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58_III_179

BGE 58 III 179

Bundesgericht (BGE) ·III · 1932-01-01 · Deutsch CH
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Sachverhalt

Au cours de poursuites exercees par Demaurex

freres a Morges, Soutt.er & Cie a Aigle et d'autres crean-

ciers contre Emile Dumusc,. epicier a Ia Tour-de-Peilz,

I'office des poursuites de Vevey a saisi les l er et 5 decembre

1931 divers objets mobiliers et notamment ceux qui

garnissaient le magasin du debiteur, soit meubles, vitrines,

etageres, machines, boltes etc., ainsi que le stock des

marchandises en magasin, le tout estime a 980 Fr.

Les encheres publiques furent fixees au 23 fevrier 1932.

Quelques jours avant Ia vente I'office apprit que les

biens saisis avaient eM vendus par le debiteur a un

nomme Lavanchy pour le prix de 1050 fr. Il estima qu'il

n'y avait pas lieu de proceder a la vente aux encheres

et accepta le versement de ladite somme.

Schuldbetreibungs- unu KOllkurErecht, Xo 44.

1S1

Dame Ua Dumusc, femme du debiteur, ayant demand6

de participer a Ia saisie, pour une somme de 4700 fr.,

les creanciers Demaurex freres et Soutter & Cle d6cla-

rerent par lettre du 3 fevrier 1932 n'admettre la partici-

pation que jusqu'a eoncurrence de 900 fr. Ce n'est que

le II juin que l'offiee impartit un delai a Dame Dumusc

pour faire valoir ses droits.

B. -

Par plainte du 18 juin 1932, Demaurex freres et

Soutter & Cie ont demande a rautoriM de surveillance

« d'annuier Ia vente de gre a gre operee par l'office et

ordonner la vente aux encheres publiques des meubles et

marchandises saisies, toutes reserves etant faites contre

l'offiee pour le rendre responsable des consequences d'un

retard injustifie et d'une vente operee illegalement ».

Apres avoir signale le retard considerable que l'office

avait mis a impartir a Dame Dumusc le delai pour ouvrir

l'action prevue a l'art. 111 LP, les plaignants faisaient

valoir que les biens saisis avaient eM realises sans qu'ils

eussent eM appeles a donner le consentement exige a

l'art. 130 eh. 1 LP.

O. -

Par decision du 27 septembre 1932, le President

du Tribunal du distriet de Vevey, statuant en qualiM

d'autoriM inferieure 'de surveillance, a ecarte Ia plainte.

Tout en reconnaissant que la vente conclue entre le

debiteur et Lavanchy etait irreguliere en Ia forme et que

c'etait a bon droit, d'autre part, que les creanciers se

plaignaient des lenteurs de l'office, il a estime que les

plaignants n'avaient pas d'interet a provoquer l'annula-

tion du marche concln qui ne leur avait pas en fait porte

prejudice, les encheres n'ayant probablement pas rapporte

davantage et le prix oftert ayant eM consigne par I'office.

D. -

Sur recours des plaignants, la Cour des poursuites

et des faillites du Tribunal cantonal vandois a maintenu

le prononce de l'autorite inferieure par decision du

4 novembre 1932. La Cour releve egalement que Ia proce-

dure suivie par l'office eta.it tout a fait irreguliere et con-

traire aux dispositions formelles de Ia 10i; que, d'autre

18~

part, les creanciers etaient certainement fondes a consi-

derer comme inadmissible le retard apporte par l'office

dans la fixation du delai de rart. III LP reiativement a

la pretention de la femme du debiteur. Mais, considerant

que si Ia vente etait irreguliere, il n 'y avait cependant pas

lieu de l'annuler, pour des raisons d'ordre pratique, qu'en

effet les objets saisis consistaient essentiellement en

marchandises destinees a la vente et qu'il etait fort

probable qu'elles avaient ete vendues par Lavanchy a sa

clientele, elle a rejete le recours.

E. -

Demaurex freres et Soutter & Cle ont recouru en

temps utile contre cette decision, en reprenant leurs

conclusions.

