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A. Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung.
~fIid)tigen nid)t ftattfinbet, fonbern 6(0~ eine @infd)ii~ung untc~
ein al'l'rorhnatibeß Eid)ema, fo fann bieß für bie
~atur bel'
fragIid)en eteuet'
ar~ einer l'erjönHd)en
@:r\t.1er6~fteuer nid)t in
?Setrad)t fommen; bie~ um fo weniger, ar~ bel' stlrt. 19 cit. ba~
,,@e\t.1er6~fa~ita(unb ben @rtrag" bel' 6etreffenben .'Berufe fogar
au~bt'ÜdHd) a@ Dlifefte her Eiteuer lieaeid)net.
3. ~un tft im weitern narfl ben: stlften erjteUt unb
ü6rigen~
unter ben q5at'teien offenbill' nid)t ftreitig, ba~ 1Refurrentin in
.'Bafel für ba~ @e6iet bcr ed)\t.1eia eine @efd)iift~ntebedaffung lie~
fi~t, lUiil)reno bom ~anton llliaUi~ aU5 tn feiner Illieife eine
felbftänbige ileitung il)te~ @efd)1ift~lietriebe5, aud) nur fo\t.1eit fid}
berfellie in bieiem ~antone abfpielt, ftattfinbet. S)tnfirfltHd)
il)re~
Eii~e~ in .'Bafef a~er tft lRefurrenfin, wie ba>3 .'Bunbe~gerid)t be~
reit~ anläßlid)
il)re~ 1Refurfe~ gegen ben ~anton Uri (~unbe~~
gerid)tl. @ntfd)., .'Bb. XXIV, I. ~eU, ~r. 121) etfannte, einer
fd)weiaerifd)en @efeUfd)aft mit Eiij} in ?Safel gleirfl3ufteUen. eie
fann bal)er, entfl'terflenb bel' ftänbigen bunbe>3gerid)Ütd)m q5raJi~
(bergL a. ?S. genannte Urteile lRefurrentin gegen Url unb IDaml'f::-
fd)ifffal)rt5gef eUfd)aft gegen ilu3em) für ben @rlUerli, bel' il)r au~
il)rer @efcgiift~tl)ätigreit in einem anbern Stantone 3ufIient, ntd)t
in btefem ~antone, fonbem nur in il)rem IDomi3ile ?Safer 3UlJ
Eiteuer l)erangeaogen werben. @egen biefen au~ bem bunbe~recgt"
lid)en ?Eerliot bel' IDoppelbefteuerung l)miil)renben Eiat ift ttatür~
licg bie ?Serufung auf ben Illiortlaut
eine~ fantonafen @efe~e.6,
ba~ bie ?Sefteuerung be~ @merbe5 au~wärt~ Illiol)nenber auläßt,
ttid)t ftattl)aft (l:lergL erwäl)nte~ Urteil 1. e. IDampffd)ifffa~rt~c
gefeUfcgaft @rw. 3). IDa fid) aber, wie au~gefül)rt, oie in ~rag.e'
ftel)enbe Steuer a1$ @t\l)er6~iteuer quaHfiaiert, mUß arfo bel' lRe;:
fUt~ gutgel)eif3en werben, womit felftl:lerftänbltcg bie SJJCögHd)feit
bel' @r9cliun9 einer q5atenttaJe bon ber ff{;efurrentin unpräiubi3ievt
bleibt.
IDemnacg l)at bai3 ?Sunbe~gerid)t
etfannt:
IDer 1Refur~ wirb begrünbet unb bamit hle .'Befteuerung lycr
lRefurrentitt auf @runb bon stlrt. 19 be~ @efete~ beß .R'anton~
5IDaUii3 bom 28. SJJCai 1874 ar~ ttnfüdt~aft ernäd.
HI. Niederlassung und Aufenthalt. N° 36.
IIL Niederlassung und Aufenthalt.
Etablissement et sejour.
36. A rret du 31 mai 1899
dans la cat~se Busset contre Geneve.
Refus d'etablissement, Art. 45, al. 2, C. f. Alinea 3, eod.
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A. -
Le recourant est venu s'etablir a Geneve au mois-
de septembre 1898. Le Departement cantonal de justice et
police ayant appris qu'il avait ete condamne dans le canton
de Vaud pour vol et recel decida, par arrete du 6 decem-
bre 1898, de ne pas lui accorder l'autorisation de sejourneF-
dans le canton de Geneve. Ensuite de recours de Busset, la
Conseil d'Etat de Geneve confirma cette decision par arrete
du 24 janvier 1899. Busset s'adressa alors, par requete des-
2 et 3 mars 1899, au Conseil federal pour obtenir que·
l'arreM d'expulsion pris contre lui fftt annule. Il reconnais-
sait avoir ete condamne dans 1e canton de Vaud, mais decla-
rait n'etre pas prive de ses droits civiques et etre astreint
au service militaire. Il avait, disait-il, du travail assure a Ge-
neve et pouvait y entretenir sa familIe. Plutöt que de voir
celle-ci vegeter ailIeurs, il preferait l'abandonner et se faire
naturaliser Fran<;ais.
