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A. Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung.
2. SlnUB bemgemüa auf bte S)auptfact}e eingetreten UJerben, fo
tft auniiel}ft feftaufteUen, baa nQel} ftiinbiger ounbe.6red)triel}er 'i3rQ;l:t~
@efeUfd)Qft~bermögen am
Eii~e ber @efeUfd)aft au vefteuern tft
(&mtnd)e EiQmm(ung XIX, Ei. 4). :Der g(eiel}e @runbfat tft fo"
bann bom ~unbe~geriel}t fel}0n au UJteber~o(ten SlnQ(en (&mtftd)e
Eiammlung XIV, Ei. 397; XIX, Ei. 4, in Eiilel}en S)eer"Eict}ufer
gegen @rQru~, &ntjd)etbung bom 24. ~evruilr 1893) vd Jrom"
mQnbttgefeUfel}QTten oeaügHd) bel' &inlQgen bel' einae(nen Jromman"
bitiire ange\uenbet worben. &.6 mUll bemnad) auel}
~eute bamu
feftge~aHen UJerben unb tft üvrigen.6 bon ben ?}3artelen QnerfQnnt,
haB bel' &ntfel}eib borHegenbel' Eiael}e babon
ao~iingt, 00
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srünalifel}e JrQPUQ(in .2Qngent9a(a(.6 stommQnbiteinlage ober
<toer af.6 Oloj3e.6 :Darle~en au oetrilel}ten ift. :trifft erftere.6 au, fo
ift QUeln bM Eiteuerreel}t be.6
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iut feßtern ~aU bel' JrQnton &QrgQu
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BHiarl)ermögen
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geranaieljfn mag.
3. ~n biefer ~e3ie9ung ift nun ber &tntrag im S)anbe(~regifter
bon entfel}eibenbem @eUJiel}t.
&u~ biefem Qoer
ge~t ljerbor, bau
bie @efeUfel}aft @uge(mQnn & ~ie. eine JrommanbttgefeUfd)aft,
bel' V'tefurrent beren JtommQnhttiir unb beften 9ier in
~mge
tQmmenbe~ JrQpttal bon 500,000
~r. JtommQnbitfapital ift.
&uf biefen &intmg, weld)en V'tefurrent feTher mitberQnla13t 9at,
unb au beffen IllMnberuug refp . .!torreftur er
ntel}t~ getan 9at,
fQnn fid) bel' JtQnton -'Sem fo gut UJie jeber :Dritte (O.~V't.
Illrt. 863) Berufen unb 9Qt bel' &intrag -'SeUJei.6frnft gegen ben
~{efurrenten unb bie @efeUfel}Qft, fowte gegen ben ba~ t5teumeel}t
BCQnfprud)enben Jranton Illargalt. EioUten bie tatfiiel}fiel}en mer=
l)iiltniffe bem @intmg ntel}t entf'preel}en, fo mag V'tefurrent ba~
aur V'ttct;tigfteUung nötige berQnlQuen; fo lange bte~ aoer niel}t
gefel}el)en unb bel' &tntrag niel}t in reel}t~förmnd)er ~eife a6ge~
unbert tft, fQnn bel' @egenveUJei~ gegen benferben :Dritten gegen~
über auel} ntel}t burel} ~erufultg auf Qngeliliel} Q!.iUJeiel}enben ~n~
9aH bel' JrQrrefPQnbena be.6 &ingetrQgenen a{.6 ftQttl)nft Qneifnnnt
UJerben.
~ft bemgemiij3 bQ~ bom V'tefurrenten in bel' g;trmn @uge!mann
& lite. Qnge!egte JrQpitaI ar~ JrommQnbitfapitaI alt vetrael}ten,
III. Niederlassung. N° 106.
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fo fte~t b~ -'Seiteuerung~reel}t Md) vetnnntem @runbfaße bem~
fenigen t5tMte aU, IlJO ba~ @efel}iift fein :vomtöU l)at, ba~ JrQ~i~
tal Qrvettet unb ftMtftd)en t5el}ut genieUt.
:Demnael} 9at bQ.6 ~unbe~gertd)t
effannt:
:Der JrQnton ~ern tit etnatg vereel}ttgt, ba.6 bom V'teturrenten
in bel' ~trma @ugdmcmn & ~ie. Qngelegte Jrapita! unb ben oe=
3üg{tel}en &rUJerv 3lt bejteuern uub e.6 9Qt fiel} bQger bel' .!taulon
~argQu bel' ~efteuerung berfeI!.ieu au eut9aIten.
m. Niederlassung. -
Etablissement.
106. Am'Jt du 22 Novembre 1893 dans la cause Rohrer.
Sous date du 1 er Septembre 1893, le Departement de jus-
tice et police du canton de Geneve a pris contre Mathilde
Rohrer, d'origine bernoise, domiciliee a Geneve, un arrete
d'expulsion enjoignant a la recouraute de quitter le canton
avant Ie 3 dito Cet arrete lui fut notifie Ie 2 Septembre.
D'apres Ia reponse faite au recours par le Conseil d'Etat
de Geneve, le predit arr~te etait motive sur les faits ci-apres :
Mathilde Rohrer a vecu a Geneve depuis plusieurs annees
sans autres ressources que le produit de Ia prostitution. Elle
a eM l'objet de poursuites en raison de son inconduite, et a
eM en traitement a l'hOpital cantonal aux frais de Ia police
pour maladies honteuses, resultant de sa vie de debauche.