COllsiderant en droit :

1. -

La question pourrait se poser de savoir si, en

acceptant Ie prix de vente convenu entre le debiteur et

Lavanchy, l'office n'aurait pas implicitement ratifie le

contrat, en lui attribuant pour ainsi dire apres coup le

caractere d'une vente de gre a gre au sens de l'art. 130

LP. S'll en etait ainsi (et c'est dans cette hypothese que

paraissent s'etre places les plaignants), la vente semit

evidemment revocable pour les raisons indiquees par

l'autorite cantonale, a savoir que les conditions auxqueIles

la loi subordonne Ia validite de teIles ventes n'etaient pas

realisees en l'espece. Mais tel ne semble pas avoir eM le

cas; d'apres les explieations donnees par l'offiee, ce

dernier parait en realite s'etre borne a accepter le prix

offert par Lavanchy, sans se prononeer en aucune fa~on

sur Ia validite de la vente. Il reste donc que celle-ci doit

bien etre envisagee comme un acte auquel l'office est

demeure tout a fait etranger.

2. -

L'autorite cantonale pose en fait que les biens

saisis consistaient essentiellement en marchandises et

elle ajoute que, selon toute vraisemblance, ils doivent

etre actueIlement vendus. Cette constatation n'est pas

exaete. Il ressort en effet du proces-verbal que la saisie

Schuldbetreihung.~. und Konkursre(·ht. Xo 44.

183

a porM aussi (et en premiere ligne du reste) sur le materiel

du magasin, representant, suivant l'office, une valeur de

480 fr., et, pour ce qui est en t.out cas de ces biens, rien

n'autorise a supposer qu'ils n'existeraient plus aujourd'hui.

3. -

Si et dans la mesure on les biens saisis existent

encore, il n'y a aueune raison de renvoyer les ereanciers

a se contenter du prix paye par Lavanehy. La vente

eonclue entre le debiteur et Lavanehy est intervenue au

mepris de la regle posee a l'art. 96 LP et elle ne serait

opposable aux ereanciers qu'autant seulement que Lavan-

chy pourrait invoquer sa bonne foi, e'est-a-dire son

ignorance de la saisie au moment de la vente. Mais, pre-

cisement, la question de savoir si Lavanchy etait ou non

de bonne foi est du ressort exclusif du juge et tout ce que

peuvent faire en pareil cas les autorites de poursuite,

e 'est de renvoyer les parties interessees, soit le tiers

revendiquant et les creaneiers saisissants, a porter leur

differend devant Iui, suivant les formes prevues aux art. 106

et suiv. LP. Il se justi:fie done d'inviter l'office a proceder

en conformite de ees dispositions.

4. -

En ce qui concerne la question de savoir a qui,

du tiers revendiquant ou des plaignants, doit etre assigne

1e delai pour ouvrir action, il n'est aucun motif de se

departir du principe constamment suivi par la jurispru-

dence fcderale et d'apres lequel c'est au moment de Ia

saisie que l'on doit se reporter pour juger la question de

la possession au sens des art. 106 et 109 LP. (Cf~ RO 28 I

p. 408; 32 I p. 756 et suiv.; 47 III p. 7).Comme Lavanchy

n'est entre en possession des biens saisis que posterieure-

ment a la saisie et qu'a la date de celle-ci ils etaient encore

en la possession du debiteur, il n'est pas· douteux que

c'est a Lavanchy que l'office devra impartir le delai.

Si c'est a Lavanchy a ouvrir act.ion, cela ne signifie pas

qu'il ne pOUITa pas se prevaloir de la presomption dont

il beneficie aux termes de l'art. 3 Ce. La solution de la

question de savoir a qui doit etre imparti le delai ne

prejuge pas naturellement la quest.ion de la repartition

18!

du fardeau de Ia preuve dans le proces au fond, pas plus

d'ailleurs que Ia situation juridique des parties l'une a

l'egard de l'autre relativement aleurs moyens. Il va donc

de soi que si Lavanchy donne suite a Ia sommation de

l'office, il pourra se borner a faire etat des droits qu'il

tieut de la vente, et ce sera aux creanciers saisissants a

demontrer que la vente ne leur est pas opposable, en

prouvallt que Ie demandeur avait connaissance de Ia

saisie Iorsqu'il a traite avec le debiteur.

Si le proces tourne a l'avantage des creanciers, il appar-

tiendra evidemment a l'office de proceder a une vente

aux encheres des objets qui peuvent encore exister.

