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21_I_946

BGE 21 I 946

Bundesgericht (BGE) · 1895-01-01 · Français CH
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946

A. Staatsrechtliche Entscheidungen. l. Abschnitt. Bundesverfassung.

sait ou. Ce n'est qu'ä. partir du 1/" mai qu'il est entre au ser-

vice du sieur Fragniere, ä. Geneve, chez qui il se trouvait

depuis un mois a peine lors de l'ouverture d'action.

Enfin Ia deIivrance au recourant d'un permis de sejour ne

prouve ni qu'il eilt un domicile fixe a Geneve lorsqu'il a ob-

tenu ce permis, ni qu'il eilt l'intention de se fixer dans cette

ville. D'ailleurs ce permis ne lui a ete delivre que le 1 er juin

1894, c'est-a-dire deux jours apres la notification de I'exploit

d'ouverture d'action. Quelle que soit des lors l'importance

qu'on Iui attribue au point de vue de Ia determination du do-

micHe, son obtention n'a en tout cas pas pu influer sur le for

d'une action deja ouverte.

Par ces motifs,

Le Tribunal fMeraI

prononce:

Le recours est ecarte.

V. Vollziehung kantonaler Urteile. -

Execution

de jugements cantonaux.

126. Am~t du 4 decembre 1895 dans la cause llfenabe.

A. Par jugement du 5 mars 1889, le tribunal du district

d'Aigle (Vaud) a prononce Ie divorce entre les epoux Jules

Menabe, de V eissonnaz (Valais) et Esther, fille de Seraphin

Mermoud et de Josephine nee Volluz, marü3s a Saxon le

24 mai 1871 et domicilies a Bex au moment du divorce. Ce

jugement ne statue pas sur les effets du divorce quant aux

biens des epoux, aucune conclusion n'ayant ete prise a cet

egard devant le tribunal d'Aigle. Le 27 juin 1891, l'agent

d'affaires L. Genton, a Montreux, agissant au nom d'Esther

Menabe, a OUVeIt action a Jules Menabe devaut le tribunal du

district d'Aigle pour obtenir paiement de 1865 fr. 50- c. a

titre de restitution d'apports. A Ia requete du dMendeur, le

V. Vollziehung kantonaler Urteile. N° 126.

947

president du tribunal d'Aigle a, par jugement du 10 avril1893,

prononce Ia suspension de l'instruction de ce pro ces pour une

duree de quatre mois, cette suspension pouvant etre renou-

veIee le cas ecbeant. Ce prononce, confirme par Ie tribunal

cantonal vaudois, est fonde sur le motif qu'il y a interet, pour

Ia solution du litige, a attendre si possible le jugement du

proces en reglement de compte intente par J. Menabe a Felix

Mermoud, a Saxon. Par exploit du 20 mars 1893, MenaM

avait effectivement ouvert action a Felix Mermoud, a Saxon,

afin de proceder a un reglement des comptes encore pendants

de l'hoirie de Seraphin et Josephine-Suzette Mermoud.

Cet exploit fut en outre notifie au president de la Chambre

pupillaire de Saxon et par lui aux autres heritiers des epo~

Mermoud tous absents du pays, parmi lesquels se trouvRlt

Esther Menabe. La Chambre pupillaire de Saxon designa Ie

sieur Henri Volluz, a Saxon, comme curateur aux biens des

heritiers Mermoud absents du pays, avec mission de les 1'e-

presenter dans le proces intente par J. !de~aM. Deva~t le

tribunal du IVe arrondissement pour le dlStrlct de Martlgny,

ce dernier conclut a ce qu'll fut prononce:

1 ° Qu'il a Ie droit d'exiger de Felix Mermoud des comptes

d'hoirie complets et detailles.

20 Qu'il a le droit d'intervenir dans le partage a effectuer

des valeurs actives formant le sommaire des dits comptes

pour en percevoir Ia part que lui attribue l~ loi, soit Ia pro-

priete entiere quant ä. la jouissance des fr~lts ~t revellus,. et

Ia moitie quant aux acquMs eventuels reahses a Ia cessatlOn

de Ia communaute.

