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25_I_201

BGE 25 I 201

Bundesgericht (BGE) · 1899-01-01 · Français CH
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A. Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung.

~fIid)tigen nid)t ftattfinbet, fonbern 6(0~ eine @infd)ii~ung untc~

ein al'l'rorhnatibeß Eid)ema, fo fann bieß für bie

~atur bel'

fragIid)en eteuet'

ar~ einer l'erjönHd)en

@:r\t.1er6~fteuer nid)t in

?Setrad)t fommen; bie~ um fo weniger, ar~ bel' stlrt. 19 cit. ba~

,,@e\t.1er6~fa~ita(unb ben @rtrag" bel' 6etreffenben .'Berufe fogar

au~bt'ÜdHd) a@ Dlifefte her Eiteuer lieaeid)net.

3. ~un tft im weitern narfl ben: stlften erjteUt unb

ü6rigen~

unter ben q5at'teien offenbill' nid)t ftreitig, ba~ 1Refurrentin in

.'Bafel für ba~ @e6iet bcr ed)\t.1eia eine @efd)iift~ntebedaffung lie~

fi~t, lUiil)reno bom ~anton llliaUi~ aU5 tn feiner Illieife eine

felbftänbige ileitung il)te~ @efd)1ift~lietriebe5, aud) nur fo\t.1eit fid}

berfellie in bieiem ~antone abfpielt, ftattfinbet. S)tnfirfltHd)

il)re~

Eii~e~ in .'Bafef a~er tft lRefurrenfin, wie ba>3 .'Bunbe~gerid)t be~

reit~ anläßlid)

il)re~ 1Refurfe~ gegen ben ~anton Uri (~unbe~~

gerid)tl. @ntfd)., .'Bb. XXIV, I. ~eU, ~r. 121) etfannte, einer

fd)weiaerifd)en @efeUfd)aft mit Eiij} in ?Safel gleirfl3ufteUen. eie

fann bal)er, entfl'terflenb bel' ftänbigen bunbe>3gerid)Ütd)m q5raJi~

(bergL a. ?S. genannte Urteile lRefurrentin gegen Url unb IDaml'f::-

fd)ifffal)rt5gef eUfd)aft gegen ilu3em) für ben @rlUerli, bel' il)r au~

il)rer @efcgiift~tl)ätigreit in einem anbern Stantone 3ufIient, ntd)t

in btefem ~antone, fonbem nur in il)rem IDomi3ile ?Safer 3UlJ

Eiteuer l)erangeaogen werben. @egen biefen au~ bem bunbe~recgt"

lid)en ?Eerliot bel' IDoppelbefteuerung l)miil)renben Eiat ift ttatür~

licg bie ?Serufung auf ben Illiortlaut

eine~ fantonafen @efe~e.6,

ba~ bie ?Sefteuerung be~ @merbe5 au~wärt~ Illiol)nenber auläßt,

ttid)t ftattl)aft (l:lergL erwäl)nte~ Urteil 1. e. IDampffd)ifffa~rt~c

gefeUfcgaft @rw. 3). IDa fid) aber, wie au~gefül)rt, oie in ~rag.e'

ftel)enbe Steuer a1$ @t\l)er6~iteuer quaHfiaiert, mUß arfo bel' lRe;:

fUt~ gutgel)eif3en werben, womit felftl:lerftänbltcg bie SJJCögHd)feit

bel' @r9cliun9 einer q5atenttaJe bon ber ff{;efurrentin unpräiubi3ievt

bleibt.

IDemnacg l)at bai3 ?Sunbe~gerid)t

etfannt:

IDer 1Refur~ wirb begrünbet unb bamit hle .'Befteuerung lycr

lRefurrentitt auf @runb bon stlrt. 19 be~ @efete~ beß .R'anton~

5IDaUii3 bom 28. SJJCai 1874 ar~ ttnfüdt~aft ernäd.

HI. Niederlassung und Aufenthalt. N° 36.

IIL Niederlassung und Aufenthalt.

Etablissement et sejour.

36. A rret du 31 mai 1899

dans la cat~se Busset contre Geneve.

Refus d'etablissement, Art. 45, al. 2, C. f. Alinea 3, eod.

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A. -

Le recourant est venu s'etablir a Geneve au mois-

de septembre 1898. Le Departement cantonal de justice et

police ayant appris qu'il avait ete condamne dans le canton

de Vaud pour vol et recel decida, par arrete du 6 decem-

bre 1898, de ne pas lui accorder l'autorisation de sejourneF-

dans le canton de Geneve. Ensuite de recours de Busset, la

Conseil d'Etat de Geneve confirma cette decision par arrete

du 24 janvier 1899. Busset s'adressa alors, par requete des-

2 et 3 mars 1899, au Conseil federal pour obtenir que·

l'arreM d'expulsion pris contre lui fftt annule. Il reconnais-

sait avoir ete condamne dans 1e canton de Vaud, mais decla-

rait n'etre pas prive de ses droits civiques et etre astreint

au service militaire. Il avait, disait-il, du travail assure a Ge-

neve et pouvait y entretenir sa familIe. Plutöt que de voir

celle-ci vegeter ailIeurs, il preferait l'abandonner et se faire

naturaliser Fran<;ais.

