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58_II_213

BGE 58 II 213

Bundesgericht (BGE) · 1932-01-01 · Deutsch CH
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212

Obligationenrecht. N0 37.

sachten Automobilunfalles, nicht gedeckt (vgl. VON TuHR

a.a.O. S. 370).

Endlich kann nicht gesagt werden, dass über die noch

streitigen Ersatzforderungen schon in frühem Verfahren

rechtskräftig erkannt worden sei. Die damals beurteilten,

'l.um Teil gutgeheissenen Ansprüche erstreckten sich auf

eine andere Periode, als die in diesem Verfahren streitigen.

2. -

Gegenüber allen Forderungen des Klägers hat die

Beklagte sodann die Einrede der Verjährung erhoben.

Ohne Zweifel ist diese Einrede nur dann begründet, wenn

auf die Klage die einjährige Verjährungsfrist des Art. 210

Abs. I OR anzuwenden ist, die für Klagen auf Gewähr-

leistung wegen Sachmängeln gilt. In dieser Frage ist der

Lösung des Handelsgerichtes und seiner einlässlichen

Begründung ohne weiteres beizupflichten. Es hat unter

Hinweis

auf seine eigenen frühem

Entscheidungen

(Bl.f.h.E. Bd. 16 S. 17, Bd. 17 S. 10 und BlZR Bd. 18 S. 67),

unter Widerlegung einer frühem Lehrmeinung, die auf die

zehnjährige Frist des Art. 127 OR abstellen wolle (HAFNER,

Kommentar N. I zu Art. 257 aOR) und unter Berufung

auf die im Schrifttum herrschende Auffassung (BECKER,

Kommentar N.6 zu Art. 210 OR, OSER, Kommentar,

2. Aufl. N. 3 zu Art. 210 OR) namentlich ausgeführt,

dass unter jeder Klage, deren Gegenstand ein neben

Wandelung oder Minderung zulässiger Schadenersatz-

anspruch sei, eine Klage auf Gewährleistung im Sinne des

Art. 210 Abs. I OR zu verstehen sei, und dass es nicht

gerechtfertigt sei, hinsichtlich der Verjährung einen

Unterschied zwischen mittelbarem und unmittelbarem

Schaden zu machen, auf den unmittelbaren Schaden im

Sinne des Art. 208 Abs. 2 aber ohne Zweifel die einjährige

Frist anzuwenden sei; femer könne nichts daraus abge-

leitet werden, dass das Gesetz bei der Wandelung in Art.208

Abs.3 die allgemeine Schadenersatzklage ausdrücklich

erwähne, bei der Minderung aber nicht, denn der in

Art. 208 Abs. 3 enthaltene Hinweis auf Art. 97 OR, der

übrigens als ein Versehen der Gesetzesrevision kritisiert

Obligationenrecht. No 38.

213

worden ist (VON Tmm a.a.O. S.370), sei formeller Natur

und überflüssig gewesen. In der Tat ist die gemeinrecht-

liche Unterscheidung zwischen den beiden Klagen in

Bezug auf die Verjährung für das Obligationenrecht nicht

gerechtfertigt, und es ist deshalb schlechthin die Spezial-

bestimmung des Art. 210 Abs. I anzuwenden.' Damit

stimmt übrigens auch die deutsche Lehrmeinung und

Gerichtspraxis zu § 477 BGB und § 377 HGB überein

(vgl. STAUB'S Kommentar zum HGB, 12. und 13. Aufl.

Bd. 4 Anm. 133 zu § 377). Nach moderner Rechtsauf-

fassung ist wegen der Gefahr der baldigen Verdunkelung

des Tatbestandes und im Interesse der Beweglichkeit des

Verkehrs eine rasche Abwicklung der Handelsgeschäfte

und somit eine kurze Verjährungsfrist notwendig, welche

sich auf alle Rechtsfolgen der mangelhaften Lieferung

bezieht. Schliesslich hat die Vorinstanz mit Recht be-

merkt, dass es ein innerer Widerspruch wäre, wenn die

Ansprüche wegen der Folgen der Sachmängel einer längern

Verjährung unterworfen würden, als jene, die sich unmittel-

bar auf die Mängel selbst beziehen.

38. Arrät da la. Ire Section civUe du 5 juUlet 1932

dans la cause lIegelba.oh contre Reutter.

Accident d'automobile: 1. Faute de l'automobiliste qui depasse

une voiture de tram a l'arret. (Consid. 1.)