La Ghambre des PouTsuites et des Faillites prononce :

Le recours est admis en ce sens que l'office est invit6

a s'enquerir tout d'abord de l'existence des biens qui ont

fait l'objet de la saisie, puis, s'il en existe encore, a fixer

au tiers revendiquant, Lavanchy, un delai de dix jours

pour faire valoir ses droits en justice en conformite de

l'art. 107 LP.

Erwägungen (4 Absätze)

E. 1 La question pourrait se poser de savoir si, en acceptant Ie prix de vente convenu entre le debiteur et Lavanchy, l'office n'aurait pas implicitement ratifie le contrat, en lui attribuant pour ainsi dire apres coup le caractere d'une vente de gre a gre au sens de l'art. 130 LP. S'll en etait ainsi (et c'est dans cette hypothese que paraissent s'etre places les plaignants), la vente semit evidemment revocable pour les raisons indiquees par l'autorite cantonale, a savoir que les conditions auxqueIles la loi subordonne Ia validite de teIles ventes n'etaient pas realisees en l'espece. Mais tel ne semble pas avoir eM le cas; d'apres les explieations donnees par l'offiee, ce dernier parait en realite s'etre borne a accepter le prix offert par Lavanchy, sans se prononeer en aucune fa~on sur Ia validite de la vente. Il reste donc que celle-ci doit bien etre envisagee comme un acte auquel l'office est demeure tout a fait etranger.

E. 2 L'autorite cantonale pose en fait que les biens saisis consistaient essentiellement en marchandises et elle ajoute que, selon toute vraisemblance, ils doivent etre actueIlement vendus. Cette constatation n'est pas exaete. Il ressort en effet du proces-verbal que la saisie Schuldbetreihung.~. und Konkursre(·ht. Xo 44. 183 a porM aussi (et en premiere ligne du reste) sur le materiel du magasin, representant, suivant l'office, une valeur de 480 fr., et, pour ce qui est en t.out cas de ces biens, rien n'autorise a supposer qu'ils n'existeraient plus aujourd'hui.

E. 3 Si et dans la mesure on les biens saisis existent encore, il n'y a aueune raison de renvoyer les ereanciers a se contenter du prix paye par Lavanehy. La vente eonclue entre le debiteur et Lavanehy est intervenue au mepris de la regle posee a l'art. 96 LP et elle ne serait opposable aux ereanciers qu'autant seulement que Lavan- chy pourrait invoquer sa bonne foi, e'est-a-dire son ignorance de la saisie au moment de la vente. Mais, pre- cisement, la question de savoir si Lavanchy etait ou non de bonne foi est du ressort exclusif du juge et tout ce que peuvent faire en pareil cas les autorites de poursuite, e 'est de renvoyer les parties interessees, soit le tiers revendiquant et les creaneiers saisissants, a porter leur differend devant Iui, suivant les formes prevues aux art. 106 et suiv. LP. Il se justi:fie done d'inviter l'office a proceder en conformite de ees dispositions.

E. 4 En ce qui concerne la question de savoir a qui,

du tiers revendiquant ou des plaignants, doit etre assigne

1e delai pour ouvrir action, il n'est aucun motif de se

departir du principe constamment suivi par la jurispru-

dence fcderale et d'apres lequel c'est au moment de Ia

saisie que l'on doit se reporter pour juger la question de

la possession au sens des art. 106 et 109 LP. (Cf~ RO 28 I

p. 408; 32 I p. 756 et suiv.; 47 III p. 7).Comme Lavanchy

n'est entre en possession des biens saisis que posterieure-

ment a la saisie et qu'a la date de celle-ci ils etaient encore

en la possession du debiteur, il n'est pas· douteux que

c'est a Lavanchy que l'office devra impartir le delai.

Si c'est a Lavanchy a ouvrir act.ion, cela ne signifie pas

qu'il ne pOUITa pas se prevaloir de la presomption dont

il beneficie aux termes de l'art. 3 Ce. La solution de la

question de savoir a qui doit etre imparti le delai ne

prejuge pas naturellement la quest.ion de la repartition

18!

du fardeau de Ia preuve dans le proces au fond, pas plus

d'ailleurs que Ia situation juridique des parties l'une a

l'egard de l'autre relativement aleurs moyens. Il va donc

de soi que si Lavanchy donne suite a Ia sommation de

l'office, il pourra se borner a faire etat des droits qu'il

tieut de la vente, et ce sera aux creanciers saisissants a

demontrer que la vente ne leur est pas opposable, en

prouvallt que Ie demandeur avait connaissance de Ia

saisie Iorsqu'il a traite avec le debiteur.

