opencaselaw.ch

6_I_552

BGE 6 I 552

Bundesgericht (BGE) · 1880-01-01 · Français CH
Source Original Export Word PDF BibTeX RIS
Volltext (verifizierbarer Originaltext)

552 A. Staatsrechtliche Entscheidungen. II. Abschnitt. Bundesgesetze.

m. Auslieferung von Verbrechern

und Angeschuldigten.

Extradition de criminels et d'accuses.

95. AmH du 3 Decembre 1880 dans la cattse Sulzer.

Sous date du ~H Octobre 1879, Edouard Sulzer, de Mey-

ringen, aubergiste a GsLaad, pres Gessenay (Berne), a adresse

au Juge de paix de Payerne une plainte contre Frederic

Quidort, agent de la Banque cantonale vaudoise a Payerne,

pour fausse signature apposee sur un billet de '1500 francs

du 26 Janvier 1879, echeant le 26 Juillet suivant.

Ensuite ge l'enquete instruite a ce sujet, le Juge d'instruc-

tion du canton de Vaud, par ordonnance du 9 Fevrier 1880~

a decide qu'il n'y avait pas lieu a suivre a la dite plainte;

communication de cette decision fut donnee au plaignant

Sulzer par office du meme jour.

Quidort ayant le :3 Mars 1880 porte plainte de son eote

contre Sulzer, le Tribunal d'accusation du canton de Vaud,

par arn~t du 13 Avril 1880, a renvoye Sulzer devant le Tri-

bunal correctionnel du district de Paverne comme accuse de

plainte calomnieuse, delit auquel pa~aissent applicables les

art. 262 et 23 du Code penal.

Par mandat du 23 Avril suivant, le President du Tribunal

correctionnel precite somme Edouard Sulzer d'avoir ase con-

stituer prisonnier, dansun delai de trois mois echeant le

27 Juillet 1880, dans les prisons du district de Payerne, avec

avis que pour le cas ou l'accuse ne se presenterait pas dans

. le dit delai, il serait passe outre au jugement par defaut.

Par decision du 1 er Mai 1880, la Chambre d'accusation du

canton de Berne a autorise la notification a Sulzer du mandat

susvise, toutefois sous la reserve expresse, en faveur du dit

Sulzer, de tous ses droits pour protester, le cas echeant,

contre les procedes des· autorites vaudoises a son egard.

Par acte du 23 Juillet 1880, Sulzer a en effet expressement

proteste contre les dits procedes, aupres de la Chambre d'ac-

III. Auslieferung von Verbrechern und Angeschuldigten. N° 95. 553

cusation du canton de Berne, en se reservant, po ur le cas ou

une condamnation par contumace interviendrait contre lui

dans le cantonde Vaud, de recourir a l'autorite federale.

Le Tribunal correctionnel de Payerne, auquel cette pro-

testation fut transmise le 31 dit, estimant qu'elle ne saurait

etre admise comme un recours regulier adresse a l'autorite

vaudoise competente, a, dans son au dien ce du 10 Aoitt 1880,

decide de passer outre et de suivre au jugement de la cause.

Statuant le dit jour, et considerant que Sulzer est coupable

d'etre l'auteur d'une plainte calomnieuse ayant pour objet un

fait de nature ä entrainer contre Frederic Quidort une reelu:..

sion de plus de trois ans, le dit Tribunal, en application de

rart. ~62 du Code penal, a condamne par defaut le prenomme

Sulzer a quatre mois de reclusion, a deux cents francs d'a-

mende et aux frais, ainsi qu'a trois cents francs de dommages-

interets envers Quidort.

C'est contre ce jugement que Sulzer a recouru an Tribunal

feder al. Il conelut ä ce qu'il lui plaise le declarer nul et de

nul effet.

A l'appui de ceUe conclnsion le recourant fait valoit' en re-

sume les considerations suivantes :