30 Que sa part aux fruits et revenus, ainsi que celle ~ux

acquets faUs durant Ia communaute, com~el1se ~t excede

_ sauf determination d'un chiffre que fixeralt le trIbunal, -

les recIamations de dame Menabe de 399 fr. 50 c.; 966 fr.

55 c. et 500 francs pendantes devant Ie tribunal d'Aigle.

Par jugement du 16 janvier 1894, Ie trib~nal du IVe arron-

dissement admit les deux premieres concluSlOns de J. Menabe

et repoussa la troisieme. Appel de ce jugement fut int~~jet.e

par F. Mermoud. Devant Ia Cour d'appeI, H. Volluz se JOIgmt

948

A. Staatsrechtliche Entscheidungen. l. Abschnitt. Bundesverfassung.

aux conclusions en reforme de l'appelant et conclut en outre

au nom d'Esther Menabe personnellement a ce que' J. Menab:

fAt'

d'd

'

e

u econ Ult e son action contre elle et renvoye a formuler

sa demande reconventionnelle devant 1e tribunal du district

d'Aigle. Par jugement du 20 fevrier 1894, la Cour d'appel du

can~on du Valai~ r~for~a le j,ugement attaque et pronon<;a :

! La prescnptlOn lllvoquee par Felix Mermoud est ac-

qmse.

• ~o Menabe n'est pas en droit ae formuler contre Ies cohe-

rItlers de son ex-epouse des reclamations se rapportant au

partage du 18 janvier 1874.

3

0 Les clroits de Menabe aux acquets et aux fruits durant

le mariage, tels qu'ils resultent de l'inventaire et cle l'acte de

partage du 18 janvier 1874, lui sont acquis et il pourra les

opposer en compensation de la valeur que cette derniere lui

reclame.

.

Dans les considerants de ce jugement on lit entre autres

ce qui suit:

« Esther Menabe ayant intente son action en rembours de

~es apports, il. est cle toute justice que son ex-epoux puisse,

a son tour, faIre valoir ses droits civils; son adversaire de-

l~laIldant par ses conclusions qu'il procMe par voie reconven-

tIOnnelle, il n'a qu'a se conformer acette demancle. »

Par exploit du 4/13 avril 1894, J. Menabe a assigne H.

VOlluz, en sa qualite de curateur aux biens d'Esther Menabe

,

.

,

po~r «,en. executlOn du jugement rendu par la Cour d'appel

le~O fevner 1894, determiner le chiffre des acquets et re-

venus que Iui attribue cette sentence et ditment proceder. »

Apres avoir obtenu un delai pour se determiner, H. Volluz

conclut par exploit du 1 er juin a la nullite de Faction ouverte

par Menabe. Cette conclusion est motivee sur le fait que la

cause entre. Menabe et son ex-epouse au sujet des apports

dont cel1e-cl demande la reprise se plaide a Aigle et que c'est

deval1~ ce tribunal, saisi de la question principale, que doit

se plalder la question reconventionnelle. Le juge d'instruction

du district de Martigny et le tribunal d'arrondissement ont

successivement prononce que dame l\fenabe devait suivre a

V. Vollziehung kantonaler Urteile.;'{o 126.

949

la demande introduite par son ex-epoux, sans autres exceptions

de fond et de forme. H. Volluz a recouru en reforme contre

ce prononce et repris devant la Cour d'appel sa conclusion

en nullite de I'action ouverte en Valais par J. Menahe.

Entre temps la cause pendante devant le tribunal d'Aigle

avait ete reprise a l'instance de l'agent d'affaires L. Genton.

Par exploit du 12 novembre 1894, J. Menabe requit de nou-

veau la suspension de ce proces jusqu'a l'execution du juge-

ment de la Cour d'appel du Valais, du 20 fevrier 1894, et

subsidiairementjusqu'au prononce de cette Cour sur le recours

interjete par H. Volluz contre le jugement du tribunal de

Martigny du 2 novembre 1894. Cette Tequete fut ecartee par

jugement du tribunal d'Aigle du 29 du meme mois, fonde en

substance sur les considerants suivants :

