Volltext (verifizierbarer Originaltext)
286
A. Entscheidungen des Bundesgerichts als oberster Zivilgerichtsinstanz.
6. 6te~t i omit feit, baü untet ben oumaHenben Umft1inben
bilß 6tilIfd)meigen beß lBet(agten auf ben lBeftätigungßutief beß
~(ägerß l)on biefem im 6inne
be~ @inl)erftänbniffeß mit ber
ftreitigen lBeftelIul1g aufgefitf3t roetben muüte,;0 bleibt nut non)
3u unteri ud)en, ob bie m(mgefnbe
~enntniß
be~ lBeffagten bon
jenem ~eita.tigung~fd)ret6en ber ffi:e(el.lan3
feine~
6tiaid)metgen~
entgegenfte'ge. 5Ua inbeffen baß me'9rerroli~nte lBeitlitigung~fd)reiUen
unbeftrittenerma~en an bie %tbrefie beß lBefIagten aufgegeben wor=
ben war, im ®efcf)iiftßlota[ beßfeluen eingetroffen tit unb betfeluit
l)om 60~n unb %tngefteiiten beß lBef(agten in @ul'pfang genommen
wllrbc, f 0 fann fid) ber lBef{agte nid)t batallf berufen, DaB cr
ben,3n'(la{t beßfelben ntd)t gefannt '(labe. 5Uenn eß tit 6adje beß
@efd)äftßinfjctuerß, bafür 3U iorgen, baf3 @efdjäftß6riefe, bie in
feinem ®efd)iiftßlofa{ abgegeuen werben, ~n feiner eigenen,reenntniß
ober bod) 3ur .\tenntni~ einer q3erfon gelangen, roeId)e au beren
,öffnung joroie au beren lBecmtwortung ober 9cid)tueantmortung
ge9örig be\.lolImäd)tigt ift.,jm \.lorltegenben ~alIe iit llnbeftritien,
baf3 ber 60'(ln @rnft, we(d)er ben
~eftlittgung~orief beß .\tläger~
in @m~fang genommen, geIeien unb tuuri3iert '(lat, '(lic3u bCl)oU=
mäd)tigt mar. ?märe er eß aber aud) nid)t gewefen, fo würbe,
mie ueteit~ angebeutet, fd)on ber Umftanb genügen, bau ber k
treffenbe lBtief im
®efd)äft~(ofa{ be~ lBef{agten Ilugegeben unb
\)on einer ber q30ft gegenüber aur @ntgegenna'(lme legitimierten
q3er}on in @mvfang gt'nommen morten ift. 5Uie}e 0:m:pfangnll'(lme
1ft bem !Benagten, nJie jebe @m~fllngna~me, alß
.\tenntnißU(t~me
unaured)nen (\)ergL @ntfd). b. mDS)® 23 9"a. 25 6. 75), unb
3mar fann er IlUd) nid)t etma aum @egenbewei~ "uge{aifen merben,
baf3 er trot bem @mVTang beß ~riefe~ l)on biefem feine .\tenntni~
er'(lalten '(labe, belln er mu\'; fid) fein met'~a(ten ja nid)t IlUß bem
®runbe al~ ?miUen~äuf3erung anred)nen (airen, roeH baruu~ auf
feinen in t er n en milIen gejcf)(offen würbe, foltbem beßfja{6, meH
Cß barallf antommt, wa~ fid) nad) ber
0:rfa~rung beß
?Serfe'(lr~
au~ feinem mer~alten aiß ?miUen~ äu 13 eru n gergibt, m. a. ?m.
auf wa~ ber @egenfontra'(lent \)ernünftigerUletfe bauen muate.
5UaU bte~ ber 6tanb:punft beß fd)roeiaetifd)en
Db(igationenred)te~
tft, ergt6t fief) beutfid) au~ befien %trt. 1; eine 5Ui~fre~an3 ömtfef)en
'illiUe unb ?miUeußäu13erung roirb nur aUßna'(lm~\l)eife, JO nament~
1II. Obligationen recht. N0 40.