La plainte calomnieuse concernant le delit de faux est au

nombre des deIits pour lesquels l'extradition peut eLre ac-

cordee ou un jugement peut etre prononce par le canton

requis, ä teneur des art. 1 et 2 de la: loi federale sur l'extra-

dition de malfaiteurs ou d'accuses du 24 Juillet 1852. Aux

termes de ces articles, il est clair que le canton du delit ne

peut proceder par contumace conLre l'accuse ressortissa~t

d'un autre canton et etabli dan~"et autre canton, sans aVOlr

au prealable feclame l'extradition du clit accuse; ponr le cas

ou le canton requis s'engage ale faire juger et punir a teneur

de ses lois, le canLon requerant doiL s'abstenir de toute pour-

suite ulterieure. La Jurisprudence des autorites federales s'est

constamment prononcee dans ce sens. Le recourant est Ber-

nois et etabli dans le cant on de Berne; avant que de proceder

contre lui an penal dans le canton de Vaud, ce cant on eitt

du reclamer son extradition du canton de Berne. En n'obtem-

554 A. Staatsrechtliche Entscheidungen. II. Abschnitt. Bundesgesetze.

perant pas acette prescriplion, les autorites vaudoises ont

commis une violation de l'art. 58 de la Constitution federale,

ou tout au moins d'un droit garanti par Ia loi federale du

24 Juiilet 1852, promulguee en execution de cette Consti-

tution, a savoir du droit de l'accuse de faire trancher par le

gouvernement de son canton la question de savoir si son

extradition doit etre accordee, et, le eas echeant, d'etre juge

par les tribunaux de ce canton.

Le recours ayant ete communique au Tribunal de Payerne,

l'Etat de Vaud oppose d'abord au recours les fins de non-

recevoir ci-apres :

a) En portant plainte contre Quidort dans le canton de

Vaud, Sulz er a accepte Ia juridiction vaudoise pour toutes les

consequences directes de cette plainte et entre autres pour

l'appreciation penale qui peut en etre faite.

'b) Sulzer n'a exerce aucun recours contre l'ordonnance de

mise en accusation, bien qu'il l'ait connue Iongtemps avant

le jugement. Il doit etre considere des lors comme ayant

accepte cette ordonnance.

c) C'est a tort que le recourant s'adresse au Tribunal fe-

deral avant d'avoir epuise les instances cantonales.

Au fond l'Etat de Vaud coneIut au rejet du recours, en

disant :

a) La these du recourant est inconstitutionnelle. La justice

penale appartient exclusivement am cantons, sous la seule

reserve de l'art. 65 de Ia Constitution federale, qui abolit les

peines corporelles.

b) La these du recourant est contraire a la lettre et a

l'esprit de la loi ferlerale sur l'extradition. Celle loi n'a pas

eu pour but de deplacer le for des deIits, en obligeant le

canton Oll ils ont ete commis arenoncer ales juger, 10rsque

rauteur s'est refugie dans le canton Oll il habite ou d'oll il

ressort et que ce dernier s'oblige a le p'oursuivre. Vaud ne

demandant pas l'extradition de Sulzer, il se borne a user de

sa souverainete. en matiere penale en faisant juger cet accuse

par contumace.

c) La these du recourant est contraire au principe que

,

IH. Auslieferung von Verbrechern und Angeschuldigten. N° 95. 555

le delit doit elre poursuivi et juge au lieu Oll il a ete commis.

L'exception que permet la loi de 1852 doit etre restreinte

dans les limites posees par cette loi elle-meme; et il doit tou-

jours etre facultatif au canton Oll le delit a ete commis de le

faire juger, sauf ä lui a ne pas exiger l'extradition.

d) Enfin l'extension donnee par le recours ä la reserve

posee dans la loi de 1852 est comme une exageration de la

souverainete des cantons.Elle pretend que le Bernois sera

regi et protege par la loi de Berne, meme lorsqu'il commet un

delit dans un autre canton, et que s'il parvient a s'enfuir

chez lui, le canton lese sur son territoire devra s'incliner

devant la loi de Berne.

Dans lems Replique el Duplique, le recourant ainsi que

l'Etat de Vaud reprennent avec de nouveaux developpements

leurs conclusions respeetives.

Statteant ster ces {aits et considerant en droit :

Sur les fins de non-recevoir formulces en reponse :

1° C'est ä tort que l'opposant au recours estime que 1a

plainte portee par Sulzer contre Quidort dans le canton de

Vaud est attributive de la juridiction vaudoise, ou implique

l'acceptation, par le recourant, de celle juridiclion en ce qui

coneerne la plainte de Quidort contre Sulzer.

Ces p1aintes, bien qu'elles se trouvent au point de vue de

leur origine dans un cerlain rapport de cause a effet, ne

sauraient toutefois etre considerees comme connexes dans le

sens pretendu par l'Etat de Vaud. nest en effet constant que

Ia premiere d'entre elles avait re!;m, 1e 9 Fevrier 1879 dejit,

sa solution definitive par l'ordonnance de non-lieu emanee du

Juge d'instruction, tandis que la .n]ainte de Quidort n'a ete

deposee que Je 3 Mars suivant; il n'y a donc pas lieu d'entrer

en matiere sur l'argument lire de l'allegue inexact que les

plaintes en question auraient fait l'objet d'une seule et meme

instruction.

