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19_I_673

BGE 19 I 673

Bundesgericht (BGE) · 1893-01-01 · Français CH
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A. Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung.

2. SlnUB bemgemüa auf bte S)auptfact}e eingetreten UJerben, fo

tft auniiel}ft feftaufteUen, baa nQel} ftiinbiger ounbe.6red)triel}er 'i3rQ;l:t~

@efeUfd)Qft~bermögen am

Eii~e ber @efeUfd)aft au vefteuern tft

(&mtnd)e EiQmm(ung XIX, Ei. 4). :Der g(eiel}e @runbfat tft fo"

bann bom ~unbe~geriel}t fel}0n au UJteber~o(ten SlnQ(en (&mtftd)e

Eiammlung XIV, Ei. 397; XIX, Ei. 4, in Eiilel}en S)eer"Eict}ufer

gegen @rQru~, &ntjd)etbung bom 24. ~evruilr 1893) vd Jrom"

mQnbttgefeUfel}QTten oeaügHd) bel' &inlQgen bel' einae(nen Jromman"

bitiire ange\uenbet worben. &.6 mUll bemnad) auel}

~eute bamu

feftge~aHen UJerben unb tft üvrigen.6 bon ben ?}3artelen QnerfQnnt,

haB bel' &ntfel}eib borHegenbel' Eiael}e babon

ao~iingt, 00

ba~

srünalifel}e JrQPUQ(in .2Qngent9a(a(.6 stommQnbiteinlage ober

<toer af.6 Oloj3e.6 :Darle~en au oetrilel}ten ift. :trifft erftere.6 au, fo

ift QUeln bM Eiteuerreel}t be.6

sranton~ ~ern gegeven, wii~renb

iut feßtern ~aU bel' JrQnton &QrgQu

a(~ ~Q9nfißfQntQn fetner~

fett~ bQ~ oetreffenbe JrQpitat gemiiB bel' geUJöljnrid)en, ba.6 S)JCQ"

BHiarl)ermögen

6eh'effeltben

®teumed)t~nQrm aur

~efteuerung

geranaieljfn mag.

3. ~n biefer ~e3ie9ung ift nun ber &tntrag im S)anbe(~regifter

bon entfel}eibenbem @eUJiel}t.

&u~ biefem Qoer

ge~t ljerbor, bau

bie @efeUfel}aft @uge(mQnn & ~ie. eine JrommanbttgefeUfd)aft,

bel' V'tefurrent beren JtommQnhttiir unb beften 9ier in

~mge

tQmmenbe~ JrQpttal bon 500,000

~r. JtommQnbitfapital ift.

&uf biefen &intmg, weld)en V'tefurrent feTher mitberQnla13t 9at,

unb au beffen IllMnberuug refp . .!torreftur er

ntel}t~ getan 9at,

fQnn fid) bel' JtQnton -'Sem fo gut UJie jeber :Dritte (O.~V't.

Illrt. 863) Berufen unb 9Qt bel' &intrag -'SeUJei.6frnft gegen ben

~{efurrenten unb bie @efeUfel}Qft, fowte gegen ben ba~ t5teumeel}t

BCQnfprud)enben Jranton Illargalt. EioUten bie tatfiiel}fiel}en mer=

l)iiltniffe bem @intmg ntel}t entf'preel}en, fo mag V'tefurrent ba~

aur V'ttct;tigfteUung nötige berQnlQuen; fo lange bte~ aoer niel}t

gefel}el)en unb bel' &tntrag niel}t in reel}t~förmnd)er ~eife a6ge~

unbert tft, fQnn bel' @egenveUJei~ gegen benferben :Dritten gegen~

über auel} ntel}t burel} ~erufultg auf Qngeliliel} Q!.iUJeiel}enben ~n~

9aH bel' JrQrrefPQnbena be.6 &ingetrQgenen a{.6 ftQttl)nft Qneifnnnt

UJerben.

~ft bemgemiij3 bQ~ bom V'tefurrenten in bel' g;trmn @uge!mann

& lite. Qnge!egte JrQpitaI ar~ JrommQnbitfapitaI alt vetrael}ten,

III. Niederlassung. N° 106.

673

fo fte~t b~ -'Seiteuerung~reel}t Md) vetnnntem @runbfaße bem~

fenigen t5tMte aU, IlJO ba~ @efel}iift fein :vomtöU l)at, ba~ JrQ~i~

tal Qrvettet unb ftMtftd)en t5el}ut genieUt.

:Demnael} 9at bQ.6 ~unbe~gertd)t

effannt:

:Der JrQnton ~ern tit etnatg vereel}ttgt, ba.6 bom V'teturrenten

in bel' ~trma @ugdmcmn & ~ie. Qngelegte Jrapita! unb ben oe=

3üg{tel}en &rUJerv 3lt bejteuern uub e.6 9Qt fiel} bQger bel' .!taulon

~argQu bel' ~efteuerung berfeI!.ieu au eut9aIten.

m. Niederlassung. -

Etablissement.

106. Am'Jt du 22 Novembre 1893 dans la cause Rohrer.

Sous date du 1 er Septembre 1893, le Departement de jus-

tice et police du canton de Geneve a pris contre Mathilde

Rohrer, d'origine bernoise, domiciliee a Geneve, un arrete

d'expulsion enjoignant a la recouraute de quitter le canton

avant Ie 3 dito Cet arrete lui fut notifie Ie 2 Septembre.