, Le jugement en vue duquella suspension de cause avait ete

accordee a ete rendu. C'est a tort que Menabe pretend qu'il

ne poursuit que l'execution de ce jugement, attelldu que celui-

ci ll'ayant statue que sur une question de principe ne saurait

recevoir d'execution sans qu'au prealable un nouveau juge-

ment traduisant en chiffres les clroits des parties ait Me

rendu. 01' le tribunal d'Aigle seul est competent pour rel1dre

ce jugement aux termes de 1'a1't. 49 de la loi du 24 decembre

18'74 sur l'etat civil. Cette cOl1lpetel1ce lui a ete reconnue par

le jugel1lent de la Cour d'appel du Valais du 20 fevrier 1894

et par J. Menahe lui-l1leme, qui l'a nanti de ses pretentions

reconventiol1nelles ades acquets et ades fruits et a allegue

toute une serie de faits tendant a cletermil1er le montant cle

ces acquets et de ces fruits. La competence des tlibunaux

valaisans ne sallrait resuIter du fait qll'il s'agit d'immeubles

ou de droits sur des immeubles situes en Valais, attendu que

1a question des mieux-values realisees sur les biens immeubles

on meubles cle l'epouse releve du droit matrimoniaL En fait

aucune conclusion des parties dans ce proces ne vise des im-

meubles. Le refus de suspension cle la cause n'aura pas pour

effet d'empecher l'application des lois valaisannes au regle-

ment des interets civils des epoux, puisque dans ce but le

defendeur a allegne en fait diverses dispositions du Code civil

950

A . Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung.

du Val ais, reconnaissant ainsi que le tribunal d'Aigle est com-

petent pour les appliquer.

Ce jugement a ete cOllfirme par am~t du tribunal cantonul

vaudois du 2'1 decembre 1894.

Le 8 fevrier 1895 la Cour d'appel du Valais astatue Sur

l'appel forme par H. Volluz contre 1e jugement du tribunal de

Martigny du 2 novembre 1894 et prononce:

« Dame MenaM est tenue de suivre ä la demande intro-

duite en seance du 23 avrH 1894 du juge instructeur du di«-

trict de Martigny et les parties sont replacees dans la positio;

dans laquelle elles se trouvaient a Ja date de cette seunce

aucun terme de preuves n'ayant valablement couru en cause. :

Ce jugement est fonde entre autres Sur les considerants

suivants:

Quel~ue explicite que soit le dispos~tif du jugement du

20 fevner 1894, H est cependant incomplet par rapport au

montant des acquets auxquels MenaM peut pretendre. iI s'en-

suit que ce dernier est force de poursuivre son action anK

fins de pouvoir, a la demande en paiement de sommes deter-

~inees, opposer egalement des sommes determinees et pre-

clses. Le renvoyer, ainsi que le demande sans motif serienx

sa partie adverse, par devant les tribunaux vaudois saisis

de Ia cause principale, ce serait replacer les droits dans

l'incertitude dans laquelle iIs se trouvaient avant la sentence

du 20 fevrier; ce semit empecher la compensation admise en

principe; ce semit vouloir faire determiner par les tribunaux

va~,dois une question qui n'est pas de leur ressort, qu'Hs ont

deJa renvoyee et pour la solution de laquelle Hs out accorde

un second delai. II ne s'agit pas d'une demande reconveu-

tionnelle proprement dite, mais d'une compensation dont 1e

montant est a determiuer et que les tribunaux vaudois n'ont

pas voulu fixer eux-memes. II n'appartient evidemment pas

aux tribunaux du Valais de repousser une action entierement

fondee sur le droit valaisan, qu'eux les premiers ont mission

d'appIiquer dans toute sa tenenr.

B. C'est contre ce jugement, notifie au sieur H. Volluz le

13 mars et communique a L. Genton le 1 er avril 1895, que ce

v. Vollziehung kantonaler Urteile. fiO 126 .

951

dernier a recouru en date du 11 mai suivant. TI conclut a ce

qu'il plaise au Tribunal federal:

10 Annuler le jugement dout est recours.

2° Declarer que les tribunaux du canton du Valais ne sont

pas competents pour connaitre des pretentions pecuniaires

reciproques des epoux divorces Menabe-Mermoud ayant leur

source dans le droit matrimonial.

2° Condamner J. MenaM aux emoluments de justice et a

une indemnite de cinquante francs envers sa partie adverse.