2° Il n'est pas plus exaet de pretendre que Sulzer, par le

fait qu'il n'a pas recouru contre l'arret du Tribunal d'accusa-

tion le renvoyant devant le Tribunal correctionnel de Payerne,

doit elre envisage comme ayant accepte eette ordonnance.

556 A. Staatsrechtliche Entscheidungen. H. Abschnitt. Bundesgesetze.

Loin en effet de s'y etre soumis, Ie recourant, usant du

droit que lui avait reserve Ia Chambre d'accusation de Berne

dans sa decision du 1 er Mai 1880, a formellement proteste,

le 22 Juillet suivant, en invoquant les dispositions de Ia loi de

1852 precitee, contre Ies poursuites penaIes auxquelles il

etait en butte de Ja part des autorites judiciaires vaudoises.

3° C'est enfin a tort que rEtat de Vaud es time que le re-

courant eut du, avant d'adresser son recours au Tribunal

federal, parcourir toutes les instances cantonales.

Abstraction faite de ce qu'un semhlable mode de proceder

eul implique la reconnaissance du for des tribunaux vaudois,

le dit recourant ne pouvait etre tenu a prendre part, dans un

autre canton, a un proces penal qu'il estimait dirige contre

lui en violation manifeste des prescriptions d'une loi ferlerale.

Son droit de recours au Tribunal federal existait en vertu de

l'art. 59 de la loi sur l'organisation judiciaire, des le moment

ou il estimait qu'une.autorite cantonale quelconque avait, par

sa decision, porte atteinte aux droits que la legislation fede-

rale lui garantit.

Les fins de non-recevoir proposees so nt rejetees.

Au fond:

4° Le delit d'accusation calomnieuse relative a un faux,

delit pour lequel Sulzer a ete condamne par les tribunaux

vaudois, rentre a teneur de l'art. 2 de la loi federale du

24 Juillet 1852 dans la categorie de ceux pour lesquels l'extra-

dition doiL elre accordee.

Celte Ioi federale, a son article 1er, proclame d'abord l'obli-

galion des cantons de proeurer reciproquement l'arrestation

et l'extradition des individus condamnes ou poursuivis pour

un des crimes ou delits mentionnes a l'article suivant; il

reserve toutefois, a son alinea 2, 'le droit du canton requis de

refuser l'extradition de ses ressortissants DU d'individus etablis

sur son territoire, a Ia condition qu'll s'engage ales faire

juger eL punir a teneur de ses lois.

La pratique constante des autorites federales, et en parti-

culier du Tribunal federaJ, a reconnu que le droit d'un canton

de reclamer l'extradition a teneur de la loi susvisee a comme

f

j

j

IH. Aus:1iefenmg \Von Yerbrechern und Angeschuldigten. N° 95557

oorrespectif des devoirs, entreautres l'obligation imposee au

.dit canton, peur le.cas ou i:l veut poursuivIle une person:ne

etablie dans UD autoo canton, de reclamer d'abord Oe,ce der-

nier l'extraditionde l'aecuse. La m&ne jurisprudeace a en

'Outre toujours statue qu'en pareil eas jl n'etait pmint loisihle

au canton du delit ae pro~der par eontumace contre 1e pre-

venu, sauf a attendre, pour executerson jugement, que le

cundamne soit rentre sursoo territotre. {Vi}il' Ullmer, Droit

ptthlic, N° 281 'eonsid. 2, N°S 528, 529; Ärrete federal du 22,

~ Juillet 1857 en Ja eause Grübler, Recueil officiel des lois

[eOOra,les, V, pag. 527; Am~ts du Tribunal federal -en les

causes Metder, Rec. off., m, 248; Keller, ihid., VI, 200;

Fäondrich, VI, 212.)

iIl re suIte de ces preeMentsque ile canloß poursuivant,est

!lienn,de requerir l'extraditioß du prevenu, etqu'il n'est point

autorise a condamner de son propre chef par contumaceet

en eludant les garanties edictees par la loi de 1852 ~es per-

sonnes se trouvant par le fait de leur etahlissement dans un

autre eanton au henefice du droH d'~tre jugees, Ie eas echeant,

:seIon Ia Iegislation de ce dernier.

n y a d'autant moins lieu,d'inaugurer une autre jurispru-

denceen cette matiere que l'interpretation de l'art. t et de Ia

loi de 1852, dans le sens que lui dünne I'Etat de Vaud, de Ia

liberte absolue d'un canton de proceder par contumace contre

un accuse ressortissant d'un autre canton ou etabli dans cet

autre canton, aurait pour effet, dans la plupart des cas, de

suspendre indefiniment ou meme de rendre incertaine la

prompte repression des delits commandee par l'interet de Ia

societe et de la justice.

