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14_I_460

BGE 14 I 460

Bundesgericht (BGE) · 1888-01-01 · Français CH
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460

B. Civilrechtspflege.

Dbergerid)teg beg stantong ~argau bom 28.

2'(~rH 1888, Me

}BeHagte l.1erurtl)eHt, ber .\tlägerin 3u be~al)len:

a. @ine einmalige @ntlcqälligung bon 400 ~r. ('llierl)unbett

~ranfen) fammt ßing a [) Ofo Icit 5. IDlai 1887;

b. eine iäl)r1id)e lebenMängtid)e meute tlOU 200 ~r. Üwei.

~unbert ~raufen), ~al)lbar je\tlcHen auf 30. 6eptember, erjl.

mals nad) emid)tem fünhel}nteu IHUer~ial}re.

IV. Fabrik.- und Handelsmarken.

Marques de fabrique.

7'1. Arret du 29 Septembre 1888 dans la cause Randon

contre Wei.ss.

Le Conseil de A. Weiss et Cie decJare adhcrer au recours

de J. Randon pour tout ce qui lui fait grief dans l'am3t de

1a Cour de J ustice.

Les parties ont repris, soit dans la declaration da recours

deposee au greffe cantonal, soit a la barre, leurs conclusions

de premiere instance et d'appe!, ci-apres reproduites.

Statttant en la cause el considerant :

En {ait :

1° Le 2 Decembre '1880, Albert Weiss et Cie itLvon rue

de la G.range 15, ont depose au bureau federal des ~ar'qnes

de fabrtque et de commerce une marque de fabrique destinee

a etre appliquee sur des etuis et paquets de bougies. CelLe

marIJue consiste en un rectangle portant au centre, sur trois

lignes « Bougies de Lyon, premiere qualite superieure, Albert

Weiss et Cie. » A droite et a gauche de ces indications se

trouve figuree la medaille d'argent obtenue en 1.867 a Paris

par la maison Weiss et Cie. -

Ce depot a ete renouvele le

16 J uin 1886.

. Aucun depOt d'une marque semblable n'a ete fait par Ie

SIeur Randon, ni a Geneve anterieurement a 1864, epoque

IV. Fabrik- und Handelsmarken. N° 71.

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de la mise en vigueur de la convention franco-suisse du

30 hin 1864, ni a Berne, depuis la promulgation de la loi

federale de t879 jusqu'au 13 Juillet 1886, ainsi qu'il conste

de Ja declaration de cette date, produite au dossier, du Bu-

reau federal des marques de fabrique et de commerce.

A la date du 8 Decembre 1863, A. Weiss et Cie ont depose

au grefIe du Tribunal de Lyon deux exemplaires de leur

etiquette portant ({ Bougie de Lyon; » ce depot a ete renou-

vele a plusieurs reprises en 1867 et notamment le 30 No-

vembre 1880.

Weiss et Cie ayant appris que J. Randon, fabricant de

bougies it Geneve, vendait des bougies de sa fabrication por-

tant une marque de fabrique imitant celle par eux deposee

en France et en Suisse, ont fait constater une vente de deux

paquets de bougies, portant comme marque, au centre, sur

lrois Iignes ({ Bougies de Lyon. Qualite superieure. J. R. »

et, a droHeet a gauche da ces indications, deuK medailles

semblables ades mectailles d'exposition.

C'est aIors que Weiss et Cie ont, a Ia suite de ces faits,

ou verl action a J. Randon devant Je Tribunal de commerce

de Geneve; estimant que les agissements du sieur Randon

constituent ia contrefacon et usurpation de marques prevues

par rart. 18 de la loi federale du t9 Decembre 1879 sur la

protection des marques de fabrique, Jes demandeurs ont

coneIu, comme plus tard devant la Cour de Justiee, a ee

qu'il plaise au dit Tribunal condamner le dMendeur a sup-

primer immediatement de ses produits les mots « bougies de

Lyon) et a detruire les marques illicites, a peine de vingt

francs par ehaque eontravention, et condamner le dMendeur

a payer aux demandeurs la somme de dix mille francs a titre

de dommages-interets.

Randon a conelu au deboutement de Weiss et Cie de leurs

conclusions.

Par jugement du 14 Juillet 1887, le Tribunal de commeree

a deboute Weiss et Oe de leur demande et les a condamnes

aux depens.

Weiss et Oe ayant appele de ce jugement, la Cour d'App el

XIV -

1888

30

B. Civilrechtspflege.

1'a rMorme par arret du 14 Mai 18R8, et, statuant a nouveau~

a fait dMense a Randon de faire usage a l'avenir de la marque

« Bougie de Lyon, » propriete des appelants, condamne

Randon a payer a A. Weiss et Cie la soollne de deux cents

francs a türe de dommages-interets, ainsi que lous les de-

pens, -

et deboute les parties de toutes autres ou plus ilm-

pIes conclusions.

Cet arret est motive en substance comme suit :

La marque deposee a Berne par W t'iss et Cie en 1880 ne

saurait, aux termes de l'art. 4 de la Joi federale du t \} De-

cembre 1879, etre cOllsideree comme ayant droit a Ja pro-

tection legale, puisqu'elle se compose exclllsivement de

chifIres, de lettres et de mots. En revilnche, W t'iss pt Ci..-

sont, aux termes du traite franco-suisse du 23 Fevrier 1882,

föndes a exiger que le caractere de leur milrque soil appre-

cie en Suisse d'apres la loi franeaise; le pn3dit traite n'a pas

Me modifie par la convention internationale dfl 1882, et il a

ete, au contraire, tonjours maintenu petf' les parties contrac-

tantes. e'est a tort, des lors, que le Tribunal de cornrnerce

s'est base sur l'art. 6 de la convention de 1883 et sur le § 4

du protocole de c!öture pour declarer inappiic:lbles en l'es-

pece les dispositions de la loi fr;lneaise. D'ailleurs, a ~Ilpposer

que ces articles puissent etre invoques, le Triburwj de com-

merce les a mal interpreli3s.