2. Faute concomitante de 1a victime qui surgit brusquement de

derriere 1a voiture de tram arretee ? Question reso1ue par 1a

negative en l'espece (enfant de 10 ans, presse de traverser 1a

rue pour se rendre a 1'eco1e). (Consid. 2.)

3. Indemnite pour perte de soutien en cas de mort d'un fils age

de dix ans ? Question reso1ue par 1a negative in concreto.

(Consid. 4.)

4. Appreciation du tort moral en pareil .cas. (Consid. 5.)

Art. 41 sq. CO, 16 CCS.

A. -

Le 5 juin 1931, Georges Hegelbach, aga de

10 ans et demi, se rendait a l'eoo1e de son quartier, a

214

Obliga.tionenrecht. N° 38.

Neuchatei; charge par ses parents de faire une commission

en ville, il avait pris le tramway a 14 heures et en descen-

dait 10 minutes plus tard a l'arret de la Maladiere, en face

de l'ecole de ce nom. Le train etait compose de trois

voitures: une automotrice et deux remorques. Descendu

reglementairement sur le trottoir de droite, l'enfant, qui

etait en retard de 10 minutes, courut jusqu'a l'avant du

convoi, s'arreta un instant pours'assurer que le tramway

ne demarrait pas, passa devant la voiture motrice et

s'elanc;a en travers de la route, pour gagner en courant le

batiment de l'ecole situe de l'autre ente. A ce moment

meme, Jacques-Rodolphe Reutter arrivait de Neuchatel

en automobile. Roulant a une allure ralentie (12 a 15 km.),

illongea par la gauche le train arreM et atteignit l'avant

du convoi a la seconde precise on Georges Hegelbach

faisait irruption; il ne put l'eviter et l'enfant, assomme

par le choc, tomba mort sur place.

,

,,

Defere a la justice penale, Reutter fut condamne a

30 jours de prison avec sursis; le jugement releve a sa

charge une infraction a l'a~. 16, aline~ 3 du regle~e~t

neuchatelois sur la eirculatlOn automobIle, lequel prevOlt

qu'il est interdit, sauf aux tetes de ligne, de depasser les

voitures de tram a l'arret.

B. -

Georges Hegelbach, agent de la police coinmu-

nale, a Neuchatei, et Angele, nee Oursaire, pere et mere de

la victime, ont pris des conclusions civiles tendant au

payement d'une somme de 20 20~ fr. 50 (reduite a ~~ 000 fr.).

O. -

Par jugement du 10 IIfars 1932, le PreSldent du

Tribunal I de Neuchatel a partiellement admis ces con-

clusions et condamne Jacques-Rodolphe Reutter a payer

aux demandeurs :

a) Pour reparation materielle

550 fr.

b))

»

morale

4000

»

Total 4550 fr.

Il l'a egalement condamne aux frais et depens, mais a

entierement rejete la reclamation formulee par les deman-

deurs a raison da la perte de leur soutien.

Obliga.tionenrecht. N0 38.

215

Les motifs de ce jugement peuvent etre resumes de la

fac;on suivante :

1. ...

2. Indemnite redamee pour perte de 8outien:

Dans leurs vieux jours, les parents Hegelbach jouiront

d'une pension de retraite. Ils ont construit une maison et

sont imposes sur une fortune de 3000 fr. Meme a sup-

poser que le defunt leur fut venu un jour en aide, cette

assistance eut ete eompensee par les depenses qu'ils

auraient eu eneore a faire auparavant pour achever son

ooucation.

Sur ce point, les conclusions des demandeurs sont done

mal fondees.

3. Indemnite pour tort moral. Les epoux Hegelbaeh ont

eruellement souffert de la mort tragique de leur ~nfant,

leur seul fils, l'aine de la familIe, garc;on intelligent et

eveille. En s'inspirant de la jurisprudence du Tribunal

federal, on peut fixer ex aequo et bano l'indemnite due de ce

chef a 2000 fr., pour chacun des demandeurs, soit 4000 fr.

au total.

D. -

Par acte depose en temps utile, les epoux Hegel-

bach ont recouru au Tribunal federal en concluant a ce

qu'il 1ui plaise « condamner Jacques-Rodolphe Reutt.er

a payer aux demandeurs la somme de 20 000 fr. on teIle

autre somme que justice connaitra, avec interets v, 5 %

des l'introduction de la demande», et sous suite de frais

et de depens.

E. -

Le defendeur 's'ast joint au recours. Il conclut,

avec suite de frais et de depens, a ce que le Tribunal

federal declare mal fondee la reclamation des demandeurs

dans la mesure Oll elle depasse, au total, la SOlli1ne de

1500 fr.