D'apres Ia reponse faite au recours par le Conseil d'Etat

de Geneve, le predit arr~te etait motive sur les faits ci-apres :

Mathilde Rohrer a vecu a Geneve depuis plusieurs annees

sans autres ressources que le produit de Ia prostitution. Elle

a eM l'objet de poursuites en raison de son inconduite, et a

eM en traitement a l'hOpital cantonal aux frais de Ia police

pour maladies honteuses, resultant de sa vie de debauche.

Elle a refuse de se mettre en regle au point de vue de son

permis de sejour en payant Ia taxe prevue par la loi et en

deposant un acte d'origine; elle habite hors de la maison

paternelle.

Mathilde Rohrer n'ayant pas quitte Geneve le 4 Septembre

au matin, jour auquel elle devait comparaitre devant le tri-

bunal de police pour avoir contrevenu aux dispositions des

art. 1 et 13 de Ia loi du 8 Mars 1879, -

elle fut arretee a

son domicile et arrachee, dit-elle, a son bebe dont elle est

l'unique protectrice.

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A. Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt Bundesverfassung.

Elle fut conduite a Ia prison de Saint-Antoine, Oll elle resta.

incarceree jusqu'au 7 Septembre.

Mathilde Rohrer a recouru d'abord, le 2 Septembre 1893

au Conseil federal contre le predit arrete d'expulsion. EU;

conclut a son annulation par les motifs ci-apres :

Cet arrete est illegal et viole les dispositions de l'art. 45-

de la Constitution federale : 10 parce que la fille Rohrer n'a

pas subi de condamnations; 20 parce qu'elle n'est pas tombee

a la charge de la bienfaisance publique; 30 parce que son

identite et sa qualite de Suissesse n'est pas meconnue. La.

recourante a d'ailleurs recouru au Conseil d'Etat,lequel a ega-

lement rejete le recours.

Aux termes des art. 175 et 189 de Ia nouvelle Ioi SUl'"

l'organisation judiciah'e federale, le recours rentrait dans Ia.

competence du Tribunal fMeral a partir du 1 er Octobre 1893,

et le Conseil federaI lui a transmis le dossier de la cause par

office du 3 dit.

Le Conseil d'Etat de Geneve a conclu au rejet du recours

par les motifs indiques deja plus haut. n estime que vu les

circonstances, et la jurisprudence constante du Conseil fecleral

en la matiere, c'est a bon droit qu'il a refuse a la re courante

le droit de sejourner dans le canton, puisqu'elle ne fournis-

sait pas Ia justification de sa qualite de Suissesse.

La reponse du Conseil d'Etat fut communiquee a la recou-

rante pour replique, et un delai echeant le 6 N ovembre 1893

lui fut en meme temps imparti a cet effet, avec la commina-

tion que, faute par elle de presenter la dite replique dans le

terme indique, il serait admis qu'elle reconnait l'exactitude

des allegues du Conseil d'Etat, notamment en ce qui concerne

le depot de son acte d'origine.

La recourante ayant garde le silen ce, le fait avance par le

Conseil d'Etat doit etre considere comme constant.

Statuant sur ces {aits et considerant en droit :

1

0 Tout ce qui a trait a la matiere de retablissement et

du sejour des ressortissants suisses sur le territoire de la

Confederation se trouve regle a I'art. 45 de la Constitution

federale, et les cantons ne sont point autorises a soumettre,

par voie legislative, ces droits ades conditions plus difficiIes,

1lI. Niedeclassung. No 106.

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pas 'plus qu'a edicter d'autres motifs d'expulsion que ceux

prevus a l'article susvise (voir Salis, Schweizerisches Bundes-

recht) entre autres Nos 420, 427, 428).

n y a donc lieu seulement de rechercher si, dans ces con-

ditions, l'arreM dont est recours porte atteinte aux disposi-

tions de cet article, mais non point s'i! est en harmonie avec

les lois genevoises.

20 Le Conseil d'Etat n'allegue pas que la recomante ait ete

punie pour des delits graves, ni qu'elle ait ete privee de ses

droits civiques, ni, enfin, qu'elle soit tombee d'une maniere

permanente a la charge de la bienfaisance publique. Ces mo-

tifs d'expulsion, enumeres a l'art. 45, al. 2 et 3 precite, ne

peuvent donc etre invoques comme justifiant la mesure atta-

,quee.

n en est de meme du motif tire par le Conseil d'Etat de la

vie de debauche et de prostitution a laquelle la fille Rohrer

se livre depuis plusieurs annees; cette cause d'expulsion ne

figurant pas au nombre de celles prevues a l'art. 45 (voir Salis,

ibidem, N° 426).

30 En revanche l'arrete d'expulsion rendu contre la l'ßcou-

rante est bien fonde par la considel'ation que celle-ci n'a ni

produit, ni etabli qu'elle pos sedat un acte d'ol'igine ou une

autre piece analogue attestant sa nationalite suisse.

L'art. 45 ne gal'antit, en effet, le dl'oit d'etablissement sur

un point quelconque du territoire suisse qu'aux personnes en

possession des pieces sus-indiquees, et qui les ont deposees

'8ll main de l'autorite de police du lien Oll elles sejournent

{voir SaHs, ouvrage precite, N° 398).

La fille Rohrer n'ayant pas rempli ces conditions, l'auto~

rite genevoise n'etait pas tenue de la toIerer sur le territoire

de ce canton; le recours contre l'arrete qui l'en a expulsee

ne saurait etre accueilli.

Par ces motifs,

Le Tribunal fMeral

prononce:

Le recours est ecarte.