Si le proces tourne a l'avantage des creanciers, il appar-

tiendra evidemment a l'office de proceder a une vente

aux encheres des objets qui peuvent encore exister.

La Ghambre des PouTsuites et des Faillites prononce :

Le recours est admis en ce sens que l'office est invit6

a s'enquerir tout d'abord de l'existence des biens qui ont

fait l'objet de la saisie, puis, s'il en existe encore, a fixer

au tiers revendiquant, Lavanchy, un delai de dix jours

pour faire valoir ses droits en justice en conformite de

l'art. 107 LP.

Volltext (verifizierbarer Originaltext)

44. Arrit du 17 deoembre 1932 danslacauseDemaurex frares

et Soutter et Oie.

SaiBie de biens mobi1iers. Vente de ces biens operee par 1e debiteur

au mepris de l'art. 96 LP. Con~gnation du prix de vente par

l'office.

Si les biens saisis existent encore en nature, le creancier saisissant

n'est pas tenu de se contenter du prix paye par l'acheteur'

mais est en droit d'exiger' de l'office l'ouverture de la procedure

des art. 106 et suivants LP. a, l'effet de faire trancher la question

de Ia bonne foi de l'acheteur. Si ce dernier n'etait pas de bonne

foi, c'est-a-dire connaissait la saisie au moment de 1a vente,

cette derniere ne serait, en effet, pas opposable au creancier.

Si les biens saisis se trouvaient en possession du debiteur au

moment de la vel1te, ce serait a l'acheteur a ouvrir action,

malgre la presomption decoulant de l'art. 3 Ce. Mais c'est

au crea.ncier qu'il appartiel1drait neanmoins deprouver que

l'acheteur avait connaissance de la saisie au moment de 180

vente.

Pfändung von beweglichen Sachen. Verkauf

der

gepfändeten

Gegenstände

durch

den

S c h u 1 d n e r

in

Ver let z u n g

von

Art.

9 6

SchKG. Hillterle:g:ung des Verkaufspreises

dur c h

das

B e t r e i b u n g sam t.

Wenn die gepfändeten Gegenstände noch in natura vorhanden

sind, braucht sich der Pfändungsgläubiger nicht mit l16m

durch den Käufer bezahlten Preis zu begnügen, sondern hat

AS 58 IU -

1932

180

8chuldhctreilnmg"- und ]{onkl1rsrE'chl. Xo 44.

das Recht, vom Bet,reibungsamt die Einleitung des Widerspruchsverfahrens nach Art. 106 ff. SchKG zu verlangen, um

die Frage des guten Glaubens des Käufers beurteilen zu lassen.

Wenn der Käufer nicht gutgläubig war, d. h. Welm er im

Zeitpunkte des Kaufes VOll der Pfändung Kenntnis hatte, so

kann der Kauf dem Gläubiger nicht entgegengehalten werden.

Wenn sich die gepfändeten Gegenstände zur Zeit des Verkaufs

im Besitze des Schuldners befunden haben, so fällt die Klägerrolle trotz Art. 3 ZGB dem Käufer zu. Sache des Gläubigers

bleibt es aber nichtsdestoweniger nachzuweisen, dass der

Käufer im Zeitpunkt des Kaufes Kenntnis von der Pfän,dung

hatte.

Pignoramento di beni rnobili. Vendita di questi beni eseguita dal

debitore violando Z'art. 96 LEF. Deposito deZ prezzo di vendita da

parte deU'ulficio.

Se i beni pignorati esistono ancora in natura, il ereditore pignorante non ha l'obbligo d'aeeontentarsi deI prezzo pagato

dall'aequirente ma ha il diritto d'esigere dall'uffieio ehe inizii

il procedimento di rivendicazione previsto agli art. 106 e

seg. LEF, allo seopo di far decidere se il eompratore fu in

buona fede. Se questi non era in buona fede, vale a dire se

aB 'aHo della vendita eonoseeva il pignoramento, la vendita

non puo infatti essere opposta al creditore.

Se i beni pignorati erano in possesso deI debitore al momento

della vendit.a, spetterebbe al compratore di farsi attore malgrado Ia presunzione risultante dall'art. 3 Ce. Cio maIgrado

toeeherebbe al creditore di provare ehe il compratore conosceva

il pignoramento all'atto della vendita.