287
Hcf) im ~aUe be~ "mefentrief)en,jrrtum~lI, unb übrigen~ aud) bll
nur unter geluiffen .\tauMen (f. %tri. 23 Dffi:) oerüdfid)tigt. @tn
fofd)er ~{ußmtl)mefaU liegt aber 91er nid)t \.lor.
5Uemnadj 9at ba~ lBunbeßgerief)t
erfannt:
~ie !Berufung bCß ~ef{agten mirb abgemiefen unb ba~ Urteil
be~ S)anbel~gerid)tß beß .\tllnton~ ~arg(\U bom 25.,Januar 1906
beftätigt.
40. Arret dull ma.i 1906, dans la cause 'l'eutonia, def. et rec.,
contre Ialtenrieder, dem. et int.
Assuranca-accidant. -
Notion da l'accident. Rapport de
causalite entre l'accident et la mort; fardeau de 1a preuve. La
orobabilite suffit pou!' etabUr 1e rapport de causalite. Constata-
iion de fait. -
Avis donne tardivement u l'assureur. -
Maladie
consideree comme cause concomitante da la mort. -
Pretendue
negligence grave de l'accuse.
A. -
Le 22 aoilt 1896 Gottlieb Kaltenrieder, agriculteur,
alors a Ohietres, a conclu un contrat d'assurance contre Ies
accidents aupres de « La Teutonia» a Leipzig; cette sodete
devait, en cas de mort par accident, payer a ses heritiers la
·somme de 6000 francs.
B. -
Le 5 aout 1904 Gottlieb Kaltenrieder, qui avait
transporte son domicile a Estavayer-Ie-Lac, etait occupe a
-charger sur son char des sacs de ciment; au cours de cette
operation, il fut victime d'un accident et mourut, le lende-
main 6 aout, vers la fin de l'apres-midi. L'arret dont est
recours expose ainsi cet evenement: « Il n'est pas douteux
>(}ue la cause de la mort de Kaltenrieder provient du choc
qu'il reliut en chargeant les sacs de ciment, le 5 aout 1904.
Il est etabli, en effet, qu'a un moment donne, occupe a porter
des sacs de ciment de 50 kg., du magasin Gattoni a son char,
Kaltenrieder laissa echapper un sac qui lui tomba contre le
ventre; que, immediatement, il se plaignait de douleurs au
ventre dut s'asseoir et cesser son travail; et qu'enfin ayant
,
288
A. Entscheidungen des Bundesgerichts als oberster Zivilgerichtsinstanz.
youlu, sur les conseils de dame Gattoni, entrer dans Ia
maison, il tomba sur les marches de l'escalier sans pouvoir se
reiever. »
C. -
Par citation du 8 octobre 1904, les heritiers de
Gottlieb Kaltenrieder ont ouvert action a « La Teutonia» et
conclu a ce qu'elle soit coudamnee a leur payer l'indemnite
d'assurance de 6000 francs a Ia suite de l'accident survenu
le 5 aout et suivi de mort le 6 aout 1904.
La societe d'assurance conclut a liberation, se basant, en
resume, sur les motifs suivants: Le (leces n'est pas du a
une violence exterieure, soudaine, physique, independante de
Ia yolonte du navre comme l'exige Ie § 1 de Ia police, il n'en
existe pas meme un indice. -
Dans l'hypothese la plus favo-
rable, la legion interieure serait la consequence des efforts
subjectifs, prolonges de Kaltenrieder pour lever et charger
des sacs de 50 kg; Ia societe u'en est pas respousable.-
L'hypothese Ia plus vraisemblable est celle indiquee par Ie
medecin Ducotterd: Kaltenrieder souffrait d'un abces ou
d'un ulcere intestinal, les efforts faits par lui le 5 aout out
fait crever cet abces ou ont determine une hemorragie qui
a entraine la mort. -
Dans tous les cas Kaltenrieder avait
juge necessaire de consulter un medecin deux jours plus tot
et avait ete averti par lui j il a commis une imprudence ou
une negligence grave en procedant au chargement de ces
sacs j a ce point de vue encore Ia compagnie d'assurance est
liberee. -
Enfin, Ia tardivete et Ia defectuosite des avis
donnes par les beritiers a « La Teutonia » ont empecM celle-ci
d'user du droit de requerir l'autopsie qui seule pouvait de-
terminer d'une maniere certaine Ia cause de Ia mort.
