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226 Ä. Oberste Zivilgerichtsinstanz. -
I. MateriellrechUiche Entseheidungen.
au ®ruubftücffliufen 3U i9rer @ülttgteit bel' öffentlidjen ~eurtuubuug
"ßebürfen.
~iefe ~Orm\)Orldjtift tft um bel' öffeutHdjen Drbuung
roillen auf9efteUt, inbem fie eiuetfeitß bie ~arteieu "ßei .reau~et",
trägen übet 2iegenfdjaften \)or unbeOOdjten ?BertrageabfdjIüffen
fidjern unb anberjetti3 im Jntereffe bel' ~arteien unb beß ~bH
tume ®arantien für eine ridjtige ~eftfteUung beß ?Bertragßin~a[teß
bieten roill (\;Jetg!. audj S) u bel', edjroeiaerifdjeß q3ri\;Jatredjt IV
e. 839). eouadj muU bie roegen mangelnber öffentltdjer ?Berur-
tuubung beftegenbe Uugültigteit eiue abf olute fein; fie 6ebeutet,
bau bie \)on ben ~arteien abgegebenen \)ertraglidjen msillenßerf[li"
rungen redjtUdj fdjledjt9iu uuroirffam finb, allo für teine ~artei
itgenb eine \)ertraglidje ~eredjtiguug ober ?Bervffidjtung begtünben.
S)iernadj fann für beu ~eUagten eine lJtel'9tßvflil'9t 3m: ~e3~'"
luug bel' \)erfvrodjenen. 5000 ~r. febenfaUß barnt nidjt entftan"
ben fein, roenn baß
3a~rung~\)erfvredjen einen :teil be~ a&ge=
fdjI.offrnen ?Bertrageß bUbet, wenn eß fidj alro um ein ?Berfvredjeu
,3nr ~e3a9Iuug eiuer $t.on\)entionalftrnfe
~anbelt, bie bei 91idjter"
füUuug beß ?Bertrageß ~ mseigeruug beß ~eUagten 3um ~&fdjluffe
be~ $tauf\)ertrageß S)aub au bieten -
gefdjuIbet roürbe, .ober aU=
flillig um ein ?BeriVted)en aUt flidjt \)on bem au @runbe liegenbeu lRedjißgefd)/ift nid}t
nuröfen. ~et ~uf:prud}, ber gef(~Hdj .ober uerttagltdj bem @laubiger
bei 91idjterfüUung ber
i!eiftung~:pflidjt beß edjulbnerß erwQd}ft,
fte~t .orbentlid)erweife nidjt
auf3er~aIo beß
?Bettragßuer~Qltniffe~,
f.onbern bUbet einen ~eftnnbteil bauon uub ~ängt mit ben f.onfügen
?Bertrag~6eai~ungen 3ufammen.
~au eß fid} 9ier aUß befonbetn
®tÜnben anbers uer~alte, tft nidjt barge!an. rollt Unred)t ~tt
ber .reUiger tn biefer ~eate~ung an, bel' ~ef[agte ~abe bie Ba~lung
4. Obligationenrecbt. r\0 i3.
für beu ~aU \)erf~rodjen, bau er uon feiner HDfferteli
nidjt
u.om 58ettrage -
3urücftrete.
~te fl'9.ou bemertt, fann barnnter
nur 006 3utÜlftreten \)om ?Bor\)ertrage, ober genauer bie ~idjter~
füUung btefeß gemeint fein. Unb iiorigens 9ilt ja bel' .relliger feine
?B.or»ertragßofferte alß foldje aufrel'9t
er~alteu unb e~ 3um ~6~
fdjluffe beß ?Bor»ertrageß fommen laffen.
4. -
SVer $tlliger ~IiIt eubIiI'9 bel' (%inlUenbung ber Ungültig"
feit beß ?Bertrage6 entgegen, ber ~eUagte 9abe argIifUg ge9anbelt, weil
er fidj \)on ~ntang an jener Ungiiltigfeit uewuüt geroefen fet unb
ben ~efIagten barüber in eiuem Jrrtum getaffen ~alle. mun fe~lt .
ei aber nadj bem :tatbeftanbe, wie i~n bie ?Borinftan3eu 'bunbeß"
redjtlidj uuanfed)t&ar feftgefteUt 9il"ßen, fdjon an beu uötigen fat"
tifd}en ~n9a1tß:puntten, aUß benen fid) ein argUfUgcß 58er9alten
bei Jtlager~ entne~men lieUe.
~amit braud)t nil'9t 9CVrüft 3u
roerbeu,
lUeIdje~ bie lJtedjtßf.olgen eiueß foldjen ?Ber9illtenß rodren,
uamentlil'9, 06 e~ aUßfdjlöffe, bie 91t~tigfeit beß ?Bertrageß gegen~
über bem @etliufl'9ten geHenb au madjen, ober .0& biefem ein (%r"
fll\\anf:prudj aU6 unerlaubter S)anblung 3uftlinbe.