Ce recours est fonde sur les moyens suivants :

I. Le jugement attaque viole le principe de l'~galite ~evant

Ia Ioi (art. 4 de Ia Constit. fed. et 3 de la ConstIt. valals.) en

ce qu'iI a etEi rendu en l'absence d'Esther Menabe et s,ans

que son unique mandataire en Suisse, pour ~es rapports ~ecl~­

niaires avec son ex-epoux, ait ete rt3guherement asslgne.

J. Menabe connaissait, des l'origine du proces d'Aigle,

~es

pouvoirs de L. Genton. Neanmoins iI ~'est dispens~ de faIre

notifier son exploit du 13 avril 1894 a ce mandatalre. Il est

vrai qu'il a cite H. Volluz, curatem designe p~~ :a Chambre

pupillaire de Saxon pour representer tous le~ hentIet's absents

du pays de Seraphin Mermoud dans

l'a~tlOn e~ reglement

de compte d'hoirie qua J. Menabe Iem lllt~ntalt e.n, 1893.

Mais iI n'en suit nullement que H. Volluz eut quahte pour

representer Esther Menabe dans une nouvelle action ayant

pom objet un reglement d'interets entre epoux et non plus

entre coheritiers.

II. Le jugement attaque a ete rendu par un tribunal incom-

petent en violation de l'art. 58 de la Co~stit. fed. et. des

art. 43 et 49 de la loi sur l'etat civiL Ces derniers artlCles

institueut expressement un for special pour le reglement des

effets du divorce quant aux biens des epoux. Ce for est le

meme que celui de l'action en divorce. Celle-ci a ete ou:ert~,

conformement a l'art. 43 cite, au for du domicile du man, sOlt

clevant le tribunal d'Aigle. C'est devant ce tribunal, le seul

competent, que dame Esther Menabe a, ~e son c~t~, ouvert

action en restitution de ses apports. Le tnbunal d Algle con-

stitue pour elle le juge natu'rel pour le reglement de ses in-

952

A. Staatsrechtliche Entscheidungen. 1. Abschnitt. Bundesverfassung.

terets pecuniaires avec son eX-epOUX; il a ete reconnu comme

tel par sa partie adverse, qui n'a pas souleve le declinatoire,

par les tribunaux vaudois et par la Cour d'appel du Valais,

dans son jugement du 20 fevrier 1894. Cette derniere Cour a

commis un acte arbitraire et viole rart. 58 de Ia Constit. fed.

en proclamant dans le jugement attaque la competence d'un

autre for que celui devant Iequel elle avait, avec raison, en

1894, renvoye J. Menabe a faire vaIoir ses droits. Eu mainte-

nant la decision dont est recours, le Tribunal federal sanc-

tionnerait la competence de tribunaux de deux cantons diffe-

rents a se nantir simultanement d'une meme affaire.

III. Meme en faisant abstraction de la question de for, le

jugement attaque constitue un deni de justice, parce que, re-

prenant a nouveau les questions liquidees par le jugement

du 20 fevrier 1894, il les tranche arbitrairement dans un

sens diametralement oppose a celui de ce premier jugement.

C. J. Menabe n'a produit aucune reponse au recours de

L. Genton dans les delais qui lui ont et6 assignes dans ce but

et qui ont ete prolonges a plusieurs reprises en consideration

de la maladie, pllis du deces de son conseil. En revanche, la

Cour d'appel du Valais a produit Uil memoire dans lequel elle

conclut au rejet du recours, auquel elle oppose en substance

les arguments suivants : L. Genton n'a jamais donne connais-

sance de ses pouvoirs a la Cour d'appel qui les a complete-

ment ignores.Elle ne pouvait donc pas se preoccuper du

defaut de citation adressee aGenton. Dame Esthel' l\1:enabe

etait d'ailleurs representee au proces et son representant lle

s'est pas prevalu de ce defaut de citation. C'est lui-meme qui

a nanti 1a Cour d'appel et il a ainsi reconnu sa competence.