D. -
Le Tribuual civil de l'arrondissement de Ia Sariner
par jugement du 4 juillet 1905, puis le Tribunal cantonal du
cant on de Fribourg, par la sentence confirmative du 27 no-
vembre 1905 dont est recours, ont admis les conclusions des
hous demandeurs et ecarte celles de Ia compagnie.
E. -
O'est contre le jugement du Tribunal cantonal que
Ia societe defenderesse a declare recourir en reforme au
Tribunal federal et reprendre devant lui ses conclusions
liberatoires.
III. Obligationenrecht. N0 40.
289·
Statuant sur ces faits et considerant en droit :
1. -
L'instance cantonale a constate, en fait, l'existence
de l'accident qui, aux dires des demandeurs, a cause la
mort de Gottlieb Kaltenrieder; elle a declare qu'un sac de
ciment de 50 kg., que celui-ci portait du magasin Gattoni a
son char, Iui a echappe et lui est tombe sur le ventre. Oette
constatation n'est pas en contradiction avec les pieces du
dossier, elle s'appuie au contraire sur Ia deposition de La
femme Gattoni, seul temoin de l'accident; elle Iie par conse-
quent le Tribunal federal. II s'agit bien la d'un evenement
soudain, inattendu, d'un choc produit par uue force exterieure
soudaine, physique, independante de Ia volonte. O'est donc
avec raison que l'instauce cantonale a admis l'existence d'un
accident au sens du § 1 de la police d'assurance, sens qui
correspond du reste a la definition habituelle de l'evenement
qualifie «accident ».
Si meme l'on supposait, avec la compagnie defenderesse,
que le choc n'ait pas ete direct, que Kaltenrieder, sentant le
sac Iui echapper, ait lutte, ait fait un effort pour le retenir
et que ce soit cet effort qui ait cause la rupture interne, il
n'en serait pas moins vrai que ce mouvement redexe et
involontaire, cet effort, cette resistance, a ete directement
provoquee par la soudainete et Ia violen ce de Ia manifesta-
tion d'une force mecaniqlle exterieure, savoir Ia chute inat-
tendue d'un sac de ciment de 50 kg.; l'evenement n'en
conserverait pas moins Ie caractere d'un accident.
2. -
Oeci etabli et Ia mort de Kaltenrieder par suite de
peritonite foudroyante n'etant pas mise en doute, l'arret dont
est recours admet qu'il y a rapport de cause a effet entre
cet accident et Ia mort de l'assure. La compagnie recourante
conteste ce rapport de causalite; elle estime en droit que Ia
probabilite ne suffit pas pour etablir ce rapport, et, en fait,
elle allegue, d'une part que c'est Ia maladie dont souffrait
Kaltenrieder qui a ete Ia cause de sa mort, ou qui tout au
moins en a ete uue des causes concomittantes, et, d'autre
part, que seule l'autopsie, rendue impossible par Ie fait des.
defendeurs, aurait pu prouver Ia cause de Ia peritonite fou-
droyaute.