5° Le reproche adresse par !'opposant au recours a Ia

theorie qui precede et consistant a dire qu'une semhlable in-

terpretation porte atteinte a la souverainete des cantons en

matiere penale et rend la loi de 1852 inconstitutionnelle n'est

pas fonde.

nest de l'essence d'une Ioi contraignant un Etat a extrader

les malfaiteurs refugies sur son territoire d'apporter une

limite a Ia souverainete absolue de cet Etat. La loi de 1~52.

VI

38

5 58 A. Staatsrechtliche Entscheidungen. II. Abschnitt. Bundesgesetze

en edictant un pareil amoindrissement dans l'interet general,

n'a point cependant porte une atteinte inconstitutionnelle a la

souverainete des cantons, puisque cette loi a eIe promulguee

en application directe de l'art. 55 de la Constitution federale

de 1~48 (67 de la Const. fed. actuelle), lequel reserve a la

legislation federale de statuer sur l'ex tradition des accuses

d'un canton ci l'autre.

6° Le recourant est a la fois ressortissant de Berne et etabli

dans ce canton; il en resulte que, si le canton de Vaud veut

le poursuivre pour un des delits enumeres ci l'art. 2 de la loi

de 1852, ses autorites ont l'obligation, avant de proceder

contre Sulzer a teneur des lois vaudoises, de requerir an

prealable son extraditiön de Berne, apres quoi ce dernier

Etat aura l'alternative, aux termes de l'art. 1 al. 2 de la dite

loi, ou bien d'accorder l'extradition demandee, ou bien de

faire juger et punir le predit Sulzer conformement aux lois

bernoises :

Par ces motifs,

Le Tribunal federal

prononce:

Le recours est fonde. En consequence le jugement rendu

par le Tribunal correctionnel de Payerne Ie 10 Aoilt 1880 est

declare nul et de nul effet.

Dritter Abschnitt. -

Troisieme section.

Konkordate. -

Concordats.

In Konkurssachan. -

Droit da concours

dans las faillites.

96.

Ur:t~eil llom 5. inollember 1880 in Gact;en

@;1'I1a,er.

559

A. !!llbrect;t @;1'~a,et \)on stöni~, l!:nüffermeifter im ~e~r ~u

§)berbalm, stantong ~ern, ttlar mit feinem >sruber mubolf

@;l'~a,er l!:niteigent~ümer eine~ lanbttlirt~fa,aftlia,en @uteg fammt

>SettieMinllentar ~u ~ea,tl)anen im freiburgifa,en @;enfebe~itt

maa,bem nun im 3a~re 1877 über m:lbrea,t @;1'~a,er in >Sem

ber stonfurg eröffnet ttlorben ttlar, tia,tete ber l!:naffallerttlalter

in biefem stonfurfe an bag ®eda,tg1'räfibhun beg freiburgifa,en

@;enfebelsitfeg in stafetg Mg m:nlua,en um Ziquibation beß im

bortigen me~itfe gelegenen $ermögeng beg @emeinia,ulbnerg.

~a greid)~eitig auct; übet ben in med)t~a1ten bomi~mtten mu~

bolf @;~i1a,er bort ber stonfurg eröffnet ttlorben ttlar, fo ttlutbe

biefem >Sege~ren in bet }!Beile entl1'rlla,en, bafi bag in mea,t:::

~a{ten gelegene $ermögen ber beibr •• >Srüber @)1'~a,et gemein:::

fam liquibirt ttlutbe. 3n bem straf~fifationßl'toiefte für ben im

stanton ffreiburg bura,gefül)rten stonfurg ttlar U1m ein @Hiubi:::

ger (!!luguft steffelriug in ~omanß~orn), ber für ~ttlei }!Bea,fel~

forberungen an bie mtÜber @)1'\1a,et im @efammtbetrage \)lln

4875 fft. llor m:ugbruct; beß @e1tgtageß beß ~ubl)lf @)1'i1a,et bie

~etreibung, inbeffen anfa,einenb nut gegen ~ubolf @;l>i1a,et, in

mea,t~a1ten eingelettet unb Mg ~Ut ~fänbung burct;gefü~tt ~atte,

in hellOtöugtem mange aUf ben @tlöS ber ge1'fänbeten l!:nJ.lbiHen