de

l'art. 109 LP. C'est peut-etre a tort; il suffisait cependant,

pour l'application de l'art. 109 LP, que Delle Gasser put

etre consideree comme copossesseur de l'automobile, la

copossession n'excluant pas l'application de l'art. 98 CP,

ainsi qu'on vient de le dire. A premiere vue cela pourrait

paraitre illogique, mais dans les circonstances du cas, il se

justifie, pour ce qui est de l'application de l'art. 98, et a la

d.ifference de celle des art. 106 a 109 LP, de ne pas assi-

miler le cas ou le tiers est copossesseur du bfon saisi a celui

ou il en est seul possesseur. Le fait que c'est au tiers qui

partage avec le debiteur la possession du bien saisi que la

loi confie le röle de defendeur dans le proces en revend.ica-

tion n'est pas une raison pour exclure l'application de

l'art. 98 LP dans le cas, ou, comme en l'espece, le tiers

autorise le debiteur a se servir librement du bien en ques-

tion. On ne saurait, en effet, en pareil cas, faire supporter

Schuldbetreibungs- und Konkursrecht. No 25.

lll

au creancier les inconvenients et les risques qu'un tel

etat de chose peut comporter.

Le Tribunal föderal, dans l'arret Kiefer (RO 39 I consid. 2

p. 148) semble, il est vrai, avoir admis implicitement que

le bien saisi ne pouvait etre place SOUS la garde de l'o:ffice

lorsque le tiers revendiquant en partageait la possession

avec le debiteur. Quoi qu'il en soit, cette opinion ne sau-

rait etre maintenue, c'ar elle aurait pour consequence, par

exemple, qu'il su:ffirait que la femme du debiteur mariee

SOUS le regime de l'union des biens et faisant menage

commun avec lui revendiquat la propriete de la chose

saisie pour empecher l'o:ffice de la prendre saus sa garde,

et cela meme dans le cas ou l'on aurait affaire a un debiteur

ind.igne de confiance.

La Chambre des poursuites et des faillites prononce :

Les recours sont rejetes.

Volltext (verifizierbarer Originaltext)

24. Arri!t du 31 aout 1953 dans la cause Gasser et Gerber.

Le fait qu'un tiers partage avec le debiteur la possession des biens

saisis n'exclut pas necessairement la possibilite de les placer

sous la garde de l'office (art. 98 LP).

Der Umstand, dass ein Dritter den Gewahrsam an den gepfän-

deten Sachen mit dem Schuldner teilt, schliesst nicht unbedingt

aus, dass das Amt sie in Verwahru.gnimmt (Art. 98 SchKG).

Schuldbetreibungs- und Konkursrecht. No 24.

109

II fatto ehe un terzo condivide il possesso dei beni pignorati non

impedisce senz'altro all'ufficio di prenderli in custodia (art. 98

LEF).

A. -

A la requisition de Me Claude Gauthier, l'office

des poursuites de Geneve a saisi, le 30 juin 1952, au pre-

judice de Theo Gerber, une automobile sport Simca,

modele 1950. Delle Gasser, qui vit avec Gerber, a reven-

dique la propriete de cette voiture. Me Gauthier a conteste

cette revendication et obtenu un jugement faisant droit

a ses conclusions. Ce jugement a ete frappe d'appel.

L'office des poursuites ayant alors invite Gerber a lui

remettre !'automobile saisie a la demande de Me Gauthier,

Gerber et Delle Gasser ont porte plainte, en concluant a

l'annulation de cette decision. Par decision du 27 juillet

1953, l'Autorite de surveillance a rejete la plainte.

Gerber et Delle Gasser ont recouru a la Chambre des

poursuites et des faillites du Tribunal föderal en reprenant

leurs conclusions.