Elle a refuse de se mettre en regle au point de vue de son
permis de sejour en payant Ia taxe prevue par la loi et en
deposant un acte d'origine; elle habite hors de la maison
paternelle.
Mathilde Rohrer n'ayant pas quitte Geneve le 4 Septembre
au matin, jour auquel elle devait comparaitre devant le tri-
bunal de police pour avoir contrevenu aux dispositions des
art. 1 et 13 de Ia loi du 8 Mars 1879, -
elle fut arretee a
son domicile et arrachee, dit-elle, a son bebe dont elle est
l'unique protectrice.
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A. Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt Bundesverfassung.
Elle fut conduite a Ia prison de Saint-Antoine, Oll elle resta.
incarceree jusqu'au 7 Septembre.
Mathilde Rohrer a recouru d'abord, le 2 Septembre 1893
au Conseil federal contre le predit arrete d'expulsion. EU;
conclut a son annulation par les motifs ci-apres :
Cet arrete est illegal et viole les dispositions de l'art. 45-
de la Constitution federale : 10 parce que la fille Rohrer n'a
pas subi de condamnations; 20 parce qu'elle n'est pas tombee
a la charge de la bienfaisance publique; 30 parce que son
identite et sa qualite de Suissesse n'est pas meconnue. La.
recourante a d'ailleurs recouru au Conseil d'Etat,lequel a ega-
lement rejete le recours.
Aux termes des art. 175 et 189 de Ia nouvelle Ioi SUl'"
l'organisation judiciah'e federale, le recours rentrait dans Ia.
competence du Tribunal fMeral a partir du 1 er Octobre 1893,
et le Conseil federaI lui a transmis le dossier de la cause par
office du 3 dit.
Le Conseil d'Etat de Geneve a conclu au rejet du recours
par les motifs indiques deja plus haut. n estime que vu les
circonstances, et la jurisprudence constante du Conseil fecleral
en la matiere, c'est a bon droit qu'il a refuse a la re courante
le droit de sejourner dans le canton, puisqu'elle ne fournis-
sait pas Ia justification de sa qualite de Suissesse.
La reponse du Conseil d'Etat fut communiquee a la recou-
rante pour replique, et un delai echeant le 6 N ovembre 1893
lui fut en meme temps imparti a cet effet, avec la commina-
tion que, faute par elle de presenter la dite replique dans le
terme indique, il serait admis qu'elle reconnait l'exactitude
des allegues du Conseil d'Etat, notamment en ce qui concerne
le depot de son acte d'origine.
La recourante ayant garde le silen ce, le fait avance par le
Conseil d'Etat doit etre considere comme constant.
Statuant sur ces {aits et considerant en droit :
1
0 Tout ce qui a trait a la matiere de retablissement et
du sejour des ressortissants suisses sur le territoire de la
Confederation se trouve regle a I'art. 45 de la Constitution
federale, et les cantons ne sont point autorises a soumettre,
par voie legislative, ces droits ades conditions plus difficiIes,
1lI. Niedeclassung. No 106.
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pas 'plus qu'a edicter d'autres motifs d'expulsion que ceux
prevus a l'article susvise (voir Salis, Schweizerisches Bundes-
recht) entre autres Nos 420, 427, 428).
n y a donc lieu seulement de rechercher si, dans ces con-
ditions, l'arreM dont est recours porte atteinte aux disposi-
tions de cet article, mais non point s'i! est en harmonie avec
les lois genevoises.
20 Le Conseil d'Etat n'allegue pas que la recomante ait ete
punie pour des delits graves, ni qu'elle ait ete privee de ses
droits civiques, ni, enfin, qu'elle soit tombee d'une maniere
permanente a la charge de la bienfaisance publique. Ces mo-
tifs d'expulsion, enumeres a l'art. 45, al. 2 et 3 precite, ne
peuvent donc etre invoques comme justifiant la mesure atta-
,quee.
n en est de meme du motif tire par le Conseil d'Etat de la
vie de debauche et de prostitution a laquelle la fille Rohrer
se livre depuis plusieurs annees; cette cause d'expulsion ne
figurant pas au nombre de celles prevues a l'art. 45 (voir Salis,
ibidem, N° 426).
30 En revanche l'arrete d'expulsion rendu contre la l'ßcou-
rante est bien fonde par la considel'ation que celle-ci n'a ni
produit, ni etabli qu'elle pos sedat un acte d'ol'igine ou une
autre piece analogue attestant sa nationalite suisse.
L'art. 45 ne gal'antit, en effet, le dl'oit d'etablissement sur
un point quelconque du territoire suisse qu'aux personnes en
possession des pieces sus-indiquees, et qui les ont deposees
'8ll main de l'autorite de police du lien Oll elles sejournent
{voir SaHs, ouvrage precite, N° 398).
La fille Rohrer n'ayant pas rempli ces conditions, l'auto~
rite genevoise n'etait pas tenue de la toIerer sur le territoire
de ce canton; le recours contre l'arrete qui l'en a expulsee
ne saurait etre accueilli.
Par ces motifs,
Le Tribunal fMeral
prononce:
Le recours est ecarte.