Cette double requete fut transmise au Tribunal federal.

B. -

Appele a se prononcer au sujet de la demande en

annulation de son arrete du 2-l janvier, le Conseil d'Etat de

Geneve repondit exposant ce qui suit:

Busset a ete condamne :

10 Le 6 decembre 1892 par 1e Tribunal de Lavaux a

4 mois de reclusion et 1 an de privation des droits civiqnes

pour vo1;

20 1e 26 septembre 1893 par le Tribunal de Lausanne a.

20 jours de rec1usion, 18 francs d'amende et 1 an de priva-

tion des droits civiques pour recel et maraudage;

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A. Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung.

3° Ie 30 novembre 1894 par le Tribunal d'Oron a 20 jours

de recIusion et 1 an de privation des droits civiques po ur

escroquerie.

Ces condamnations sont constatees par un releve du casier

judiciaire du recourant delivre par le Departement de justice

et police du canton de Vaud.

Le refus d'etablissement oppose au recourant n'est pas

contraire a l'art. 45 const. fed. Si les cantons ont Ie droit

d'expulser de leur territoire les individus qui ont subi plu-

. sieurs condamnations pour delit grave, Hs ont, a fortiori,

celui de refuser aux memes individus l'autorisation de s'eta-

blir sur leur territoire. On ne saurait astreindre l'autorite de

.. police a laisser etablir sur le territoire du cant on des gens

auxqueIs elle aurait le droit de retirer ensuite cette autori-

sation. C'est ce qu'a reconnu le Tribunal federal dans Ie cas

Bryner (Rec. off. XXIII, p. 513·514). Entin la moralite du re-

courant est suspecte; il ne justifie pas de moyens d'existence

reguliers et, dans sa requete du 2 mars, il menace d'aban-

donner sa familIe et de se faire naturaliseI' Franc;ais. Le Con-

'seil d'Etat de Geneve conclut en consequence au rejet du

recours.

V u ces {aits et considerant en droit :

Le Conseil d'Etat de Geneve reconnalt que l'arrete qu'il a

pris a l'egard du recourant constitue non un retrait, mais un

refus d'etablissement.

D'apres Part. 45, al. 2 de Ia constitution federale l'etablis-

sement peut etre refuse a. ceux qui, par suite d'un jugement

penal, ne jouissent pas de leurs droits civiques.

Or Ie temps ponr lequelle recourant avait ete prive de ses

droits civiques par les jugements rendus contre Iui uans le

canton de Vaud etait manifestement deja expire Iorsqu'il est

venu resider a Geneve. Il suit de Hl que ces jugements ne

peuvent etre invoques pour justitier Ie refus d'etablissement

au regard de l'art. 45 al. 2. Mais l'auteur de Ia reponse pour

le Conseil d'Etat de Geneve fait valoir que cette autorite

pourrait, a raison des dites condamnations, retirer l'etablis-

sement au recourant en vertu de rart. 45, al. 3 C. f., et que,

III. Niederlassung und Aufenthalt. N° 36.

.{les lors, elle doit avoir le droit de le lui re~ser. Cette ma-

niere de voir est toutefois erronee. Le ConseIl federal et Ie

Tribunal federal ont constamment interprete l'art. 45, al. 3

C. f., en ce sens que les condamnations anterieures subies

par un citoyen ne peuvent etre invoquees pour Iui ~etirer

l'etablissement que s'il encourt une nouvelle condamnatlOn au

lieu de son etablissement ou, du moins, s'il y mene une

conduite reprehensible et contraire aux bonnes mmurs (voir

Salis, Droit public. red. TI, n° 426 i Arrets du Tribunal (e-

&ral XXIII, p. 513, chiffre 2). Or le recourant n'a pas subi

de condamnation depuis son etablissement a Geneve et il ne

saurait evidemment suffire que sa moralite soit suspecte a

l'autorite genevoise, ainsi que la reponse le donne a. entendre,

pour donner le droit a cette auto rite d~ lui retirer l'etablis.-

sement. Dans le cas Bryner, invoque, a tort, par le Conseil

d'Etat a l'appui de son point de vue, Ia moralite du recourant

n'etait pas seulement suspecte, mais l'immoralite de sa con-

duite etait demontree par des faits positifs et certains (Rec.

{lff. XXIII, p. 510 et suiv.).

.

La circongtance alleguee par la reponse, contralrement

aux affirmations du recourant, que celui-ci ne possederait pas

de moyens d'existence reguliers, n'est pas davantage de

nature a justitier Ia decision des autorites genevoises .. En

dehors du cas de condamnation, dont il vient d'etre question,

l'art. 45, al. 3 C. f., n'autorise le retrait d'etab!issement qu'a

ceux qui tombent d'une maniere permanente a Ia charge de

Ia bienfaisance publique et auxquels leur commune refuse une

assistance suffisante.

Par ces motifs,

Le Tribunal federal

prononce:

Le recours est admis et l'arrete d'expulsion pris ä. l'egard

de sieur Busset, le 24 janvier 1899, par le Conseil d'Etat

du cant on de GenMe, est annule.