Cette double requete fut transmise au Tribunal federal.
B. -
Appele a se prononcer au sujet de la demande en
annulation de son arrete du 2-l janvier, le Conseil d'Etat de
Geneve repondit exposant ce qui suit:
Busset a ete condamne :
10 Le 6 decembre 1892 par 1e Tribunal de Lavaux a
4 mois de reclusion et 1 an de privation des droits civiqnes
pour vo1;
20 1e 26 septembre 1893 par le Tribunal de Lausanne a.
20 jours de rec1usion, 18 francs d'amende et 1 an de priva-
tion des droits civiques pour recel et maraudage;
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A. Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung.
3° Ie 30 novembre 1894 par le Tribunal d'Oron a 20 jours
de recIusion et 1 an de privation des droits civiques po ur
escroquerie.
Ces condamnations sont constatees par un releve du casier
judiciaire du recourant delivre par le Departement de justice
et police du canton de Vaud.
Le refus d'etablissement oppose au recourant n'est pas
contraire a l'art. 45 const. fed. Si les cantons ont Ie droit
d'expulser de leur territoire les individus qui ont subi plu-
. sieurs condamnations pour delit grave, Hs ont, a fortiori,
celui de refuser aux memes individus l'autorisation de s'eta-
blir sur leur territoire. On ne saurait astreindre l'autorite de
.. police a laisser etablir sur le territoire du cant on des gens
auxqueIs elle aurait le droit de retirer ensuite cette autori-
sation. C'est ce qu'a reconnu le Tribunal federal dans Ie cas
Bryner (Rec. off. XXIII, p. 513·514). Entin la moralite du re-
courant est suspecte; il ne justifie pas de moyens d'existence
reguliers et, dans sa requete du 2 mars, il menace d'aban-
donner sa familIe et de se faire naturaliseI' Franc;ais. Le Con-
'seil d'Etat de Geneve conclut en consequence au rejet du
recours.
V u ces {aits et considerant en droit :
Le Conseil d'Etat de Geneve reconnalt que l'arrete qu'il a
pris a l'egard du recourant constitue non un retrait, mais un
refus d'etablissement.
D'apres Part. 45, al. 2 de Ia constitution federale l'etablis-
sement peut etre refuse a. ceux qui, par suite d'un jugement
penal, ne jouissent pas de leurs droits civiques.
Or Ie temps ponr lequelle recourant avait ete prive de ses
droits civiques par les jugements rendus contre Iui uans le
canton de Vaud etait manifestement deja expire Iorsqu'il est
venu resider a Geneve. Il suit de Hl que ces jugements ne
peuvent etre invoques pour justitier Ie refus d'etablissement
au regard de l'art. 45 al. 2. Mais l'auteur de Ia reponse pour
le Conseil d'Etat de Geneve fait valoir que cette autorite
pourrait, a raison des dites condamnations, retirer l'etablis-
sement au recourant en vertu de rart. 45, al. 3 C. f., et que,
III. Niederlassung und Aufenthalt. N° 36.
.{les lors, elle doit avoir le droit de le lui re~ser. Cette ma-
niere de voir est toutefois erronee. Le ConseIl federal et Ie
Tribunal federal ont constamment interprete l'art. 45, al. 3
C. f., en ce sens que les condamnations anterieures subies
par un citoyen ne peuvent etre invoquees pour Iui ~etirer
l'etablissement que s'il encourt une nouvelle condamnatlOn au
lieu de son etablissement ou, du moins, s'il y mene une
conduite reprehensible et contraire aux bonnes mmurs (voir
Salis, Droit public. red. TI, n° 426 i Arrets du Tribunal (e-
&ral XXIII, p. 513, chiffre 2). Or le recourant n'a pas subi
de condamnation depuis son etablissement a Geneve et il ne
saurait evidemment suffire que sa moralite soit suspecte a
l'autorite genevoise, ainsi que la reponse le donne a. entendre,
pour donner le droit a cette auto rite d~ lui retirer l'etablis.-
sement. Dans le cas Bryner, invoque, a tort, par le Conseil
d'Etat a l'appui de son point de vue, Ia moralite du recourant
n'etait pas seulement suspecte, mais l'immoralite de sa con-
duite etait demontree par des faits positifs et certains (Rec.
{lff. XXIII, p. 510 et suiv.).
.
La circongtance alleguee par la reponse, contralrement
aux affirmations du recourant, que celui-ci ne possederait pas
de moyens d'existence reguliers, n'est pas davantage de
nature a justitier Ia decision des autorites genevoises .. En
dehors du cas de condamnation, dont il vient d'etre question,
l'art. 45, al. 3 C. f., n'autorise le retrait d'etab!issement qu'a
ceux qui tombent d'une maniere permanente a Ia charge de
Ia bienfaisance publique et auxquels leur commune refuse une
assistance suffisante.
Par ces motifs,
Le Tribunal federal
prononce:
Le recours est admis et l'arrete d'expulsion pris ä. l'egard
de sieur Busset, le 24 janvier 1899, par le Conseil d'Etat
du cant on de GenMe, est annule.