Oonsiderant en droit :

1. -

La faute de Reutter consiste en ce qu'il a viole la

disposition du reglement neuehatelois en vertu duq uel il

est interdit de doubler des tramways arretes ... D'ailleurs,

AS 58 II -

1932

15

216

Obligationenrecht. N0 38.

meme en dehors d'une disposition legale expresse, on

doit considerer comme une regle de la circulation q ue

l'automobiliste ne doit pas depasser dans des endroits OU

la vue est restreinte, comme c'est le cas lorsqu'un tram est

arrew sur la moite d'une route (cf. loi federale du 15 mars

1932, art. 26, al. 3) ...

2. -

Mais la question se pose de savoir si l'accident est

du, en outre, a une faute concomitante de la victime.

D'une fa90n generale, il est certainement imprudent de

traverser une route frequenwe par des automobiles, sans

s'assurer si on ale temps de passer, surtout de s'y engager

en courant, et plus encore de faire brusquement irruption

de derriere une voiture de tramway arrewe, qui masque

completement, pour le pieton, la vue des vehicules en train

de doubler et, pour les conducteurs de ces vehicules, la vue

du pieton qui traverse.

Cette imprudence devrait etre retenue a la charge de la

victime, s'i! s'agissait d'un adulte ou meme d'un adoles-

cent, c'est-a-dire d'une personne capable de discernement

au sens de l'art. 16 CCS.

Mais, en l'espece, il s'agit d'un gar90nnet de dix ans. Sans

doute, a cet age, un enfant intelligent n'est pas forcement

prive de la faculte de se comporter raisonnablement sur la

voie publique. Mais, pour qu'il en soit ainsi, encore faut-il

que les circonstanees dans lesquelles se trouve eet enfant

ne soient pas de nature a diminuer chez lui l'idee du danger

ou a alterer sa capacite d'attention. Or le petit Hegelbach,

qui voyait journellement des trams s'arreter devant l'ecole,

savait evidemment par experience que les automobiles

n'avaient pas le droit de doubler ces vehicules pendant

l'arret; il le savait probablement al', pour l'a',roir

entendu dire a son pere, agent de la police neuchatdoise.

Cette circonstance etait evidemment propre a diminuer la

representation du danger, chez un enfant naturellement

porte a croire que les reglements de police sont respecws

par ceux pour qui ils sont edietes.

D'autre part, il est eonstant qu'au moment du drame

Obligationenrecht. N0 38.

217

Georges Hegelbaeh etait presse de se rendre en elasse. Dans

le eours normal des ehoses, le sentiment d'etre en retard

provoque naturellement chez un eeolier de dix ans une

eertaine angoisse et le souei de rattraper le temps perdu.

Ce souci absorbe ses facultes d'attention et les altere. En

un mot, cet enfant agit « a la hate » et eommet les impru-

dences que la hate comporte, sans qu'on puisse les lui

reprocher, comme s'i! etait entierement ca,pable de discer-

nement au sens de l'art. 16 CCS.

En l'espece, l'attitude de la victime au moment de

l'aecid:mt ne peut done lui etre imputee a faute. Quant au

fait meme que Georges Hegelbach etait en retard sur

l'horaire d3s elasses, le defend3ur n'a pas allegue qu'il

eonstituat une faute d31a part d31' enfant ou de ses parents.

Le juge n'avait done pas a en tenir compte a ce point de

vue.

3 ....

4. -

Les reeourants pretend3nt d'autre part qUf' C'c3t

a tort que le juge leur a refuse toute indemnit~ poar perte

de soutien.

A vrai dire, il ast d3 jurisprud:mce que l'on doit considerer

eomme un soutien futur non seulement eelui qui, en fait,

avait deja subvenu aux besoins des siens an moment de

l'aceident mortel, mais aussi eelui qui eut ete appcIe a leur

venir en aide dans un avenir plus ou moins rapproehe (RO

58 II p. 37-38 et arrets cites). Pour admettre qu'il en eut

ete ainsi, dans tel ou tel eas concret, le Tribunal fMeml a

juge que l'on devait considerer le eours normal des choses

et se fonder sur l'experience de la vie.

Or l'experience de la vie enseigne que l'assistance des

parents par leurs enfants n'est nullement un phenomene

constant ni meme tres general dans des cas, eomme la

presente espece, OU le pere -

meme sans etre tres fortune,

et tout en jouissant d'un traitement modeste -

exeree une

profession tres honorable, ou les possibilites d'avancement

sont nombreuses et ou l'homme probe et actif se cree

normalement des relations qui pourront lui procurer

218

Obligationenrecht. N0 38.

d'utiles sources de revenus, au deUt da l'age de la retraite.