A. -

Au cours de poursuites exercees par Demaurex

freres a Morges, Soutt.er & Cie a Aigle et d'autres creanciers contre Emile Dumusc,. epicier a Ia Tour-de-Peilz,

I'office des poursuites de Vevey a saisi les l er et 5 decembre

1931 divers objets mobiliers et notamment ceux qui

garnissaient le magasin du debiteur, soit meubles, vitrines,

etageres, machines, boltes etc., ainsi que le stock des

marchandises en magasin, le tout estime a 980 Fr.

Les encheres publiques furent fixees au 23 fevrier 1932.

Quelques jours avant Ia vente I'office apprit que les

biens saisis avaient eM vendus par le debiteur a un

nomme Lavanchy pour le prix de 1050 fr. Il estima qu'il

n'y avait pas lieu de proceder a la vente aux encheres

et accepta le versement de ladite somme.

Schuldbetreibungs- unu KOllkurErecht, Xo 44.

1S1

Dame Ua Dumusc, femme du debiteur, ayant demand6

de participer a Ia saisie, pour une somme de 4700 fr.,

les creanciers Demaurex freres et Soutter & Cle d6clarerent par lettre du 3 fevrier 1932 n'admettre la participation que jusqu'a eoncurrence de 900 fr. Ce n'est que

le II juin que l'offiee impartit un delai a Dame Dumusc

pour faire valoir ses droits.

B. -

Par plainte du 18 juin 1932, Demaurex freres et

Soutter & Cie ont demande a rautoriM de surveillance

« d'annuier Ia vente de gre a gre operee par l'office et

ordonner la vente aux encheres publiques des meubles et

marchandises saisies, toutes reserves etant faites contre

l'offiee pour le rendre responsable des consequences d'un

retard injustifie et d'une vente operee illegalement ».

Apres avoir signale le retard considerable que l'office

avait mis a impartir a Dame Dumusc le delai pour ouvrir

l'action prevue a l'art. 111 LP, les plaignants faisaient

valoir que les biens saisis avaient eM realises sans qu'ils

eussent eM appeles a donner le consentement exige a

l'art. 130 eh. 1 LP.

O. -

Par decision du 27 septembre 1932, le President

du Tribunal du distriet de Vevey, statuant en qualiM

d'autoriM inferieure 'de surveillance, a ecarte Ia plainte.

Tout en reconnaissant que la vente conclue entre le

debiteur et Lavanchy etait irreguliere en Ia forme et que

c'etait a bon droit, d'autre part, que les creanciers se

plaignaient des lenteurs de l'office, il a estime que les

plaignants n'avaient pas d'interet a provoquer l'annulation du marche concln qui ne leur avait pas en fait porte

prejudice, les encheres n'ayant probablement pas rapporte

davantage et le prix oftert ayant eM consigne par I'office.

D. -

Sur recours des plaignants, la Cour des poursuites

et des faillites du Tribunal cantonal vandois a maintenu

le prononce de l'autorite inferieure par decision du

4 novembre 1932. La Cour releve egalement que Ia procedure suivie par l'office eta.it tout a fait irreguliere et contraire aux dispositions formelles de Ia 10i; que, d'autre

18~

part, les creanciers etaient certainement fondes a considerer comme inadmissible le retard apporte par l'office

dans la fixation du delai de rart. III LP reiativement a

la pretention de la femme du debiteur. Mais, considerant

que si Ia vente etait irreguliere, il n 'y avait cependant pas

lieu de l'annuler, pour des raisons d'ordre pratique, qu'en

effet les objets saisis consistaient essentiellement en

marchandises destinees a la vente et qu'il etait fort

probable qu'elles avaient ete vendues par Lavanchy a sa

clientele, elle a rejete le recours.

E. -

Demaurex freres et Soutter & Cle ont recouru en

temps utile contre cette decision, en reprenant leurs

conclusions.