La loi franeaise du 23 Juin 1857 admetqlle des denomina-

tions, lettres, chiffres, peuvent etre considlm3s comme mar-

ques de fabrique. Weiss et Cie sont !ps proprietail'es pxclusifs

de la marque« Bougies de Lyon» en Frallce, IClquf'lle peut

faire l'objet d'une proprit'lte excJusive er. lI'esl point tomMe

dans le domaine public. Ayant depose lellr marque en Suisse

le 2 Decembre 1880, ils sont fondes a s'opposer iI tOllte

usurpation de cette marque en Suisse : la circonsl,mce gue

Randon aurait deja fail fabriquer en 1);75 dix millt' eti1luettes

portant « Bougies de Lyon» et qu'il en aurClit fait Ilsage des

Ie mois de Jllin de la dite annee, soit anlerieurellH'lIt au

depot de la marque Weiss en Suisse, est un fait isole, tt en

tout cas insuffisant po ur prouver !.Jue Randon ait aequis par

la un droit de propriete pel'sonnelle sm cetle mal'que.

IV. Fabrik- und Handelsmarken. N° 71.

L'etiquette employee par Randon et portant les molS

« Bougies de Lyon» presente des analogies avec celle de

Wmss et Cie, et peut en quelque mesure donner lieu a con-

fusion et induire le public en erreur.

Depuis le depot de leur marque en Suisse, Weiss et Oe

n'ont pu etablir qu'un selll fail de vente de bougies portant

l'etiquette incriminee, venle de deux p:iquets seulement.

Randon, d'ailleurs, parait avoir agi sans intention dolosive,

et a declare renoncer ase servir a l'avenir de la denomina-

tion Iitigieuse.

C'est contre cet arret que J. Ra ndon recourt au Tribunal

federal, concluant comme il a ete dit plus hallt.

En droit :

1° Le Tribunal federal est competent pour prononcer en

l'espece. Il s'agit en effet. d'une part, de I'application de la

Iegislation federale et du traite franco-suisse du 23 Fevrier

1882, ainsi que de la convention internationale du 20 Mars

1883 pour la protection de la propriete industrielle, et,

d'autre part, aucun des faits de la C entuell ber e»entucUen

mege~ren Uon strage unb ~iberflagebeantttlortung ilu l>crfäUen,

e»entueU

2. @~ fei: ba~ erft. unb AttleitinftanAtict;e Urt~eil ~u beftätigen.

:!lie fämmtlicl)en frü~ern me",ei~anträge ttlerben babei aufrecl)t

erl)alten unb lj)e~iell noct; beantragt:

@~ fei, lofern ba~ @utad}ten be~ .eerrn stafimir mel)e~ nict;t

al~ beutlicl) genug angenommen ",erben fann, burcl) @\U\)et-

na~me ",eiteret lSad}\)eritänbiger feftfteUen

~u raffen, baa im

@etreice~anbel auct;

o~ne be~ügHcl)e @r",äl)nung ber IDetein"

burung inter partes

bi1~ ßutUcfbe~alten \)on

~ontremuftern,

",elcl)e für ben SBefunb ber }!Baate rele\)ant finD,

"Ufan~l'tft.

@~ feten Die stläger laut mrt. 267 DAR. ~u ber @rfliirung

Au~ulaffen, Dafi ba~ \)on t~nen ~robuAirte mufter ba~ ibentifcl)e,

beim staufe 3urüdbel)aUene unD un\)eriinbert gebliebene ~ontre·

mufter ift, e\)entuell fei mit 9lücffict;t auf ba~ \)on un~ be6au~tete

lScl)iiner",erben be~ &bf]ct;en muftcr~ SBeflagter ~u mbgabe emer

foUben @rflärung ~u ueranlaffen.

@~ feien bie beinen beim merbalvro3es auge30genen @bj)eden

barüber

abAu~ören, bau fie

bama{~ rein nur ben objeftl\)e,n

SBefunb »on muftern unb !maaren fefiftellten, nid}t aber, ",te

ba~ Urt~eH grunblo~ fUi'j)onirt,

ba~ aUfälHge ISd}ßner",erben

irgenbttlie in SBerücffid}tigung ~ogen.

:!lagegen beantragt ber &n",alt be~ SBeflagten unb llBiber,

fIäger~ stläger feien mit ibrer stlage ab6u",eifen unb gemäu

bem 9lect;t~bege9ren ber ~icerffage, relj)eWue ~ad)trage~. Da~~

aur me~aQlun9 \)on 1569 ~r. 81 ~t~. nebft ßm~ ~u [) 10 fett

bem ::!age ber ~il)erflage 3U \)erfäITen unb ba~ \)om SBetlagten

laut ~ibedrage für bielen metrag beanfprud)te 9letention~recl)t

gericl)Uicl) anAuerrennen, protestando gegen fämmtlicl)e stoften.

:!la~ SBunDe~gericl)t ~iel)t in @r",ägung:

1. :!lie stläger Qaben Dem SBeflagten laut ßUlct;rift \)om

26. &j)ril 1887 \)ertauft rl 1 000 :!lo~~e13entner .3da (llBei3en)

laut übergebenem mufter, ttlOl.1on 500 :!l0j)~ef3tmtner im Suni,