Meme en faisant abstraction de la pension que Hegelbach

touchera, a ce moment, de la cais.."le des fonctionnaires

neuchatelois, il est donc permis de douter que, dans le

cours normal des choses, les demandeurs eussent vraiment

eM un jour dans la necessiM de requerir l'aide financiere du

defunt. Et, dans ces conditions, on ne pourrait admettre q ue

celui-ci leur eut quand meme ac corde son assistance que si,

au moment de sa mort, il avait eM sur le point de gagner sa

vie -

ce qui n'est nullement le cas chez un enfant de dix

ans -

ou s'il avait manifeste des ce jeune. age des dons

et une capaciM de travail exceptionnels, ce qui n'a meme

pas eM alIegue.

.

C'est pourquoi i1 y a lieu de refuser aux recourants -

bien que ce soit par d'autres motüs que ceux du premier

juge -

l'indemnit6 qu'ils roolament pour une pretendue

perte de soutien.

5. En ce qui concerne le tort moral, en revanche, leur

reclamation est partiellement justifiee. Sur ce point, les

considerants du jugement attaque sont justes, mais ils

sont incomplets. En effet, Hs ne faut pas seulement tenir

compte, en l'espece, de la douleur des parents Hegelbach,

cruellement frappes dans leur tendre affection pour

l'enfant decede, mais aussi de tousles revesqu'ils pouvaient

caresser pour son avenir. Si, objectivement, on ne peut

admettre qu'ils aient perdu en Iui un soutien futur (voir

consid. 4 ci-dessus), en revanche on doit tenir compte,

subjectivement, du sentiment naturel qui porte les deman.:.

deurs a considerer qu'ils ont perdu le bienfaiteur de leurs

vieux jours. Ce sentiment, cette impression d'avoir et6

depouille existe presque toujours en pareH cas. Mais il est

plus ou moins compense, pour les parents auxquels le juge

accorde une indemnit6 pour perte de soutien. Dans les cas

OU, au contraire, cette compensation leur est refusee, elle

doit leur etre accordtSe sous une autre forme, c'est-a-dire

que la reparation morale doit etre calculee assez largement

pour en tenir compte. En l'espece, il est donc indique

Obligationenrecht. N0 39.

219

d'augmenter l'indemniM due de ce chef de 4000 a 6000 fr.

On ne saurait toutefois aller au dela, etant donne que la

faute du defendeur n'est pas des plus graves.

Par ces motüs,

le Tribunal f!,rUral prononce :

I. Le recours des demandeurs est partiellement admis,

en ce sens que l'indemniM totale qui leur est due par le

defendeur est port6e de 4550 a 6550 fr., avec interet a 5 %

des le 9 juillet 1931.

39. Urteil der I. Zivilabteilung vom G. Juli 1932

i. S. Verba.nd Schweizerisoher Seidendruckereien

gegen 'rextil-Aerogra.phie A.-G.

Boy kot t i e run g eines Aussenseiters durch einen Verband

dadurch, dass letzterer die Erzeugnisse des erstern seinem

Sc hut z - S k 0 n t 0 unterstellt. Deren Unzulässigkeit, weil

keine gewichtigen Interessen des Verbandes bezw. seiner

Mitglieder ein solches Vorgehen erheischen.

A. -

Der Verband Schweizerischer Seiden druckereien,

der heutige Beklagte, ist eine im Handelsregister ein-

getragene Genossenschaft zum Zwecke: der Föl'derung

und Wahrung der gemeinsamen wirtschaftlichen Interessen

der Schweiz. Seidendruckereien, der Festsetzung angemes-

sener Preise und Bedingungen und des Abschlusses von

Gegenseitigkeitsverträgen mit gleichartigen Firmen oder

Organisationen des In- und Auslandes. Nach den all-

gemeinen Verbandsbedingungen wird denjenigen Kunden

ein sog. Schutz-Skonto gewährt, die ihre sämtlichen

Aufträge in hestimmten Arbeiten den dem Verband ange-

hörigen Firmen oder den diesem angeschlossenen gleich-

artigen Verbänden (folgt eine Aufstellung dieser Verbände)

erteilen. Dieser Skonto beträgt beim Verband schweize-

rischer Stückfärbereien und Appreturen ganz- und halb-

seidener Gewebe 50 %, bei allen übrigen Verbänden 15 %.