~emual'9 9at baß ~unbeßgeril'9t
erfannt:
l)ie ~erufung wirb augewiefen unb bamit baß Urteil her 1. ~:p"
.pellationsfammer
be~ Doergerid}ti beß .reantonß Bürid) I)om
i8. .3anuar 1913 beftätigt.
43. Arret da la. Irc section Qivile du 26 avn1 1913
dans la Ca1J,se Societe des ma.rcha.nds da combustibles
da La. Chaux-de-Fonds at consorts, dem. et re,;., con/re
Coopera.tive des Syndicats da La Chaux-de-Fonds, der. et int.
Axt. -i8 CO : Ooncurrence deloyaleet concnrrence ilIicite. Con-
rlitions necessaires 'pom qu'il y ait lieu a indemnite; caractere
illicite da l'acte, faute et domrnage. Publication du jugement.
•
.1 .• -- Par demande formee en date du 17 avril 1912, la
Sodete des marchands de combustibles de LaChaux-de-Fonds
et consorts ont conclu contre la Cooperative des Syndicats de
228 A. Oberste Zivilgeriehtsinstallz. -
I. l\fateriellrechtliche Entscheidnngen.
La Chaux-de-Fonds au paiement de 4000 fr. ä. titre de dom-
mages-interets et de reparation morale, ainsi qu'a la publi-
cation du jugement, aux frais de la defenderesse dans le
journal La Cooperation et dans trois autres jou:Uaux au
choix des demandeurs.
La Societe des marchands de combustibles et consorts
fonde sa reclamation sur le fait de la publication, en date du
24 fevrier 1912 et du 23 mars 1913, dans La Coopdratioll,
organe officiel de l'Union suisse des Societes de consomma-
. tion et des Cooperatives de consommation de la Suisse ro-
mande,de deux articles intitules, le premier « Un coup man-
que" et le second c Ils se fachent ». Les demandeurs se
pretendent leses dans leufs interets par la publication de ces
articles, qu'i1s qualment de c manreuvres de concurrence de-
loyale lt. L'article du 24 fevrier 1912 a la teneur suivante:
« Les marchands de combustible sont furieux contre la
.. Cooperative. L'un d'eux s'en va partout, brandissant avec
» colere notre dernier numero de La Cooperation. Son exci-
» tation vient de la rubrique dans laquelle nous rappeions ä.
» nos clients que le combustible achete ä. la Cooperative se
» paie aux memes prix que chez les marchands prives et
, qu'll est fait a la fin de l'exercice une ristourne de Ö °/0
» sur ces prix. Son exasperatioD, loin de nuire ä. notre So-
» ciete, lui profite, puisqu'elle tend ä. faire connaitre un avan-
» tage qui, sans cela, aurait peut-etre passe inaperc;u pour
» plusieurs. La Societe des marchands de combustible, elle,
~ a vise plus haut. Elle a organise une petite manreuvre qui
)} n'etait pas trop mal combinee. Elle a fait des demarches
» aupres de la Direction des services industriels pour entra-
» ver, sinon pour emp@cher totalement, la livraison de coke
» da l'usine pour notre 80ciete. Grace ä. notre ferme atti-
» tude, des explications ont eu lieu avec le directeur des
» services industriels. Nous avons pu demontrer que l'interet
,. de la eommune, comme cehv des consommateurs, exigeait
» qu'aueune restriction ne Boit apportee ä. notre activite dans
" cette branche. La manreuvre a echoue et les marchands
» de combustible en ont ete poor leurs frais ...
,. Obligationenreeht.N0 '3.
Les demaudeurs, estimant cet article c tendaneieux et
enon
plutOt aussi la simple negligence ou imprudence. S'il fallait
admettre cette derniere interpretation, une des conditions de
l'a.llocati~n d'une indemnite a titre de dommages-interets, soit
Ia faute ae l'auteur des actes de coneurrence deloyale, serait
reali~e~ en l'espeee, car l'instance cantonale constate que, si
les dmgeants de la Cooperative n'ont pas counu Ia verite et
~e 1'ont pas sciem~lent defiguree, ils ont tout au moins agi
lmprudemment, sur la foi. 'de renseignements peu serieux et
de racontages sans consistance.
3. -
La seconde condition du droit ä. des domma.ges-inte-
rets, en matiere deconcul'rence deloya.le comme d'actes illi-
cites en general, reside dans l'existence d'un dommage. En
l'espece, ce dommage evnsisterait da:os la soustraction de tout
ou partie de la clientele qui, en l'absence de manreuvre~ illi-
eites, serait allee ci la victime de Ia lesion. nest necessaire
~:ailleur~ que le dommage soit causa au commerc;ant et ä.