Le jugement attaque n'est pas en contradiction avec celui de

1894, dont il n'est que le complement, vu qu'il ne s'agit que

de preciser le chiffre des acqllets faits pendant le mariage

pour les porter en compensation. Enfin dame Menabe parait

avoir en sa faveur des jugements vaudois dont il n'a jamais ete

argumente devant la Cour d'appel et dont elle se pnlvaut

seulement maintenant.

n. L.Genton averse au dossier la copie d'une procuration

V. \' ollziehung kantonaler Urteile. No 126.

953

d'Esther Menabe-Mermoud, en date du 2 avril 1891, dont

1'0riginaI figure au dossier du proces pendant devant le tri-

bunal d'Aigle, et qui porte: « Bon pour autorisation en

faveur de L. Genton .... a l'effet de me repl'esenter dans l'af-

faire que je lui ai confiee contre Jules }Ienabe, coiffeur a

Bex. »

Vu ces [aUs et considerant eu droit :

10 La competence du Tribunal federal est hors de doute

et le recours a ete depose regulierement dans le delai de

BO jours des la communication du jugement attaque au recou-

rant et meme des sa notification au sieur Volluz.

20 Le recourant soutient tout d'abord que ce jugement viole

le principe de l'egalite devant la loi, parceque Esther Menabe

n'a pas ete regulierement assignee dans le proces ouvert par

18. citation du 4/13 avril 1894.

TI est exact que cette citation, qui avait incontestablement

pour objet le reglement d'interets materiels entre epoux, n'a

pas ete adressee au recourant, mais seulement au sieur Volluz·

En admettant que ce elernier eut qualite, comme curateur aux

biens des heritiers absents de Seraphin Mermoud, pour repre-

sentel' Esther MenaM dans l'action en reglement de comptes

d'hoirie intentee par Menabe en 1893, il n'avait en revanche

pas qualite pour Ia repl'esenter en vue du reglement de ses

interets pecuniaires avec son ex-epoux. L'art. 46 Cc. valaisan,

en vertu duquel il avait ete nomme curateur, n'est applicable

que si la personne absente « n'a pas constitue de procureur. »

01' Esther Menabe avait constitue un procureur en la personne

de L. Gentoil pour le reglement des dits iuteretsJ ce procu-

reur etait connu de Menabe et des 101'8 c'est a lui que la cita-

tion du 4/13 avril 1894 aurait du etre notifiee. Tel n'ayant pas

ete le eas on eloit admettre qu'Esther Menabe n'a pas ete

reguliere~ent assignee et qu'en consequence les jugements

rendus ensuite de cette assignation irreguliere violent a son

Bcrard le principe de l'egalite devant la loi.

o On peut, il est vrai, se demander si l'irregularite de la cita-

tion n'a pas et6 couverte par la ratification du recourant, en

ce sens que celui-ci aurait connu la elite citation et al.ll'ait

954

A. Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung.

volontairement laisse H. Volluz agir comme representant

d'Esther Menabe. Toutefois ces dernieres circonstances ne

sont pas etabIies d'une maniere suffisante par les pie ces du

dossier.

3

0 Du reste meme si le recourant n'etait pas fonde a se pre-

valoir de l'irn3gularite de la citation, le recours devrait etre

admis en vertu du second moyen invoque, celui tire de l'in-

competence des tribunaux valaisans.

Les art. 43 et 49 de la loi federale sur l'etat civil et le

mariage etablissent la competence du tribunal du domicile du

mari pour prononcer le divorce, ainsi que pour regler ses effets

ulterieurs quant aux biens des epoux. L'action en restitution

d'apports intentee par L. Genton au nom d'Esther Menabe

devant le tribunal d'Aigle tend evidemment au reglement des

e~ets, quant aux biens des epoux, du divorce prononce ante-

neurement par ce meme tribunal. Elle a incontestablement

ete ouverte devant le juge competent, puisque actuellement

encore Menabe est domicilie a Bex, soit dans 1e for du tri-

bunal d'Aigle. .Le defendenr lui-meme n'a souleve aucune

exception d'incompetence, mais a au contraire pris des COll-

clusions reconventionnelles tendant au meme but que les con-

cIusions principales, c'est-a-dire au reglement de ses interets

pikuniaires avec son ex-epouse.

.