290
A. Entscheidungen des Bundesgerichts als oberster Zivilgerichtsinstanz.
C'est aux demandeurs qu'incombe la charge de rapporter
la preuve du rapport de causalite entre l'accident et la mort
de l'assure. Le Tribunal cantonal de Fribourg a declare, avec
raison, qu'il n'est pas indispensable de savoir quelle est la
nature et le terme specifique de la lesion survenue (ouverture
d'un abces, rupture d'un ulcere ou dechirement des intestins)
et il se borne a constater que c'est la chute du sac qui a ete
la cause de cette lesion mortelle quelle qu'elle soit. Cette
affirmation ne peut, il est vrai, s'appuyer que sur des pro-
babilites; ces probabilites decoulent de Ia simultaneite de Ia
chute du sac et des douleurs violentes ressenties par Kalten·
rieder, de Ia declaration du Dr Thürler, medecin traitant,
ainsi formulee: «probablement rupture de l'intestin par
force mecanique exterieure », et, enfin, (le Ia declaration des
experts qui ont dit: «rien ne s'oppose a l'exactitude de Ia
constatation medicale du Dr Thürler qui du reste n'avance
qu'une probabilite. » -
Or, ainsi que, d'accord avec la doc--
trine (voir Ehrenberg, Versicherungsrecht Bd. I 1893, p. 426)
le Tribuual federal l'a deja prononce (voir arrets 13 octobre
1894, Basler Lebensversicherungsgesellschaft c. Haller, RO
20, p. 937, eonsid. 6; 30 mars 1899, Schweiz. Unfallversiche·
rungs-Aktiengesellschaft in Winterthur e. Voneseh, RO 25 H,
p. 162), dans Ies eas Oll il n'est pas possible d'apporter une
preuve materielle peremptoire, Ia probabilite suffit pour eta-
blir le rapport de causalite. -
C'est en vertu de ce prineipe
que le Tribunal cantonal de Fribourg a admis que e' est la
chute du sac de eiment sur Ie ventre de Kaltenrieder qui a
eause la peritonite foudroyante dont il est mort. C'est la une
eonstatation de fait qui, pour autant qu'elle n'est pas en
eontradiction avee Ies pieces du proces, lie Ie Tribunal fede-
ral. -
En admettant cette solution, en opposition a la pro-
babilite emise par Ia compagnie, c'est-a-dire que la peritonite
anrait ete Ia consequence de l'ouverture d'un ulcere ensuite
d'effort, independamment de Ia chute du sac, le tribuual
cantonal a agi dans Ia limite de Ia liberte d'appreciation dont
tout juge dispose.
Cette constatation de fait Hant le Tribunal federal et devant
1II. Obligationenrecht. N° 40.
291
etre consideree comme Ia solution la plus normale, puisqu'elle
est conforme aux avis du medecin traitant (voir Ehrenberg
loe. eil. et p. 429), e'est a l'assureur qu'il appartenait de
prouver Ia faussete de cette probabilite et I'existence d'une
autre cause de deces. TI est vrai que les experts ont deelare
qu'il est possible que l'effort fait par un homme qui trans.
porte des saes de eiment de 50 kg. provoque la rupture
d'ulceres intestinaux dont il souffrirait; mais eneore aurait-il
faUu etablir que le defunt avait des uleeres. Le D'Ducotterd,
sur les declarations duquel la compagnie recourante appuie
sa defense, a declare qu'il avait vu Kaltenrieder le 1 er aout
qu'il avait ete tres perplexe sur le diagnostic, qu'il hesitait
entre une gastrite chronique et une gastrite uicereuse, qu'il
avait prescrit ä Kaltenrieder un traitement et Iui avait dit
de revenir dans trois jours. Eu presenee d'une deposition
pareille, il ne peut s'agir que ß'une hypothese, 01' une
supposition n'equivaut pas a une preuve, et Ie Tribunal
federal n'a pas a modifiel' Ia constatation de fait de l'instance
cantonale.
R. -
TI est vrai que Ia compagnie recourante allegne que
si Ia preuve peremptoire de l'etat de sante de l'assure au
moment de I'accident et de son rapport avec le deces, n'a
pas e16 rapportee, c'est que les heritiers de Kaltenrieder
n'ont pas respecte Ies clauses de Ia police en ce qui concerne
les delais d'avis et que la compagnie a ete informee trop
tard du deces, pour qu'il put etre procede a l'autopsie, seul
moyen de preuve permettant d'etablir surement Ia cause de
la mort.
C'est a bon droit que l'instance cantonale a admis que, Ia
gravite du mal de l'assure n'ayant ete diagnostiquee que le
6 aout dans Ia matinee, le deces etant survenu dans la soiree
et l'avisNant eta donne le jour suivant, Ies hoirs deman-
deurs ont""rempli leurs obligations. On ne saurait leul' faire
un reproche d'avoir ignore qu'ils devaient adressel' l'avis de
deces a un autre agent de la societe que l'agent habituel,
alors qu'ils ne pouvaieut Ie savoir, ni de ce que cet agent
avait de fausses indications au sujet du domicile de Kalten-
29'2
A. Entscheidungen des Bundesgerichts als oberster Zivilgerichtsinstanz.
rieder, faits qui ont retarde son arrivee. Du reste il y a lieu
de remarquer qu'a ce moment-la il n'a pas ete question
d'autopsie; ce n'est qu'a la fin du mois d'aout que cette
question a surgi et les experts ont declare, sur la demancle
m~me de la re courante, qu'a cette epoque-Ia elle eut ete
impossible a raison de la decomposition du cadavre.