I :ndustrlel meme, car l'art. 48 CO ne protege que ce der-
mer, et non le consommateur. L'existence du dommage peut
resulter de preuves certaines, mais, suivant les cireonstances
'e jage peut aussi prendre en consideration de sim~les pro:
23b A. Oberste Zivilgeriehtsinstanz. -
I. Materiellrechtliche Entscheidunpu.
babilites qui en rendent la naissance vrais~mblable (voir OSER,
Kommentar, ad art. 42, al. 2). Toutefois le juge n'a pas a
rechereher ni a etablir lui-m~me les circonstances de na.ture
a faire prevoir la possibilite d'un dommage, une fois que le
demandeur a rapporte la preuve des faits qui seraient sus-
ceptibles de le causer. Le juge doit au contraire fonder sa
decision sur les faits etablis devant lui par les parties. Or,
rien dans les pieces du dossier ni dans les constatations de
l'instance cantonale ne permet de conclure a la vraisemblance
d'un dommage, fnt-il m~me possible, et la reclamation d'uDe
indemnite a titre de dommages-inter~ts devrait dejä. ~tre
rejete de ce chef. Dans ces conditions, c'est a tort que les re-
courants reprochent a l'instance cantonale d'avoir commis une
erreur de droit, et de, s'~tre mise en contradiction avec la
jurisprudence conStante du Tribunal raderal, si meme on pou-
vait deja parier d'une jurisprudence du Tribunal federal sur
l'application de l'art. 48 CO.
4. -
Mais ce qui est decisif au point de vue du rejet du
recours, e'est la eonstatation de l'instance cantonale que non
seulement tout~ preuve de la vraisemblanee d'un dommage
possible fait demut, maia encore que l'eventualite contraire
parait devoir se realiaer. Apr~ avoir eonstate que Ie dossier
ne renferme rien sur le prejudice subi, que rien ne prouve.
rien meme ne rend vraisemblable une diminution de ellen-
tele des demandeurs, le Tribunalcantonal rappelle que I'at-
titude de la defenderesse ä. l'egard des marchands de com·
bustible a cause a ceux-ci, non pas UD dommage, mais un
avantage notable. En lieu et place du contrat dn 30 jan-
vier 1911, qui les genait dans leur liberM d'aetion, les deman-
deurs ont concIu en date du 2 mars 1912, avee la ville de La
Chaux·de-Fonds, un nouveau contrat leur permettant de lut-
ter effieaeement contre la concurrence de la Cooperative,
puisqu'ils ont la facnlte de faire ä. leurs clients un rabais de
5 % sur les livraisons d 'une certaiue importance, ce qui leur
etait interdit auparavant. 11 ne saumt donc etre question
d'un dommage cause aux demandeurs, et une des eonditions
indispensables du droit a des dommageB-inter~t8 fait d6faut
4. Obligatiunenrecht. NO 43.
237
en l'espece (voir arret du Tribunal federal dans Ia cause Re-
dard & Cie c. Peclard et consorts, 25 fevrier 1898, RO NIl
p. 153 cons. 4).
.5. :- Les. recourants ont insiste specialement sur 1a pu-
bl~catlon du Jugement, mode de reparation le plus adequat
SUlvant eux. Sans doute, le Tribunal federal, dans de nom-
breux arr~ts, a exprime l'idee que dans des litiges de ce
genre, la publication du jugement peut apparaitre comme le
mode de satisfaction le mieux approprie (voir arr~ts Förster
c. Härtseh, 27 mars 1896, RO 22 p. 164; Pollock c. Staub,
2? novembre 1905, RO 31 II p. 661 cons. 9; Syndikat für
~le Interessen der schweiz. Pharmacie c. Societe coopera-
tive des pharmacies populaires deGeneve 16 juin 1906
~O 32 ~ p. 376, cons. 8). Le Iegislateur a P~'evu ia possibi ~
11te ~e ddlerents modes de reparation du dommage, et cette
d~rmere ~eut ne pas ~tre de nature pecuniaire (cf. arr~t
Forster cl-dessus mentionne); le terme de reparation du
dommage, comme l'a mit observer le Tribunal f~deral a pro-
pos de l'art. 50 CO ancien, ne vise pas uniquement le dOlll-
mage materiel par opposition au tort moral de l'ancien art. 55
CO, ~ais bien 1a reparation au sens large, comprenant l'~n
~emDlte pour domrnage materiel et la reparation ordonnee a.
tltr~ de. satisfaction morale (cf. arret Pollock c. Staub). TOll-
tefOls, Il ne saurait etre question de reparation sous une
forme ou sous une autre que si le juge reconnait l'existence
d'un prejudice, ce qui n'est pas le cas' en l'espece puisque ni
les cons.tatations de fait de l'instance cantonale ni les pieces
du dOSSIer ne permettent de conclure a une lesion quelcon-
que des interets des demandeurs.
Par ces motifs,
le Tribunal federal
prononce:
~e recours est ecarte comme non fonde et le jugement du
Tnbunal cantonal neuchatelois est maintenu dans son entier.