Gonsiderant en droit :

Selon les termes memes de l'art. 98 al. 3 LP, la question

de savoir s'il y a lieu d'ordonner la remise a l'office des

biens saisis est une question qui est du ressort du prepose

et des autorites cantonales de surveillance. La Chambre

des poursuites et des faillites du Tribunal fäderal ne sau-

rait intervenir en ce domaine que dans le cas ou l'autorite

cantonale aurait excede les limites de son pouvoir d'appre-

ciation. Or tel n'est pas le cas en l'espece. Le motif par

lequel l'autorite cantonale a juge opportun d'inviter le

debiteur a remettre l'automobile litigieuse a l'office, a

savoir que ce vehicule dont le debiteur se servait constam-

ment depuis la saisie, c'est-a-dire pendant plus d'un an,

se depreciait chaque jour davantage, justifie pleinement

la decision attaquee.

Le second moyen des recours, consistant a dire que

!'automobile etait en la possession de Delle Gasser, autre-

ment dit en la possession d'un tiers, et que ce fait suffisait

110

Schuldbetreibungs- und Konkursrecht. N° 24.

a empecher l'office de la prendre SOUS Sa garde tant que la

revend.ication de Delle Gasser n'avait pas ete rejetee defi-

nitivement, n'est pas fonde. II le serait, il est vrai, selon

l'art. 98 al. 4 LP, s'il fallait considerer Delle Gasser comme

etant effectivement le possesseur de ce vehicule (cf. JAEGER,

art. 98 note 13 et RO 39 I 294), mais cela n'est pas le cas.

La decision attaquee constate en effet que le debiteur s'est

constamment servi de !'automobile depuis le moment de

la saisie et, selon le rapport de l'office, si le permis de circu-

lation est bien au nom de Delle Gasser, cette derniere ne

possede pas de permis de conduire et elle n'a d'ailleurs pas

pretendu utiliser personnellement le vehicule ou en avoir

besoin pour l'exercice d'une profession. Elle n'en a donc

pas en taut cas la possession exclusive; taut au plus ne

l'utilise-t-elle qu'avec le debiteur. Or le'tiers revend.iquant

qui met de la sorte le debiteur en mesure d'exercer un

pouvoir de fait aussi etendu sur le bien saisi peut etre tenu,

lorsque sont realisees les conditions prevues par l'art. 98

al. 3 LP, de remettre ce bien a l'office tant que dure la

saisie.

Peu importe que l'office ait introduit la procedure de

l'art. 109 LP. C'est peut-etre a tort; il suffisait cependant,

pour l'application de l'art. 109 LP, que Delle Gasser put

etre consideree comme copossesseur de l'automobile, la

copossession n'excluant pas l'application de l'art. 98 CP,

ainsi qu'on vient de le dire. A premiere vue cela pourrait

paraitre illogique, mais dans les circonstances du cas, il se

justifie, pour ce qui est de l'application de l'art. 98, et a la

d.ifference de celle des art. 106 a 109 LP, de ne pas assi-

miler le cas ou le tiers est copossesseur du bfon saisi a celui

ou il en est seul possesseur. Le fait que c'est au tiers qui

partage avec le debiteur la possession du bien saisi que la

loi confie le röle de defendeur dans le proces en revend.ica-

tion n'est pas une raison pour exclure l'application de

l'art. 98 LP dans le cas, ou, comme en l'espece, le tiers

autorise le debiteur a se servir librement du bien en ques-

tion. On ne saurait, en effet, en pareil cas, faire supporter

Schuldbetreibungs- und Konkursrecht. No 25.

lll

au creancier les inconvenients et les risques qu'un tel

etat de chose peut comporter.

Le Tribunal föderal, dans l'arret Kiefer (RO 39 I consid. 2

p. 148) semble, il est vrai, avoir admis implicitement que

le bien saisi ne pouvait etre place SOUS la garde de l'o:ffice

lorsque le tiers revendiquant en partageait la possession

avec le debiteur. Quoi qu'il en soit, cette opinion ne sau-

rait etre maintenue, c'ar elle aurait pour consequence, par

exemple, qu'il su:ffirait que la femme du debiteur mariee

SOUS le regime de l'union des biens et faisant menage

commun avec lui revendiquat la propriete de la chose

saisie pour empecher l'o:ffice de la prendre saus sa garde,

et cela meme dans le cas ou l'on aurait affaire a un debiteur

ind.igne de confiance.

La Chambre des poursuites et des faillites prononce :

Les recours sont rejetes.