4. -
La compagnie recourante a encore allegue que Ia
maladie dont etait atteint Kaltenrieder au moment de l'acci-
dent est une cause concomitante de sa mort, qu'elle modifie
le rapport de causaIite et qu'elle excIut sa responsabilite,
cela a raison de l'art. 1 de Ia police, en vertu duquel l'assu-
rance ne couvre que «les suites directes et uniques de
l'accident sans cooperation d'une maladie quelconque ou de
toute autre circonstance ».
Pour autant que Ia compagnie aurait entendu conclure
implicitement a une reduction de Ia somme dp, 6000 francs
prevue dans Ia police, a raison de la simultaneite pnltendue
des causes, il suffit de reiever que Ia possibilite d'une solu-
tion de cette nature ne resulte pas clairement des termes de
Ia police et ne doit pas etre supposee, vu sa nature excep-
tionnelle; la disposition citee de l'art. 1 de la police n'a eta
invoquee que pour justifier les concIusions entierement liM-
ratoires de Ia reponse.
11 y a lieu de remarquer a eet egard, d'abord, que cette
disposition ne peut rationnellement se rapporter qu'a Ia
co operation d'une maladie survenue apres l'accident; cela
seul est conforme aux principes generaux en matiere d'assu-
rance-accident, et au fonctionnement de ces assurances. La
survenance d'une maladie avant l'accident ne saurait avoir
d'efiet sur l'application de Ia police restee teIle quelle, en
cas de survenance d'accident.
En second lieu, il serait contraire a Ia bonne foi qui doit
regner en matiere de contrats d'assurance (arret du Tribunal
federal du 22 juillet 1895, Le SoIeil-Securite generale c. Co-
sandey, RO 21, p. 862) d'admettre que toute maladie on
indisposition quelconque peut avoir un effet sur la responsa-
bilite de Ia compagnie-assureur. Ce serait enerver les contrats
IIl. Obligationenrecht. N° 40.
d'assurance - accident que de vouloir imposer, dans chaque
cas, a l'assure ou a ses ayants droit, la preuve que l'accident
est seul cause du dommage. Ainsi que le Tribunal federal
l'a juge, admettre toute infirmite, au sens scientifique du
terme, comme une cause de decheance a teneur du contrat,
equivaudrait a frustrel' la pl'esque universalite des souscrip-
teurs de polices des bienfaits de l'assurance, puisqu'il n'existe
peut-etre aucun individu chez lequel on ne puisse constater,
a un degre quelconque, un principe morbide ou une imper-
fection organique, qui empeche de le considerer comme en
possession de Ia plenitude de Ia sante, dans le sens ideal et
absolu. (Trib. fed. La Preservatrice c. Chamorel, RO 24, II,
p. 772 consid. 2.)
5. -
La compagnie pretend enfin tirer un moyen libera-
toire du fait que Kaltenrieder aurait commis une negligence
grave en se livrant au travail de chargement de sacs de
ciment de 50 kg., malgre les menagements que le docteur
Ducotterd lui avait ordonnes. Il suffit de remarquer a cet
egard, d'une part, que le medecin declare lui-meme n'avoir
pade a Kaltenrieder que de ~ mauvaise gastrite » sans faire
mention d'ulceres, d'autre part que les experts, appeIes a
repondre a Ia question de savoir si une personne atteinte
d'une afiection intestinale, si meme elle n'est pas encore
exactement determinee, ne commet pas une grave impru-
dence en se livrant ades travaux tels que Ie chargement et
le dechargement de sacs de ciment de 50 kg., ont declare
qne certaines affections intestinales permettent des travaux
penibles sans etre aggravees pour cela.
Ce moyen liMratoire doit donc etre ecarte comme les
precedents, une negligence grave ne pouvant etre mise ä. Ia
eh arge de l'assure.
Par ces mo tifs.
Le Tribunal federal
prononce:
Le recours est ecarte.