COllsiderant en droit :

1. -

La question pourrait se poser de savoir si, en

acceptant Ie prix de vente convenu entre le debiteur et

Lavanchy, l'office n'aurait pas implicitement ratifie le

contrat, en lui attribuant pour ainsi dire apres coup le

caractere d'une vente de gre a gre au sens de l'art. 130

LP. S'll en etait ainsi (et c'est dans cette hypothese que

paraissent s'etre places les plaignants), la vente semit

evidemment revocable pour les raisons indiquees par

l'autorite cantonale, a savoir que les conditions auxqueIles

la loi subordonne Ia validite de teIles ventes n'etaient pas

realisees en l'espece. Mais tel ne semble pas avoir eM le

cas; d'apres les explieations donnees par l'offiee, ce

dernier parait en realite s'etre borne a accepter le prix

offert par Lavanchy, sans se prononeer en aucune fa~on

sur Ia validite de la vente. Il reste donc que celle-ci doit

bien etre envisagee comme un acte auquel l'office est

demeure tout a fait etranger.

2. -

L'autorite cantonale pose en fait que les biens

saisis consistaient essentiellement en marchandises et

elle ajoute que, selon toute vraisemblance, ils doivent

etre actueIlement vendus. Cette constatation n'est pas

exaete. Il ressort en effet du proces-verbal que la saisie

Schuldbetreihung.~. und Konkursre(·ht. Xo 44.

183

a porM aussi (et en premiere ligne du reste) sur le materiel

du magasin, representant, suivant l'office, une valeur de

480 fr., et, pour ce qui est en t.out cas de ces biens, rien

n'autorise a supposer qu'ils n'existeraient plus aujourd'hui.

3. -

Si et dans la mesure on les biens saisis existent

encore, il n'y a aueune raison de renvoyer les ereanciers

a se contenter du prix paye par Lavanehy. La vente

eonclue entre le debiteur et Lavanehy est intervenue au

mepris de la regle posee a l'art. 96 LP et elle ne serait

opposable aux ereanciers qu'autant seulement que Lavanchy pourrait invoquer sa bonne foi, e'est-a-dire son

ignorance de la saisie au moment de la vente. Mais, precisement, la question de savoir si Lavanchy etait ou non

de bonne foi est du ressort exclusif du juge et tout ce que

peuvent faire en pareil cas les autorites de poursuite,

e 'est de renvoyer les parties interessees, soit le tiers

revendiquant et les creaneiers saisissants, a porter leur

differend devant Iui, suivant les formes prevues aux art. 106

et suiv. LP. Il se justi:fie done d'inviter l'office a proceder

en conformite de ees dispositions.

4. -

En ce qui concerne la question de savoir a qui,

du tiers revendiquant ou des plaignants, doit etre assigne

1e delai pour ouvrir action, il n'est aucun motif de se

departir du principe constamment suivi par la jurisprudence fcderale et d'apres lequel c'est au moment de Ia

saisie que l'on doit se reporter pour juger la question de

la possession au sens des art. 106 et 109 LP. (Cf~ RO 28 I

p. 408; 32 I p. 756 et suiv.; 47 III p. 7).Comme Lavanchy

n'est entre en possession des biens saisis que posterieurement a la saisie et qu'a la date de celle-ci ils etaient encore

en la possession du debiteur, il n'est pas· douteux que

c'est a Lavanchy que l'office devra impartir le delai.

Si c'est a Lavanchy a ouvrir act.ion, cela ne signifie pas

qu'il ne pOUITa pas se prevaloir de la presomption dont

il beneficie aux termes de l'art. 3 Ce. La solution de la

question de savoir a qui doit etre imparti le delai ne

prejuge pas naturellement la quest.ion de la repartition

18!

du fardeau de Ia preuve dans le proces au fond, pas plus

d'ailleurs que Ia situation juridique des parties l'une a

l'egard de l'autre relativement aleurs moyens. Il va donc

de soi que si Lavanchy donne suite a Ia sommation de

l'office, il pourra se borner a faire etat des droits qu'il

tieut de la vente, et ce sera aux creanciers saisissants a

demontrer que la vente ne leur est pas opposable, en

prouvallt que Ie demandeur avait connaissance de Ia

saisie Iorsqu'il a traite avec le debiteur.

Si le proces tourne a l'avantage des creanciers, il appartiendra evidemment a l'office de proceder a une vente

aux encheres des objets qui peuvent encore exister.

La Ghambre des PouTsuites et des Faillites prononce :

Le recours est admis en ce sens que l'office est invit6

a s'enquerir tout d'abord de l'existence des biens qui ont

fait l'objet de la saisie, puis, s'il en existe encore, a fixer

au tiers revendiquant, Lavanchy, un delai de dix jours

pour faire valoir ses droits en justice en conformite de

l'art. 107 LP.