Cette action a etß suspendue a la requete du defendeur,

parce que le tribunal d'AigIe a estime qu'il y avait interet

pour la solution du litige a attendre le jugement d'un pro ces

en reglement de compte d'hoirie intente par J. Menabe a

FeIix 1VIermoud, a Saxon. Dans ce dernier proces, Menabe a

effectivement pris une concIusion en reglement de compte

contre F. Mermoud et une conclusion en partage contre l'en-

semble des beritiers de Seraphin Mermoud. Ces deux concIu-

sions ne concernaient pas directement le reglement de ses

interets pecuniaires avec son ex-epouse et ne portaient au-

une atteinte a Ia competence du tribunal d'Aigle. Mais Menabe

av~it en outre concln a ce qu'iI frrt prononce que sa part aux

fruIts et revenus, ainsi que celle aux acquets faits durant Ia

communaute, compensait et excedait Ies reclamations de dame .

V. Vollziehung kantonaler Urteile. N0 126.

955

l\'.Ienabe de 399 fr. 50 c., 966 fr. 55 c. et 500 francs pendantes

devant le tribunal d'Aigle. Cette derniere conclusion avait

pour objet direct et unique le reglement des interets pecu-

niaires des ex-epoux et rentrait par consequent dans Ia com-

petence du tribunal d'Aigie. Aussi le sie ur Volluz conclut-il

avec raison a ce que Menabe frrt econduit de son action contre

Esther MenaM personnellement et renvoye a formuler sa

demande reconventionnelle devant le tribunal d'Aigle. La Cour

d'appel admit partiellement ce point de vue. Son jugement

du 20 fevrier 1894 reconnait en principe les droits de Menabe

aux fruits et acquets, ainsi que son droit de les opposer en

eompensation aux reclamations de son ex-epouse. Pou!' le sur-

plus, elle parait avoir entendu que MenaM devait faire valoir

ses droits devant le tribunal d'AigIe; c'est ce qui semble

resulter du considerant de son jugement plus haut reproduit,

dans lequel elle dit que l'adversaire de Menabe ayant demande

que celui-ci procMe par voie reconventionnelle, il n'a qu'a se

eonformer a cette demande.

Le sieur V olluz, au nom d'Esther Menabe, eilt ete fonde a

recourir au Tribunal federal contre ce jugement pour cause

d'incompetence, attendu que la question de savoir si des ac-

quets et des fruits etaient dus a Menabe etait une question

de droit matrimouial, a juger d'apres Ia Ioi valaisanne sans

doute, mais soumise au jugement du tribunal d'Aigie. La

question de la compensation etait incontestablement aussi de

Ia competence de ce tribunal. Neanmoins on s'explique que

H. Volluz n'ait pas recouru contre ce prononce purement de

principe, interprete dans le sens du consiq.erant plus haut

cite.

L'action ouvene par la citation du 4/13 avril 1894 n'etait

plus dirigee contre F. Mermoud ou l'ensemble des heritiers

de Seraphin Mermoud, mais contre Esther Menabe seule, et

elle n'avait plus pour objet un reglement de compte d'hoirie

ou un partage de biens indivis, mais la determination du

chiffre des acquets et revenus attribues a J. Menabe par Ie

jugement de Ia Cour d'appel du 20 fevrier precedent.

Elle ne visait pas seulement l'execution de ce jugement,

956

A. Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung.

ainsi que Ie porte Ia citation, puisque celui-ci ne contenait,

relativement aux acquets et revenus, qu'un prononce de prin-

cipe, pratiquement inexecutable, aussi Iongtemps qu'un nou-

veatt fngement n'aurait pas fixe Ie chiffre de ces acquets et

revenus. Or, en ce qui concerne cette fixation, le jugement du

20 fevrier renvoyait NIenabe a agir par voie reconventionnelle

devant le tribunal d'Aigle. Loin donc de poursuivre l'execution

de ce jugement, l'action ouverte le 4/13 avril allait a l'en-

contre sinon de son dispositif, tout au moins de ses conside-

rants. Elle tendait en tout cas a soumettre aux tribunaux

valaisans une question rentrant dans la competence exclusive

du tribunal d'Aigle, savoir le reglement d'interets pecuniaires

entre les ex-epoux l\tfenabe. Ualgre l'exception d'incompe-

tence soulevee par le sieur Volluz, les tribunaux valaisans se

sont declares competents, et nonobstant son jugement du

20 fevrier 1894, Ia Cour d'appel elle-meme, par jugement du

8 fevrier 1895, a prononce que dame Menabe est tenue de

suivre a Ia demande introduite par son ex-epoux devant le

juge instructeur du district de Uartigny. Ce second jugement,

rendu en contradiction des considerants du premier, parait

etre le resultat de l'errenr dans la quelle Ia Cour d'appel du

Valais s'est trouvee, ainsi que le montrent les considerants

du jugement du 8 fevrier, en admettant que les tribunaux:

vaudois s'etaient declares incompetents pour statuer sur les

pretentions de l\tfenabe ades fruits et acquets, tandis qu'en

realite Ie tribunal d'Aigle revendique expressement cette

competence dans son jugement du 29 novembre 1894.

D'apres ce qui a ete dit plus haut, le tribunal d'Aigle est

effectivement seul competent, en vertu des art. 43 et 49 de

la loi sur l'etat civil et le mariage, pour statuer sur les effets

quant aux biens du divorce des epoux Uenabe.

Le jugement attaque de Ia Cour d'appel du Valais) en pro-

clamant Ia competence des tribunaux valaisans, aurait pour

resultat, s'il etait maintenu, de creer un conflit entre des juge-

ments rendus par les tribunaux de deux cantons differents.

Il doit en consequence etre annuIe, le jugement du tribunal .

vaudois competent pouvant et devant etre seul executoire dans

VI. Staatsrechtliche Streitigkeiten zwischen Kantonen. N° 127.

957

toute l'etendue de la Confederation, en vertu de l'art. 61 de

la Constitution federale.

Par ces motifs,

Le Tribunal federal

prononce :

Le recours est admis et le jugement de la Cour d'appel du

canton du Valais, du 8 fevrier 1895, annuIe.

VI. Staatsrechtliche Streitigkeiten

zwischen Kantonen.

Dift'erends de droit public entre Cantons.

127. Urteil \.lorn 11. :veaern6er 1895 in 6ad)en

~~~en3eH ~L"lRl). gegen 61. ®aUen_

A. Unterm 21. WNiq /12_ ?2t~ri(1848 fe~ten bie 3ufHinbigen

5ßel)örben bel' Jtantone 6i. ®alIen unb ~~~en3elI .-J'ARl)"

nam~

Heb 2attOammann unb JtIeiner lRat be~ Jtanton~ 61. ®alIen unh

2a;1hammann unh /Rat be~ Jtanton~ ~~~en3elI .-J'ARl)., bie ®ren~e

3\l.1ifd)en genannten Jtantonen born ~rittIe . am S)ol)e~ Jtaft:lt .6t~

auf bte S)öl)e he& 6anti~ feit unb unteqe1d)neten e1l1e

oeau~ftd)e

Urfunbe. :viele Urfunbe, betitelt

,,~[gemeine ®renabefd)tet6ung

3\l.1tfd)en ben Jtantonen 6t. ®alIen unb ~~~:~3elI .-J'."/R~.II, ~e"

aetd)net 3Unlid)jt bie ®relW bom Jtar:t0r an ot" 3urn lRu13Ienfirft

unb fäl)rt bann fort: "bon l)lfr ftet~tort bel' 6d)neefd)melöc na~

auf ~RotWetn unh

~(iefl (2iefl), fobann ü?er be~ ®rltt auf bte

S)öl)e be~ 6anti~. S)ter enbet bie ®renaid)elbe 3M fd)en ben Jtan"

tonen 6t. ®afien unb ~{~~en3efi .-J'."/Rl)_" -

Unterm 15. 6e~"

temoer 1871 unteraeid)neten ~ogeorbnete bon ~uf3erutl)oben unb

.-J'nner" lRl) obClt,

fO\l.1ie

bel' ®emehtbe

S)u~b\l.1if (?2L"utl).) unb

bel' lRtntenoad)er lRl)obe (~."utl).) einen l~g:nannten,,?Serolt!"

~ro3ef; fiber bie ~infe~ung bel' oeiben .s.m~rct::lt.etne Wr. 13 unb ~4

auf €lteiger~" (S)unb\l.1Hcr) S)öl)e"; l)teoe~ etmgte .man fid) bal)tn,

in einer neu an3uferttgenben ®renaoefd)ret6ung 3\l.1tfd)en genannten